La guerre entre Israël et le Hamas à Gaza menace de replonger l'Irak dans la guerre

Des Irakiens brandissent des pancartes et des drapeaux palestiniens lors d'une manifestation à Bagdad, le 20 octobre 2023, en soutien au peuple palestinien sur fond de combats entre Israël et des groupes palestiniens (Photo, AFP).
Des Irakiens brandissent des pancartes et des drapeaux palestiniens lors d'une manifestation à Bagdad, le 20 octobre 2023, en soutien au peuple palestinien sur fond de combats entre Israël et des groupes palestiniens (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 31 octobre 2023

La guerre entre Israël et le Hamas à Gaza menace de replonger l'Irak dans la guerre

  • Les troupes américaines en Irak et en Syrie ont déjà été attaquées par des milices, provoquant des représailles
  • Le Premier ministre Al-Sudani a condamné les attaques, mais les analystes s'interrogent sur sa capacité à maîtriser les milices.

ERBIL: Avec ses coffres gonflés par les prix élevés du pétrole et ses politiciens mettant de côté leurs inimitiés, l'Irak semblait bien parti pour connaître une période de stabilité sans précédent depuis des dizaines d'années. Toutefois, la guerre entre Israël et le Hamas qui a éclaté au début du mois d'octobre pourrait compromettre ces modestes progrès, surtout si elle fait flamber la situation régionale et dégénère en un conflit plus large.

Plusieurs milices soutenues par l'Iran au Moyen-Orient ont menacé d'attaquer les intérêts américains dans la région si Washington s'impliquait ouvertement dans la guerre terrestre menée par Israël contre le Hamas dans la bande de Gaza. Ces milices ont déjà attaqué des bases américaines en Irak et en Syrie à l'aide de roquettes et de drones au cours des derniers jours.

Dans une analyse pour le Centre arabe de Washington, Rend al-Rahim, ancienne ambassadrice irakienne aux États-Unis, écrit: «En l'espace d'un peu plus de deux semaines, la guerre d'Israël contre Gaza a bouleversé l'équilibre minutieux des relations extérieures de l'Irak et les efforts déployés par le Premier ministre irakien, Mohammed Shia al-Sudani, depuis un an pour maintenir la stabilité dans le pays.»

Les États-Unis ont ordonné le départ d'Irak de leur personnel «non urgent» et ont déconseillé aux Américains de se rendre dans le pays en raison de la menace élevée. Le Royaume-Uni a également retiré temporairement le personnel de son ambassade à Bagdad et déconseillé aux Britanniques de se rendre en Irak, à l'exception des voyages strictement essentiels au Kurdistan irakien.

Des F/A-18 Super Hornets de la Marine américaine, rattachés au Carrier Air Wing (CVW) 8, se préparent à des opérations de vol sur le pont d'envol du plus grand porte-avions du monde, l'USS Gerald R. Ford (CVN) 78, à l'est de la mer Méditerranée, le 13 octobre 2023 (Photo, AFP).

Environ 2 500 soldats américains sont actuellement stationnés en Irak avec l'autorisation de Bagdad. Ils conseillent et forment les forces irakiennes et kurdes dans la lutte qu'elles mènent contre Daech. Neuf cents autres sont déployés dans le nord-est de la Syrie, en partenariat avec les forces locales dirigées par les Kurdes dans leur propre lutte contre les vestiges du groupe extrémiste.

Depuis le 17 octobre, les troupes américaines ont été la cible d'attaques de roquettes et de drones sur la base aérienne d'Ain al-Asad, dans l'ouest de l'Irak, sur l'aérodrome de Harir, dans le Kurdistan irakien, et sur la garnison d'Al-Tanf, dans le sud de la Syrie. Vingt-et-un membres du personnel américain ont subi des «blessures mineures», mais ont pu reprendre rapidement leurs fonctions, tandis qu'un contractant civil est décédé des suites d'un incident cardiaque survenu lors de l'une de ces attaques.

Jeudi, les États-Unis ont lancé des «frappes d'autodéfense de précision» contre deux installations dans l'est de la Syrie utilisées par le puissant Corps des gardiens de la révolution islamique de l'Iran et ses alliés locaux. Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a décrit ces frappes comme une réponse à «une série d'attaques en cours et pour la plupart infructueuses contre le personnel américain en Irak et en Syrie par des milices soutenues par l'Iran».

