Au salon du «made in France», comment les producteurs textiles réduisent leurs prix

Des entreprises du textile présentes au salon se sont attelées à diminuer leurs coûts de production pour rester concurrentielles, après un an et demi d'une folle inflation mondiale qui a bouleversé les habitudes des consommateurs (Photo d'illustration, AFP).
Des entreprises du textile présentes au salon se sont attelées à diminuer leurs coûts de production pour rester concurrentielles, après un an et demi d'une folle inflation mondiale qui a bouleversé les habitudes des consommateurs (Photo d'illustration, AFP).
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Publié le Vendredi 10 novembre 2023

Au salon du «made in France», comment les producteurs textiles réduisent leurs prix

  • Christèle Merter, présidente de la marque La Gentle Factory, explique sa solution pour baisser le coût de revient de ses vêtements
  • Au salon du «Made in France» MIF Expo, qui a débuté jeudi à Paris, cette cheffe d'entreprise met en avant des jeans à 75 euros et des T-shirts à 25 euros

PARIS: "On a pris des fils légèrement plus gros, une maille plus grosse, et on a simplifié la confection sans dégrader la qualité": Christèle Merter, présidente de la marque La Gentle Factory, explique sa solution pour baisser le coût de revient de ses vêtements, et donc ses prix.

Au salon du "Made in France" MIF Expo, qui a débuté jeudi à Paris, cette cheffe d'entreprise met en avant des jeans à 75 euros et des T-shirts à 25 euros, moins que les prix habituels qui dépassent 120 euros pour les jeans. Ces nouveaux articles "permettent, en partie, de compenser la baisse du chiffre d’affaires" de sa société par une "baisse du prix de revient global", précise-t-elle.

Comme elle, d'autres entreprises du textile présentes au salon se sont attelées à diminuer leurs coûts de production pour rester concurrentielles, après un an et demi d'une folle inflation mondiale qui a bouleversé les habitudes des consommateurs.

A l'image de la start-up Le Slip français qui a réduit de moitié le prix de ses chaussettes et sous-vêtements.

Sa recette? Miser sur la "précommande" de gros volumes en pensant "le coût de la logistique, du packaging et du conditionnement" de manière à être le "plus performant économiquement", indique à l'AFP Guillaume Gibault, son fondateur. Résultat: "Notre prix de 40 euros le sous-vêtement en temps normal est passé à 20 euros et nous avons écoulé en trois semaines les 50.000 pièces", détaille-t-il.

Malgré ce "succès immédiat" et "l'engouement des gens", l'entrepreneur, qui a lancé mercredi une pétition pour "la mise en place d’un cadre économique en faveur des entreprises fabriquant en France", déplore le fait que "tout le monde ne peut pas encore se permettre" d'acheter du "Made in France".

TVA réduite?

Pour Johanna, visiteuse du salon âgée de 36 ans, le prix "repousse et limite les achats" de produits entièrement fabriqués en France, qu'elle réserve pour sa part "aux cadeaux ou objets originaux".

"Je ne peux pas mettre 50 euros dans une paire de chaussettes, mais je suis prêt à mettre un peu plus pour avoir de la qualité et pour aider les sociétés françaises qui ont du mal à rivaliser avec les productions étrangères", raconte de son côté Didier, enseignant retraité de 63 ans, tout en inspectant les articles de la société Missegle.

Cette société de 50 employés, basée dans le Tarn, propose par exemple des chaussettes entre 17 et 33 euros la paire, confectionnées à partir de fibres naturelles (dont le duvet de yack).

Pour limiter les coûts, l'entreprise "récupère les chutes de production" pour "refaire du fil avec", "réduit au maximum les intermédiaires" avec de la "vente directe auprès du consommateur sur internet ou par catalogue", fait "appel à un teinturier situé à 20 kilomètres" ou encore "produit 60%" de sa propre électricité à partir de "panneaux solaires", énumère Marie Rueda, directrice de la communication.

Quelques stands plus loin, la marque Archiduchesse, malgré tout contrainte "d'augmenter les prix" de ses articles, vend ses chaussettes entièrement fabriquées à Limoges entre 11 et 13 euros la paire.

Chez elle, l'augmentation a été limitée par une "meilleure gestion des stocks", "des partenaires historiques" et de la "vente sur internet uniquement", explique la directrice opérationnelle de l'entreprise, Marie Gombero.

En dehors de ces initiatives, la présidente de La Gentle Factory estime que "si le gouvernement veut soutenir la fabrication française, il y a tout intérêt à ce que nous vendions sur une TVA réduite".

Un double avantage, selon elle, qui, "pourrait permettre de réduire le prix d’achat pour les clients, sans que nous n’ayons besoin de rogner nos marges".


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com