Nouveaux pourparlers sur l'Ukraine à Malte, sans la Russie

M. Zelensky pousse son plan de paix en 10 points, qui demande à la Russie de retirer toutes ses troupes hors des frontières internationalement reconnues de l'Ukraine. (AFP)
M. Zelensky pousse son plan de paix en 10 points, qui demande à la Russie de retirer toutes ses troupes hors des frontières internationalement reconnues de l'Ukraine. (AFP)
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Publié le Dimanche 29 octobre 2023

Nouveaux pourparlers sur l'Ukraine à Malte, sans la Russie

  • Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a pris la parole au premier de ces deux jours de discussions à huis clos, visant à obtenir un soutien en faveur de son plan en 10 points pour mettre un terme à la guerre déclenchée par l'invasion russe
  • Dans un message posté sur les réseaux sociaux, il s'est félicité de la participation de conseillers diplomatiques de 66 pays à la réunion qui intervient après celles de Djeddah et Copenhague cet été

LA VALETTE, MALTE: Une troisième session de pourparlers soutenus par l'Ukraine pour mettre un terme à l'invasion russe a débuté samedi à Malte avec des représentants de plus de 60 pays, en l'absence de la Russie qui dénonce "un événement profondément antirusse".

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a pris la parole au premier de ces deux jours de discussions à huis clos, visant à obtenir un soutien en faveur de son plan en 10 points pour mettre un terme à la guerre déclenchée par l'invasion russe de février 2022.

Dans un message posté sur les réseaux sociaux, il s'est félicité de la participation de conseillers diplomatiques de 66 pays à la réunion qui intervient après celles de Djeddah et Copenhague cet été. Preuve selon lui que le plan de paix ukrainien "est progressivement devenu global".

"La réunion a confirmé un large intérêt et un soutien croissant pour les éléments clés de la formule de paix ukrainienne", a estimé un représentant de l'Union européenne. Quelque 40 nations avaient pris part au sommet saoudien en août.

Dans le contexte de la guerre entre le Hamas et Israël, la rencontre montre "que la restauration d'une paix juste est importante au-delà de l'Ukraine; il s'agit d'un plaidoyer global pour le respect du droit international", selon la même source européenne.

M. Zelensky pousse son plan de paix en 10 points, qui demande à la Russie de retirer toutes ses troupes hors des frontières internationalement reconnues de l'Ukraine.

Mais la Russie - qui a proclamé l'annexion des quatre régions ukrainiennes de Lougansk, Donetsk, Kherson et Zaporijjia en septembre 2022 et celle de la Crimée en 2014 - a rejeté tout règlement qui impliquerait de céder ces territoires.

"Il est évident que des démarches (comme la réunion de Malte, ndlr) n'ont absolument aucun avenir, elles sont juste contreproductives", avait déclaré jeudi la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, qualifiant cette rencontre d'"évènement profondément partial et antirusse, qui n'a rien à voir avec un règlement pacifique de la crise ukrainienne".

La Chine absente

Les soutiens de Kiev tels que les Etats-Unis, l'UE ou le Royaume-Uni, participent à la rencontre de Malte. La Turquie, qui s'est proposée comme médiateur entre l'Ukraine et la Russie, est également représentée, selon une liste consultée par l'AFP avant l'ouverture de la réunion.

Mais ces discussions, où il est notamment question de l'intégrité territoriale de l'Ukraine, ont la particularité de voir aussi participer des pays qui se sont gardés de condamner l'invasion russe, comme l'Afrique du Sud et l'Inde. Ou qui ont refusé de se joindre aux nations occidentales pour envoyer des armes à l'Ukraine ou imposer des sanctions à la Russie, comme le Brésil.

La Chine, qui refuse de condamner l'invasion russe, n'a pas envoyé de délégation à Malte, selon le responsable de l'UE, alors qu'elle était représentée à Djeddah.

Les organisateurs espèrent une déclaration conjointe du sommet de Malte, contrairement aux deux réunions précédentes.

Andriï Iermak, le chef de l'administration présidentielle ukrainienne, a rapporté sur son compte Telegram des discussions "animées", portant notamment sur cinq domaines clés: la sécurité alimentaire, la sécurité énergétique, la sécurité nucléaire, les questions humanitaires et le rétablissement de l'intégrité territoriale de l'Ukraine.

Les discussions de Malte doivent également porter sur la sécurité nucléaire - en particulier celle de la centrale ukrainienne de Zaporijjia - et sur la protection des infrastructures énergétiques du pays.

Les questions de sécurité alimentaire, alors que Moscou entrave les exportations de céréales ukrainiennes, et humanitaires, comme la libération de prisonniers ou le retour d'enfants ukrainiens emmenés en Russie, sont également à l'agenda de la rencontre.

