La guerre entre Israël et le Hamas à Gaza menace de replonger l'Irak dans la guerre

Des Irakiens brandissent des pancartes et des drapeaux palestiniens lors d'une manifestation à Bagdad, le 20 octobre 2023, en soutien au peuple palestinien sur fond de combats entre Israël et des groupes palestiniens (Photo, AFP).
Des Irakiens brandissent des pancartes et des drapeaux palestiniens lors d'une manifestation à Bagdad, le 20 octobre 2023, en soutien au peuple palestinien sur fond de combats entre Israël et des groupes palestiniens (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 31 octobre 2023

La guerre entre Israël et le Hamas à Gaza menace de replonger l'Irak dans la guerre

  • Les troupes américaines en Irak et en Syrie ont déjà été attaquées par des milices, provoquant des représailles
  • Le Premier ministre Al-Sudani a condamné les attaques, mais les analystes s'interrogent sur sa capacité à maîtriser les milices.

ERBIL: Avec ses coffres gonflés par les prix élevés du pétrole et ses politiciens mettant de côté leurs inimitiés, l'Irak semblait bien parti pour connaître une période de stabilité sans précédent depuis des dizaines d'années. Toutefois, la guerre entre Israël et le Hamas qui a éclaté au début du mois d'octobre pourrait compromettre ces modestes progrès, surtout si elle fait flamber la situation régionale et dégénère en un conflit plus large.

Plusieurs milices soutenues par l'Iran au Moyen-Orient ont menacé d'attaquer les intérêts américains dans la région si Washington s'impliquait ouvertement dans la guerre terrestre menée par Israël contre le Hamas dans la bande de Gaza. Ces milices ont déjà attaqué des bases américaines en Irak et en Syrie à l'aide de roquettes et de drones au cours des derniers jours.

Dans une analyse pour le Centre arabe de Washington, Rend al-Rahim, ancienne ambassadrice irakienne aux États-Unis, écrit: «En l'espace d'un peu plus de deux semaines, la guerre d'Israël contre Gaza a bouleversé l'équilibre minutieux des relations extérieures de l'Irak et les efforts déployés par le Premier ministre irakien, Mohammed Shia al-Sudani, depuis un an pour maintenir la stabilité dans le pays.»

Les États-Unis ont ordonné le départ d'Irak de leur personnel «non urgent» et ont déconseillé aux Américains de se rendre dans le pays en raison de la menace élevée. Le Royaume-Uni a également retiré temporairement le personnel de son ambassade à Bagdad et déconseillé aux Britanniques de se rendre en Irak, à l'exception des voyages strictement essentiels au Kurdistan irakien.

Des F/A-18 Super Hornets de la Marine américaine, rattachés au Carrier Air Wing (CVW) 8, se préparent à des opérations de vol sur le pont d'envol du plus grand porte-avions du monde, l'USS Gerald R. Ford (CVN) 78, à l'est de la mer Méditerranée, le 13 octobre 2023 (Photo, AFP).

Environ 2 500 soldats américains sont actuellement stationnés en Irak avec l'autorisation de Bagdad. Ils conseillent et forment les forces irakiennes et kurdes dans la lutte qu'elles mènent contre Daech. Neuf cents autres sont déployés dans le nord-est de la Syrie, en partenariat avec les forces locales dirigées par les Kurdes dans leur propre lutte contre les vestiges du groupe extrémiste.

Depuis le 17 octobre, les troupes américaines ont été la cible d'attaques de roquettes et de drones sur la base aérienne d'Ain al-Asad, dans l'ouest de l'Irak, sur l'aérodrome de Harir, dans le Kurdistan irakien, et sur la garnison d'Al-Tanf, dans le sud de la Syrie. Vingt-et-un membres du personnel américain ont subi des «blessures mineures», mais ont pu reprendre rapidement leurs fonctions, tandis qu'un contractant civil est décédé des suites d'un incident cardiaque survenu lors de l'une de ces attaques.

