Cisjordanie: Descente de l'armée israélienne dans le village du numéro 2 du Hamas

Des Palestiniens évacuent un homme blessé après une frappe israélienne près d'une école de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies (Photo, AFP).
Des Palestiniens évacuent un homme blessé après une frappe israélienne près d'une école de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 22 octobre 2023

Cisjordanie: Descente de l'armée israélienne dans le village du numéro 2 du Hamas

  • Aroura est le village dont est originaire le numéro deux du Hamas Saleh al-Arouri, qui vit en exil au Liban
  • Selon les habitants du village, Abou al-Nimer est l'alias de l'officier du renseignement israélien en charge du secteur comprenant Aroura

RAMALLAH: L'armée israélienne a effectué samedi à l'aube une descente en Cisjordanie occupée dans le village du numéro deux du mouvement islamiste Hamas, où elle a arrêté une vingtaine de personnes et interrogé des dizaines d'autres, selon un édile et des témoins.

Ce raid dans le village d'Aroura, à 20 km au nord de Ramallah, est survenu alors qu'une guerre fait rage dans la bande de Gaza entre le Hamas, au pouvoir dans ce territoire, et Israël, après une sanglante attaque menée par le mouvement islamiste en territoire israélien le 7 octobre.

Aroura est le village dont est originaire le numéro deux du Hamas Saleh al-Arouri, qui vit en exil au Liban.

Des dizaines d'habitants du village ont été interrogés par l'armée israélienne et plus de vingt d'entre eux ont été arrêtés, dont un frère de Saleh al-Arouri et neuf de ses neveux, selon le maire du village Ali Al-Khasib et des témoins.

L'armée israélienne a confirmé dans un communiqué avoir mené, conjointement avec le service de sécurité intérieure, le Shin Beth, une opération à Aroura au cours de laquelle elle a "interrogé et arrêté des dizaines de membres du Hamas dont des proches du dirigeant de l'organisation terroriste Hamas Saleh Arouri".

L'armée israélienne s'est emparée de la maison de M. Arouri et y a conduit pour interrogatoire des dizaines d'habitants du village, a indiqué à l'AFP M. Khasib.

Elle a déployé par ailleurs sur la façade de la maison une banderole avec une photo de Saleh al-Arouri sur fond de drapeau israélien, selon des témoins et des images diffusées sur les réseaux sociaux.

Comme pour envoyer un message au Hamas, la banderole portait l'inscription en arabe "Ici c'était la maison de Saleh Arouri et c'est devenu le QG d'Abou Al-Nimer - renseignement israélien".

Selon les habitants du village, Abou al-Nimer est l'alias de l'officier du renseignement israélien en charge du secteur comprenant Aroura.

"Pour la durée de l'opération, la maison de Saleh Arouri a été utilisée par le Shin Beth et l’armée comme QG pour la détention et l'interrogatoire des activistes", a précisé l'armée israélienne.

Saleh Arouri, accusé par Israël d'être le cerveau de nombreux attentats, a été élu en 2017 comme adjoint au chef du bureau politique du Hamas Ismaïl Haniyeh, devenant ainsi officiellement le numéro 2 du mouvement islamiste.

Après avoir passé près de vingt ans au total dans les prisons israéliennes, Saleh al-Arouri a été libéré en 2010 à la condition qu'il s'exile. Il est aujourd'hui basé au Liban.


Israël: la procureure générale alerte sur un «démantèlement» des institutions démocratiques

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
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  • "A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud)
  • Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême

JERUSALEM: La procureure générale d'Israël a mis en garde lundi contre un recul démocratique en Israël, où le Parlement examine un projet de dissolution qui pourrait mener à des élections anticipées.

Depuis que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a été mis sur pied fin 2022, Gali Baharav-Miara conteste la légalité de certaines de ses décisions, et fait en conséquence l'objet d'une procédure de destitution intentée par l'exécutif.

"A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud).

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi.

Le premier vise à réduire les pouvoirs de la procureure générale, en créant un poste similaire mais qui serait nommé exclusivement par le ministre de la Justice.

Le second accorderait davantage de pouvoirs au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (extrême droite).

Si ces deux textes sont adoptés, "le système d'application de la loi dans l'Etat d'Israël changera complètement de nature", a-t-elle prévenu, d'après un communiqué de son bureau.

Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême.

La procureure générale faisait référence notamment à l'inaction du gouvernement après une décision de la Cour suprême de 2024, obligeant l'Etat à imposer des sanctions aux juifs ultra-orthodoxes qui s'opposent à la conscription.

"Le chef d'état-major réclame des soldats et il n'est plus possible de l'ignorer", a déclaré la procureure générale. "L'Etat ne peut pas ignorer la loi qui impose la conscription pour tous, ni le tort causé au principe d'égalité".

Israël mène depuis mars de vastes opérations militaires au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, et depuis plus de deux ans dans la bande de Gaza, où il combat le Hamas palestinien.


«Pas de calme à Beyrouth» tant que durent les attaques du Hezbollah, avertit Israël

L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
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  • "La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau
  • "Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé lundi qu'il n'y aurait "pas de calme" à Beyrouth sans l'arrêt des attaques du Hezbollah pro-iranien, disant en outre vouloir établir une zone sous contrôle militaire dans une vaste partie du sud du Liban.

"La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté.

Ces propos surviennent après que l'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah.

L'armée a aussi intensifié ses opérations terrestres dans le sud.

M. Katz a indiqué qu'elle opérait "afin d'éloigner les menaces (...) et de faire de la zone du fleuve Litani une zone placée sous contrôle sécuritaire de Tsahal (l'armée, NDLR), débarrassée des armes et des terroristes".

Le fleuve Litani est situé à une trentaine de km de la frontière avec Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé vendredi que l'armée l'avait traversé, après avoir déclaré qu'une grande partie du sud du Liban était désormais considérée une "zone de combat", en dépit d'un cessez-le-feu en vigueur le 17 avril.


Un soldat israélien tué dans le sud du Liban 

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
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  • Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué
  • Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi que l'un de ses soldats avait été tué lors de combats dans le sud du Liban, portant à 26 le nombre de morts dans ses rangs depuis début mars.

Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué.

Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah. Dimanche, l'armée avait annoncé la mort d'un autre soldat au Liban, également tué par un drone explosif du mouvement pro-iranien, selon elle.

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant.