Israël frappe une école de l'ONU à Gaza après l'attaque d'une ambulance, tuant 15 personnes

Des Palestiniens vérifient les dégâts après qu'un convoi d'ambulances ait été touché, à l'entrée de l'hôpital Shifa dans la ville de Gaza, le 3 novembre 2023. (REUTERS)
Des Palestiniens vérifient les dégâts après qu'un convoi d'ambulances ait été touché, à l'entrée de l'hôpital Shifa dans la ville de Gaza, le 3 novembre 2023. (REUTERS)
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Publié le Samedi 04 novembre 2023

Israël frappe une école de l'ONU à Gaza après l'attaque d'une ambulance, tuant 15 personnes

  • La frappe vendredi contre l'ambulance, devant l'hôpital al-Chifa, a fait 15 morts et 60 blessés, selon le ministère de la Santé du Hamas
  • Le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus s'est dit «profondément choqué», rappelant que «les patients, les soignants, les établissements et les ambulances doivent être protégés en tout temps», sur X

TEL-AVIV, Israël : Une frappe aérienne israélienne sur une école gérée par l'ONU et abritant des personnes déplacées dans le camp de réfugiés de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, a tué 15 personnes et en a blessé des dizaines d'autres, a déclaré Mohammad Abu Selmeyah, directeur de l'hôpital Al-Shifa.
"Il y a 15 martyrs et le nombre devrait augmenter", a déclaré Abu Selmeyah, qui est également un fonctionnaire du ministère de la santé dans l'enclave dirigée par le Hamas.

L'armée israélienne a également confirmé avoir frappé une ambulance, affirmant avoir ciblé une cellule du Hamas, selon qui le bombardement a fait 15 morts.

La frappe vendredi contre l'ambulance, devant l'hôpital al-Chifa, a fait 15 morts et 60 blessés, selon le ministère de la Santé du Hamas, qui a affirmé que le véhicule faisait partie d'un convoi qui transportait «plusieurs blessés en route pour être hospitalisés en Egypte».

L'armée israélienne a elle affirmé que l'ambulance ciblée était «utilisée par une cellule terroriste du Hamas».

Après cette frappe, un correspondant de l'AFP a vu plusieurs corps et des blessés à côté d'une ambulance endommagée.

Le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus s'est dit «profondément choqué», rappelant que «les patients, les soignants, les établissements et les ambulances doivent être protégés en tout temps», sur X.

Le Hamas a par ailleurs affirmé tôt samedi que 20 personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées dans une attaque «visant» une école transformée en camp de fortune pour les personnes déplacées dans la zone d'al-Saftaoui, dans le nord de la bande de Gaza.

- Déclaration du Hezbollah -

Ces frappes interviennent alors que le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, a plaidé vendredi pour des «pauses humanitaires» lors d'une visite à Tel-Aviv.

M. Blinken a appelé à «faire plus» pour protéger la population de Gaza, et plaidé pour des «pauses humanitaires» afin de permettre «une distribution plus efficace et soutenue de l'aide», lors d'un entretien avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Ce dernier a indiqué peu après qu'il refusait toute «trêve temporaire» sans «la libération des otages» enlevés par le Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël.

Un haut responsable de la Maison Blanche a affirmé vendredi soir que libérer les otages du Hamas, soit au moins 240 personnes selon l'armée israélienne, «nécessiterait une pause très conséquente du conflit» avec Israël.

Il a évoqué des «discussions très sérieuses» actuellement en cours et précisé qu'il n'y «avait pas pour l'heure d'accord» pour une telle pause, dans une conférence téléphonique avec la presse

Le puissant chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, allié du Hamas et soutenu par l'Iran, a lui accusé les Etats-Unis d'être «entièrement responsables» de cette guerre déclenchée le 7 octobre par l'attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien contre Israël, qui suscite des craintes d'embrasement régional.

Dans son premier discours depuis le début de la guerre, il a prévenu Israël contre la «bêtise» d'une attaque contre le Liban, ajoutant que l'arrêt de «l'agression contre Gaza» empêcherait un conflit régional.

