Rencontres de Saint-Denis: Exit le référendum sur l'immigration

Jordan Bardella, président du Rassemblement National, s'adresse à la presse alors qu'il arrive pour une réunion avec le président français rassemblant plusieurs dirigeants de partis politiques français à Saint-Denis, en banlieue parisienne, le 17 novembre 2023 (Photo, AFP).
Jordan Bardella, président du Rassemblement National, s'adresse à la presse alors qu'il arrive pour une réunion avec le président français rassemblant plusieurs dirigeants de partis politiques français à Saint-Denis, en banlieue parisienne, le 17 novembre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 18 novembre 2023

Rencontres de Saint-Denis: Exit le référendum sur l'immigration

  • «Il n'y aura pas de référendum sur l'immigration», a annoncé Marine Tondelier (EELV) à l'issue des deuxièmes rencontres de Saint-Denis
  • Emmanuel Macron a d'abord donné des «informations» sur la situation à Gaza et les négociations «rudes» en cours pour libérer les otages

SAINT-DENIS: Les absents ont définitivement tort : Emmanuel Macron et les chefs de parti réunis vendredi à Saint-Denis ont conclu à l'impossibilité d'organiser en l'état un référendum sur l'immigration, ardemment réclamé par le dirigeant des Republicains Eric Ciotti qui avait décidé de faire l'impasse sur la rencontre.

"Il n'y aura pas de référendum sur l'immigration", a annoncé Marine Tondelier (EELV) à l'issue des deuxièmes "rencontres de Saint-Denis" qui ont duré neuf heures et ont été boudées cette fois par la moitié de l'opposition.

"Un consensus s'est dégagé autour de la table sur le fait qu'il paraissait compliqué d'élargir la possibilité de tenir des référendums sur des sujets sociétaux tels que l'immigration, tellement les sujets sont larges et clivants", a renchéri Fabien Roussel (Parti communiste).

"J'ai été aujourd’hui à Saint-Denis le seul porte-parole de ceux qui veulent maîtriser l'immigration", a constaté avec dépit le président du Rassemblement national Jordan Bardella, favorable à une telle consultation et déterminé à "continuer de porter cette demande".

"Tout ça pour ça !", a répliqué Eric Ciotti par communiqué depuis son fief des Alpes-Maritimes, en appelant à voter la proposition de loi constitutionnelle de son parti pour "stopper l’immigration de masse", à l'agenda de l'Assemblée le 7 décembre.

Plus généralement, les participants n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur l'extension du champ du référendum aux questions de société, comme la fin de vie, ou sur l'abaissement des critères permettant d'organiser un référendum d'initiative partagée (RIP).

Le président a "pris acte" de l'absence de majorité pour réviser l'article 11 de la Constitution relatif au référendum, a-t-on indiqué dans son entourage.

Moment important

Sur le RIP, Emmanuel Macron a "beaucoup écouté", "l'idée est de savoir à quel niveau on peut faire descendre les seuils", actuellement fixés à 185 parlementaires et environ 4,7 millions de Français, a résumé le chef des centristes au Sénat, Hervé Marseille, à l'AFP.

Selon le secrétaire général de Renaissance, Stéphane Séjourné, une majorité des participants s'est en revanche prononcée en faveur de propositions pour un mode de scrutin proportionnel.

Suivant sa promesse d'inscrire l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution, M. Macron a par ailleurs précisé que le texte de loi serait présenté le 13 décembre en Conseil des ministres, puis atterrira au Parlement au premier trimestre 2024 avant une possible réunion du Congrès en mars, où 3/5e des députés et sénateurs devront avaliser la formulation retenue.

Outre le patron des Républicains, Olivier Faure (Parti socialiste) et Manuel Bompard (La France Insoumise) ont fait défection vendredi, jetant une ombre sur l'avenir de ces consultations.

Cela reste un "moment politique important" dans une "période politique troublée et un moment inédit" avec la guerre en Ukraine et celle entre Israël et le Hamas, s'est-on défendu dans l'entourage d'Emmanuel Macron.

Le président enverra "rapidement un relevé de conclusions détaillé aux participants précisant les prochaines étapes", a-t-on ajouté de même source, sans plus de précisions sur une prochaine rencontre.

Comme le 30 août, rendez-vous avait été donné à la Maison de l'éducation de la Légion d'honneur, à deux pas de la basilique où reposent les rois de France.

Haro sur les LR

Emmanuel Macron a d'abord donné des "informations" sur la situation à Gaza et les négociations "rudes" en cours pour libérer les otages détenus par le Hamas, a indiqué Fabien Roussel.

Comme après l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre, il a évoqué la possibilité d'organiser des points réguliers sur la situation internationale dès que l'actualité le nécessite.