Ces groupes, dont le Kataib Hezbollah, Asaib Ahl al-Haq et d'autres, ont menacé d'intensifier leurs attaques si Israël lançait une guerre terrestre d'envergure contre le Hamas à Gaza, augmentant ainsi le risque que les troupes américaines soient gravement blessées, voire tuées, et la possibilité d'une riposte plus vigoureuse de la part de l'armée américaine. Une telle escalade pourrait potentiellement déclencher une conflagration incontrôlable qui pourrait replonger l'Irak dans le chaos et la guerre.

M. Al-Sudani a condamné les récentes attaques contre les troupes américaines en Irak, les qualifiant d'«inacceptables», et a ordonné aux forces de sécurité de l'État d'en poursuivre les auteurs.

Un jeune Irakien porte une photo du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, lors d'une manifestation de soutien au peuple palestinien à Bagdad, le 20 octobre 2023 (Photo, AFP).

De nombreuses milices soutenues par l'Iran en Irak font partie des forces paramilitaires de mobilisation populaire sanctionnées par l'État, dont certains dirigeants sont membres du gouvernement Al-Sudani. Malgré cela, M. Al-Sudani n'a peu ou pas de contrôle sur ces groupes armés.

«Des rapports indiquent qu'il (Al-Sudani) a averti les groupes pro-Iran que s'ils s'impliquaient directement à Gaza, les États-Unis et Israël riposteraient contre eux en Irak», a déclaré Joel Wing, auteur du blog Musings on Iraq, à Arab News. «À part cela, il ne peut les contraindre.»

En effet, peu après le début de la guerre entre Israël et le Hamas, l'homme politique irakien Hadi al-Amiri, chef de l'organisation Badr, liée à l'Iran, qui constitue une grande partie des unités de mobilisation populaire, a déclaré: «S'ils (les États-Unis) interviennent, nous interviendrons [...] nous considérerons toutes les cibles américaines comme légitimes.»

Les forces irakiennes et les unités de mobilisation populaire (Hached al-Chaabi) avancent vers la ville d'Al-Qaim, dans l'ouest de la province d'Anbar, à la frontière syrienne, dans leur lutte contre les dernières poches de Daech, le 1er novembre 2017 (Photo, AFP).

Ryan Bohl, analyste principal pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à la société de renseignement sur les risques RANE, pense également que le gouvernement Al-Sudani serait «largement spectateur» en cas d'escalade significative, Téhéran et Washington «menant les événements sur le terrain» plutôt que Bagdad.

«Les manœuvres diplomatiques de l'Irak resteront probablement très critiques à l'égard d'Israël et même des États-Unis à certains moments, bien qu'il ne semble pas encore qu'elles pousseront les troupes américaines à quitter le pays», a indiqué M. Bohl à Arab News.

EN CHIFFRES

42 millions: Population de l'Irak

11 millions: Population active

14,19%: Taux de chômage total

27,2%: Taux de chômage des jeunes

27%: Dette publique en pourcentage du PIB

Moqtada al-Sadr, puissante figure chiite et chef de milice qui s'est à plusieurs reprises opposé aux factions pro-iraniennes en Irak, a déjà rassemblé ses partisans en force pour condamner Israël. Les analystes pensent qu'il pourrait chercher à tirer parti de la crise actuelle pour revenir sur la scène politique et défier ses rivaux soutenus par l'Iran.

Selon M. Wing, Moqtada al-Sadr, comme d'autres dirigeants politiques en Irak, «espère exploiter»  la crise à Gaza à ses propres fins. En effet, les manifestations de rue qu'il a organisées ces derniers jours pourraient marquer le début d'une campagne en vue des élections de décembre.

M. Bohl reconnaît qu'il est probable que Moqtada al-Sadr utilisera la crise pour obtenir «un gain politique au moins marginal». Toutefois, il n'est pas certain que cette question ramènera Al-Sadr sur la scène politique, étant donné que les «facteurs qui l'ont poussé à partir» ne sont pas liés au conflit israélo-palestinien.

