Le G7 plaide pour des «pauses et couloirs humanitaires» à Gaza

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Publié le Mercredi 08 novembre 2023

Le G7 plaide pour des «pauses et couloirs humanitaires» à Gaza

  • Ces «pauses et couloirs» humanitaires doivent permettre l'acheminement de l'aide humanitaire sur le territoire palestinien, l'évacuation des civils menacés par les combats et la libération des otages détenus par le Hamas
  • Les chefs de la diplomatie du G7 ont jugé «inacceptables» les violences commises par des colons israéliens extrémistes à l'encontre de Palestiniens en Cisjordanie

TOKYO: Les ministres des Affaires étrangères du G7 ont plaidé mercredi à Tokyo pour la mise en place de "pauses et couloirs humanitaires" à Gaza pour protéger les civils, tout en affirmant le droit d'Israël de "se défendre" contre le Hamas.

Ces "pauses et couloirs" humanitaires, une terminologie moins forte qu'un cessez-le-feu ou une trêve, doivent permettre l'acheminement "urgent" de l'aide humanitaire sur le territoire palestinien, l'évacuation des civils menacés par les combats et la libération des otages détenus par le Hamas, selon la déclaration commune des ministres du G7.

"Nous avons réussi à trouver notre unité sur les principaux éléments qu'il faut pousser pour éviter un engrenage hors de contrôle et apaiser un des éléments de tension qui est l'accès humanitaire, actuellement très loin des besoins", a déclaré dans la soirée la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna.

Les chefs de la diplomatie du G7 ont par ailleurs exhorté l'Iran à ne pas soutenir le Hamas et le Hezbollah libanais, et à ne rien faire qui puisse "déstabiliser le Moyen-Orient".

Ils ont reconnu le droit d'Israël de "se défendre dans le respect du droit international" après l'incursion sanglante et sans précédent du Hamas sur son territoire le 7 octobre, une attaque qu'ils ont condamnée "sans équivoque".

Mais ils ont aussi jugé "inacceptables" les violences commises par des colons israéliens extrémistes à l'encontre de Palestiniens en Cisjordanie.

Eviter une réoccupation de Gaza

Après l'attaque du mouvement islamiste palestinien en Israël qui a fait plus de 1.400 victimes le 7 octobre, les représailles massives de l'armée israélienne à Gaza y ont fait plus de 10.000 morts, dont de nombreux civils parmi lesquels plus de 4.000 enfants, selon le ministère de la Santé du Hamas.

En dépit des appels de l'ONU et de nombreuses ONG, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exclu tout "cessez-le-feu général" à Gaza tant que les quelque 240 otages détenus par le Hamas depuis le 7 octobre n'auront pas été libérés.

Interrogé sur de possibles "pauses tactiques" dans les combats, option que lui avait suggérée le président américain Joe Biden, M. Netanyahu avait affirmé lundi dans un entretien à la chaîne américaine ABC News que "nous les avons déjà eues".

M. Netanyahu avait aussi déclaré que son pays aurait la "responsabilité globale de la sécurité" de la bande de Gaza pour une durée indéterminée une fois que la guerre avec le Hamas aura pris fin.

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a toutefois déclaré mercredi qu'Israël ne devait pas "réoccuper" Gaza. Washington avait déjà exprimé mardi son opposition à un tel scénario.

Soutien réaffirmé à l'Ukraine 

Les ministres des Affaires étrangères du G7 ont souligné mercredi qu'une solution à deux Etats, avec un Etat palestinien "viable" au côté d'Israël et leur reconnaissance mutuelle, restait "la seule voie pour une paix juste, durable et sûre".

L'autre sujet prioritaire de la réunion ministérielle du G7 à Tokyo était l'Ukraine, dont le ministre des Affaires étrangères Dmytro Kuleba a d'ailleurs assisté en visioconférence à une session mercredi.

Le groupe des sept pays industrialisés (Etats-Unis, Japon, France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie et Canada) a ainsi promis que son soutien à l'Ukraine ne faiblirait "jamais", alors que Kiev redoute que la lassitude ne gagne ses alliés devant la lenteur des résultats de sa contre-offensive lancée en juin et la perspective d'une longue guerre d'usure.

Le G7 compte "renforcer (sa) coordination sur les sanctions contre la Russie pour limiter son accès à des biens et technologies critiques" et "prendre de nouvelles mesures pour éviter que Moscou ne contourne ces restrictions", selon la déclaration finale des ministres des Affaires étrangères, qui ont par ailleurs appelé la Chine à "ne pas aider" la Russie dans sa guerre contre l'Ukraine.

Mais pour le reste, le G7 a relativement ménagé Pékin dans sa déclaration finale, en préférant insister sur son souhait de bâtir des relations "constructives et stables" avec la Chine.

Joe Biden doit notamment rencontrer son homologue chinois Xi Jinping dans quelques jours à San Francisco, et une meilleure coopération avec la Chine est aussi perçue comme nécessaire pour tenter de faire de la prochaine conférence des Nations unies sur le climat (COP28) un succès.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.