- «Conférence humanitaire» -

En France, le président Emmanuel Macron a annoncé une «conférence humanitaire» le 9 novembre à Paris, appelant lui aussi à une trêve humanitaire, «parce que la lutte contre le terrorisme ne justifie pas de sacrifier des civils».

Depuis bientôt un mois, les 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza assiégée vivent sous les bombardements israéliens, dans une situation humanitaire catastrophique.

Selon un bilan publié vendredi par le Hamas, au pouvoir dans ce territoire de 362 km2 depuis 2007, 9.227 personnes, dont 3.826 enfants, ont été tuées dans les frappes israéliennes.

En Israël, au moins 1.400 personnes ont été tuées selon les autorités depuis le début de la guerre, en majorité des civils massacrés le jour de l'attaque du Hamas, d'une violence et d'une ampleur inédites depuis la création d'Israël en 1948.

Israël, qui a promis «d'anéantir» le Hamas, avait annoncé jeudi soir être parvenu à encercler la ville de Gaza, où des quartiers entiers sont transformés en champs de ruines.

- Travailleurs renvoyés -

En visite jeudi sur une base militaire près de Tel-Aviv, Benjamin Netanyahu s'était félicité de «succès impressionnants» sur le terrain, mais avait aussi reconnu des «pertes douloureuses».

L'armée israélienne, qui fait état de 341 soldats tués depuis le 7 octobre, mène depuis une semaine des combats au sol acharnés, accompagnés de bombardements, dans le nord de Gaza afin d'y détruire les infrastructures du Hamas.

Hamad Hamada, 28 ans, un habitant de la ville de Gaza, a survécu à un bombardement. «Il n'y a eu aucun avertissement, la maison a été visée par une frappe directe. Elle est entièrement détruite», a-t-il raconté vendredi à l'AFP. «Trois enfants d'une même famille ont été sortis, les dégâts sont énormes et tous les autres habitants sont encore sous les décombres», a-t-il ajouté.

Le Croissant-rouge palestinien a fait état de frappes incessantes aux abords de l'hôpital Al-Qods, semant la panique parmi les 14.000 civils qui y ont trouvé refuge.

D'après le gouvernement du Hamas, sept personnes ont été tuées dans un bombardement à Jabaliya, un camp de réfugiés palestiniens du nord de la bande de Gaza déjà visé par des frappes meurtrières les jours précédents, et 15 autres dans le quartier de Zaytoun, dans la ville de Gaza.

Ajoutant aux inquiétudes sur le sort des civils, Israël a commencé vendredi à renvoyer dans la bande de Gaza, malgré les bombardements, des milliers de travailleurs palestiniens qui étaient bloqués sur son sol depuis près d'un mois.

Vendredi, des flots de travailleurs palestiniens exténués ont commencé à traverser le poste-frontière de Karem Abou Salem (appelé Kerem Shalom du côté israélien), entre Israël et la bande de Gaza.

«Ca fait 25 jours qu'on est en prison et aujourd'hui on nous a amenés ici, on ne sait pas du tout ce qui se passe à Gaza», confie à l'AFP Nidal Abed.

Vendredi, 17 blessés et 448 étrangers, dont 96 enfants, ont pu quitter Gaza vers l'Egypte via le poste-frontière de Rafah, seule fenêtre sur le monde pour le territoire, selon le ministère égyptien de la Santé.

La veille, soixante Palestiniens blessés et quelque 400 étrangers avaient quitté Gaza via ce point de passage.

- 140 morts en Cisjordanie -

Les échanges de tirs sont quotidiens à la frontière entre Israël et le sud du Liban, où le Hezbollah est très présent.

Ces accrochages ont fait 72 morts dans le sud du Liban depuis le 7 octobre, selon un décompte de l'AFP, dont 54 combattants du Hezbollah. Six soldats et un civil ont été tués du côté israélien, selon les autorités.

La guerre a aussi exacerbé les tensions en Cisjordanie occupée, où plus de 140 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre par des tirs de soldats ou de colons israéliens, selon l'Autorité palestinienne.

Depuis le 9 octobre, le «siège complet» imposé par Israël à la bande de Gaza prive la population de livraisons d'eau, de nourriture et d'électricité.

Le territoire était déjà soumis à un blocus israélien terrestre, aérien et maritime depuis 2007.

