Au procès d'Eric Dupond-Moretti: «Le ministre a vengé l'avocat»

Le ministre français de la Justice Eric Dupond-Moretti quitte le palais de justice de Paris après l'audience d'ouverture de son procès (Photo, AFP).
Le ministre français de la Justice Eric Dupond-Moretti quitte le palais de justice de Paris après l'audience d'ouverture de son procès (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 09 novembre 2023

Au procès d'Eric Dupond-Moretti: «Le ministre a vengé l'avocat»

  • Eric Dupond-Moretti avait alors dénoncé une «enquête barbouzarde», un basculement dans «la République des juges»
  • Le nom de l'avocat de Nicolas Sarkozy a été évoqué une cinquantaine de fois à l'audience

PARIS: On n'en est qu'au troisième jour du procès d'Eric Dupond-Moretti mais déjà les habitudes s'installent. En fin de journée, le ministre s'énerve. Et ce mercredi, c'est l'ancienne procureure générale de la cour d'appel de Paris qui est ciblée.

"Je commence à en avoir marre d'entendre +la médiatisation des noms+", tonne le ministre redevenu avocat pour mieux se défendre. D'ailleurs, il a coupé la parole au sien pour réclamer le micro.

A la barre, Catherine Champrenault venait d'expliquer qu'elle avait été "choquée qu'on livre en pâture" et en dépit de "la présomption d'innocence" les noms des trois magistrats du parquet national financier (PNF) contre lesquels le garde des Sceaux avait ouvert une enquête administrative quelques semaines après sa nomination à la Chancellerie, en juillet 2020.

D'abord parce que l'"inspection de fonctionnement" du PNF sur laquelle il s'était basé pour ordonner son enquête n'avait nullement pointé de "manquements déontologiques". Et puis parce que le ministre avait, quelque semaines plus tôt et alors qu'il était encore avocat, "stigmatisé dans des termes extrêmement virulents l'action de ces magistrats".

C'est ce qui vaut au garde des Sceaux ce procès inédit devant la Cour de Justice de la République (CJR) pour "prise illégale d'intérêts": on lui reproche d'avoir usé de sa fonction de ministre pour régler ses comptes.

«Leçons»

Mais les "leçons" des magistrats, Eric Dupond-Moretti n'en veut pas. "Dans l'affaire libyenne vous avez balancé un communiqué de presse avec 18 noms ! Alors là, la présomption d'innocence...", explose-t-il, en référence à l'annonce du récent renvoi en procès de l'ex-président Nicolas Sarkozy et d'autres dans l'affaire du financement illégal de sa campagne de 2007.

Le président Dominique Pauthe essaie de stopper le prévenu, il n'aime pas qu'on prenne du retard.

"Oui j'entends bien, mais l'audience c'est vivant parfois", bougonne le ministre, qui s'est levé dans le prétoire pour questionner l'ex-procureure générale sur ses déclarations.

Assis derrière lui, ses avocats semblent un peu démunis. Régulièrement, ils posent une main sur son épaule pour tenter de l'empêcher d'intervenir, de commenter, ou de fusiller du regard les conseils des magistrats mis en cause.

"Dernier point", promet le ministre au président impatient. "Thierry Herzog".

Le nom de l'avocat de Nicolas Sarkozy - ce dernier, hasard du calendrier judiciaire, est aussi jugé en ce moment au palais de justice - a été évoqué une cinquantaine de fois à l'audience.

Car l'amitié "de 30 ans" du garde des Sceaux et de Me Herzog - "Thierry, je l'aime", dit Eric Dupond-Moretti - imprègne cette affaire.

Elle commence en juin 2020, alors qu'Eric Dupond-Moretti est encore avocat. On apprend que le PNF a épluché ses factures téléphoniques et celles d'autres avocats, pour tenter de débusquer une éventuelle taupe qui aurait informé M. Sarkozy et son avocat qu'ils étaient sur écoute dans l'affaire de corruption dite "Paul Bismuth".

Eric Dupond-Moretti avait alors dénoncé une "enquête barbouzarde", un basculement dans "la République des juges". Avant de mettre "derrière lui" cette affaire une fois nommé garde des Sceaux, a juré le ministre à l'audience.

