Gaza: après Israël, Blinken poursuit d'intenses discussions en Jordanie

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken fait signe au premier ministre intérimaire libanais Najib Mikati de s'asseoir lors d'une journée de réunions dans un hôtel, sur fond de conflit entre Israël et le groupe palestinien Hamas, dans la capitale jordanienne Amman, le 4 novembre 2023. (Photo Jonathan Ernst, Pool AFP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken fait signe au premier ministre intérimaire libanais Najib Mikati de s'asseoir lors d'une journée de réunions dans un hôtel, sur fond de conflit entre Israël et le groupe palestinien Hamas, dans la capitale jordanienne Amman, le 4 novembre 2023. (Photo Jonathan Ernst, Pool AFP)
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Publié le Samedi 04 novembre 2023

Gaza: après Israël, Blinken poursuit d'intenses discussions en Jordanie

  • La diplomatie jordanienne a confirmé vendredi soir la tenue de cette réunion avec les ministres des Affaires étrangères d'Egypte, d'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et du Qatar, outre la Jordanie et les Etats-Unis
  • Depuis le 7 octobre et encore ce vendredi, plusieurs manifestations de solidarité avec les Palestiniens ont eu lieu à Amman pour réclamer l'annulation du traité de paix, signé en 1994, entre la Jordanie et Israël et la fermeture de l'ambassade israélienne

AMMAN, Jordanie : Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken doit rencontrer samedi le roi Abdallah II de Jordanie, au lendemain d'une visite éclair en Israël d'où il est reparti globalement les mains vides quant aux appels à des «pauses humanitaires» dans le conflit entre Israël et le Hamas.

M. Blinken, qui est arrivé vendredi soir à Amman, doit également participer à une réunion ministérielle avec plusieurs pays arabes et avoir un entretien bilatéral avec le ministre jordanien des Affaires étrangères Ayman Al-Safadi.

La diplomatie jordanienne a confirmé vendredi soir la tenue de cette réunion avec les ministres des Affaires étrangères d'Egypte, d'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et du Qatar, outre la Jordanie et les Etats-Unis.

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères jordanien a précisé qu'un représentant de l'Autorité palestinienne participerait à la réunion, qui se penchera également sur les «répercussions (...) de l'escalade dangereuse qui menace la sécurité dans toute la région».

La Jordanie partage sa frontière avec Israël et la Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, qui est en proie à une montée des violences depuis le début de la guerre le 7 octobre déclenchée par une attaque sanglante du Hamas sur le sol israélien.

Le roi Abdallah II a souligné, lors d'un récent appel téléphonique avec le président américain Joe Biden, «la nécessité de cesser le feu et d'œuvrer à une trêve humanitaire immédiate à Gaza, en garantissant un accès ininterrompu à l'aide humanitaire».

- «Pauses humanitaires» -

Depuis le 7 octobre et encore ce vendredi, plusieurs manifestations de solidarité avec les Palestiniens ont eu lieu à Amman pour réclamer l'annulation du traité de paix, signé en 1994, entre la Jordanie et Israël et la fermeture de l'ambassade israélienne.

La Jordanie a décidé mercredi de rappeler son ambassadeur en Israël pour protester contre l'offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza.

En Israël vendredi, pour une visite éclair d'une journée, M. Blinken a indiqué avoir discuté avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la possibilité de «pauses humanitaires» permettant notamment de protéger des civils pris au piège de la guerre et d'accélérer l’acheminement de l'aide.

Mais M. Netanyahu a émis une fin de non recevoir, refusant une «trêve temporaire sans la libération des otages» enlevés le 7 octobre en Israël par le Hamas.

Selon l'armée israélienne, au moins 240 otages dont des ressortissants étrangers se trouvent toujours entre les mains du mouvement islamiste palestinien.

Ils ont été enlevés lors de l'attaque sanglante du Hamas en Israël le 7 octobre, d'une ampleur et d'une violence sans précédent depuis la création du pays en 1948.

Depuis cette date, selon les autorités, au moins 1.400 personnes sont mortes côté israélien, en majorité des civils le jour de l'attaque.

En représailles, Israël a déclaré une guerre pour «anéantir » le Hamas, pilonnant sans relâche la bande de Gaza dirigée par le mouvement islamiste palestinien. Ces frappes ont tué plus de 9.200 personnes, dont 3.826 enfants, en 28 jours de guerre, selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas.

