Irak: le chef chiite Sadr exige la «fermeture» de l'ambassade américaine à Bagdad

Des partisans du religieux chiite irakien Moqtada al-Sadr se rassemblent sur la place Tahrir de Bagdad lors d'une manifestation anti-israélienne, le 13 octobre 2023, dans le cadre des combats entre Israël et le groupe islamiste palestinien Hamas. (Photo Ahmad Al-Rubaye AFP)
Des partisans du religieux chiite irakien Moqtada al-Sadr se rassemblent sur la place Tahrir de Bagdad lors d'une manifestation anti-israélienne, le 13 octobre 2023, dans le cadre des combats entre Israël et le groupe islamiste palestinien Hamas. (Photo Ahmad Al-Rubaye AFP)
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Publié le Vendredi 27 octobre 2023

Irak: le chef chiite Sadr exige la «fermeture» de l'ambassade américaine à Bagdad

  • Le Premier ministre irakien, Mohamed Chia al-Soudani, vitupère l'«occupation sioniste» depuis le début des bombardements israéliens sur Gaza, qu'il qualifie de «génocide» du peuple palestinien
  • Depuis plus d'une semaine, les forces américaines et leurs alliés en Irak sont la cible d'attaques par un groupe baptisé «Résistance islamique en Irak» sur des chaînes Telegram affiliées aux puissantes factions irakiennes pro-iraniennes

BAGDAD, Irak : L'influent leader religieux irakien Moqtada Sadr a réclamé vendredi du gouvernement irakien qu'il «ferme» l'ambassade américaine à Bagdad en raison du «soutien inconditionnel» de Washington à Israël dans la guerre contre le Hamas palestinien.

Si «le gouvernement et le Parlement ne répondent pas favorablement à cette demande, nous entreprendrons d'autres actions que nous annoncerons ultérieurement», a prévenu sur X (anciennement Twitter) le dignitaire chiite, habitué des coups d'éclat dans son opposition au gouvernement irakien.

En Irak, la défense de la cause palestinienne fait largement consensus et transcende les différences politiques. A l'égal de son voisin iranien, ennemi juré de l'Etat israélien, Bagdad ne reconnaît pas Israël.

Le Premier ministre irakien, Mohamed Chia al-Soudani, vitupère l'«occupation sioniste» depuis le début des bombardements israéliens sur Gaza, qu'il qualifie de «génocide» du peuple palestinien.

Ces bombardements ont tué plus de 7.300 personnes, des civils dans leur immense majorité, selon le ministère de la Santé du Hamas palestinien, mouvement islamiste que soutient l'Iran. Israël a débuté ces raids après l'attaque surprise sans précédent du Hamas sur son territoire le 7 octobre et qui a fait depuis plus de 1.400 morts.

En Irak, comme dans de nombreux autres pays arabes et musulmans, des manifestations ont lieu chaque vendredi pour dénoncer les bombardements israéliens et pour soutenir les Palestiniens.

En outre, depuis un peu plus d'une semaine, les forces américaines et leurs alliés déployés en Irak sont la cible d'attaques revendiquées pour la plupart par un groupe baptisé «Résistance islamique en Irak» sur des chaînes Telegram affiliées aux puissantes factions irakiennes pro-iraniennes.

Jeudi, le Pentagone a dénombré au moins 16 de ces attaques en Irak et en Syrie, pointant du doigt les «milices soutenues par l'Iran».

Le gouvernement irakien est soutenu par des partis pro-iraniens entretenant d'étroites relations avec Téhéran. Mais il doit aussi préserver ses relations avec les Etats-Unis, dont 2.500 soldats sont déployés en Irak. Lundi, il a ainsi condamné les attaques «inacceptables» contre les soldats américains et il a assuré enquêter.

Face à ces tensions, Washington a ordonné vendredi dernier l'évacuation du personnel non-essentiel de son ambassade à Bagdad, située dans la Zone verte, secteur fortifié de la capitale irakienne, et de son consulat à Erbil, au Kurdistan d'Irak.


Violentes frappes israéliennes sur le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah

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  • D'après l'Agence nationale d'information, ces frappes, conduites par des avions de guerre israéliens, ont visé les localités de Srifa, Aita Alshaab, Touline, Alsawana, et Majdal Selm
  • Une autre frappe a ciblé tôt vendredi le village de Dours, en périphérie de Baalbek (est), selon la même source

BEYROUTH: De violentes frappes ont visé jeudi soir la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), plusieurs heures après un appel inédit d'Israël à évacuer ce bastion du Hezbollah pro-iranien.

Presque simultanément, l'armée israélienne a annoncé vers 20h55 GMT avoir commencé à frapper "des infrastructures du Hezbollah dans le secteur de la banlieue [sud] de Beyrouth".

Des images de l'AFPTV ont montré plusieurs panaches de fumée se dégager de ce secteur et former un brouillard au-dessus de la banlieue.


L’Arabie saoudite intercepte des drones et des missiles à Al-Kharj, dans la province orientale et à Riyad

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  • Le ministère de la Défense indique que trois missiles balistiques ont été lancés en direction de la base aérienne Prince Sultan

RIYAD : Les défenses aériennes saoudiennes ont intercepté et détruit quatre missiles et cinq drones visant différentes cibles dans le Royaume tôt vendredi, a annoncé le ministère de la Défense dans plusieurs publications sur X (anciennement Twitter).

