Turquie: La police disperse une manifestation pro-palestinienne près d'une base militaire

Les manifestants se couvrent le visage pour se protéger des gaz lacrymogènes tirés par la police anti-émeute turque lors d'une manifestation pro-palestinienne contre la visite du secrétaire d'État américain en Turquie, près de la base aérienne d'Incirlik, abritant les forces américaines, à Adana, dans le sud de la Turquie (Photo, AFP).
Les manifestants se couvrent le visage pour se protéger des gaz lacrymogènes tirés par la police anti-émeute turque lors d'une manifestation pro-palestinienne contre la visite du secrétaire d'État américain en Turquie, près de la base aérienne d'Incirlik, abritant les forces américaines, à Adana, dans le sud de la Turquie (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 06 novembre 2023

Turquie: La police disperse une manifestation pro-palestinienne près d'une base militaire

  • La manifestation, devant la base aérienne d'Incirlik (sud-est), était organisée par l'ONG turque Humanitaire Relief Foundation
  • M. Erdogan a condamné un «massacre immoral, sans scrupule et méprisable» à Gaza

INCIRLIK: La police turque a dispersé dimanche à l'aide de gaz lacrymogènes un rassemblement pro-palestinien organisé devant la base militaire d'Incirlik abritant des forces américaines, quelques heures avant l'arrivée prévue à Ankara du secrétaire d'Etat Antony Blinken.

La manifestation, devant la base aérienne d'Incirlik (sud-est), était organisée par l'ONG turque Humanitaire Relief Foundation (IHH). En 2010, celle-ci avait affrété une flottille pour tenter de rallier Gaza sous blocus israélien, entraînant un raid israélien qui avait fait dix morts.

Selon un photographe de l'AFP sur place, la police est intervenue lorsque la foule a commencé à se diriger vers la base après avoir tenu un rassemblement pacifique à Incirlik.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent plusieurs centaines de personnes agitant des drapeaux palestiniens, courant dans un champ et poursuivies par la police qui a également fait usage d'un canon à eau.

Aucun blessé et aucune interpellation n'ont été rapportés à ce stade. Les autorités américaines n'ont fait aucun commentaire dans l'immédiat.

La base aérienne d'Incirlik appartient à la Turquie, membre de l'Otan, mais est utilisée par l'US Air Force - et occasionnellement par la Royal Air Force britannique - auxquelles elle offre un accès stratégique à de vastes régions du Proche-Orient.

La manifestation à l'appel de l'IHH devait coïncider avec une visite d'Antony Blinken, attendu dimanche soir en Turquie après s'être rendu en Cisjordanie et à Chypre. Il doit rencontrer lundi à Ankara son homologue turc, le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan, pour discuter de la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas à Gaza.

Près d'un millier de personnes se sont également rassemblées dimanche devant l'ambassade américaine à Ankara, selon un photographe de l'AFP sur place.

La Turquie a été le théâtre ces dernières semaines d'importantes manifestations de soutien aux Palestiniens.

«Massacre immoral»

Après l'attaque menée le 7 octobre par le mouvement islamiste sur son territoire depuis Gaza, Israël a juré "d'anéantir" le Hamas. Au moins 1.400 personnes, en majorité des civils, selon les autorités israéliennes, sont mortes lors de cette attaque d'une violence et d'une ampleur inédites depuis la création d'Israël en 1948.

L'armée israélienne pilonne depuis sans répit Gaza, petit territoire assiégé où vivent 2,4 millions d'habitants. Depuis le 7 octobre, 9.770 personnes, essentiellement des civils, y ont été tuées par les bombardements israéliens, selon le Hamas.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a critiqué à plusieurs reprises les Etats-Unis pour leur soutien à l'opération israélienne dans la bande de Gaza.

Il a indiqué dimanche qu'il poursuivrait lundi comme prévu son voyage en province, rendant ainsi peu probable une rencontre avec M. Blinken.

M. Erdogan a condamné un "massacre immoral, sans scrupule et méprisable" à Gaza.

Le 28 octobre, dans un discours virulent prononcé à Istanbul lors d'un "meeting de soutien à la Palestine" rassemblant des centaines de milliers de personnes, le chef de l'Etat turc avait déjà accusé Israël de "crimes de guerre".

Dimanche, il a précisé qu'Ankara œuvrait "en coulisses" pour tenter de mettre fin au bain de sang à Gaza et assurer l'acheminement de l'aide humanitaire. "Soyez assurés que nous faisons bien plus que ce que l'on voit", a-t-il déclaré.

Selon une source diplomatique turque, le chef de la diplomatie turque s'est entretenu par téléphone dimanche avec ses homologues égyptien et jordanien.

La Turquie a rappelé samedi son ambassadeur en Israël pour consultations et rompu le contact avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou en réaction à l'opération à Gaza.

Après une décennie de relations quasiment gelées, à la suite de la tentative de l'IHH de briser le blocus israélien de Gaza en 2010, Israël et la Turquie avaient progressivement rétabli leurs relations depuis l'année dernière. Les deux pays avaient renommé des ambassadeurs et relancé les discussions sur un gazoduc soutenu par les États-Unis.