«D'un autre côté, en cas d'escalade régionale majeure impliquant l'Irak, Al-Sadr pourrait être l'un des hommes politiques chiites vers lesquels l'Irak se tournerait pour prendre la direction des opérations, étant donné son rôle dans la manière dont le pays aurait été entraîné dans le conflit», a relevé M. Bohl.

Des membres du mouvement musulman chiite irakien Al-Nujaba brandissent le drapeau palestinien lors d'un rassemblement à Bagdad le 8 octobre 2023, pour exprimer leur soutien à l'opération «Déluge d'Al-Aqsa» lancée la veille par les militants du Hamas contre Israël depuis la bande de Gaza (Photo, AFP).

Le risque d'un conflit plus large est considérable. M. Wing affirme que certains groupes irakiens discutent déjà de «l'escalade de leurs attaques en cours» si une guerre terrestre commence à Gaza. Il prédit qu'une telle escalade se traduirait «probablement par des tirs de roquettes et de drones sur l'ambassade américaine» à Bagdad.

«J'ai lu que les factions sont divisées sur la question de savoir s'il faut s'impliquer directement dans le conflit. Et si elles le font, ce sera avec le Hezbollah au Liban et non avec le Hamas à Gaza», a-t-il ajouté.

M. Bohl estime que si une incursion terrestre israélienne dans la bande de Gaza reste une «forte possibilité» d'entraîner une grave instabilité en Irak, «il y a d'autres facteurs à prendre en compte».

«Si ces milices s'en prennent excessivement aux États-Unis, elles pourraient déclencher une réaction régionale des États-Unis à l'égard de l'Iran et de ses mandataires, ce qui ne serait pas dans l'intérêt de l'Iran», a-t-il déclaré.

«Je m'attends à ce qu'elles se livrent à des actes de harcèlement et à des attaques ponctuelles plutôt qu'à des attaques massives destinées à faire de nombreuses victimes.»

Des Syriens brandissent des drapeaux et une pancarte représentant (de gauche à droite) le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, le président syrien, Bachar al-Assad, le chef des Houthis du Yémen, Abdelmalik al-Houthi, et le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei à Alep, le 7 mai 2021 (Photo, AFP).

Les deux experts estiment que les dernières attaques visent à démontrer la capacité de ces milices à frapper les forces américaines plutôt qu'à leur infliger des pertes.

M. Wing a résumé les attaques actuelles comme étant «complètement symboliques», expliquant que si ces milices voulaient lancer «de véritables assauts pour faire des dégâts», elles «utiliseraient des douzaines de roquettes et de drones».

«Les attaques en cours se limitent à quelques tirs de roquettes et à l'utilisation d'un ou deux drones», a-t-il déclaré. «Si elles causaient de sérieuses pertes américaines, Washington riposterait, et je ne pense pas que les factions irakiennes le souhaitent.»

Pour M. Bohl, il s'agit «d'attaques de harcèlement contre des cibles américaines destinées à gagner en légitimité politique et à signaler aux États-Unis et à Israël les risques d'une escalade de leur part».

La défense aérienne syrienne intercepte un missile israélien dans le ciel de Damas, la capitale de la Syrie, le 24 février 2020 (Photo, AFP).

En février 2021, une attaque à la roquette menée par une milice contre la base américaine de l'aéroport international d'Erbil, dans le Kurdistan irakien, a tué un contractant civil. Les États-Unis ont riposté contre les milices soutenues par l'Iran en Syrie plutôt qu'en Irak, probablement pour éviter de déstabiliser la situation en Irak par des échanges de tirs.

Il n'est pas clair si tel était l'objectif des frappes de représailles de jeudi en Syrie ou si les États-Unis envisageraient des représailles en Irak à l'avenir.

«Je pense que cela dépend entièrement de la situation, notamment du lieu de l'attaque et de la nature des victimes américaines», a déclaré M. Wing. «Plus le nombre de soldats américains tués est élevé, plus la réaction de Washington sera importante.»

«Si beaucoup d'Américains sont tués, on peut s'attendre à des frappes de représailles américaines en Syrie et en Irak. Si un ou deux soldats sont tués, les États-Unis frapperont probablement un dépôt de munitions d'une faction irakienne», a-t-il ajouté.

