Ukraine: fuir pour ne pas revivre l'occupation russe

Un immeuble résidentiel lourdement endommagé par des bombardements, dans la ville d'Orikhiv, dans la région de Zaporizhzhia, au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine, le 30 septembre 2023. (Roman PILIPEY / AFP)
Un immeuble résidentiel lourdement endommagé par des bombardements, dans la ville d'Orikhiv, dans la région de Zaporizhzhia, au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine, le 30 septembre 2023. (Roman PILIPEY / AFP)
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Publié le Jeudi 05 octobre 2023

Ukraine: fuir pour ne pas revivre l'occupation russe

  • La région est devenue trop dangereuse alors que les soldats de Moscou tentent de reprendre la ville toute proche de Koupiansk, qu'ils avaient déjà occupée
  • Sur la porte ouverte d'un magasin, une note manuscrite prévient : "C'est vide: tout a déjà été volé"

KOUPIANSK: Chargé de deux gros sacs, Serguiï quitte sa maison en briques grises et ferme la porte tandis que son chien aboie. Puis il monte dans une voiture pour être évacué.

Son village, Bogouslavka, dans l'Est de l'Ukraine, paraît paisible avec ses oies sur les étangs et ses vaches au pâturage. Mais Serguiï a finalement décidé d'en partir après des lourdes frappes russes sur la localité.

La région est devenue trop dangereuse alors que les soldats de Moscou tentent de reprendre la ville toute proche de Koupiansk, qu'ils avaient déjà occupée.

Située à moins de dix kilomètres de la ligne de front, cette bourgade en partie détruite occupe une position stratégique au sommet d'une colline.

Les Russes ont obtenu quelques avancées au prix d'âpres combats, mais l'armée ukrainienne affirme contrôler la situation.

La prise de Koupiansk serait un coup d'éclat pour Moscou et une impression de déjà-vu pour les habitants, après avoir vécu sous occupation russe pendant plus de la moitié de 2022.

Face aux attaques de bombes aériennes guidées, les autorités ont ordonné l'évacuation de certaines parties de la ville et de villages voisins.

La Croix-Rouge conduit les habitants vers la grande ville de Kharkiv, plus proche et plus sûre.

Serguiï a longtemps refusé de partir. Il s'inquiète désormais pour ses animaux et ses volailles, qu'en principe un voisin viendra nourrir.

«Tellement peur»

A Kharkiv, il va rejoindre sa femme et verra aussi son petit-fils de 18 ans, qui vient d'entrer à l'université.

Il a les larmes aux yeux en évoquant son foyer. "J'ai tellement envie de rentrer chez moi", dit-il, avant de lâcher : "Je ne veux plus vivre !"

À Koupiansk, deux habitantes attendent Serguiï dans un minibus de la Croix-Rouge.

Tatiana, 72 ans, une bavarde aux cheveux blond platine et au rouge à lèvres rose vif, dit ne plus supporter le bruit de l'artillerie.

"J'ai tellement peur. Je tremble de partout", explique-t-elle, en souhaitant que les Russes "tombent raides morts".

Lyoudmila, 60 ans, affiche un grand sourire. Elle se rend chez une amie dans les environs de Kiev. Elle a déjà fui Koupiansk avant de revenir.

Aujourd'hui, c'est "plutôt effrayant", dit-elle, s'estimant chanceuse que la plupart des fenêtres de son appartement soient intactes.

"Je dis toujours que les gens devraient partir", déclare Klim -- un indicatif militaire --, commandant de l'unité d'intervention rapide de la Croix-Rouge ukrainienne pour la région de Kharkiv, qui dirige l'évacuation.

Les roquettes russes Grad "ne font pas de différence" entre civils et militaires, souligne-t-il.

Lui et un de ses collègues enfilent des gilets pare-balles pour se rendre à Koupiansk.

Dans le centre-ville, des magasins sont éventrés et des immeubles ont les fenêtres explosées.

Sur la porte ouverte d'un magasin, une note manuscrite prévient : "C'est vide: tout a déjà été volé".

Le silence est brisé par les bruits sourds et réguliers de l'artillerie provenant de l'autre côté de la rivière Oskil qui traverse la ville, où sont positionnés les Russes.

«Soumis au fouet»

Plus tôt dans la journée, le pont sur la rivière a été touché et les soldats ont érigé une barrière pour arrêter les véhicules.

Depuis les hauteurs de Koupiansk, on peut voir de la fumée s'élever sur la rive opposée.

"La ville est vide, une ville fantôme", dit Marina, 54 ans, accoudée au comptoir de l'épicerie de sa fille.

Elle dit avoir "la chair de poule" au sujet de l'occupation russe et ne pas vouloir la revivre.

"Ici, nous nous sentons libres, alors que (sous l'occupation), nous marchions comme si nous étions soumis à une sorte de fouet", raconte-t-elle.

Les soldats ukrainiens font partie des quelques clients des magasins et du petit marché, où les commerçants plient bagage bien avant le couvre-feu de 18 heures.

Assise là en pull et leggings, Lidia, médecin à la retraite, sourit en se souvenant de l'occupation. Avec une parole rare, elle exprime ouvertement son soutien à la Russie.

"Lorsque les Russes étaient ici, la vie était merveilleuse (...) Il n'y avait pas de pillages et l'ordre régnait", affirme-t-elle.

Discutant avec des amis à l'extérieur d'un magasin, Volodymyr, 55 ans, explique qu'il ne peut pas partir car il est chargé du réseau d'eau de la ville.

Il répare notamment les trous des canalisations dus aux bombardements.

"Ceux qui restent (à Koupiansk) sont les plus inébranlables (...) Ceux qu'ils (les Russes) ne peuvent pas vaincre", dit-il.


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
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  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.

 


Crise migratoire à Ceuta : Sánchez réfute toute implication marocaine

Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines
  • "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines"

MADRID: Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc il y a un mois.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a déclaré le chef de gouvernement socialiste sur la radio Cadena Ser.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.