Algérie: une bourse de partenariat pour les investissements locaux et étrangers

La direction de l’AAPI ambitionne, avec la promulgation de la loi sur le foncier économique, d’atteindre 10 000 projets en 2024. (Photo fournie)
La direction de l’AAPI ambitionne, avec la promulgation de la loi sur le foncier économique, d’atteindre 10 000 projets en 2024. (Photo fournie)
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Publié le Jeudi 02 novembre 2023

Algérie: une bourse de partenariat pour les investissements locaux et étrangers

  • «Ce projet ambitieux consiste en un mécanisme par lequel les investisseurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers, annoncent leurs intentions de partenariat et l’agence servira d’intermédiaire pour faciliter la concrétisation des projets proposés»
  • La direction de l’AAPI ambitionne, avec la promulgation de la loi sur le foncier économique, d’atteindre 10 000 projets en 2024

PARIS: L'Agence algérienne de promotion de l'investissement (AAPI) s'apprête à inaugurer la bourse de partenariat via sa plate-forme numérique pour faciliter les contacts entre les investisseurs algériens et étrangers, une initiative qui leur permettra de réaliser des projets communs.

«Ce projet ambitieux consiste en un mécanisme par lequel les investisseurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers, annoncent leurs intentions de partenariat et l’agence servira d’intermédiaire pour faciliter la concrétisation des projets proposés», indique Omar Rekkache, directeur général de l’AAPI. «Cette bourse de partenariat a pour objectif de créer une dynamique dans le secteur des investissements et elle fera la promotion des expériences réussies conclues par le biais de la plate-forme.»

M. Rekkache précise que la mise en œuvre de cette initiative permettra «l’interopérabilité des systèmes d’information avec les services des douanes et de la direction générale des impôts» et elle servira à «l’identification, en temps réel, des projets qui commencent à bénéficier des avantages, ainsi que leur taux d’avancement et le nombre réel d’emplois créés».

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Omar Rekkache, DG de L'AAPI. (Photo fournie)

Démarches d’investissement 

Dans un entretien accordé à Arab News en français sur la question de l’apport du numérique dans la facilitation des démarches entre investisseurs, Nazim Sini, professeur d’économie à l’université d’Aix-en-Provence, spécialiste des questions du numérique, explique que «les services de l’État et l’ensemble des administrations entament leurs mues technologiques en adoptant des processus numérisés afin de faciliter les démarches d’investissement».

Selon M. Sini, «l’exemple de l’AAPI est le plus parlant puisque cette institution a décidé de s’engager dans une démarche de digitalisation facilitant la prise d’information, mais aussi des procédures en lien avec l’acte d’investir. Cela peut paraître assez banal, mais en Algérie, c’est une véritable révolution, car cette plate-forme va tout simplement créer du lien là où il n’y en avait pas. C’est surtout un outil qui permet de rapprocher les communautés d’affaires nationales et étrangères.»

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Nazim Sini, enseignant agrégé d’économie à l’université d’Aix-en-Provence et spécialiste du numérique. (Photo fournie)

L’AAPI a enregistré 3 120 projets d’investissement pour une valeur financière de plus de 1 700 milliards de dinars (1 dinar algérien = 0,0069 euro) entre novembre 2022 et juillet 2023, dont 3 000 sont des investissements locaux représentant une valeur de 896 milliards de dinars, lesquels pourraient permettre la création de plus de 70 000 emplois. Selon la direction, les projets finalisés concernent 17 investissements destinés à des mégaprojets, 41 projets de partenariat entre locaux et étrangers et 25 projets d’investisseurs étrangers. L’AAPI indique que 66 projets sont en cours d’études, dont 41 en partenariat locaux-étrangers et 25 investissements directs étrangers.

10 000 projets en 2024

La direction de l’AAPI ambitionne, avec la promulgation de la loi sur le foncier économique, d’atteindre 10 000 projets en 2024. Omar Rekkache précise que la Chine et la Turquie arrivent en tête en matière d’investissement dans le pays avec respectivement 25 et 11 projets validés et il affirme que près de 100 sociétés étrangères ont manifesté leur volonté d’investir en Algérie, dont des multinationales. Quant aux secteurs d’activités visés, l’industrie vient en pole position avec 51% du total des projets, suivie par le secteur du bâtiment, travaux publics et l’hydraulique, avec 1 595 projets; les transports (455); l’agriculture (198); les services (192); le tourisme (124), et enfin, la santé (94).

