Frontière: Biden reprend la construction du mur de Trump, assure y être contraint par la loi

La nouvelle section sera érigée dans la vallée du Rio Grande, secteur qui connaît un "grand nombre d'entrées illégales" à la frontière entre les deux pays. (Photo, AFP)
La nouvelle section sera érigée dans la vallée du Rio Grande, secteur qui connaît un "grand nombre d'entrées illégales" à la frontière entre les deux pays. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 05 octobre 2023

Frontière: Biden reprend la construction du mur de Trump, assure y être contraint par la loi

  • Le démocrate de 80 ans, candidat à sa réélection, a dit qu'il ne pouvait pas interrompre le financement engagé par Trump, faute d'avoir pu convaincre le Congrès d'employer les fonds pour d'autres mesures
  • L'information a été qualifiée de volte-face, Joe Biden ayant affirmé le jour de son entrée en fonctions en janvier 2021 que le contribuable ne payerait plus pour la construction d'un mur à la frontière

WASHINGTON: Joe Biden a assuré jeudi qu'il était légalement contraint de poursuivre la construction d'un mur frontalier avec le Mexique, une mesure phare de son prédécesseur Donald Trump et que l'actuel président américain a toujours vivement critiquée.

Le démocrate de 80 ans, candidat à sa réélection, a dit qu'il ne "pouvait pas interrompre" le financement engagé par le milliardaire républicain, faute d'avoir pu convaincre le Congrès d'employer les fonds pour d'autres mesures.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas, avait annoncé plus tôt qu'une nouvelle portion serait érigée dans la vallée du Rio Grande, secteur qui connaît un "grand nombre d'entrées illégales" à la frontière entre les deux pays.

"Il existe actuellement un besoin aigu et immédiat de construire des barrières physiques et des routes à proximité de la frontière des Etats-Unis afin d'empêcher les entrées illégales", a déclaré M. Mayorkas dans un avis officiel publié par le registre fédéral des Etats-Unis.

L'information a été qualifiée de volte-face, Joe Biden ayant affirmé le jour de son entrée en fonctions en janvier 2021 que le contribuable ne payerait plus pour la construction d'un mur à la frontière, et qu'un mur "massif" n'était pas "une solution politique sérieuse".

Au Mexique, le président Andrés Manuel Lopez Obrador a aussitôt jugé qu'il s'agissait d'un "pas en arrière".

Protestations énergiques

"L'argent était prévu pour le mur frontalier. J'ai essayé de convaincre (les républicains au Congrès) d'allouer les fonds à autre chose, de les rediriger. Ils n'ont pas voulu", s'est défendu Joe Biden.

"En attendant, il n'est pas possible légalement d'utiliser cet argent pour autre chose que ce pour quoi il a été prévu", a-t-il poursuivi, tout en assurant que "non", il ne croyait pas que construire des murs était une solution à la crise migratoire.

"Nous appliquons la loi", a répété plusieurs fois sa porte-parole Karine Jean-Pierre lors de son point presse quotidien, en soulignant elle aussi que le Congrès avait bloqué toute tentative d'utiliser cet argent autrement.

Dire qu'il s'agit d'un revirement "est absolument faux", a déclaré un autre porte-parole de la Maison Blanche, Andrew Bates sur X, anciennement Twitter. "Le Congrès nous oblige à faire ceci aux termes d'une loi de 2019."

Donald Trump, rival de Joe Biden et favori de la droite pour la prochaine présidentielle, n'a pas manqué de réagir.

L'annonce de l'administration Biden montre que "j'avais raison quand j'ai construit 900 km (...) d'un mur frontalier tout beau, tout neuf", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social.

Le ministre de la Sécurité intérieure avait précisé dans l'avis officiel que les fonds pour "les barrières physiques supplémentaires" viendraient d'une dotation approuvée par le Congrès dans ce but précis en 2019, quand Donald Trump était au pouvoir.

Il a aussi indiqué qu'une vingtaine de lois fédérales, comme des législations sur l'environnement et les espèces protégées, devraient être suspendues pour permettre la construction de cette nouvelle portion.

Démoralisante

L'immigration illégale est un problème politique croissant pour M. Biden, candidat à sa réélection en 2024 et accablé par les républicains qui l'accusent de laxisme.

Récemment, l'administration fédérale a failli connaître un "shutdown" (une paralysie de ses services) en raison de désaccords entre les deux camps: l'aile droite du Parti républicain s'oppose en effet au déblocage de fonds supplémentaires pour l'Ukraine en guerre envahie par la Russie, estimant que cet argent devrait plutôt servir à lutter contre la crise migratoire.

La Maison Blanche s'est toutefois défendue d'utiliser la construction du mur pour marchander le soutien des conservateurs à une nouvelle enveloppe destinée à l'Ukraine: "Je ne ferais pas le lien entre les deux", a dit Karine Jean-Pierre jeudi.

L'annonce de la nouvelle construction a aussi déçu des militants pour l'environnement.

Laiken Jordahl, du Centre pour la biodiversité, l'a qualifiée de "démoralisante", regrettant que le président "écarte nos lois de protection de l'environnement pour construire des murs frontaliers inefficaces et qui tuent la faune".


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.