 


Intempéries au Portugal: cinq morts, 450.000 clients toujours sans électricité 

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  • La tempête Kristin, qui a frappé le Portugal dans la nuit de mardi à mercredi, a fait au moins cinq morts
  • "Près de 450.000 clients" étaient par ailleurs toujours sans électricité en début de matinée, surtout dans le centre du pays, selon E-redes, l'opérateur du réseau de distribution d'électricité

LISBONNE: La tempête Kristin, qui a frappé le Portugal dans la nuit de mardi à mercredi, a fait au moins cinq morts, et 450.000 clients étaient toujours sans électricité jeudi matin, selon un nouveau bilan des autorités portugaises.

Ce nouveau bilan humain a été confirmé à l'AFP par un porte-parole de l'Autorité nationale de la protection civile (ANPEC). La cinquième victime, dont le décès a été annoncé jeudi, est un homme de 34 ans, mort dans la municipalité de Marinha Grande (centre) "à la suite des intempéries", selon la protection civile, qui n'a pas donné plus de détails.

Parmi les autres décès enregistrés, certaines personnes ont été tuées par la chute d'arbres et de structures métalliques, tandis qu'une autre a été retrouvée en arrêt cardiaque dans un chantier de construction.

"Près de 450.000 clients" étaient par ailleurs toujours sans électricité en début de matinée, surtout dans le centre du pays, selon E-redes, l'opérateur du réseau de distribution d'électricité.

La majorité des foyers et institutions touchées se trouvent dans le district de Leiria (centre), où la tempête a provoqué d'importants dégâts sur le réseau, provoquant notamment la chute de poteaux et de lignes à haute tension, ralentissant les réparations, selon les médias locaux.

La circulation ferroviaire restait suspendue sur plusieurs lignes, dont l'axe entre Lisbonne et Porto (nord) pour les trains longue distance, en raison des perturbations causées par les intempéries, selon un communiqué des chemin de fer portugais (CP) qui a suspendu la vente de billets pour ces trains.

Plusieurs écoles du centre du pays restaient fermées pour des raisons de sécurité, a expliqué la municipalité de Castelo Branco.

Les pompiers de Leiria ont effectué jeudi matin plusieurs dizaines d'interventions "liées à des petites inondations" et à "des dégâts sur les toitures d'habitation", provoqué par la tempête, a précisé à l'agence Lusa le commandant régional adjoint Ricardo Costa.

"Les habitants demandent de l'aide, car il continue de pleuvoir, même si ce n'est pas une pluie très forte, mais cela cause de nombreux dégâts dans les habitations", a-t-il ajouté.

Le passage de la tempête Kristin a été marqué par de fortes averses et des rafales de vent, ayant atteint des pics de 178 km/h, et causé de nombreux dégâts.

Le gouvernement portugais a dans un communiqué décrit cette tempête comme "un évènement climatique extrême, qui a provoqué des dégâts significatifs sur plusieurs parties du territoire".

 


Trump prévient l'Iran que «le temps est compté» avant une possible attaque américaine

Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays. (AFP)
Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays. (AFP)
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  • Washington a renforcé sa présence dans le Golfe en y envoyant le porte-avions Abraham Lincoln et son escorte, dont l'armée américaine a annoncé lundi l'arrivée sur place
  • Evoquant une "armada massive", Donald Trump a affirmé qu'il s'agissait d'"une flotte plus importante (...) que celle envoyée au Venezuela", en référence à l'important dispositif militaire déployé depuis cet été dans les Caraïbes

WASHINGTON: Donald Trump a pressé mercredi l'Iran de conclure un accord sur le nucléaire, affirmant sur sa plateforme Truth Social que "le temps était compté" avant une attaque américaine contre Téhéran.

"Espérons que l'Iran acceptera rapidement de +s'asseoir à la table+ et de négocier un accord juste et équitable - PAS D'ARMES NUCLÉAIRES", a écrit le président américain, menaçant d'une attaque "bien pire" que les frappes américaines en juin dernier contre des sites nucléaires iraniens.

Washington a renforcé sa présence dans le Golfe en y envoyant le porte-avions Abraham Lincoln et son escorte, dont l'armée américaine a annoncé lundi l'arrivée sur place.

Evoquant une "armada massive", Donald Trump a affirmé qu'il s'agissait d'"une flotte plus importante (...) que celle envoyée au Venezuela", en référence à l'important dispositif militaire déployé depuis cet été dans les Caraïbes.

"Comme dans le cas du Venezuela, elle est prête, disposée et capable d'accomplir rapidement sa mission, avec rapidité et violence si nécessaire", a-t-il ajouté.

Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays.

Les autorités iraniennes avaient signalé qu'un canal de communication avait été ouvert avec Washington, mais le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a estimé mercredi que pour négocier, les Américains allaient devoir "cesser les menaces, les demandes excessives".