Interrogé sur la question de l’apport de la plate-forme pour faire fructifier les investissements, Nazim Sini explique que «l’un des avantages de cette dernière consiste à identifier et à cartographier les besoins en matière de coopération commerciale entre deux entreprises. On a souvent reproché à l’Algérie de manquer de lisibilité dans ses dispositifs réglementaires, mais avec cette plate-forme, on aura accès à tout type d’information en temps réel», souligne-t-il. «Il est primordial de se doter de ce type de plate-forme afin d’être en phase avec les attentes des investisseurs qui recherchent une information fiable, une actualisation de celle-ci, mais aussi une passerelle à même de la connecter avec des partenaires potentiels. Il reste encore beaucoup de choses à accomplir, mais le pays est sur la bonne voie», conclut-il.

 


Liban: fin de l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth

Le silo à grains du port de Beyrouth endommagé quatre jours après une explosion monstrueuse qui a fait plus de 220 morts, le 8 août 2020. (AFP)
Le silo à grains du port de Beyrouth endommagé quatre jours après une explosion monstrueuse qui a fait plus de 220 morts, le 8 août 2020. (AFP)
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  • Le juge Tarek Bitar a clôturé l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth en 2020, ouvrant la voie à d’éventuels renvois devant le tribunal de dizaines de responsables politiques, militaires et fonctionnaires interrogés
  • L’explosion, provoquée par 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium stockées sans précaution, avait fait plus de 220 morts et est devenue un symbole de l’impunité au Liban, l’enquête ayant été bloquée par l’hostilité politique avant d’être reprise en 2025

BEYROUTH: Le juge chargé du dossier de l'explosion au port de Beyrouth en 2020 a clôturé son enquête, ouvrant la voie à de possibles renvois devant le tribunal des dizaines de personnes auditionnées au cours des investigations, a indiqué lundi une source judiciaire à l'AFP.

"Le juge d'instruction en charge de l'enquête, Tarek Bitar, a clôturé son enquête" près de six ans après l'explosion qui a ravagé une partie de la capitale libanaise le 4 août 2020 et fait plus de 220 morts, a précisé cette source judiciaire.

Le magistrat a transmis le dossier au procureur général de la Cour de cassation pour avis, avant d'éventuels renvois devant le tribunal, a ajouté cette source.

Près de 70 personnes, dont des personnalités politiques, des responsables des services de sécurité et de l'armée ainsi que des fonctionnaires, avaient été convoquées au cours de l'enquête, a détaillé la source judiciaire. Certaines d'entre elles avaient refusé de répondre aux convocations du juge et d'être interrogées.

Le dossier judiciaire de la déflagration du port est devenu un symbole de l'impunité, le juge d'instruction ayant dû interrompre son enquête en janvier 2023 face à l'hostilité d'une grande partie de la classe politique, notamment du Hezbollah qui accusait le magistrat de partialité.

Il avait été poursuivi un temps pour insubordination, mais avait pu reprendre son enquête début 2025 après l'arrivée au pouvoir d'un nouveau gouvernement et d'un nouveau président qui avaient promis de préserver l'indépendance de la justice.

Considérée comme l'une des plus grandes explosions non nucléaires de l'Histoire, l'explosion du port avait été provoquée par un incendie dans un entrepôt où était stocké sans précaution du nitrate d'ammonium, malgré des avertissements répétés aux plus hauts responsables.

La cargaison de 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium, transportée à bord d'un navire, le Rhosus, était arrivée au port de Beyrouth en novembre 2013.

Les autorités portuaires avaient stocké cette marchandise dans un entrepôt délabré, selon des responsables libanais, tandis que le Rhosus, immobilisé après le lancement de poursuites contre le propriétaire, avait coulé dans le port en 2018.

Un premier juge chargé en 2020 de l'enquête avait jeté l'éponge après avoir inculpé l'ex-Premier ministre, Hassan Diab, et trois anciens ministres.