Un partisan irakien des unités de mobilisation populaire (Hached al-Chaabi) passe devant une affiche représentant le commandant irakien Abu Mahdi al-Muhandis (à droite) et le commandant des Gardiens de la révolution iraniens Qassem Soleimani, dans la capitale Bagdad, le 30 décembre 2020, avant le premier anniversaire de leur assassinat dans une attaque de drone américain (Photo, AFP).

M. Bohl pense également que les futures frappes de représailles américaines «resteront proportionnelles et se concentreront sur les origines des attaques» plutôt que sur une «campagne globale» visant les mandataires de l'Iran dans toute la région.

«Mais cela changerait si les États-Unis estiment que l'Iran se prépare à une escalade dans toute la région, auquel cas les États-Unis essaieraient probablement d'empêcher une telle escalade par une campagne préemptive plus rigoureuse.»

Pour ce qui est de l'avenir, Mme Al-Rahim, ancienne diplomate et analyste irakienne, a déclaré: «Ce qui est certain, c'est que le regain de force des partisans de la ligne dure en Irak se traduira par une ingérence accrue de l'Iran dans les affaires intérieures et les choix de politique étrangère du pays.»

Elle s'attend à ce que les calculs régionaux de Téhéran «déterminent l'ampleur et les modalités de la belligérance de ses alliés irakiens, entraînant une pression accrue» sur M. Al-Sudani et son gouvernement.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Législatives en Algérie: abstention record, le FLN en tête

L'abstention a atteint un niveau record lors des législatives du 2 juillet en Algérie, où le taux de participation s'est établi à 21,24%, le plus bas de l'histoire du pays, selon des résultats officiels annoncés lundi. (AFP)
L'abstention a atteint un niveau record lors des législatives du 2 juillet en Algérie, où le taux de participation s'est établi à 21,24%, le plus bas de l'histoire du pays, selon des résultats officiels annoncés lundi. (AFP)
  • L'abstention était l'un des enjeux majeurs de ce scrutin. Le vote avait été prolongé d'une heure jeudi dans tout le pays afin de "permettre aux électeurs d'exercer leur droit de vote", selon l'Anie
  • Cette faible participation illustre la difficulté des autorités et des partis en lice à mobiliser l'électorat

ALGER: L'abstention a atteint un niveau record lors des législatives du 2 juillet en Algérie, où le taux de participation s'est établi à 21,24%, le plus bas de l'histoire du pays, selon des résultats officiels annoncés lundi.

Le Front de libération nationale (FLN), parti historique de l'indépendance et formation proche du pouvoir, a remporté 90 sièges et arrive en tête du scrutin, a précisé Karim Khelfane, président par intérim de l'Autorité nationale indépendante des élections (Anie), lors d'une conférence de presse.

L'abstention était l'un des enjeux majeurs de ce scrutin. Le vote avait été prolongé d'une heure jeudi dans tout le pays afin de "permettre aux électeurs d'exercer leur droit de vote", selon l'Anie.

Cette faible participation illustre la difficulté des autorités et des partis en lice à mobiliser l'électorat.

"L'abstention n'est pas une spécificité algérienne", a commenté M. Khelfane, en comparant la situation à celle des "vieilles démocraties" d'Europe, d'Amérique et d'Asie et en se félicitant d'élections "transparentes".

Le scrutin avait été précédé par une campagne terne, qui s'est tenue en pleine Coupe du monde de football et par de grandes chaleurs.

Les dernières législatives, en 2021, déjà remportées par le FLN, avaient été marquées par un taux de participation de 23%.

Elles s'étaient tenues dans le sillage du Hirak, mouvement de contestation populaire inédit né en février 2019. Il avait conduit deux mois plus tard à la démission du président Abdelaziz Bouteflika et porté des revendications de changement politique, de lutte contre la corruption et de réforme des institutions.

Mais progressivement, une interdiction des rassemblements, que les autorités ont justifiée par l'épidémie de Covid-19, et l'incarcération des figures de proue du Hirak ont étouffé la contestation à partir de mars 2020.

L'actuel président Abdelmadjid Tebboune avait été élu en décembre 2019, puis reconduit en 2024.