Jeudi, les États-Unis ont lancé des «frappes d'autodéfense de précision» contre deux installations dans l'est de la Syrie utilisées par le puissant Corps des gardiens de la révolution islamique de l'Iran et ses alliés locaux. Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a décrit ces frappes comme une réponse à «une série d'attaques en cours et pour la plupart infructueuses contre le personnel américain en Irak et en Syrie par des milices soutenues par l'Iran».

Ces groupes, dont le Kataib Hezbollah, Asaib Ahl al-Haq et d'autres, ont menacé d'intensifier leurs attaques si Israël lançait une guerre terrestre d'envergure contre le Hamas à Gaza, augmentant ainsi le risque que les troupes américaines soient gravement blessées, voire tuées, et la possibilité d'une riposte plus vigoureuse de la part de l'armée américaine. Une telle escalade pourrait potentiellement déclencher une conflagration incontrôlable qui pourrait replonger l'Irak dans le chaos et la guerre.

M. Al-Sudani a condamné les récentes attaques contre les troupes américaines en Irak, les qualifiant d'«inacceptables», et a ordonné aux forces de sécurité de l'État d'en poursuivre les auteurs.

Un jeune Irakien porte une photo du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, lors d'une manifestation de soutien au peuple palestinien à Bagdad, le 20 octobre 2023 (Photo, AFP).

De nombreuses milices soutenues par l'Iran en Irak font partie des forces paramilitaires de mobilisation populaire sanctionnées par l'État, dont certains dirigeants sont membres du gouvernement Al-Sudani. Malgré cela, M. Al-Sudani n'a peu ou pas de contrôle sur ces groupes armés.

«Des rapports indiquent qu'il (Al-Sudani) a averti les groupes pro-Iran que s'ils s'impliquaient directement à Gaza, les États-Unis et Israël riposteraient contre eux en Irak», a déclaré Joel Wing, auteur du blog Musings on Iraq, à Arab News. «À part cela, il ne peut les contraindre.»

En effet, peu après le début de la guerre entre Israël et le Hamas, l'homme politique irakien Hadi al-Amiri, chef de l'organisation Badr, liée à l'Iran, qui constitue une grande partie des unités de mobilisation populaire, a déclaré: «S'ils (les États-Unis) interviennent, nous interviendrons [...] nous considérerons toutes les cibles américaines comme légitimes.»

Les forces irakiennes et les unités de mobilisation populaire (Hached al-Chaabi) avancent vers la ville d'Al-Qaim, dans l'ouest de la province d'Anbar, à la frontière syrienne, dans leur lutte contre les dernières poches de Daech, le 1er novembre 2017 (Photo, AFP).

Ryan Bohl, analyste principal pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à la société de renseignement sur les risques RANE, pense également que le gouvernement Al-Sudani serait «largement spectateur» en cas d'escalade significative, Téhéran et Washington «menant les événements sur le terrain» plutôt que Bagdad.

«Les manœuvres diplomatiques de l'Irak resteront probablement très critiques à l'égard d'Israël et même des États-Unis à certains moments, bien qu'il ne semble pas encore qu'elles pousseront les troupes américaines à quitter le pays», a indiqué M. Bohl à Arab News.

EN CHIFFRES

42 millions: Population de l'Irak

11 millions: Population active

14,19%: Taux de chômage total

27,2%: Taux de chômage des jeunes

27%: Dette publique en pourcentage du PIB

Moqtada al-Sadr, puissante figure chiite et chef de milice qui s'est à plusieurs reprises opposé aux factions pro-iraniennes en Irak, a déjà rassemblé ses partisans en force pour condamner Israël. Les analystes pensent qu'il pourrait chercher à tirer parti de la crise actuelle pour revenir sur la scène politique et défier ses rivaux soutenus par l'Iran.

Selon M. Wing, Moqtada al-Sadr, comme d'autres dirigeants politiques en Irak, «espère exploiter»  la crise à Gaza à ses propres fins. En effet, les manifestations de rue qu'il a organisées ces derniers jours pourraient marquer le début d'une campagne en vue des élections de décembre.

