Zelensky accuse Moscou de soutenir le Hamas, craint que le conflit ne détourne l'attention de l'Ukraine

Volodymyr Zelensky a exprimé son inquiétude de voir la communauté internationale se détourner de l'Ukraine avec la «tragédie» qui frappe Israël suite aux attaques du Hamas (Photo, AFP).
Volodymyr Zelensky a exprimé son inquiétude de voir la communauté internationale se détourner de l'Ukraine avec la «tragédie» qui frappe Israël suite aux attaques du Hamas (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 11 octobre 2023

Zelensky accuse Moscou de soutenir le Hamas, craint que le conflit ne détourne l'attention de l'Ukraine

  • «Nous sommes certains que la Russie apporte son soutien, d’une manière ou d’une autre, aux opérations menées par le Hamas» a déclaré Zelensky
  • Kiev va bénéficier d'un nouveau soutien, d'une valeur de plus de 100 millions de livres sterling, comprenant des systèmes de déminage

PARIS: Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé la Russie d'"apporter son soutien" aux attaques menées par le Hamas en Israël, craignant que cette nouvelle guerre ne détourne l'attention internationale de ce qui se passe en Ukraine, lors un entretien à la chaîne de télévision France 2 diffusé mardi soir.

"Nous sommes certains que la Russie apporte son soutien, d’une manière ou d’une autre, aux opérations menées par le Hamas" a déclaré M. Zelensky, ajoutant que ses services de renseignements disposaient d'"informations" en ce sens.

"La crise actuelle (...) témoigne du fait que la Russie cherche vraiment à mener des actions de déstabilisation partout dans le monde", a-t-il dit.

Le dirigeant ukrainien a également exprimé son inquiétude de voir la communauté internationale se détourner de l'Ukraine avec la "tragédie" qui frappe Israël suite aux attaques du Hamas.

Au total, la guerre a déjà fait plus de 3.000 morts de part et d'autre, civils, soldats israéliens et combattants palestiniens.

"Je ne voudrais pas faire de comparaison. Une guerre terrible est en cours dans notre pays. En Israël, beaucoup de personnes ont perdu leurs proches. Ces tragédies sont différentes, mais toutes les deux sont immenses", a-t-il affirmé.

Il a toutefois prévenu que "l'attention internationale risque de se détourner de l'Ukraine, et cela aura des conséquences".

Interrogé sur les incertitudes qui entourent la poursuite de l'aide américaine à son pays sur fond de crise politique au Etats-Unis, Volodymyr Zelensky a dit espérer que ce soutien "se poursuivra".

Une nouvelle aide promise à l'Ukraine a en effet été retirée de l'accord conclu au Congrès américain fin septembre pour éviter la paralysie budgétaire des Etats-Unis, en raison de l'opposition des Républicains les plus intransigeants.

"Le destin de l'Ukraine dépend de l'unité du reste du monde. L'unité mondiale dépend beaucoup de l’unité des Etats-Unis", a déclaré le dirigeant ukrainien. "Un Congrès divisé, c’est la certitude d’une division sur la question de l’aide à l'Ukraine".

L'Ukraine va bénéficier d'un nouveau soutien dans sa contre-offensive

Kiev va bénéficier d'un nouveau soutien, d'une valeur de plus de 100 millions de livres sterling (115 millions d'euros), comprenant des systèmes de déminage, a annoncé mercredi le ministre britannique de la Défense.

Cette aide supplémentaire face à l'invasion russe provient du Fonds international pour l'Ukraine (IFU, administré par le Royaume-Uni) et doit être officiellement annoncée à l'occasion d'une nouvelle réunion de coordination des soutiens militaires à l'Ukraine organisée sous l'égide des Etats-Unis mercredi à Bruxelles.

Londres veut ainsi aider Kiev à "nettoyer les champs de mines", "entretenir ses véhicules et consolider ses fortifications défensives pour protéger des infrastructures nationales essentielles", selon un communiqué du ministère britannique de la Défense.

"L'Ukraine est à présent le pays le plus miné sur Terre", ce qui constitue le "principal obstacle" à la contre-offensive, fait-il valoir.

De son côté, l'Allemagne a annoncé mardi la livraison dans les prochaines semaines de nouveaux systèmes de défense antiaérienne, de chars et d'autres blindés avant l'hiver.

«Nous avançons»

Concernant la poursuite de la guerre en Ukraine, M. Zelensky a affirmé que la contre-offensive engagée par son armée en juin pour tenter de libérer les territoires occupés "se poursuit sur plusieurs axes, et dans tous les cas, nous avançons".

"Nous continuons d'avancer pas à pas, petit à petit (...) L'initiative est de notre côté en ce moment", a-t-il assuré, tout en reconnaissant que cette campagne est "très difficile" sur le terrain, notamment parce que la Russie a construit un réseau très élaboré de fortifications fait de champs de mines, pièges antichars et tranchées.

L'armée ukrainienne manque aussi de munitions longue-portée pour détruire les voies d'approvisionnement russes. La Russie dispose en outre de plus d'hommes et de plus de munitions d'artillerie. Elle domine dans les airs avec son aviation.

Jusqu'ici, les avancées ont été limitées, et Moscou tente régulièrement ses propres attaques pour forcer l'armée ukrainienne à revoir ses plans.

Les forces russes ont ainsi lancé une attaque d'ampleur sur la ville d'Avdiïvka, dans l'est de l'Ukraine, ont indiqué mardi les belligérants, que l'armée ukrainienne a assuré en fin de journée avoir réussi à repousser.


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
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  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
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  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.