Dans un premier message publié peu après minuit, le ministère a indiqué que trois missiles balistiques avaient été lancés en direction de la Prince Sultan Air Base dans le gouvernorat d’Al‑Kharj. Dans des messages ultérieurs, il a précisé qu’un drone avait été abattu dans la Eastern Province (Saudi Arabia) et un autre à Al-Kharj. Tôt dans la matinée, le ministère a annoncé qu’un missile de croisière avait également été intercepté à Al-Kharj, suivi de trois drones dans la région orientale de Riyadh.

Le barrage de vendredi fait suite à la neutralisation de trois missiles de croisière visant Al-Kharj, quelques heures seulement après l’interception d’une attaque de drone au-dessus de la raffinerie de Ras Tanura Refinery dans la province orientale. Al-Kharj est une zone industrielle majeure située à environ 80 kilomètres au sud-est de Riyad.

Le 3 mars, les défenses saoudiennes ont également intercepté huit drones près de Riyad et d’Al-Kharj. L’U.S. Embassy in Riyadh a été touchée par des drones le même jour, provoquant un incendie limité et des dégâts structurels mineurs. Malgré cette attaque, l’ambassadeur d’Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement nié toute implication de son pays dans une déclaration jeudi.

Cette nouvelle escalade intervient après une vaste campagne aérienne lancée samedi dernier par Israel et les États-Unis contre l’Iran, déclenchant une vague de frappes de représailles de Tehran contre des actifs régionaux.

Le conflit, qui s’est intensifié de manière spectaculaire le 28 février 2026, s’est étendu bien au-delà des frontières du Royaume. Tous les États membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont signalé des agressions, les frappes iraniennes dans la région du Golfe ayant fait au moins neuf morts.

Le secteur maritime a été sévèrement paralysé : une frappe de missile contre un navire commercial au large d’Oman a contribué à un embouteillage de 150 pétroliers près du détroit d’Ormuz, où le trafic pétrolier aurait chuté de 86 %.

Par ailleurs, l’Arabie saoudite a condamné fermement jeudi les attaques iraniennes de drones et de missiles contre Azerbaijan et l’espace aérien turc protégé par l’OTAN, qualifiant ces actes de « flagrants et lâches ».

Lors d’une réunion ministérielle extraordinaire tenue à Riyad le 1er mars, le CCG a affirmé le droit collectif des États membres à défendre leurs territoires contre ce qu’il a qualifié d’« agression iranienne perfide ».

À l’issue d’une réunion du Cabinet présidée par le prince héritier Mohammed ben Salmane le 3 mars, l’Arabie saoudite a déclaré qu’elle se réservait le « plein droit » de répondre. Le Cabinet a souligné que le Royaume prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger son territoire, ses citoyens et ses résidents contre ces frappes persistantes. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran dément avoir visé l'ambassade américaine à Ryad 

L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
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  • L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles
  • Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti

RYAD: L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad.

"Aucun drone n'a été lancé depuis l'Iran vers l'ambassade des Etats-Unis à Ryad", a-t-il déclaré dans un entretien exclusif à l'AFP.

"Si le commandement des opérations à Téhéran attaque quelque part, il en assume la responsabilité", a-t-il assuré.

L'Iran mène depuis samedi des frappes sur les pays du Golfe, disant y viser les installations américaines, après l'attaque lancée par les Etats-Unis et Israël, prélude à une guerre qui déborde en dehors de la région.

L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles.

Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti.

De la même manière, l'Iran n'a "aucun rôle dans l'attaque (de drone, NDLR) qui a ciblé l'ambassade américaine" et provoqué un incendie, a affirmé Alireza Enayati.

Guerre "imposée" 

Le diplomate a exprimé sa reconnaissance envers l'Arabie saoudite pour son engagement à ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien, ni de son territoire, pendant la guerre.

"Nous apprécions ce que nous avons entendu à plusieurs reprises de la part de l'Arabie saoudite: qu'elle n'autorise pas l'utilisation de son espace aérien, de ses eaux ou de son territoire contre la République islamique d'Iran", a-t-il dit.

Avant le déclenchement de la guerre, Ryad avait apporté son soutien aux efforts diplomatiques visant à apaiser les tensions entre Téhéran et Washington et avait promis de ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien pour des attaques contre l'Iran.

Après des années d'hostilité, l'Iran, à majorité chiite, et l'Arabie saoudite, à majorité sunnite, avaient renoué leurs relations en 2023, à la suite d'un accord surprise négocié par l'intermédiaire de la Chine.

Ryad avait rompu en 2016 ses relations diplomatiques avec la République islamique après que son ambassade à Téhéran et son consulat à Mashhad, dans le nord-ouest du pays, avaient été attaqués lors de manifestations. Celles-ci avaient suivi l'exécution par l'Arabie saoudite du religieux chiite saoudien Nimr al-Nimr.

Depuis que la guerre lancée par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran embrase le Moyen-Orient, au moins 13 personnes ont été tuées dans le Golfe, dont sept civils.

"Ceci n'est pas une guerre régionale et ça n'est pas notre guerre. Elle a été imposée à la région", a regretté Alireza Enayati.