"Dans ce dossier c'est très simple, le ministre a vengé l'avocat", a plutôt conclu Ulrika Delaunay-Weiss, l'une des magistrates visées entendues à la barre. Et ce procès, avait-elle dit aux juges, "il traite d'enjeux qui sont bien supérieurs à ma personne et que vous êtes chargés aujourd'hui de défendre".

"Trois ans et demi après, il ne reste rien des accusations très graves lancées contre le PNF par Me Dupond-Moretti, exploitées sans mesure et avec fracas par ceux qui y avaient intérêt", avait ajouté son ex-cheffe Eliane Houlette, dénonçant "une machination orchestrée pour affaiblir le PNF", à quelques semaines "d'un procès contre un ancien président de la République" - celui de Nicolas Sarkozy, dans l'affaire Bismuth.

Mme Champrenault abonde, évoquant un article de Paris Match en 2020 sur les vacances communes du ministre et de l'avocat. "Une espèce de pied de nez à l'accusation, au PNF", comme pour dire: "vous poursuivez Thierry Herzog ? Moi garde des Sceaux, je le soutiens, je le soutiens publiquement".

"C'est vrai que nous deux c'est pas une grosse histoire d'amour hein", lance le ministre à Mme Champrenault. "Un membre du PNF, il est impressionné parce qu'il voit dans Paris Match que Dupond est copain avec Herzog ?"


Sophie Adenot, "une fierté française" et "un horizon pour les petites filles", selon Macron

Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
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  • Sophie Adenot est devenue la première Française à effectuer une sortie dans l’espace, lors d’une opération de maintenance de l’ISS
  • Emmanuel Macron et plusieurs responsables politiques ont salué cet exploit comme une « fierté française » et une journée historique

PARIS: Le président Emmanuel Macron a salué mardi la sortie dans l'espace de Sophie Adenot, qualifiant l'événement de "fierté française" et voyant dans l'astronaute "le visage de tous les possibles".

"En devenant la première Française à sortir dans l'espace, Sophie Adenot incarne une fierté française autant qu'un horizon pour les petites filles qui rêvent d'infini", a-t-il écrit sur X, parlant de "l'heure des pionnières".

D'autres personnalités politiques se sont également exprimées comme Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, qui a félicité sur X l'astronaute et colonel de l'armée de l'air dont la sortie marque une "journée historique".

Plus tôt dans la journée, le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon a salué les "savoir-faire collectifs de haut niveau" nécessaires à l'opération, et le rôle de la France: "première nation spatiale européenne".

"Immense fierté", a simplement commenté Bruno Retailleau, le candidat des Républicains (LR) à la présidentielle.

Sophie Adenot, en mission dans la Station spatiale internationale (ISS), est devenue mardi la première astronaute française à sortir dans l'espace pour réaliser une opération délicate visant à remplacer une antenne de communication entre l'ISS et la Terre.


La question des retraites se (ré)invite dans la rentrée politique

Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
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  • Les retraites s’imposent au cœur de la campagne présidentielle, avec des propositions allant d’un recul de l’âge légal à 65-67 ans à son maintien ou sa baisse
  • Le gouvernement envisage aussi de limiter la revalorisation des pensions des retraités les plus aisés pour réaliser des économies budgétaires

PARIS: Report de l'âge de départ à la retraite ou pas ? Jusqu'à 67 ans ? Plutôt des économies sur les pensions des plus aisés ? Les retraites se sont imposées ces derniers jours comme le premier thème d'une rentrée politique cruciale dans la perspective de la présidentielle.

Alors que le président Emmanuel Macron a dû suspendre sa réforme des retraites pour maintenir une certaine stabilité gouvernementale en fin de deuxième quinquennat, ce sujet explosif a été plus ou moins explicitement confié aux bons soins du futur locataire de l'Élysée.

Tous les candidats déclarés à l'élection d'avril et mai prochains ont un projet de réforme ou y travaillent.

- "Différences" -

Parmi eux, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, qui n'avait pu mener à bien à Matignon la première réforme des retraites voulue par le chef de l'État - par points et avec une augmentation de l'âge pivot - en 2020, en raison du Covid, défend un report de l'âge légal au delà des 64 ans votés en 2024 et suspendus depuis.