M. Bohl reconnaît qu'il est probable que Moqtada al-Sadr utilisera la crise pour obtenir «un gain politique au moins marginal». Toutefois, il n'est pas certain que cette question ramènera Al-Sadr sur la scène politique, étant donné que les «facteurs qui l'ont poussé à partir» ne sont pas liés au conflit israélo-palestinien.

«D'un autre côté, en cas d'escalade régionale majeure impliquant l'Irak, Al-Sadr pourrait être l'un des hommes politiques chiites vers lesquels l'Irak se tournerait pour prendre la direction des opérations, étant donné son rôle dans la manière dont le pays aurait été entraîné dans le conflit», a relevé M. Bohl.

Des membres du mouvement musulman chiite irakien Al-Nujaba brandissent le drapeau palestinien lors d'un rassemblement à Bagdad le 8 octobre 2023, pour exprimer leur soutien à l'opération «Déluge d'Al-Aqsa» lancée la veille par les militants du Hamas contre Israël depuis la bande de Gaza (Photo, AFP).

Le risque d'un conflit plus large est considérable. M. Wing affirme que certains groupes irakiens discutent déjà de «l'escalade de leurs attaques en cours» si une guerre terrestre commence à Gaza. Il prédit qu'une telle escalade se traduirait «probablement par des tirs de roquettes et de drones sur l'ambassade américaine» à Bagdad.

«J'ai lu que les factions sont divisées sur la question de savoir s'il faut s'impliquer directement dans le conflit. Et si elles le font, ce sera avec le Hezbollah au Liban et non avec le Hamas à Gaza», a-t-il ajouté.

M. Bohl estime que si une incursion terrestre israélienne dans la bande de Gaza reste une «forte possibilité» d'entraîner une grave instabilité en Irak, «il y a d'autres facteurs à prendre en compte».

«Si ces milices s'en prennent excessivement aux États-Unis, elles pourraient déclencher une réaction régionale des États-Unis à l'égard de l'Iran et de ses mandataires, ce qui ne serait pas dans l'intérêt de l'Iran», a-t-il déclaré.

«Je m'attends à ce qu'elles se livrent à des actes de harcèlement et à des attaques ponctuelles plutôt qu'à des attaques massives destinées à faire de nombreuses victimes.»

Des Syriens brandissent des drapeaux et une pancarte représentant (de gauche à droite) le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, le président syrien, Bachar al-Assad, le chef des Houthis du Yémen, Abdelmalik al-Houthi, et le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei à Alep, le 7 mai 2021 (Photo, AFP).

Les deux experts estiment que les dernières attaques visent à démontrer la capacité de ces milices à frapper les forces américaines plutôt qu'à leur infliger des pertes.

M. Wing a résumé les attaques actuelles comme étant «complètement symboliques», expliquant que si ces milices voulaient lancer «de véritables assauts pour faire des dégâts», elles «utiliseraient des douzaines de roquettes et de drones».

«Les attaques en cours se limitent à quelques tirs de roquettes et à l'utilisation d'un ou deux drones», a-t-il déclaré. «Si elles causaient de sérieuses pertes américaines, Washington riposterait, et je ne pense pas que les factions irakiennes le souhaitent.»

Pour M. Bohl, il s'agit «d'attaques de harcèlement contre des cibles américaines destinées à gagner en légitimité politique et à signaler aux États-Unis et à Israël les risques d'une escalade de leur part».

La défense aérienne syrienne intercepte un missile israélien dans le ciel de Damas, la capitale de la Syrie, le 24 février 2020 (Photo, AFP).

En février 2021, une attaque à la roquette menée par une milice contre la base américaine de l'aéroport international d'Erbil, dans le Kurdistan irakien, a tué un contractant civil. Les États-Unis ont riposté contre les milices soutenues par l'Iran en Syrie plutôt qu'en Irak, probablement pour éviter de déstabiliser la situation en Irak par des échanges de tirs.

Il n'est pas clair si tel était l'objectif des frappes de représailles de jeudi en Syrie ou si les États-Unis envisageraient des représailles en Irak à l'avenir.

