Biden veut plus de 105 milliards de dollars pour répondre aux crises internationales

Le président américain Joe Biden s'adresse à la nation sur le conflit entre Israël et Gaza et l'invasion russe de l'Ukraine depuis le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, DC, le 19 octobre 2023. (AFP)
Le président américain Joe Biden s'adresse à la nation sur le conflit entre Israël et Gaza et l'invasion russe de l'Ukraine depuis le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, DC, le 19 octobre 2023. (AFP)
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Publié le Vendredi 20 octobre 2023

Biden veut plus de 105 milliards de dollars pour répondre aux crises internationales

  • Le président démocrate Joe Biden réclame 61,4 milliards de dollars pour l'Ukraine et 14,3 milliards pour Israël
  • Le démocrate de 80 ans estime par ailleurs qu'il lui faudrait un peu plus de 9 milliards pour répondre à des crises humanitaires internationales, y compris dans la bande de Gaza

WASHINGTON : Enorme chiffre, énorme pari politique: Joe Biden demande au Congrès une enveloppe exceptionnelle de 105,85 milliards de dollars pour aider Israël et l'Ukraine, tenir tête à la Chine et répondre aux arrivées de migrants à la frontière sud.

"Le monde nous regarde et le peuple américain attend à juste titre de ses dirigeants qu'ils s'entendent pour répondre à ces priorités", a commenté Shalanda Young, directrice des affaires budgétaires de la Maison Blanche.

Peu après, les républicains ont une nouvelle fois échoué à élire l'un des leurs à la tête de la Chambre des représentants, prolongeant de fait la paralysie de tout le Congrès - lequel comprend aussi le Sénat, à majorité démocrate.

Le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, a estimé vendredi que cette demande de Joe Biden était "trop importante pour attendre que la Chambre mette fin au chaos", et a promis que son camp allait se pencher "très rapidement" sur le texte.

Le président démocrate, qui dans cette pagaille devra bien trouver un consensus politique avec les parlementaires conservateurs, réclame 61,4 milliards de dollars (dont 30 seraient dépensés en armement) pour l'Ukraine et 14,3 milliards (dont 10,6 en armement) pour Israël.

En liant les deux causes, il espère d'une certaine manière tordre le bras au parti républicain, qui veut une assistance musclée à Israël mais dont l'aile la plus à droite conteste la poursuite de l'aide à Kiev.

Joe Biden, qui a décrit jeudi l'Amérique en "phare" des aspirations démocratiques dans le monde, veut aussi 7,4 milliards pour tenir tête à la Chine, sur le plan militaire et économique.

Le démocrate de 80 ans estime par ailleurs qu'il lui faudrait un peu plus de 9 milliards pour répondre à des crises humanitaires internationales, y compris dans la bande de Gaza.

Pagaille

Le président américain met aussi la pression sur ses adversaires conservateurs en demandant des fonds - plus de 13 milliards de dollars - pour répondre via diverses dépenses aux arrivées de migrants à la frontière sud, et bloquer l'arrivée au même endroit de fentanyl, substance responsable de milliers de décès par overdose aux Etats-Unis chaque année.

"Nous n'accepterons pas que ceux qui refusent d'agir nous donnent des leçons", a dit Shalanda Young, en référence aux critiques récurrentes de la droite sur le laxisme supposé de Joe Biden face aux arrivées de migrants à la frontière sud.

Le président américain, candidat à sa réélection, avait affirmé jeudi, depuis le cadre très solennel du Bureau ovale, que les Etats-Unis seraient davantage en sécurité "pour des générations" s'ils soutenaient à la fois Israël et l'Ukraine.

"Nous ne pouvons pas laisser les mesquineries politiciennes (...) se mettre en travers de nos responsabilités en tant que grande nation", a encore dit le démocrate vers la fin de son discours, le second seulement dans le Bureau ovale depuis son élection.

L'emphase de Joe Biden à propos de la "nation essentielle" que serait l'Amérique tranche singulièrement avec la pagaille inouïe au Congrès.

Faute de direction à la Chambre des représentants, la Maison Blanche a dû adresser ses requêtes budgétaires au "speaker" par intérim.

Peu après la publication des nouvelles demandes de Joe Biden, l'élu trumpiste Jim Jordan a échoué, pour la troisième fois en quatre jour, à prendre le fauteuil de "speaker", à cause de l'opposition d'élus républicains modérés.

Cela fait maintenant 17 jours que cette institution ne fonctionne plus, depuis la destitution, inédite, du précédent patron de la Chambre, le républicain Kevin McCarthy.

Le Congrès est donc incapable de voter la moindre loi et ce alors que l'Etat fédéral n'a toujours pas de budget pour son exercice fiscal annuel, entamé le 1er octobre.

Si le Parlement américain n’adopte pas de budget avant le 17 novembre, le pays va droit au "shutdown", la paralysie des administrations fédérale, et l'aide des Etats-Unis à l'Ukraine menacerait de s'épuiser.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.