Eric Woerth, député Renaissance, a ensuite présenté les grands principes de sa mission sur la décentralisation, éteignant au passage les craintes de supprimer certaines collectivités territoriales, notamment les départements. L'ex-ministre devrait faire un point d'étape dans trois mois sur l'avancée de ses chantiers.

Les absents dénonçaient une opération de communication. "Nous aussi on en fait", a riposté Marine Tondelier. Ils reprochaient aussi au président de chercher ainsi à contourner le Parlement où il n'a plus de majorité absolue.

"Je suis à la tête d'un parti de gouvernement", a de son côté fait valoir Jordan Bardella (RN). "Chaque fois que la République nous convoque, nous répondons présent", a-t-il plaidé, lançant ainsi une pierre dans le jardin des LR.

L'entourage présidentiel a aussi ironisé sur l'absence d'Eric Ciotti, jugeant "difficile de porter une proposition" de référendum sur l'immigration, "de ne pas venir à la réunion durant laquelle on devait en parler et ensuite de regretter le fait que cette proposition n’ait pas pu prospérer".


Au cœur du centre de crise du Quai d’Orsay: rapatrier mais également écouter et rassurer

Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
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  • Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés
  • Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités

PARIS: Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable.

Le Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, dirigé par l’ambassadeur Louis L’alliot, a été immédiatement mobilisé. Ses équipes travaillent jour et nuit pour répondre aux appels des Français, organiser des évacuations et coordonner les actions diplomatiques et humanitaires.

Environ 400 000 Français vivent au Moyen-Orient, auxquels s’ajoutent de nombreux touristes. La fermeture des espaces aériens rend les départs très difficiles. Une plateforme téléphonique composée d’environ 30 répondants, dont une majorité de bénévoles de la Croix-Rouge, traite les appels de personnes inquiètes ou bloquées. Au total, plus de 50 agents peuvent répondre simultanément grâce à plusieurs centres d’appel.

Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés. Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités. Les personnes vulnérables (personnes âgées, malades, familles avec jeunes enfants) sont prioritaires pour les vols spéciaux affrétés par l’État, dont le coût est en partie pris en charge.

Jusqu’à présent, plus de 1 500 personnes ont été rapatriées par ces vols, tandis qu’environ 17 000 Français ont quitté la région par leurs propres moyens.

Le centre fonctionne grâce à plusieurs pôles spécialisés : gestion des ressources humaines, relations internationales, soutien médical, organisation des vols et le « pôle communauté » chargé de contacter les ressortissants prioritaires.

Les bénévoles de la Croix-Rouge jouent également un rôle important en apportant écoute et soutien psychologique aux appelants souvent stressés ou inquiets.

Créé en 2008, le Centre de crise et de soutien est aujourd’hui un outil essentiel de la diplomatie française, capable d’activer une cellule de crise en moins d’une heure et de fonctionner 24h/24 lors de situations internationales majeures.


Municipales en France: percée de la gauche radicale, l'extrême droite s'installe

Sarah Knafo (au centre), candidate d'extrême droite du parti Reconquete! à la mairie de Paris, se promène parmi ses partisans et les représentants des médias après l'annonce des résultats du premier tour des élections municipales de 2026 à Paris, le 15 mars 2026. (AFP)
Sarah Knafo (au centre), candidate d'extrême droite du parti Reconquete! à la mairie de Paris, se promène parmi ses partisans et les représentants des médias après l'annonce des résultats du premier tour des élections municipales de 2026 à Paris, le 15 mars 2026. (AFP)
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  • Tard dans la nuit dimanche, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires sont théoriquement possibles, puisqu'il suffit qu'une liste ait obtenu 10% pour qu'elle puisse se maintenir au 2e tour
  • A Toulouse (sud), 4e ville de France, où La France insoumise (LFI), le parti de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est arrivé à la surprise générale devant la liste de gauche menée par le Parti socialiste (PS)

PARIS: Au lendemain d'élections locales en France marquées par la percée de la gauche radicale et des scores favorables à l'extrême droite, des alliances délicates ont commencé à se nouer à gauche lundi en vue du second tour dimanche.

Les résultats ont placé en effet dimanche soir les forces politiques, et notamment la gauche, face à de nombreux dilemmes à treize mois de la prochaine présidentielle. Le scrutin a été marqué par une progression de l'abstention.

Tard dans la nuit dimanche, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires sont théoriquement possibles, puisqu'il suffit qu'une liste ait obtenu 10% pour qu'elle puisse se maintenir au second tour.

A Toulouse (sud), 4e ville de France, où La France insoumise (LFI), le parti de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est arrivé à la surprise générale devant la liste de gauche menée par le Parti socialiste (PS), une "liste commune" a été annoncée dès lundi matin.

A Lille (nord), les discussions ont débuté entre les trois forces de gauche arrivées en tête, socialistes et insoumis cherchant une alliance avec les Écologistes.