«Je pense que cela dépend entièrement de la situation, notamment du lieu de l'attaque et de la nature des victimes américaines», a déclaré M. Wing. «Plus le nombre de soldats américains tués est élevé, plus la réaction de Washington sera importante.»

«Si beaucoup d'Américains sont tués, on peut s'attendre à des frappes de représailles américaines en Syrie et en Irak. Si un ou deux soldats sont tués, les États-Unis frapperont probablement un dépôt de munitions d'une faction irakienne», a-t-il ajouté.

Un partisan irakien des unités de mobilisation populaire (Hached al-Chaabi) passe devant une affiche représentant le commandant irakien Abu Mahdi al-Muhandis (à droite) et le commandant des Gardiens de la révolution iraniens Qassem Soleimani, dans la capitale Bagdad, le 30 décembre 2020, avant le premier anniversaire de leur assassinat dans une attaque de drone américain (Photo, AFP).

M. Bohl pense également que les futures frappes de représailles américaines «resteront proportionnelles et se concentreront sur les origines des attaques» plutôt que sur une «campagne globale» visant les mandataires de l'Iran dans toute la région.

«Mais cela changerait si les États-Unis estiment que l'Iran se prépare à une escalade dans toute la région, auquel cas les États-Unis essaieraient probablement d'empêcher une telle escalade par une campagne préemptive plus rigoureuse.»

Pour ce qui est de l'avenir, Mme Al-Rahim, ancienne diplomate et analyste irakienne, a déclaré: «Ce qui est certain, c'est que le regain de force des partisans de la ligne dure en Irak se traduira par une ingérence accrue de l'Iran dans les affaires intérieures et les choix de politique étrangère du pays.»

Elle s'attend à ce que les calculs régionaux de Téhéran «déterminent l'ampleur et les modalités de la belligérance de ses alliés irakiens, entraînant une pression accrue» sur M. Al-Sudani et son gouvernement.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Un député israélien tente de détruire un mémorial palestinien en Cisjordanie

Le député israélien d'extrême droite Zvi Soukot a tenté mardi de détruire un mémorial à la mémoire de "martyrs" palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu'il s'agissait de "terroristes", un acte condamné par l'armée et la classe politique. (AFP)
Le député israélien d'extrême droite Zvi Soukot a tenté mardi de détruire un mémorial à la mémoire de "martyrs" palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu'il s'agissait de "terroristes", un acte condamné par l'armée et la classe politique. (AFP)
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  • L'armée israélienne qui accompagnait le député lors de cette visite dans des villages palestiniens du nord de la Cisjordanie a dénoncé "la manière trompeuse et manipulatrice" dont elle a été utilisée par M. Soukot
  • "Des soldats de Tsahal affectés à des missions opérationnelles dans le secteur ont été détournés de ces missions pour cette tâche et exposés à des risques inutiles, alors que Tsahal opère dans un contexte de forte pression"

RAMALLAH: Le député israélien d'extrême droite Zvi Soukot a tenté mardi de détruire un mémorial à la mémoire de "martyrs" palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu'il s'agissait de "terroristes", un acte condamné par l'armée et la classe politique.

"Il y a quelques jours, j'ai demandé à l'armée d'agir pour retirer les monuments commémorant des terroristes responsables d'attaques contre des Israéliens dans les villages de Madama et de Burin. Malheureusement, ils sont restés en place. Je m'y suis donc rendu moi-même et j'ai pris des mesures pour les retirer", a affirmé M. Soukot dans une vidéo le montrant avec un marteau tentant de détruire le mémorial.

L'armée israélienne qui accompagnait le député lors de cette visite dans des villages palestiniens du nord de la Cisjordanie a dénoncé "la manière trompeuse et manipulatrice" dont elle a été utilisée par M. Soukot.

"Des soldats de Tsahal affectés à des missions opérationnelles dans le secteur ont été détournés de ces missions pour cette tâche et exposés à des risques inutiles, alors que Tsahal opère dans un contexte de forte pression", a dit l'armée dans un communiqué.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que l'armée est "l'autorité souveraine en Judée-Samarie (nom israélien de la Cisjordanie)".