Liban: 14 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Photo prise à Tyr montrant des baigneurs sur la plage tandis que de la fumée s’élève d’une frappe aérienne israélienne à Deir Qanoun Ras Al-Ain (8 juin 2026, AFP).
Photo prise à Tyr montrant des baigneurs sur la plage tandis que de la fumée s’élève d’une frappe aérienne israélienne à Deir Qanoun Ras Al-Ain (8 juin 2026, AFP).
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait 14 morts et plus de 20 blessés, tandis que le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre les forces israéliennes
  • Malgré l’annonce par l’Iran de la fin de son opération contre Israël, Téhéran menace de représailles plus sévères si les attaques se poursuivent au Liban, tandis qu’Israël promet de continuer à frapper le Hezbollah

BEYROUTH: Quatorze personnes ont été tuées et plus d'une vingtaine blessées lundi dans des frappes israéliennes dans le sud du Liban, selon les autorités et la Croix-Rouge, Israël promettant de continuer à viser le Hezbollah pro-iranien malgré les menaces de nouvelles représailles de Téhéran.

"Le raid de l'ennemi israélien à l'aube aujourd'hui sur le village de Zifta dans la région de Nabatiyé" a fait sept morts, dont "un enfant syrien et une femme, et huit blessés dont deux femmes", a annoncé le ministère libanais de la Santé dans un communiqué.

Dans la soirée, le ministère a indiqué qu'une frappe sur Tyr avait fait cinq morts et huit blessés. Plus tôt dans la soirée, l'armée israélienne avait lancé un appel à évacuer dans une zone de Tyr.

Une autre frappe dans la soirée a coûté la vie à deux personnes parmi lesquelles un enfant et fait dix blessés à Marwanieh, dans le sud, selon la même source.

Lundi, les frappes israéliennes se sont abattues sur plus d'une quinzaine de localités dans le sud du Liban, notamment à Tyr, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI, officielle).

L'une des frappes a "ciblé une voiture (...) près d'un bâtiment de la Croix-Rouge libanaise" dans cette ville côtière, selon la même source. Quatre secouristes ont été blessés dans cette frappe. Atteints par des éclats de verre, ils ont été hospitalisés, selon la Croix-Rouge.

Un photographe de l'AFP a vu un épais panache de fumée s'élever d'une route côtière de la ville.

Le Hezbollah a revendiqué pour sa part de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban, mais pas contre le nord d'Israël.

L'armée israélienne a de son côté affirmé que trois projectiles avaient été tirés du Liban "en direction de soldats israéliens en opération dans le sud du Liban", et qu'un projectile supplémentaire était "tombé à proximité des troupes" sans faire de blessés.

- "Actions plus sévères" -

Lundi à la mi-journée, après des frappes réciproques depuis la veille au soir entre l'Iran et Israël, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé "la cessation de l'opération", qualifiée de "sévère riposte" à Israël.

Mais il a prévenu qu'"en cas de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant seraient entreprises".

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a rétorqué que son pays "continuera(it) d'agir "contre le Hezbollah. Il a promis que "toute tentative iranienne d'établir un lien entre le Liban et l'Iran afin d'attaquer Israël recevra(it) une réponse d'une grande force"..

Téhéran insiste pour traiter en même temps le conflit entre Israël et le Hezbollah, et celui plus large au Moyen-Orient, tandis que les Etats-Unis souhaitent gérer le dossier libanais dans un second temps.

Israël avait mené dimanche une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, qui a fait deux morts, en riposte à des tirs ayant visé son territoire, après avoir prévenu qu'il frapperait Beyrouth en cas d'attaques du Hezbollah contre son territoire.

Il s'agissait des premières frappes sur la banlieue sud de la capitale depuis un nouvel accord de cessez-le-feu annoncé mercredi à l'issue d'une quatrième session de négociations entre le Liban et Israël à Washington. Une trêve précédente avait été annoncée le 17 avril sans jamais être respectée.

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah pro-iranien et Israël, les frappes israéliennes ont fait plus de 3.600 morts selon les autorités. 


Liban: une frappe israélienne endommage un site protégé par l'Unesco à Tyr

 Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
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  • Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban
  • Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés

TYR: Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes.

"Je lance un appel pour éviter de cibler les sites archéologiques du pays (..) en particulier les ruines de Tyr qui sont dans le patrimoine commun de l'humanité", a déclaré Ghassan Salamé à l'AFP.

Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban.

Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés.

Cette ville est la cible d'une campagne de frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars.

L'armée israélienne avait émis un nouvel ordre d'évacuation dimanche pour une zone qui inclut l'un des deux sites, comprenant des vestiges romains, avant de mener des frappes.

Des correspondants de l’AFP ont pu voir une partie de la zone proche des colonnes antiques recouverte de débris, fragments de métal tordu, branches d’arbres brisées.

Des gravats de béton et de métal parsèment un escalier de pierre menant à l’intérieur du site.

"L'ampleur des débris et des dégâts dans le site est importante", selon Ali Badaoui.

Les frappes se sont abattues sur des bâtiments avoisinants et l'une a touché un bureau administratif du site, rapporte le responsable.

"Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre", visant "colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques", énumère-t-il.

Ghassan Salamé a souligné que que les autorités évalueraient les dégâts "dès qu'un cessez-le-feu aura lieu ou que nous pourront avoir accès aux ruines sans mettre en danger la vie de nos archéologues".

Il a souligné qu'Israël "ne respecte pas" la Convention de la Haye qui oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les "Boucliers bleus", un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l'Unesco pour protéger le site de Tyr.

Depuis une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l’Unesco a placé plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, sous " protection renforcée provisoire".

Le site de Tyr "est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire, et il n’y a aucune activité militaire sur place", a assuré M. Badaoui.

L’autre site protégé de Tyr, El‑Bass, a aussi été endommagé depuis le début de la guerre le 2 mars, a-t-il ajouté.


L'armée israélienne dit qu'elle poursuivra ses opérations «dans tout le Liban»

L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
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  • "Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin
  • "Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth.

"Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin.

"Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah", a-t-il ajouté, "nous ne permettrons pas la poursuite de tirs visant les citoyens de l'Etat d'Israël".