Gaza: aux urgences de l'hôpital Nasser, la tragédie du docteur Chaqoura

Des civières de morgue tachés de sang sont laissés à l'extérieur de l'entrée de la morgue d'un hôpital à la suite du bombardement par Israël de la banlieue est de Gaza, Shujaiya, le 4 novembre 2023 ( Photo, Dawood NEMER / AFP)
Des civières de morgue tachés de sang sont laissés à l'extérieur de l'entrée de la morgue d'un hôpital à la suite du bombardement par Israël de la banlieue est de Gaza, Shujaiya, le 4 novembre 2023 ( Photo, Dawood NEMER / AFP)
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Publié le Mardi 07 novembre 2023

Gaza: aux urgences de l'hôpital Nasser, la tragédie du docteur Chaqoura

  • Le docteur Chaqoura, 42 ans, a découvert avec horreur que sa famille faisait partie des victimes d'une frappe qui a touché leur maison à Khan Younès
  • Le docteur Chaqoura est issu d'une famille de réfugiés, ces Palestiniens poussés à l'exode à la création de l'Etat d'Israël en 1948 et qui représentent aujourd'hui avec leurs descendants environ 80% des 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza

GAZA: Iyad Chaqoura, pharmacien officiant par temps de guerre comme urgentiste, était habitué au flot de morts et de blessés. Lundi soir, il s'est évanoui en voyant arriver à l'hôpital Nasser à Gaza les corps de ses deux enfants, de sa mère et d'autres membres de sa famille.

Le docteur Chaqoura, 42 ans, a découvert avec horreur que sa famille faisait partie des victimes d'une frappe qui a touché leur maison à Khan Younès, dans le sud d'une bande de Gaza assiégée et bombardée sans relâche par Israël depuis le début de la guerre avec le Hamas.

Les yeux embués, il a jeté mardi matin un dernier regard sur ses proches, drapés dans des linceuls blancs et disposés sur des tables mortuaires dans le service des urgences de l'hôpital Nasser, selon des images de l'AFPTV.

Désignant les corps du doigt, l'un après l'autre, il égrène leur noms: "ma mère, Zeinab Abou Dayya, mes frères Mahmoud et Hussein Chaqoura, ma soeur Israa et ses deux enfants Nabil et Nour, et mes deux enfants, les pupilles de mes yeux, Abdelrahmane, 7 ans, et Omar, 5 ans".

"J'ai cinq enfants, mais lui c'était mon préféré", dit-il en posant longuement son front sur celui, ensanglanté, d'Abdelrahmane. Son linceul et celui de son frère sont ouverts au niveau de la tête, laissant voir leur visage.

"Qu'ont-ils fait pour qu'on déverse des tonnes de bombes et d'explosifs sur leurs têtes dans leur maison", se désole-t-il, avant d'ajouter avec résignation : "Dieu les a rappelés à lui comme beaucoup d'autres enfants avant eux".

 "Triompher ou mourir" 

Selon le dernier bilan publié mardi par le ministère de la Santé du Hamas, les bombardements israéliens dans la bande de Gaza ont fait plus de 10 300 morts, dont 4 237 enfants, depuis le début de la guerre le 7 octobre.

Ils ont été déclenchés en représailles à une attaque d'une ampleur inédite du mouvement palestinien sur le sol israélien. La guerre a fait plus de 1 400 morts en Israël, en majorité des civils tués le jour de l'attaque, selon les autorités israéliennes.

Le docteur Chaqoura est issu d'une famille de réfugiés, ces Palestiniens poussés à l'exode à la création de l'Etat d'Israël en 1948 et qui représentent aujourd'hui avec leurs descendants environ 80% des 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza, selon les chiffres de l'ONU.

"Si l'ennemi veut de nouveau nous chasser, nous lui disons que Dieu nous a promis une de deux choses: soit triompher sur notre terre libérée, soit y être enterrés", proclame-il. "Maintenant je vais enterrer mes enfants et retourner au travail".

Il conduit lui même la rituelle prière mortuaire dans la cour de l'hôpital. Ses collègues et proches sont débout en rang derrière lui, et les corps de ses enfants et des autres membres de sa famille allongés sur des civières devant lui.

Les corps sont ensuite portés vers "le cimetière des martyrs de Khan Younès", tout proche.

Dans le cortège marchant vers le cimetière, le docteur Chaqoura porte dans ses bras la dépouille d'Abdelrahmane qu'il embrasse une dernière fois sur la tête.

 


L'armée du Koweït dit faire face à des attaques de missiles et de drones

Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran. (Reuters)
Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran. (Reuters)
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  • Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran
  • "Les défenses aériennes koweïtiennes repoussent actuellement des attaques menées par des missiles et des drones ennemis", a écrit l'armée koweïtienne sur le réseau social X

KOWEIT: Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran.

"Les défenses aériennes koweïtiennes repoussent actuellement des attaques menées par des missiles et des drones ennemis", a écrit l'armée koweïtienne sur le réseau social X.


