Liban: Nouveaux tirs vers Israël, la tension monte à la frontière

Un véhicule aérien sans pilote (UAV ou drone) israélien Elbit Hermes 450 survole la frontière avec la bande de Gaza, près de Sderot (Photo, AFP).
Un véhicule aérien sans pilote (UAV ou drone) israélien Elbit Hermes 450 survole la frontière avec la bande de Gaza, près de Sderot (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Lundi 30 octobre 2023

Liban: Nouveaux tirs vers Israël, la tension monte à la frontière

  • Dimanche en début de soirée, les brigades Ezzedine al-Qassam, la branche militaire du Hamas, avaient indiqué avoir «lancé 16 roquettes sur Nahariya»
  • Les échanges de tirs sont quasi-quotidiens dans le secteur entre l'armée israélienne et des groupes armés pro-palestiniens, dont le Hezbollah libanais

BEYROUTH: La frontière entre Israël et le Liban est une fois de plus sous haute tension après de nouveaux tirs annoncés dimanche par des groupes armés, dont le Hamas Palestinien et le puissant Hezbollah, suivis par une tentative d'infiltration du Jihad islamique.

Les nouvelles violences interviennent alors que le Hamas a dit mener dimanche de "violents combats" contre l'armée israélienne dans la bande de Gaza.

Dans la nuit de dimanche à lundi, les "Brigades al-Qods", la branche militaire du Jihad islamique palestinien, dont des combattants sont présents au Liban, ont annoncé sur leur chaîne Telegram que deux de leurs membres ont été tués à Hanita dans le nord d'Israël après avoir réussi à "franchir la barrière sécuritaire" séparant le Liban d'Israël et "affronter l'ennemi" israélien.

Les échanges de tirs sont quasi-quotidiens dans le secteur entre l'armée israélienne et des groupes armés pro-palestiniens, dont le Hezbollah libanais, depuis le début le 7 octobre de la guerre entre Israël et le mouvement islamiste Hamas dans la bande de Gaza.

Dimanche en début de soirée, les brigades Ezzedine al-Qassam, la branche militaire du Hamas, avaient indiqué avoir "lancé 16 roquettes sur Nahariya" dans la région occidentale de la Galilée en Israël, "en réponse aux crimes de l’occupation contre notre peuple à Gaza".

Dans la foulée, la branche armée de la Jamaa Islamiya, proche de l'idéologie des Frères musulmans, a également déclaré avoir tiré des "roquettes" sur Kiryat Shmona, selon l'agence de presse officielle libanaise (Ani).

Drone israélien «abattu»

Le Hezbollah, allié du Hamas, a indiqué avoir abattu au-dessus du territoire israélien un drone israélien avec un missile sol-air, et visé plusieurs positions de l'armée israélienne.

Le parti pro-iranien a également annoncé dimanche la mort d'un de ses combattants.

De son côté, l'armée israélienne a rapporté de nouveaux tirs du Liban vers le secteur de Har Dov et Kiryat Shmona et a dit avoir riposté vers l'origine des tirs.

Son aviation a également mené plusieurs raids contre des localités frontalières dans le sud du Liban, selon l'Ani.

Depuis l'attaque d'ampleur inédite du Hamas contre Israël, les échanges de tirs à la frontière libano-israélienne ont tué au moins 59 personnes au Liban, selon un décompte de l'AFP, pour la plupart des combattants du Hezbollah mais aussi quatre civils, dont un journaliste.

En Israël, l'armée a fait état de quatre morts, dont un civil.

Près de 29.000 personnes ont été déplacées au Liban en raison des échanges de tirs, selon l'Organisation internationale pour les migrations, sur fond de craintes d'embrasement à la frontière.


Israël: la procureure générale alerte sur un «démantèlement» des institutions démocratiques

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
Short Url
  • "A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud)
  • Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême

JERUSALEM: La procureure générale d'Israël a mis en garde lundi contre un recul démocratique en Israël, où le Parlement examine un projet de dissolution qui pourrait mener à des élections anticipées.

Depuis que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a été mis sur pied fin 2022, Gali Baharav-Miara conteste la légalité de certaines de ses décisions, et fait en conséquence l'objet d'une procédure de destitution intentée par l'exécutif.

"A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud).

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi.

Le premier vise à réduire les pouvoirs de la procureure générale, en créant un poste similaire mais qui serait nommé exclusivement par le ministre de la Justice.

Le second accorderait davantage de pouvoirs au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (extrême droite).

Si ces deux textes sont adoptés, "le système d'application de la loi dans l'Etat d'Israël changera complètement de nature", a-t-elle prévenu, d'après un communiqué de son bureau.

Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême.

La procureure générale faisait référence notamment à l'inaction du gouvernement après une décision de la Cour suprême de 2024, obligeant l'Etat à imposer des sanctions aux juifs ultra-orthodoxes qui s'opposent à la conscription.

"Le chef d'état-major réclame des soldats et il n'est plus possible de l'ignorer", a déclaré la procureure générale. "L'Etat ne peut pas ignorer la loi qui impose la conscription pour tous, ni le tort causé au principe d'égalité".

Israël mène depuis mars de vastes opérations militaires au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, et depuis plus de deux ans dans la bande de Gaza, où il combat le Hamas palestinien.


«Pas de calme à Beyrouth» tant que durent les attaques du Hezbollah, avertit Israël

L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
Short Url
  • "La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau
  • "Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé lundi qu'il n'y aurait "pas de calme" à Beyrouth sans l'arrêt des attaques du Hezbollah pro-iranien, disant en outre vouloir établir une zone sous contrôle militaire dans une vaste partie du sud du Liban.

"La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté.

Ces propos surviennent après que l'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah.

L'armée a aussi intensifié ses opérations terrestres dans le sud.

M. Katz a indiqué qu'elle opérait "afin d'éloigner les menaces (...) et de faire de la zone du fleuve Litani une zone placée sous contrôle sécuritaire de Tsahal (l'armée, NDLR), débarrassée des armes et des terroristes".

Le fleuve Litani est situé à une trentaine de km de la frontière avec Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé vendredi que l'armée l'avait traversé, après avoir déclaré qu'une grande partie du sud du Liban était désormais considérée une "zone de combat", en dépit d'un cessez-le-feu en vigueur le 17 avril.


Un soldat israélien tué dans le sud du Liban 

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
Short Url
  • Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué
  • Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi que l'un de ses soldats avait été tué lors de combats dans le sud du Liban, portant à 26 le nombre de morts dans ses rangs depuis début mars.

Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué.

Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah. Dimanche, l'armée avait annoncé la mort d'un autre soldat au Liban, également tué par un drone explosif du mouvement pro-iranien, selon elle.

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant.