Algérie: Amira Bouraoui condamnée à dix ans de prison par contumace

Amira Bouraoui, l'une des figures les plus marquantes sinon la plus connue du « Hirak », est accueillie à sa sortie de prison le 2 juillet 2020 (Photo, AFP).
Amira Bouraoui, l'une des figures les plus marquantes sinon la plus connue du « Hirak », est accueillie à sa sortie de prison le 2 juillet 2020 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 08 novembre 2023

Algérie: Amira Bouraoui condamnée à dix ans de prison par contumace

  • Elle est accusée de s'être soustraite à la justice en fuyant vers la France
  • En juin 2020, Bouraoui, âgée de 46 ans, a été condamnée à un an de prison, mais a bénéficié d'une libération conditionnelle en juillet

ALGER: La militante Amira Bouraoui a été condamnée par contumace à une peine de dix ans de prison en Algérie, selon des informations rapportées par des médias locaux et un représentant de Reporters sans frontières. Le tribunal correctionnel de Constantine, situé dans l'est de l'Algérie, a rendu ce verdict mardi. 

Elle était accusée de s'être soustraite à la justice en fuyant vers la France. De plus, le journaliste Moustapha Bendjama a été condamné à une peine de six mois de prison pour avoir prétendument facilité sa sortie du territoire algérien.

Au mois de juin, Human Rights Watch, l'Institut du Caire pour les études sur les Droits de l'Homme et EuroMed Rights ont appelé les autorités algériennes à libérer plusieurs personnes arrêtées après la fuite de l’activiste Amira Bouraoui. 

Moustapha Bendjama, Raouf Farrah (chercheur), ainsi qu’un agent de la police aux frontières et un chauffeur de taxi figurent parmi les personnes arrêtées dans le cadre de cette affaire. Des membres de la famille d'Amira Bouraoui, dont sa mère, ont également été arrêtés puis placés sous contrôle judiciaire. Les autorités leur reprochent d’avoir aidé Bouraoui à fuir le pays.

Lors du procès qui s'est tenu il y a une semaine, le parquet avait requis une peine de dix ans de prison pour Amira Bouraoui et trois ans pour le journaliste Ben Jamaa. Le motif de sa condamnation était lié à la «sortie illégale du territoire algérien», à la fois vers la Tunisie puis vers la France, comme l'a indiqué son avocat Abdallah Haboul.

Incident diplomatique 

L’intervention du personnel diplomatique pour exfiltrer clandestinement la militante, journaliste et médecin de profession, interdite de quitter le territoire algérien a suscité la colère d’Alger, et le président, Abdelmadjid Tebboune, a convoqué l'ambassadeur algérien en France «pour consultation», avant de le renvoyer à Paris quelques mois plus tard.

Le président français, Emmanuel Macron, avait commenté l'affaire Amira Bouraoui, à l'origine de la crise diplomatique entre Paris et Alger.

«Beaucoup de choses ont été dites […] et ce qui est sûr, c'est que beaucoup de partis anonymes ont à cœur que nos relations avec l'Algérie soient vouées à l'échec» a-t-il déploré.

Le président français a également réaffirmé qu’il allait continuer à «avancer» pour le renforcement de la relation de la France avec l’Algérie, au-delà des «polémiques» actuelles, précisant «on va avancer, la période n’est pas la meilleure mais ça ne m’arrêtera pas».

Amira Bouraoui est une gynécologue franco-algérienne âgée de 46 ans s’est fait connaître en 2014 lors de sa participation au mouvement «Barakat» contre la candidature de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika à un quatrième mandat, pour devenir ensuite une figure emblématique du Hirak en 2019. 

En juin 2020, Bouraoui, âgée de 46 ans, a été condamnée à un an de prison, mais a bénéficié d'une libération conditionnelle en juillet.

Malgré l'interdiction de voyager qui lui a été imposée, Bouraoui quitte l'Algérie et arrive en Tunisie le 3 février, avant d'être arrêtée alors qu'elle tentait de se rendre à Paris via l'aéroport de Tunis-Carthage.

Elle est restée en détention provisoire jusqu'à sa comparution devant le tribunal au bout de trois jours, qui a décidé de la libérer et de reporter l'examen de son affaire.

Le même jour, la militante a pu embarquer sur un vol vers Paris, malgré la tentative des autorités tunisiennes de la renvoyer en Algérie.


Le président syrien n'entend pas intervenir au Liban (sources proches)

Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
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  • Le président syrien Ahmad al-Chareh a démenti toute intention d’intervention au Liban, qualifiant ces rumeurs d’infondées
  • Damas affirme privilégier la coordination avec Beyrouth et la stabilité du Liban, dans un contexte régional tendu lié au Hezbollah et au conflit israélo-libanais

DAMAS: Le président syrien Ahmad al-Chareh a déclaré à des visiteurs que Damas n’avait aucune intention d’intervenir au Liban, démentant des rumeurs à ce sujet, ont indiqué vendredi à l'AFP deux personnes ayant assisté à l'entretien.

L’un des participants, qui a requis l’anonymat, a affirmé que le dirigeant syrien avait dit à une délégation de près de 70 notables et dignitaires de la province de Damas, en visite jeudi au palais présidentiel, que "ce qui se dit au sujet d'une intervention de la Syrie au Liban n’est qu'une rumeur".