A Besançon (est), la maire écologiste sortante, largement distancée par le candidat Les Républicains (LR, droite), a annoncé son ralliement à LFI pour "battre la droite".

A Lyon (centre-est) également, la candidate LFI espère une fusion avec la liste de l'écologiste sortant Grégory Doucet contre le candidat de droite Jean-Michel Aulas, ancien patron de l'Olympique lyonnais.

Mais à Paris et Marseille, 2e ville de France, les négociations s'annoncent plus ardues après des campagnes extrêment tendues entre PS et LFI.

A Paris, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire a certes largement distancé sa concurrente de droite Rachida Dati, ex-ministre de la Culture, d'au moins dix points et semble en mesure de permettre à la gauche hors-LFI de conserver la capitale.

Mais la candidate Insoumise Sophia Chikirou, qui a passé le cap des 10%, risque de lui mettre des bâtons dans les roues.

Faute de fusion, elle se maintiendra, a-t-elle assuré. Le socialiste a toujours exclu la moindre alliance avec LFI.

"Tradition à gauche" 

En face, le candidat centriste Pierre-Yves Bournazel va lui aussi devoir décider s'il répond à l'appel au "rassemblement" lancé par Rachida Dati.

Pour la gauche, la situation est plus complexe encore à Marseille, où le sortant Benoît Payan est au coude-à-coude avec Franck Allisio (Rassemblement national, RN).

M. Payan a affirmé qu'il n'était "pas question de faire la moindre tambouille avec qui que ce soit". Une position jugée "irresponsable" par le LFI Sébastien Delogu, lui aussi qualifié.

Les choix pour le second tour du 22 mars devront être tranchés au plus tard mardi soir, date-butoir pour les têtes de liste ayant obtenu plus de 10% des voix dimanche qui devront dire si elles se maintiennent, fusionnent ou se désistent.

Lundi matin, les stratèges des partis ont développé leurs argumentaires.

Répétant qu'il n'y aurait pas d'"accord national", le secrétaire général du PS Pierre Jouvet a demandé "solennellement" à LFI de se retirer à Marseille, tout en évoquant des alliances locales possibles, comme à Nantes (ouest).

Forte de ses bons résultats dans les grandes villes, de sa victoire à Saint-Denis (nord de Paris) et de son score très prometteur à Roubaix (nord), LFI continue de mettre la pression sur le reste de la gauche.

Son coordinateur Manuel Bompard a répété son souhait d'"une fusion entre les différentes listes (de gauche) pour battre la droite et l'extrême droite, comme d'ailleurs c'est la tradition à gauche depuis la nuit des temps".

A rebours, l'ancien président François Hollande ou le très probable candidat Place publique (gauche) à la présidentielle Raphaël Glucksmann semblent prêts à prendre le risque de voir des villes basculer à droite plutôt que de passer un accord avec le parti mélenchoniste.

Défendant le principe d'alliances locales, la cheffe des Écologistes Marine Tondelier a, pour sa part, estimé que refuser tout accord avec LFI "a un coût pour les habitants (des) villes qui avaient besoin de politiques de gauche et écolos".

De son côté, le RN, qui revendique 24 communes remportées et est en tête dans 60 autres, selon son vice-président Sébastien Chenu, a appelé les électeurs LR au "vote utile" au second tour pour faire barrage à la gauche.

Le RN, qui cherche à amplifier sa dynamique en vue de 2027, a vu plusieurs maires sortants être réélus comme Louis Aliot à Perpignan (sud).

A Nice (sud), son allié Eric Ciotti est très bien parti dans sa lutte fratricide contre Christian Estrosi, symbole d'un score en demi-teinte du bloc macroniste.

Seul l'ex-Premier ministre Édouard Philippe lui redonne quelques couleurs, avec une dizaine de points d'avance sur son concurrent communiste au Havre (nord-ouest).

 


Macron appelle Israël à des "discussions directes" avec le Liban, propose de les accueillir à Paris

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
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  • Emmanuel Macron appelle Israël à accepter des discussions directes avec l’exécutif libanais et toutes les composantes du Liban, se proposant de faciliter ces rencontres à Paris
  • Il exhorte le Hezbollah à stopper ses actions et Israël à renoncer à une offensive majeure afin d’éviter que le Liban ne sombre dans le chaos, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements

PARIS: Emmanuel Macron a appelé samedi Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban, qu'il s'est dit prêt à "faciliter" en "les accueillant à Paris".

"Tout doit être fait pour empêcher que le Liban ne sombre dans le chaos. Le Hezbollah doit arrêter immédiatement sa fuite en avant. Israël doit renoncer à une offensive d’ampleur et cesser ses frappes massives, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements", a déclaré le président français sur X, rapportant s'être entretenu vendredi avec le président libanais Joseph Aoun, le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le président du Parlement libanais Nabih Berri.