Israël bombarde Tyr après avoir déclaré «zone de combat» une vaste partie du sud du Liban

L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière. (AFP)
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  • L'Agence nationale d'information (Ani) libanaise a rapporté deux séries de frappes jeudi matin sur la ville et une zone située à l'est de celle-ci, touchant un bâtiment et provoquant un incendie à Tyr
  • L'armée israélienne a également annoncé jeudi matin avoir intercepté une "cible aérienne suspecte" se dirigeant vers ses forces dans le sud du Liban

BEYROUTH: L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière.

Après avoir ordonné aux habitants de plusieurs quartiers de Tyr d'évacuer en prévision d'un "emploi de la force" à venir, l'armée israélienne a confirmé avoir "commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah dans la région de Tyr".

L'Agence nationale d'information (Ani) libanaise a rapporté deux séries de frappes jeudi matin sur la ville et une zone située à l'est de celle-ci, touchant un bâtiment et provoquant un incendie à Tyr.

L'armée israélienne a également annoncé jeudi matin avoir intercepté une "cible aérienne suspecte" se dirigeant vers ses forces dans le sud du Liban.

Israël intensifie ces derniers jours ses opérations terrestres et aériennes dans l'est et le sud du pays voisin, où le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah a fait état de combats "directs", en dépit du cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, mais que les deux parties s'accusent de violer.

Alors que de nombreux Libanais tentent de célébrer l'Aïd al-Adha, la grande fête musulmane, l'armée israélienne, a appelé tous les habitants qui se trouveraient dans le sud du Liban à évacuer vers la rive nord du Zahrani.

Cette escalade intervient juste avant une réunion militaire entre les deux pays prévue vendredi au Pentagone, et à l'approche de nouvelles sessions de négociations sous parrainage américain les 2 et 3 juin.

"Affrontements directs" 

Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" mercredi à Zawtar el-Charqiyé, a annoncé de son côté le Hezbollah, faisant aussi état de trois attaques de drones contre des troupes dans le nord d'Israël.

Il a revendiqué depuis mardi des tirs et attaques de drone contre des forces israéliennes tentant de s'infiltrer dans cette localité, stratégique pour sa proximité avec Nabatiyé.

Zawtar el-Charqiyé se situe à la lisière de la "ligne jaune" délimitant la bande d'une dizaine de kilomètres dont l'armée israélienne a pris le contrôle dans le sud du Liban, y interdisant l'accès aux habitants et y menant de larges opérations de démolition.

L'armée israélienne avait déclaré mardi étendre ses opérations au sol au-delà de la "ligne jaune".

"Etendre l'autorité de l'Etat"  

Le Liban a été aspiré dans la guerre au Moyen-Orient quand le Hezbollah a rouvert le 2 mars un front contre Israël, en soutien à l'Iran après l'attaque israélo-américaine du 28 février.

Les frappes israéliennes ont tué 3.269 personnes depuis, selon un nouveau bilan mercredi du ministère de la Santé.

Parmi elles, au moins 31 ont été tuées mardi, dont au moins 15 habitants de Burj al-Shemali, près de Tyr, selon le maire de cette localité. Un photographe de l'AFP a vu mercredi des secouristes extraire un corps des décombres, tandis qu'une pelleteuse dégageait des amas de gravats.

Dans l'ouest de la Bekaa, la localité de Machghara qui abritait des centaines de familles déplacées est désormais déserte après plusieurs jours de bombardements israéliens.

Son maire, Iskandar Barakeh, fait part à l'AFP de sa crainte de voir la région, par où transitent combattants et matériel du Hezbollah, "se transformer en arrière-front".

La délégation militaire dirigée par le général Georges Rizkallah qui doit rencontrer vendredi des militaires israéliens "insistera sur la nécessité de mettre fin aux hostilités et présentera le plan de l'armée visant à restreindre les armes du Hezbollah et étendre l'autorité de l'Etat sur le territoire libanais", a indiqué une source militaire à l'AFP.

 


Liban: l'armée israélienne déclare que toute la zone au sud du fleuve Zahrani est une «zone de combat»

Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
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  • L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban
  • "A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier

JERUSALEM: L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban.

Dans un message sur les réseaux sociaux semblant acter la fin du cessez-le-feu plus que précaire entre Israël et le mouvement islamiste libanais Hezbollah, le colonel Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l'armée israélienne a appelé tous les habitants qui se trouveraient dans cette région à évacuer vers la rive nord du Zahrani.

"A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier.

"Au Liban, nous intensifions nos opérations afin de porter des coups toujours plus sévères à l'organisation Hezbollah", a déclaré de son côté le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d'état-major de l'armée israélienne, lors d'une cérémonie de réception d'un nouvel avion ravitailleur pour l'armée de l'Air.

"Cette mission est conduite de manière méthodique, sur tous les fronts — dans les airs comme au sol — avec responsabilité et détermination, face à un ennemi affaibli et durement éprouvé", a-t-il dit selon une vidéo de la cérémonie diffusée par le service de presse de l'armée.

"Le Hezbollah déploie contre nous une large gamme de menaces, notamment celle des drones" explosifs, a-t-il ajouté promettant de poursuivre "sans relâche [les] efforts [pour infliger] à l'ennemi un coût élevé, tant sur la ligne de front qu'en profondeur".