L'Iran a attaqué un pétrolier du Koweït à Dubaï, aucun blessé

L’Iran attaque des pays voisins avec des missiles et des drones depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une guerre contre le pays. (photo d’archives AFP)
L’Iran attaque des pays voisins avec des missiles et des drones depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une guerre contre le pays. (photo d’archives AFP)
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  • L’Iran est accusé d’avoir attaqué par drone un pétrolier koweïtien au large de Dubaï, provoquant un incendie et des dégâts matériels, sans faire de victimes parmi les membres d’équipage
  • Cette attaque s’inscrit dans une escalade régionale depuis fin février, avec des frappes iraniennes contre des infrastructures du Golfe et un fort ralentissement du trafic dans le détroit d’Ormuz, impactant les marchés énergétiques mondiaux

KOWEIT: L'Iran a conduit une attaque "directe et malveillante" contre un pétrolier sous pavillon koweïtien au niveau du port de Dubaï, aux Emirats arabes unis, sans faire de blessés, a rapporté mardi l'agence de presse koweïtienne.

Le pétrolier "était entièrement chargé au moment de l'incident. L'attaque a causé des dégâts matériels sur la coque du navire et un incendie à bord, avec un risque de marée noire dans les eaux environnantes", a écrit l'agence Kuna, citant la société pétrolière nationale Kuwait Petroleum Corporation.

Il n'y a eu aucun blessé, de même source.

Les autorités de l'émirat ont confirmé qu'un pétrolier koweïtien avait été ciblé par un drone dans les eaux de Dubaï, ce qui a provoqué un incendie. Une équipe d'intervention est finalement venue à bout de l'incendie, ont-elles fait savoir un peu plus de deux heures après leur premier message sur X.

Les membres d'équipage du navire sont en sécurité, a ajouté le bureau de presse de Dubaï.

Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février par des frappes américano-israéliennes en Iran, Téhéran frappe régulièrement des infrastructures de pays du Golfe, et bloque en partie le détroit d'Ormuz par lequel transite en temps de paix environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le trafic y a chuté d'environ 95% depuis le début du conflit, selon la plateforme de suivi maritime Kpler. Les répercussions se font sentir sur l'ensemble des marchés énergétiques mondiaux.


Liban/Finul: réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies mardi

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
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  • La Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence à la demande de la France après la mort de Casques bleus de la FINUL au Liban
  • Paris condamne fermement les tirs, appelle à protéger le personnel onusien et pointe des incidents impliquant Israël dans un contexte de tensions avec le Hezbollah

Nations unies, États-Unis: Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra mardi à 10H00 (14H00 GMT) une réunion d'urgence demandée par la France après la mort de plusieurs Casques bleus au Liban, a-t-on appris lundi de sources diplomatiques.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé plus tôt dans la journée cette requête de la France à la suite des "incidents gravissimes subis par les Casques bleus de la Finul", la force de maintien de la paix de l'ONU au Liban.

La France "condamne avec la plus grande fermeté les tirs" qui ont causé dimanche et lundi la mort de trois Casques bleus de la Finul, a-t-il ajouté sur X.

Cette force, qui compte près de 8.200 soldats issus de 47 pays, est prise en étau entre Israël et le groupe chiite pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part, et l'Iran d'autre part, à la suite d'une attaque le 2 mars.

Depuis, la Finul a essuyé des tirs à plusieurs reprises.

"La France condamne également les graves incidents subis hier (dimanche) par le contingent français de la Finul dans la zone de Naqoura", a ajouté le ministre français.

"Ces atteintes à la sécurité et ces intimidations de la part de soldats de l'armée israélienne à l'encontre de personnels onusiens sont inacceptables et injustifiables, d'autant plus que les procédures de déconfliction avaient été respectées", a-t-il estimé, soulignant que ces condamnations avaient "été signifiées avec la plus grande fermeté à l'ambassadeur d'Israël à Paris".

Jean-Noël Barrot a enfin exhorté toutes les parties à respecter la sécurité du personnel onusien.

Lors de la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël à l'automne 2024, la Finul avait déjà accusé les troupes israéliennes de tirs "répétés" et "délibérés" sur ses positions.

La Finul est déployée entre le fleuve Litani et la frontière libano-israélienne, et son quartier général est installé à Ras al-Naqoura, près de la frontière avec Israël.

Un Casque bleu indonésien a été tué dimanche par l'explosion d'un projectile d'origine inconnue près de la ville frontalière d'Adchit Al Qusayr. Lundi, deux autres soldats ont été tués dans "une explosion d'origine inconnue" près de Bani Hayyan, autre ville frontalière, et plusieurs autres ont été blessés.