L'Ukraine se prépare à un hiver éprouvant après plus d'un an et demi d'une guerre sanglante et de bombardements russes meurtriers, Kiev anticipant de nouvelles frappes massives sur ses infrastructures énergétiques alors que sa contre-offensive a échoué pour l'instant à percer en profondeur les défenses russes.

La réunion devait avoir lieu dans un pays du Proche-Orient mais a été déplacée à Malte après le déclenchement de la guerre entre le Hamas et Israël, selon un diplomate européen.


Des missiles Patriot redéployés en Crète face aux menaces iraniennes

Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
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  • Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer
  • Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale

ATHENES: Une batterie de missiles Patriot était en cours de transfert lundi de l'île de Karpathos, à l'extrême est de la Grèce, jusqu'en Crète, en raison de menaces iraniennes visant des bases américaines en Europe, a rapporté la presse grecque.

Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer.

Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale.

Toujours selon la presse, ce redéploiement fait suite à des informations selon lesquelles l'Iran envisagerait des attaques contre des cibles militaires américaines en Europe si le président Donald Trump intensifiait le conflit dans le détroit d'Ormuz.

Le ministère de la Défense grec n'a pas communiqué sur le sujet.

Selon un article du Financial Times (FT) publié la semaine dernière, citant des sources au sein du régime iranien, l'Iran ne se contentera plus de limiter sa riposte au Moyen-Orient et envisage de frapper des cibles américaines en Europe en cas de nouvelle escalade militaire américaine.

Selon ces deux sources, les forces iraniennes ont évalué la possibilité de frapper des installations américaines dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre, où une base britannique avait déjà été visée par un drone en mars.

La Grèce compte de plusieurs bases américaines, à Alexandroupoli – dans le nord du pays – et en Crète, à Souda.

Depuis la publication du FT, le ministère de la Défense nationale et l'état-major "étaient en état d'alerte", selon le quotidien de référence I Kathimerini.

Ce journal explique que la décision de déployer une batterie de Patriot en Crète a été fortement influencée par l'évaluation des capacités de l'arsenal iranien qui, selon les informations transmises à Athènes par les alliés, dispose encore d'un nombre suffisant de missiles balistiques d'une portée supérieure à 2 000 kilomètres, susceptibles de cibler des bases et des infrastructures en Europe du Sud-Est.

Les missiles Patriot avaient été transférés sur l'île de Karpathos,  au voisinage de la Turquie, en mars.

En mars dernier, après une attaque de drones menée par le Hezbollah libanais contre la base anglaise d'Akrotiri à Chypre, la Grèce avait envoyé des F-16 et une frégate équipée d'un système de neutralisation de drones dans l'île.

Une autre batterie de Patriot grecque est par ailleurs déployée en Arabie Saoudite depuis septembre 2021, qui est déjà entrée en action à plusieurs reprises contre des missiles et drones iraniens visant le royaume.


Trump publie une carte du détroit d'Ormuz en "territoire américain"

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
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  • Donald Trump a relancé l’idée controversée de faire du détroit d’Ormuz un « territoire américain », en publiant une carte sur Truth Social
  • Cette déclaration intervient alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont dans l’impasse et que la réouverture de ce passage stratégique reste conditionnée à des exigences jugées incompatibles

WASHINGTON: Donald Trump a publié mardi sur son réseau Truth Social une carte montrant le détroit d'Ormuz et le décrivant comme un "nouveau territoire américain", reprenant ainsi une idée déjà exprimée ces derniers jours.

Le président avait pour la première fois parlé de "territoire américain" à propos de cette artère commerciale stratégique la semaine dernière, pendant un meeting et sur un ton qui laissait penser à une plaisanterie.

Le républicain est revenu à la charge lundi pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau Ovale, en estimant que ce serait une "très bonne idée".

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, confronté à un obstacle de politique étrangère, lance ainsi une suggestion surprenante ou menaçante d'annexion d'un territoire étranger.

Depuis son retour au pouvoir, il a menacé de faire du Canada le "51e" Etat américain, de s'emparer du Groenland et même évoqué une prise de contrôle de la bande de Gaza, sans passer à l'acte.

Sa suggestion concernant Ormuz intervient alors qu'une issue pacifique au conflit entre l'Iran et les Etats-Unis semble plus lointaine que jamais.

Il y a soixante jours, les deux belligérants avaient signé à grand bruit un protocole d'accord censé déboucher sur un règlement durable, mais qui n'a rien donné.

Washington et Téhéran posent des conditions a priori irréconciliables à la réouverture du détroit, passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole.


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.