Soudan: le nombre de familles souffrant de la faim a presque doublé

Des enfants jouent dans une aire de jeux dans une école transformée en refuge pour les personnes déplacées par le conflit dans la ville frontalière nord du Soudan, Wadi Halfa, près de l'Égypte, le 11 septembre 2023. (AFP)
Des enfants jouent dans une aire de jeux dans une école transformée en refuge pour les personnes déplacées par le conflit dans la ville frontalière nord du Soudan, Wadi Halfa, près de l'Égypte, le 11 septembre 2023. (AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 18 octobre 2023

Soudan: le nombre de familles souffrant de la faim a presque doublé

  • Le conflit a tué plus de 9.000 personnes, selon un bilan très largement sous-estimé, et fait des millions de déplacés et réfugiés, tout en aggravant la crise sanitaire dans le pays
  • 700 000 enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère et 100 000 enfants ont besoin d'un traitement vital contre la malnutrition aiguë accompagnée de complications médicales

GENEVE: Le nombre de familles souffrant de la faim a presque doublé au Soudan après six mois d'une guerre entre généraux qui a plongé le pays dans le chaos, ont indiqué l'OMS et l'Unicef mercredi.

Le conflit a tué plus de 9.000 personnes, selon un bilan très largement sous-estimé, et fait des millions de déplacés et réfugiés, tout en aggravant la crise sanitaire dans le pays, où plus de la moitié des habitants ont besoin d'aide humanitaire pour survivre.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), "le nombre de familles souffrant de la faim a presque doublé".

"700.000 enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère et 100.000 enfants ont besoin d'un traitement vital contre la malnutrition aiguë accompagnée de complications médicales", ont alerté les deux agences de l'ONU dans un communiqué.

Citant une projection de l'université Johns Hopkins, le communiqué indique "qu'au moins 10.000 enfants de moins de 5 ans pourraient mourir d'ici fin 2023 en raison de l'augmentation de l'insécurité alimentaire et des perturbations des services essentiels" depuis le début du conflit au Soudan.

Le communiqué précise que cette modélisation est élaborée par le programme Lives Saved Tool, qui, selon son site internet, est financé par la fondation Bill & Melinda Gates.

La guerre a éclaté le 15 avril entre l'armée dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane et les Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo.

Avec plus de 7,1 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays – dont 4,5 millions depuis le début du conflit – le Soudan compte désormais le plus grand nombre de personnes déplacées au monde, indique le communiqué.

Des millions d'enfants sont exposés à diverses maladies, telles que le choléra, la dengue, la rougeole et le paludisme, alors que le système de santé est considérablement mis à mal par les attaques et les combats, préviennent l'OMS et l'Unicef.

Les établissements de santé sont occupés, pillés ou détruits. Environ 70% des hôpitaux se situant dans les régions touchées par le conflit ne sont pas en état de marche.

Le choléra, maladie hautement contagieuse, a par exemple déjà fait 65 morts, dont beaucoup d'enfants, et fera encore beaucoup de morts si elle n'est pas rapidement maîtrisée, indiquent les deux organisations.

Elles appellent à préserver et rétablir les systèmes de santé et de nutrition afin d'éviter un "nombre inacceptablement élevé de décès" parmi les enfants et les populations vulnérables".


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com