"Se faire justice soi-même, en particulier lorsqu'il s’agit de personnalités publiques, est une pratique répréhensible qui empêche Tsahal de se concentrer sur ses missions de lutte contre le terrorisme et l'incitation à la violence", a dit M. Netanyahu selon un communiqué de son bureau.

Le principal rival de M. Netanyahu pour les prochaines élections, Gadi Eizenkot, a réagi sur X en accusant le Premier ministre "qui permet à des anarchistes comme Zvi Soukot et ses semblables de faire tout ce qui leur plaît, mettant en danger la sécurité des localités israéliennes et portant atteinte à la position d'Israël dans le monde".

Rami Nassar, chef du conseil du village de Madama, a déclaré à l'AFP que "le monument porte les noms des martyrs du village tombés lors de la bataille de Karameh (en 1968, NDLR), des première et deuxième Intifada (soulèvement palestinien), ainsi que jusqu'à aujourd'hui", qualifiant l'acte du député israélien de "terrorisme".

M. Nassar a affirmé que le nom d'"un agriculteur du village tué alors qu'il travaillait sa terre, sans qu'aucun affrontement n'ait eu lieu" était notamment inscrit sur le mémorial.

Dans sa vidéo, M. Soukot a affirmé que parmi les noms mentionnés sur le mémorial figurait celui de Yamen Faredj, membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), recherché pour sa participation à des attentats en Israël pendant la seconde Intifada et qui avait été tué en 2004 à Naplouse par l'armée israélienne.

Les violences ont explosé dans le territoire palestinien, occupé depuis 1967, depuis l'attaque du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.


Les Etats-Unis retirent la Syrie de leur liste des pays accusés de soutenir le terrorisme

Les États-Unis retirent la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré dans un communiqué que cette mesure « contribuera à favoriser de nouveaux investissements en Syrie afin de promouvoir la stabilité politique et économique ». (AFP)
Les États-Unis retirent la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré dans un communiqué que cette mesure « contribuera à favoriser de nouveaux investissements en Syrie afin de promouvoir la stabilité politique et économique ». (AFP)
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  • Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a affirmé que cette décision américaine offrait aux Syriens "une voie vers la prospérité".
  • Cette mesure "élimine les derniers obstacles majeurs à l'investissement du secteur privé en Syrie et favorise la reprise économique du pays ainsi que sa réintégration dans l'économie mondiale", a-t-il indiqué dans un communiqué

WAHSINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé lundi avoir retiré la Syrie de leur liste des pays accusés de soutenir le terrorisme, sur laquelle le pays figurait depuis 47 ans, une nouvelle étape de la levée progressive des sanctions américaines.

Le gouvernement Trump avait indiqué début juillet son intention de supprimer la Syrie de cette liste, qui limitait jusqu'ici les investissements dans ce pays, un peu moins de deux ans après la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024.

Les Etats-Unis ont également sorti Hayat Tahrir al-Sham (HTS), anciennement Front al-Nosra, ancien groupe islamiste qu'a dirigé le président syrien Ahmad al-Chareh, de leur liste des principaux groupements et individus "terroristes" (Specially Designated Global Terrorist).

Un temps branche d'Al-Qaïda en Syrie, le Front al-Nosra avait annoncé rompre ses liens avec l'organisation en 2016 et s'était rebaptisé HTS.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a affirmé que cette décision américaine offrait aux Syriens "une voie vers la prospérité".

Cette mesure "élimine les derniers obstacles majeurs à l'investissement du secteur privé en Syrie et favorise la reprise économique du pays ainsi que sa réintégration dans l'économie mondiale", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Tom Barrack, l'envoyé spécial américain en Syrie, a lui salué sur X, "une nouvelle étape décisive dans le remarquable parcours de la Syrie, de l'isolement au partenariat, et d'un pourvoyeur de terrorisme à un partenaire engagé dans la lutte mondiale contre lui".