Des ONG de défense des droits humains dénoncent la reprise par les autorités du contrôle de l'espace public depuis l'élan du Hirak. Le pays reste confronté à de fortes attentes sociales et économiques, particulièrement chez les jeunes.


Liban: quatre morts dans une frappe israélienne dans le sud

 Quatre personnes, dont trois femmes, sont mortes lundi dans une frappe israélienne dans le sud du Liban, a rapporté l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), malgré le cessez-le-feu en vigueur entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
Quatre personnes, dont trois femmes, sont mortes lundi dans une frappe israélienne dans le sud du Liban, a rapporté l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), malgré le cessez-le-feu en vigueur entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
  • La directrice d'une école, sa mère, une employée de maison étrangère et un ouvrier syrien ont été tués par "un drone israélien ayant visé leur véhicule"
  • Le président libanais Joseph Aoun a estimé que le maintien des troupes israéliennes dans le sud du pays empêchait l'armée libanaise de s'y déployer

BEYROUTH: Quatre personnes, dont trois femmes, sont mortes lundi dans une frappe israélienne dans le sud du Liban, a rapporté l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), malgré le cessez-le-feu en vigueur entre le Hezbollah pro-iranien et Israël.

La directrice d'une école, sa mère, une employée de maison étrangère et un ouvrier syrien ont été tués par "un drone israélien ayant visé leur véhicule" au retour d'une visite d'inspection du domicile familial à Nabatiyé al-Fawqa, selon l'Ani.

Le protocole d'accord signé le 17 juin entre Téhéran et Washington a permis l'entrée en vigueur d'un précaire cessez-le-feu au Liban à partir du 21 juin, avant la signature le 26 juin à Washington d'un accord-cadre entre le Liban et Israël en vue d'une "paix durable".

Cet accord-cadre prévoit que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, à commencer par des "zones pilotes" dont se retirerait l'armée israélienne.

Contesté par le Hezbollah, l'accord ne fixe pas de calendrier pour le retrait israélien, sans quoi un retour des déplacés dans les localités frontalières reste en suspens.

Et le désarmement du Hezbollah que l'accord pose comme préalable au retrait israélien est une exigence de longue date, que le gouvernement libanais peine à mettre en oeuvre malgré la pression des Etats-Unis, laissant des analystes sceptiques.

Israël a annoncé vouloir maintenir ses troupes dans la zone, pouvant s'étendre jusqu'à dix kilomètres de sa frontière, et poursuit ponctuellement ses frappes, notamment dans les environs de Nabatiyé, disant viser le Hezbollah. Les deux parties s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu.

Le président libanais Joseph Aoun a estimé que le maintien des troupes israéliennes dans le sud du pays empêchait l'armée libanaise de s'y déployer.

M. Aoun a souligné "l'importance de faire pression sur Israël pour qu'il se retire des zones qu'il occupe dans le sud", puisque "le maintien de (cette) occupation sape la légitimité de l'Etat, empêche le déploiement de l'armée et (...) une paix juste et durable", selon un communiqué de la présidence.

Depuis le 22 juin, plus de 600.000 déplacés libanais sont rentrés chez eux, sur plus d'un million, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Mais le retour dans des dizaines de localités méridionales, notamment celles proches de la frontière, largement détruites par les forces israéliennes, reste en attente.


Le Hamas dissout ses instances dirigeantes à Gaza

"Le Hamas franchit une nouvelle étape en renonçant à administrer la bande de Gaza afin de priver l'occupation de tout prétexte pour poursuivre son agression et sa guerre d'extermination", a déclaré à l'AFP son porte-parole, Hazem Qassem.  Un responsable du Hamas avait indiqué plus tôt à l'AFP que le mouvement avait déjà informé les autres factions palestiniennes de sa décision lors d'une récente réunion au Caire. (AFP)
"Le Hamas franchit une nouvelle étape en renonçant à administrer la bande de Gaza afin de priver l'occupation de tout prétexte pour poursuivre son agression et sa guerre d'extermination", a déclaré à l'AFP son porte-parole, Hazem Qassem. Un responsable du Hamas avait indiqué plus tôt à l'AFP que le mouvement avait déjà informé les autres factions palestiniennes de sa décision lors d'une récente réunion au Caire. (AFP)
  • "Le président du comité d'urgence du gouvernement, Mohammed al-Farra, a officiellement présenté sa démission", a déclaré à l'AFP Ismaïl al-Thawabta, directeur du bureau des médias du gouvernement du Hamas
  • L'initiative du Hamas marque un tournant politique pour le mouvement islamiste, qui a pris le pouvoir dans la bande de Gaza en 2007 à l'issue d'affrontements avec le Fatah

