Reine Rania de Jordanie: Les opposants au cessez-le-feu à Gaza «approuvent et justifient la mort»

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Publié le Mardi 07 novembre 2023

Reine Rania de Jordanie: Les opposants au cessez-le-feu à Gaza «approuvent et justifient la mort»

  • Dans un entretien développé avec Becky Anderson de CNN, la reine Rania a répondu au refus du secrétaire d’État américain, Antony Blinken, de mettre en place un cessez-le-feu
  • «Combien de personnes devront encore mourir avant que notre conscience universelle ne se réveille? Ou est-elle à jamais endormie lorsqu’il s’agit des Palestiniens?», s’est interrogée la reine Rania

LE CAIRE: La reine Rania de Jordanie a appelé dimanche à un appel collectif à un cessez-le-feu à Gaza. Elle a déclaré que ceux qui s’opposent à une trêve «approuvent et justifient la mort de milliers de civils».
Dans un entretien développé avec Becky Anderson, de CNN, la reine Rania a répondu au refus du secrétaire d’État américain, Antony Blinken, de mettre en place un cessez-le-feu.
Après avoir rencontré des dirigeants arabes samedi, M. Blinken a affirmé qu’un cessez-le-feu à Gaza contribuerait à davantage d’attaques de la part du Hamas.
La reine Rania a confié: «Il doit y avoir un appel collectif en faveur d’un cessez-le-feu et je sais que certains opposants à un cessez-le-feu affirment que cela aiderait le Hamas. Cependant, avec cet argument, ils font abstraction de la mort, voire ils approuvent et justifient le décès de milliers de civils. C’est tout simplement répréhensible d’un point de vue moral, peu perspicace et pas tout à fait rationnel.»
«Si [Israël] parvient à éliminer l’ensemble du Hamas, la cause profonde de ce conflit sera son occupation illégale, ses violations systématiques des droits de l’homme, ses colonies illégales ainsi que son mépris des résolutions de l’ONU et du droit international. Si nous ne nous attaquons pas aux causes profondes, il est possible de tuer le combattant, mais non la cause.»
La reine Rania a dénoncé la «situation humanitaire catastrophique» à Gaza et s’est interrogée: «Combien de personnes devront encore mourir avant que notre conscience universelle ne se réveille? Ou est-elle à jamais endormie lorsqu’il s’agit des Palestiniens?»
Elle a noté qu’il y avait eu près de dix mille morts à Gaza depuis le début de la guerre, dont près de la moitié sont des enfants.
«Ce ne sont pas que des chiffres. Chacun de ces enfants était tout pour quelqu’un», a-t-elle rappelé.
«Il existe un acronyme à Gaza pour signifier qu’il s’agit d’un enfant blessé dont aucun membre de la famille n’a survécu», a-t-elle ajouté. «C’est un acronyme qui ne devrait pas exister, mais il existe à Gaza.»
Interrogée sur les affirmations d’Israël selon lesquelles les civils étaient utilisés comme boucliers humains, la reine Rania a souligné que même si l’utilisation de boucliers humains était «criminelle» en vertu du droit international, Israël avait la responsabilité d’éviter la mort de civils.
«Avant de tirer une balle ou de larguer une bombe, il est de la responsabilité de la nation d’évaluer le risque pour la vie civile. Si ce risque est disproportionné par rapport à l’objectif militaire, alors il est considéré comme illégal», a-t-elle ajouté.
Bien que de nombreux ordres d’évacuation d’Israël soient émis en ligne ou à la télévision, la reine Rania considère que ces ordres ne sont nullement en faveur des civils de Gaza dans la mesure où l’électricité est coupée dans la bande de Gaza depuis des semaines.
«Ils ne constituent pas le public cible; le reste du monde l’est. Il s’agit d’une tentative d’Israël pour légitimer ses actions», a-t-elle indiqué.
«Lorsqu’on demande à 1,1 million de personnes de quitter leur foyer sous peine de mourir, cela ne constitue pas une protection pour les civils, mais un déplacement forcé», a-t-elle renchéri.
«Les agences des Nations unies, ainsi que d’autres agences, ont déclaré qu’il n'y avait aucun endroit sûr à Gaza. Même les zones dans lesquelles ils ont demandé aux gens de se réfugier – ces prétendues “zones de sécurité” – ont également été attaquées.»
En réponse à une question sur la montée du sectarisme aux États-Unis à l'encontre des peuples juif et musulman, la reine Rania a condamné «absolument et sans réserve» l’antisémitisme et l’islamophobie, ajoutant que les musulmans devraient être les premiers à condamner l’antisémitisme, car l’islamophobie est «la face cachée de la même maladie».
«Nous avons une longue histoire de coexistence pacifique. Il ne s’agit donc pas de religion. C’est une question de politique», a-t-elle conclu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.


Israël confirme au Pentagone vouloir rester dans des «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et à Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
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  • Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes
  • Le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé que les négociations menées mardi et mercredi à Rome entre Israël et le Liban avaient été "positives" et que le processus de mise en œuvre de "zones pilotes", d'où les troupes israéliennes doivent se retirer, commencerait "dans les prochains jours".

Le président américain Donald Trump avait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de retirer les forces israéliennes de Syrie et du Liban, selon un article publié mardi par le média américain Axios.

Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes.

Dans un communiqué, le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés situées près de la frontière contre les menaces que représentent les forces jihadistes".

"Nous n'avons jamais demandé aux Etats-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières", ajoute le communiqué du cabinet de M. Katz.

Au Liban et à Gaza, les forces israéliennes sont présentes sur le terrain, où elles mènent quotidiennement des opérations contre le Hezbollah et le Hamas.

Au Liban, les forces israéliennes restent déployées dans ce que l'armée décrit comme une "zone de sécurité" s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais et poursuit des frappes limitées dans le sud.

A Gaza, l'armée israélienne contrôle 60% du territoire. Elle est notamment présente sur l'ensemble du périmètre extérieur du territoire palestinien, le long des frontières entre Israël et l'Egypte.

Après le renversement, en décembre 2024, de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.