Pour maintenir l'équilibre financier du système, "la seule solution raisonnable est d'allonger la durée de vie active en repoussant l'âge de départ à la retraite à 65, 66 ou 67 ans", avait déclaré le maire du Havre en septembre 2021.

Comprise comme un projet de report à 67 ans, soit presque cinq ans de plus qu'à l'heure actuelle, la mesure colle à Édouard Philippe comme l'emblème d'un programme qu'il n'a pas encore présenté.

Lundi, en annonçant qu'il soutiendrait le maire du Havre, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a affirmé qu'il espérait "le convaincre" de revenir sur cette mesure impopulaire.

- "Réflexion" -

La question des retraites s'est également imposée dans les discussions au sein du camp de l'actuelle favorite des sondages, Marine Le Pen.

Allié du Rassemblement national depuis les législatives anticipées de 2024, Éric Ciotti (UDR) a espéré dimanche "une évolution" du RN sur le relèvement de l'âge légal de départ.

Pour lui, non seulement "il faudra travailler plus longtemps" mais il souhaite aussi "ajouter un étage de capitalisation" au système actuel par répartition.

Or Marine Le Pen défendait encore avant l'été un retour aux 62 ans, voire 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, et ouvrait seulement la porte à une part de capitalisation "volontaire".

Une ligne qui ne convainc pas non plus le président du parti Jordan Bardella, dont les positions sur le sujet étaient plus proches de celles de l'UDR.

"Je sais que c'est un sujet qui, chez eux, est en cours de réflexion et qui, je l'espère, marquera une évolution par rapport aux positions passées", a affirmé Éric Ciotti.

- "Tous les retraités"-

Quant au gouvernement, plongé dans l'élaboration d'un budget 2027 dont l'adoption s'annonce plus que délicate dans une Assemblée fracturée à quelques mois de l'échéance présidentielle, il a relancé l'idée d'un gel partiel des pensions pour les plus aisés afin de freiner les dépenses.

S'il a promis de "préserver les retraités les plus modestes", le ministre des Finances Roland Lescure touche à un sujet sensible, sur lequel nombre de ses prédécesseurs se sont cassé les dents.

Les retraités votant davantage que les actifs, la question d'une moindre revalorisation des pensions est systématiquement rejetée par tous les camps politiques d'opposition.

Cette mesure de désindexation pourrait faire économiser plusieurs milliards d'euros, selon les modalités retenues. Reste à savoir quel seuil de pension serait défini et si l'opposition parlementaire laisserait passer cette nouvelle tentative.

Pas du côté de La France insoumise en tout cas. "Le gouvernement nous dit qu'on peut faire 6 milliards d'euros d'économies", a pesté mardi le député Manuel Bompard. "Si vous décidez de ne pas indexer la pension de retraite des personnes qui gagnent plus de 2.500 euros nets de retraite, vous avez une recette à peu près de 1,5 milliard d'euros", a-t-il argué, alertant sur une mesure qui toucherait en réalité "tous les retraités".


Canicule: vigilance orange levée dans les six derniers départements concernés

Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
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  • Les six derniers départements en vigilance orange canicule repassent au jaune, mettant fin au 5e épisode caniculaire depuis mai
  • Encore chaud mercredi, le temps se rafraîchira nettement jeudi avec pluies et orages

PARIS: Les six derniers départements en vigilance orange canicule (Ardèche, Bouches-du-Rhône, Drôme, Gard, Var et Vaucluse) sont redescendus en jaune mardi matin, a indiqué Météo-France dans son bulletin de 06H00, marquant ainsi la fin du cinquième épisode caniculaire depuis mai.

"Sur la plupart des départements de la région PACA, sur la Corse ainsi que sur les départements rhodaniens, les conditions caniculaires caractérisées par la vigilance orange +Canicule+ auront duré environ trois semaines", précise l'institut météorologique.

"Cet après-midi de mardi sera encore chaude avec souvent de 34 à 37°C avant une nuit de mardi à mercredi plus fraîche que la précédente hors zones littorales", indique Météo-France dans son dernier point.

"L'après-midi de mercredi sera encore chaude avant une nette baisse des températures jeudi s'accompagnant d'une dégradation pluvieuse et orageuse", prévoit encore l'organisme.