Plus de 420 camions d'aide humanitaire sont arrivés depuis le 21 octobre selon l'ONU, un nombre très insuffisant.


Le prince héritier saoudien discute de l'escalade militaire régionale avec plusieurs dirigeants

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
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  • Erdogan affirme son soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité
  • Le président du Conseil de souveraineté transitoire du Soudan, le général Al-Burhan, exprime sa solidarité avec le Royaume

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Le prince héritier a tenu des appels téléphoniques distincts avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président du Conseil transitoire de souveraineté du Soudan, le général Abdel Fattah Al-Burhan, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Les responsables ont condamné l'agression iranienne visant le Royaume et leur rejet de tout ce qui porte atteinte à la souveraineté et à la stabilité du Royaume.

Ils ont également affirmé leur soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité et ses citoyens.


A Beyrouth, des partisans du Hezbollah pleurent Khamenei

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  • "Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem
  • "Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime"

BEYROUTH: Drapeaux iraniens et portrait de l'ayatollah Ali Khamenei en main, des milliers de partisans du Hezbollah se sont rassemblés dimanche à Beyrouth pour pleurer la mort du guide suprême iranien, tué dans l'opération militaire américano-israélienne lancée la veille.

"Mort à l'Amérique", "Mort à Israël", ont-ils scandé à l'unisson, tous habillés de noir et brandissant aussi des drapeaux de leur mouvement, dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth.

Le poing levé, certains étaient en pleurs, a constaté une équipe de l'AFP, sur la grande place où a eu lieu le rassemblement.

"Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem.

"Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime".

"Sa mort est très douloureuse, c'est une tragédie", déplore aussi Zainab al Moussawi, une enseignante de 23 ans, à Beyrouth.

"On se sent comme après la mort du Sayyed, tombé en martyr", poursuit-elle en référence à l'ex-chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Entrer en guerre" 

Les dirigeants libanais redoutent une implication du Hezbollah dans le conflit régional, même si lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, il n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024 et l'accuse de se réarmer.

"Je demande à cheikh Naïm (Qassem) d'entrer en guerre", lance à Beyrouth Hassan Jaber, un partisan.

S'il ne s'est pas joint à la riposte iranienne, le mouvement a appelé des mosquées à organiser des cérémonies en mémoire du guide suprême iranien, dans la banlieue sud de la capitale libanaise et dans d'autres zones du pays dans lequel il est ancré.

Mais au Liban, pays très divisé, l'ayatollah Khamenei n'était pas soutenu par tous.

"Il était tout le temps en train de menacer (...) les pays arabes et avait des relais partout", déclare à l'AFP Hassan Harouq, un infirmier de 44 ans.

Lui dit ne vouloir qu'un pays "stable et qui ferait la paix avec le reste de la région", car "il est temps pour le Liban d'être de nouveau sur le droit chemin".

"Le peuple libanais est fatigué", ajoute-t-il.

Dimanche, le président Joseph Aoun, après une réunion d'urgence du Conseil supérieur de la Défense, a souligné que "la décision de guerre et de paix relève exclusivement de l'Etat libanais".

La présidence libanaise a indiqué avoir reçu, par l'entremise des Etats-Unis, l'assurance qu'Israël n'entraînera pas le Liban dans une "escalade" tant que son territoire ne sera pas visé par des attaques depuis le Liban.

Peu de temps avant le début de l'offensive israélo-américaine, Israël avait frappé des positions du Hezbollah dans le sud du Liban.

Beyrouth n'acceptera pas d'être "entraîné" dans le conflit avec l'Iran, a assuré le Premier ministre Nawaf Salam.


Iran: le ministre des Affaires étrangères d'Oman, pays médiateur, appelle à un cessez-le-feu

Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
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  • Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes
  • Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade"

MASCATE: Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens.

Badr al-Busaidi "a réaffirmé l'appel constant du sultanat d'Oman à un cessez-le-feu et à un retour au dialogue (...) de manière à répondre aux revendications légitimes de toutes les parties", a indiqué son ministère dans un compte rendu de son entretien avec Abbas Araghchi.

Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes.

Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade et à rétablir la stabilité".