M. Blinken, dont c'est la deuxième tournée au Proche-Orient depuis le début de la guerre, a par ailleurs de nouveau plaidé vendredi pour la création d'un Etat palestinien, seul à même d'assurer la sécurité à long terme d'Israël selon lui.


Le Hezbollah dénonce «l'agression israélienne persistante» au Liban malgré la trêve

Des personnes en deuil portent les cercueils lors des funérailles de quatre combattants du Hezbollah et de deux civils dans le village de Maaroub, au sud du Liban, le 26 avril 2026. (AFP)
Des personnes en deuil portent les cercueils lors des funérailles de quatre combattants du Hezbollah et de deux civils dans le village de Maaroub, au sud du Liban, le 26 avril 2026. (AFP)
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  • "Il n'y a pas de cessez-le-feu au Liban, mais une agression israélo-américaine continuelle", a déclaré Naïm Qassem dans un discours écrit, diffusé par la chaîne al-Manar affiliée au groupe islamiste
  • "Le Liban est l'agressé, et c'est lui qui a besoin de garanties pour sa sécurité et sa souveraineté" de la part d'Israël, a-t-il ajouté

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah pro-iranien Naïm Qassem a condamné lundi les opérations israéliennes persistantes au Liban malgré la trêve, et réitéré son refus de négociations directes entre Israël et son pays.

Malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril et prolongée à l'issue de deux sessions de pourparlers entre le Liban et Israël à Washington, l'armée israélienne continue de mener des frappes meurtrières, surtout dans le sud du Liban, où elle démolit des bâtiments et interdit aux habitants de dizaines de localités de revenir.

"Il n'y a pas de cessez-le-feu au Liban, mais une agression israélo-américaine continuelle", a déclaré Naïm Qassem dans un discours écrit, diffusé par la chaîne al-Manar affiliée au groupe islamiste.

"Le Liban est l'agressé, et c'est lui qui a besoin de garanties pour sa sécurité et sa souveraineté" de la part d'Israël, a-t-il ajouté.

Critiquant une diplomatie qui place le Liban "sous tutelle", il a plaidé pour "une diplomatie qui mène" à la cessation des hostilités et pour "des négociations indirectes" avec Israël.

"Les négociations directes sont une concession gratuite, sans résultat", a-t-il dit, vantant le comportement "légendaire" du Hezbollah au combat. "Ne trahissez donc pas la résistance", a-t-il ajouté, à l'adresse du pouvoir libanais, en défendant "l'unité nationale".

Entre le président libanais Joseph Aoun, décidé à mener des négociations directes avec Israël, et le Hezbollah pro-iranien qui s'y oppose, le fossé se creuse, et les divisions dans le pays s'accentuent.

L'ambassade américaine à Beyrouth a appelé jeudi à une rencontre entre le président libanais et le Premier ministre israélien, qui serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante".

Lundi, l'armée israélienne a mené une série de frappes après un nouvel avis d'évacuation adressé aux habitants de quatre localités dans le sud du Liban.

Selon les termes de l'accord de trêve publié par Washington, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense" contre le Hezbollah, qui s'oppose à cette clause et continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes malgré la trêve.

Les frappes israéliennes ont fait plus de 2.600 morts et déplacé plus d'un million de personnes depuis que le Hezbollah a relancé les hostilités le 2 mars, en soutien à son allié iranien, ciblé par une offensive israélo-américaine.


Un tanker touché par «des projectiles inconnus» au large des Emirats 

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  • "Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé
  • L'agence n'a pas précisé la provenance du navire

DUBAI: Un tanker a été touché par des "projectiles inconnus" dans le détroit d'Ormuz au large des Emirats arabes unis, sans faire de victime, a indiqué l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO lundi.

"L'UKMTO a reçu des informations faisant état d'un incident survenu à 78 milles nautiques (145 km, ndlr) au nord de Fujaïrah, aux Émirats arabes unis", a annoncé l'agence sur X précisant que l'incident avait été signalé dimanche vers 19H40 GMT.

"Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé.

L'agence n'a pas précisé la provenance du navire.

Le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps de paix un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondiaux, est en grande partie bloqué depuis le début des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche que la marine américaine allait commencer lundi à escorter des navires bloqués de pays tiers à travers le détroit d'Ormuz dans le cadre du Project Freedom ("Projet Liberté"), qui a été dénoncé par les autorités iraniennes.

 


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.