Violences à la frontière avec Israël: plus de 19 000 déplacés au Liban

Des soldats israéliens patrouillent dans une zone proche de la frontière nord avec le Liban, le 23 octobre 2023. (AFP).
Des soldats israéliens patrouillent dans une zone proche de la frontière nord avec le Liban, le 23 octobre 2023. (AFP).
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Publié le Lundi 23 octobre 2023

Violences à la frontière avec Israël: plus de 19 000 déplacés au Liban

  • La plupart des personnes déplacées sont hébergées chez des proches ou des amis, tandis que trois écoles, gérées par les autorités locales servent également d'abris dans le sud du pays
  • Même si les affrontements restent jusqu'ici relativement contenus, la probabilité que le Hezbollah s'implique davantage pourrait dépendre d’une éventuelle opération israélienne terrestre à Gaza, selon des analystes

BEYROUTH : Plus de 19 000 personnes ont été déplacées au Liban après une intensification des affrontements entre l'armée israélienne et le Hezbollah libanais à la frontière entre les deux pays, selon les chiffres publiés lundi par une agence spécialisée des Nations unies.

"Une hausse des incidents transfrontaliers" a entraîné le déplacement de 19 646 personnes au Liban "à la fois dans le sud et ailleurs dans le pays", indique le rapport de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

"Nous nous attendons à ce que ces chiffres augmentent à mesure que les tensions transfrontalières perdurent" ou en cas d'escalade de la violence, a déclaré un porte-parole de l'OIM, Mohammedali Abunajela, dans un communiqué adressé à l'AFP.

Depuis le début de la guerre déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas islamiste palestinien en Israël le 7 octobre, les affrontements sont quasi-quotidiens à la frontière israélo-libanaise et les craintes de voir le puissant Hezbollah pro-iranien ouvrir un nouveau front à partir du Liban sont vives.

L'attaque du Hamas a fait au moins 1 400 morts en Israël, pour la plupart des civils, selon des responsables israéliens et les frappes de représailles israéliennes à Gaza ont tué plus de 5 000 Palestiniens, parmi lesquels plus de 2 000 enfants, selon le ministère de la Santé de l'enclave.

Face aux attaques répétées, des dizaines de localités ont reçu l’ordre d’évacuer en Israël. L'armée israélienne répond par des bombardements sur des cibles dans le sud du Liban.

Au moins 40 personnes ont été tuées du côté libanais de la frontière, selon un décompte de l'AFP à partir de communiqués, sources officielles ou de sécurité, pour la plupart des combattants mais également au moins quatre civils, parmi lesquels le journaliste de Reuters Issam Abdallah. L'armée israélienne a de son côté fait état de quatre morts, trois soldats et un civil.

«Graves pénuries»

Dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a prévenu que le Hezbollah ferait "l'erreur de sa vie" en entrant en guerre contre Israël, et que les conséquences seraient "dévastatrices pour le Liban".

Le Liban, en proie à une crise socio-économique sans précédent, n'a pas mis en œuvre de plan d'évacuation, mais le Premier ministre Najib Mikati a déclaré que le pays élaborait une réponse d'urgence "par mesure de précaution".

M. Abunajela a déclaré que "face à la détérioration de la situation économique et à l'augmentation significative de la pauvreté (...), les déplacements internes pourraient ajouter une pression supplémentaire sur les ressources des communautés d'accueil".

La plupart des personnes déplacées sont hébergées chez des proches ou des amis, tandis que trois écoles, gérées par les autorités locales servent également d'abris dans le sud du pays, selon lui.

Même si les affrontements restent jusqu'ici relativement contenus, la probabilité que le Hezbollah s'implique davantage pourrait dépendre d’une éventuelle opération israélienne terrestre à Gaza, selon des analystes.

La crise économique au Liban a paralysé les services de base.

"Le système de santé est confronté à de graves pénuries, notamment de médicaments" ainsi qu'à "une pénurie importante de médecins et d'infirmières qui ont quitté le pays en raison de la grave crise économique", a dit M. Abunajela.

"Dans ce contexte, répondre aux déplacements à grande échelle et aux conséquences sanitaires qui pourraient s'ensuivre pourrait submerger un système de santé déjà fragile", a-t-il averti.

La dernière guerre ayant opposé en 2006 Israël au Hezbollah avait fait 1200 morts côté libanais, en majorité des civils, et 160 côté israélien, militaires pour la plupart.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
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  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.