GAZA: Le mouvement islamiste palestinien Hamas a annoncé lundi avoir dissous ses instances dirigeantes dans la bande de Gaza, après presque 20 ans de pouvoir, ouvrant la voie à un comité technocratique chargé d'administrer le territoire.

"Le président du comité d'urgence du gouvernement, Mohammed al-Farra, a officiellement présenté sa démission", a déclaré à l'AFP Ismaïl al-Thawabta, directeur du bureau des médias du gouvernement du Hamas, ajoutant qu'il avait "décidé de dissoudre le comité afin de faciliter la transition administrative et gouvernementale vers le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG)".

Le NCAG a été créé par le "Conseil de Paix", mis en place par le président américain Donald Trump, lors des négociations qui ont abouti au cessez-le-feu entre Israël et le Hamas en octobre 2025.

L'initiative du Hamas marque un tournant politique pour le mouvement islamiste, qui a pris le pouvoir dans la bande de Gaza en 2007 à l'issue d'affrontements avec le Fatah, la formation du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, basé à Ramallah, en Cisjordanie occupée.

Quelques mois après le début de la guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée par l'attaque sanglante sur le sol israélien du 7 octobre 2023, le mouvement s'était dit prêt à se retirer du pouvoir à Gaza au profit d'une autre direction palestinienne.

Depuis, de nombreux scénarios ont été évoqués, mais, sur le terrain, la situation patine. L'un des principaux points d'achoppement reste le désarmement du Hamas, ce dernier affirmant qu'il ne le concédera que dans le cadre d'une initiative politique palestinienne, ce qu'Israël rejette.

"Le Hamas franchit une nouvelle étape en renonçant à administrer la bande de Gaza afin de priver l'occupation de tout prétexte pour poursuivre son agression et sa guerre d'extermination", a déclaré à l'AFP son porte-parole, Hazem Qassem.

Un responsable du Hamas avait indiqué plus tôt à l'AFP que le mouvement avait déjà informé les autres factions palestiniennes de sa décision lors d'une récente réunion au Caire.

Le NCAG, dirigé par le Palestinien Ali Shaath, est basé au Caire depuis plusieurs mois, Israël s'étant, selon certaines informations, opposé à son déploiement dans ce territoire dévasté par la guerre.

"Symbolique" 

Pour Mkhaimar Abusada, politologue gazaoui interrogé par l'AFP, la décision du Hamas reste avant tout "Symbolique".

"Le problème n'est pas la dissolution de son comité gouvernemental, mais l'acceptation de son désarmement (...) c'est toujours le principal point de blocage", a-t-il ajouté.

"Du point de vue du Hamas, cette annonce permet de cocher plusieurs cases", a expliqué à l'AFP une source diplomatique ayant participé à certaines des discussions au Caire.

"Elle montre que le mouvement fait avancer le processus tout en mettant l'accent sur ce qu'il présente comme le non-respect par Israël de ses engagements", a-t-elle ajouté.

La première phase du cessez-le-feu a permis la libération des derniers otages israéliens retenus par le Hamas en échange de Palestiniens emprisonnés par Israël.

Le passage à la deuxième phase, qui devait prévoir le désarmement du Hamas et un retrait progressif des forces israéliennes de Gaza, est toutefois au point mort depuis plusieurs mois.

Les forces israéliennes ont, au contraire, renforcé leur présence dans l'enclave, tandis que la gouvernance de Gaza après la guerre reste un point d'achoppement.

Israël exclut tout retour du Hamas au pouvoir, mais rejette également, à ce stade, une reprise directe de l'administration de Gaza par l'Autorité palestinienne.

Le Hamas comme Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu.

Au moins 1.072 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza depuis l'entrée en vigueur de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, placé sous l'autorité du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

L'armée israélienne affirme avoir perdu cinq soldats et un contractuel à Gaza sur la même période.