L'autre personne a confirmé ces propos.

Le communiqué officiel publié à l'issue de cette visite, centrée autour de questions locales de développement, n'a fait aucune mention des propos d'Ahmad al-Chareh sur le Liban.

Le président américain Donald Trump avait affirmé lors d'une interview le 7 juin à NBC que le président syrien était prêt à aider à affaiblir le Hezbollah, contre lequel Israël mène une campagne de frappes aériennes et une offensive terrestre.

Dans une interview télévisée jeudi, le porte-parole du ministère syrien de l’Intérieur, Noureddine al-Baba, a déclaré que Damas se tient aux côtés du président libanais Joseph Aoun pour " préserver la sécurité du Liban et la souveraineté de l’Etat libanais".

"La coordination avec (...) le Liban est le fondement de tout rôle que la Syrie peut jouer dans la résolution des dossiers libanais", a-t-il ajouté.

Réagissant aux propos de Donald Trump, Noureddine al-Baba a déclaré que "les parties syrienne et libanaise sont les mieux placées pour (les) interpréter et se mettre d’accord sur une formule qui serve les deux pays dans le cadre d'une vision arabe commune".

Selon un diplomate qui a requis l'anonymat, la Syrie est sous pression des Etats-Unis depuis le début de la guerre entre Israël et le Liban le 2 mars pour intervenir contre la formation pro-iranienne dans le pays voisin, avec lequel elle partage une longue frontière terrestre.

La Syrie est dirigée depuis fin 2024 par des autorités islamistes hostiles au Hezbollah, qui était l'allié du président renversé Bachar al-Assad.

M. Chareh a dit vouloir ouvrir une nouvelle page avec le Liban.

Le président syrien Hafez al-Assad, père de Bachar al-Assad, était intervenu au Liban en pleine guerre civile en 1976 et ses troupes ne s'en étaient définitivement retirées que près de 30 ans plus tard.


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
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  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.


Liban: au moins 12 morts dans des frappes israéliennes dans le sud

Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
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  • Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud
  • "Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël"

BEYROUTH: Israël a poursuivi mercredi ses frappes au Liban, faisant au moins 12 morts, selon une source médicale à l'AFP, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, appelant les Libanais à "rejoindre" la lutte de son pays contre le Hezbollah pro-iranien.

L'armée israélienne a en outre arrêté et enlevé en Israël, pour interrogatoire, deux habitants d'un village frontalier du sud, avant leur remise en liberté dans la soirée.

Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud.

"Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël", a déclaré M. Netanyahu dans un message en anglais adressé au peuple libanais.

Dans le même temps, Donald Trump a douché mercredi les espoirs d'un accord avec Téhéran pour mettre fin à la guerre régionale. Il a affirmé que son armée allait "attaquer" l'Iran dès mercredi, l'accusant de duplicité.

Dans le sud, près de Tyr, huit personnes ont été tuées dans des frappes sur le village de Tayr Debba et quatre autres dans la localité de Deir Qanoun an-Nahr, a indiqué une source médicale à l'AFP.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a aussi rapporté d'autres bombardements sur une trentaine de localités dans le sud et l'est du Liban, dont trois villages méridionaux dont Israël avait ordonné plus tôt l'évacuation.

La veille, de violents raids sur la ville de Tyr avaient fait 11 morts et Israël avait ordonné à l'ensemble des habitants de la ville millénaire et de ses environs d'évacuer, provoquant un exode précipité.

Plus au nord, une frappe israélienne a visé une voiture dans le centre de la grande ville côtière de Saïda, porte du sud du Liban, a indiqué l'Ani.

Un correspondant de l'AFP y a vu des secours retirer deux personnes d'un véhicule en feu.

Villages chrétiens isolés 

De son côté, le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des troupes israéliennes dans des localités qu'elles occupent dans le sud.

Dans la zone frontalière, une patrouille israélienne a enlevé "un membre du conseil municipal de Kfar Chouba et un employé de la municipalité alors qu'ils effectuaient des travaux de pompage d'eau", selon l'Ani.

L'armée israélienne a indiqué pour sa part avoir interpellé et "transféré sur le territoire israélien pour y être interrogés", deux "suspects" qui "s'étaient approchés de la zone où les soldats israéliens mènent des opérations".

La municipalité de Kfar Chouba a annoncé qu'ils étaient revenus libres au village dans la soirée. Affirmant qu'ils "n'avaient aucune intention de s’approcher des forces israéliennes", elle a condamné un "acte hostile envers deux innocents qui accomplissaient une mission humanitaire".

Kfar Chouba est l'un des rares villages frontaliers dont les habitants sont restés malgré les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, qui occupe désormais une partie du sud du pays.

Parmi ces villages figure une poignée de localités chrétiennes, dont les représentants ont appelé mardi soir l'État libanais à "ouvrir des couloirs humanitaires".

Le communiqué du "Rassemblement des villages chrétiens frontaliers" souligne que les routes les desservant sont désormais "coupées ou extrêmement dangereuses".

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah et Israël, les frappes israéliennes ont fait 3.696 morts, selon le dernier bilan des autorités.

Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans cette guerre régionale pour soutenir l'Iran, qui exige que tout accord de paix avec Washington inclut la fin des hostilités sur le front libanais.