"Moderne et durable"

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani a qualifié la décision américaine d'"étape historique", affirmant qu'elle reflétait "l'engagement du nouvel Etat syrien en faveur de la paix et de la sécurité internationale".

Le ministre syrien des Finances, Mohammed Barnieh, y voit un "succès majeur et historique de la diplomatie syrienne", dans un commentaire cité par l'agence de presse officielle Sana.

Cette mesure ouvre également selon lui une "voie majeure et attendue de longue date pour renforcer l'intégration de la Syrie dans le système économique et financier mondial, attirer les investissements et les technologies modernes, et soutenir les perspectives de développement".

De son côté, le gouverneur de la Banque centrale syrienne s'est félicité que le retrait du pays de cette liste lui permette "de retrouver sa place naturelle au sein du système économique mondial" et de "bâtir un système financier moderne et fiable".

Après sa prise de pouvoir, en décembre 2024, Ahmad al-Chareh avait annoncé la dissolution de tous les groupes armés ayant renversé Bachar al-Assad, dont HTS, sa propre formation.

Lundi toujours, le Trésor américain a ôté HTS de sa liste des personnes et entités sous sanctions (SDN List), selon un communiqué.

"Le Trésor se conforme à la promesse du président Trump de donner au peuple syrien une ouverture sur de grandes choses", a déclaré le ministre des Finances, Scott Bessent, cité dans le communiqué.

"Les décisions prises aujourd'hui vont favoriser des investissements supplémentaires en Syrie pour promouvoir la stabilité politique et économique" du pays, a-t-il poursuivi.

Depuis 2025, de nombreux pays occidentaux ont progressivement annulé les sanctions imposées à la Syrie, notamment le Canada ou le Royaume-Uni. L'Union européenne les avait levées dès mai 2025.

Lors de sa visite à Damas fin juillet, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait appelé les Etats à lever "immédiatement" les dernières sanctions visant encore la Syrie, afin de soutenir la reconstruction et la relance de l'économie locale.


Le ministre des Affaires étrangères d'Oman en Iran pour discuter d'Ormuz

Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • M. al-Busaidi mènera les "consultations politiques en cours entre les deux parties, en tant qu'États riverains du détroit d'Ormuz, afin de contribuer à renforcer la paix et la sécurité dans la région"
  • Le ministre omanais doit également rencontrer son homologue iranien Abbas Araghchi, pour "renforcer la coopération bilatérale" et "discuter des enjeux régionaux"

TEHERAN: Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz.

M. al-Busaidi mènera les "consultations politiques en cours entre les deux parties, en tant qu'États riverains du détroit d'Ormuz, afin de contribuer à renforcer la paix et la sécurité dans la région", a déclaré lundi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, dans un communiqué.

Le ministre omanais doit également rencontrer son homologue iranien Abbas Araghchi, pour "renforcer la coopération bilatérale" et "discuter des enjeux régionaux".

En riposte aux frappes israélo-américaines sur son sol le 28 février, qui ont déclenché la guerre au Moyen-Orient, l'Iran a verrouillé le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel circulait, avant le conflit, un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

Téhéran a indiqué qu'il entendait imposer des frais de navigation pour des services aux navires y transitant, ce que refusent fermement les Etats-Unis et certains pays de la région. L'Iran a pris pour cible des navires qui tentent de traverser le détroit sans demander d'autorisation.

De son côté, le président américain Donald Trump martèle avoir le "contrôle total" du détroit et a affirmé qu'il en ferait, après la guerre un "territoire américain".

Il a également menacé de bombarder Oman si le pays se mettait "en travers" du chemin des Etats-Unis.

L'Iran et Oman discutent depuis plusieurs semaines pour établir une nouvelle route de navigation dans le détroit.

Mardi, le Qatar, un des pays médiateurs dans le conflit, les a appelés à conclure leurs négociations, pour permettre de "reprendre" les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran.

Téhéran affirme que la voie maritime restera fermée tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord conclu mi-juin, dont la levée du blocus imposé par les Etats-Unis aux  ports iraniens.