A la frontière russe, la Finlande face à «l'arme de la migration»

Des voitures font la queue pour passer le poste frontière de Nuijamaa, à Lappeenranta, dans le sud-est de la Finlande, le 17 novembre 2023 (Photo, AFP).
Des voitures font la queue pour passer le poste frontière de Nuijamaa, à Lappeenranta, dans le sud-est de la Finlande, le 17 novembre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 23 novembre 2023

A la frontière russe, la Finlande face à «l'arme de la migration»

  • Les relations traditionnellement cordiales de la Finlande avec son grand voisin se sont détériorées avec l'invasion de l'Ukraine
  • Avec les températures glaciales, la Finlande pourrait se retrouver devant des migrants en train de geler derrière des barbelés

STOCKHOLM: Dans l'hiver arctique glacial, un nombre croissant de demandeurs d'asile en provenance de Russie se sont récemment présentés à la frontière finlandaise, une attaque hybride orchestrée par Moscou selon la Finlande.

Vêtus de manteaux d'hiver, nombre d'entre eux arrivent à vélo, tentant de contourner l'interdiction de franchir la frontière à pied, bien que la Finlande ait interdit l'entrée à vélo la semaine dernière.

Les gardes-frontières finlandais ont sonné l'alarme début octobre, avertissant que la Russie autorisait un nombre croissant de migrants à franchir la frontière sans papiers.

Ces migrants viennent principalement du Moyen-Orient et d'Afrique.

Pour Helsinki, il s'agit d'une tentative de déstabilisation russe.

"Il s'agit d'une action systématique et organisée par les autorités russes", a dit lundi le Premier ministre finlandais, Petteri Orpo.

Depuis août, environ 700 demandeurs d'asile sans visa sont entrés en Finlande par la frontière longue de plus de 1.300 kilomètres, selon les autorités finlandaises.

Helsinki a réagi en fermant tous ses points de passage de la frontière est, ne maintenant ouvert que celui situé le plus au nord, frontalier de la région russe de Mourmansk.

La porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe, Maria Zakharova, a démenti mercredi toute action délibérée russe. "Les autorités finlandaises commencent à trouver des excuses maladroites, réactivant ainsi les sentiments russophobes", a-t-elle déclaré.

L'agence européenne de garde-frontières Frontex a annoncé ce jeudi le déploiement prochain de 50 fonctionnaires à la frontière finlandaise.

Précédent biélorusse 

Les relations traditionnellement cordiales de la Finlande avec son grand voisin se sont détériorées avec l'invasion de l'Ukraine en février 2022.

Après que Helsinki eut décidé de renoncer à des décennies de neutralité militaire et rejoint l'Otan en avril, Moscou a mis en garde contre des "contre-mesures".

"La Russie et l'Occident, dont la Finlande, sont dans un conflit très profond", relève Arkady Moshes, directeur du programme Russie à l'Institut finlandais des affaires internationales (FIIA). "L'armement des migrations est un des instruments" à la disposition de Moscou.

Il a dressé le parallèle avec la crise frontalière entre le Bélarus et l'Union européenne en 2021.

L'UE a affirmé que le président bélarusse Alexandre Loukachenko avait poussé des dizaines de milliers de migrants à traverser sa frontière vers la Pologne en représailles aux sanctions.

"Les actions du gouvernement finlandais montrent que l'expérience de la Pologne a été prise en compte", a déclaré M. Moshes.

La Pologne a résolu la crise en rendant sa frontière "impénétrable", ce que peinent à faire les autorités finlandaises.

Anticipant le recours de Moscou à la pression migratoire, la Finlande a commencé à construire une vaste clôture sur 200 km mais qui n'est achevée que sur trois kilomètres.

La Russie «doublement gagnante»

Pousser des gens à la frontière finlandaise est "une situation doublement gagnante pour la Russie", estime le chercheur.

Helsinki n'a que deux mauvaises options: garder son frontière ouverte et accueillir les migrants ou la fermer complètement.

"Si la Finlande ne ferme pas sa frontière (..), cela montrera que l'Occident est faible" aux yeux de la Russie, selon lui.

Et si elle ferme sa frontière, la Russie pourra jouer les victimes et dénoncer une "action russophobe".

La manoeuvre comporte cependant des risques pour Moscou.

Elle pourrait valoir à la Russie des critiques de la part de ses alliés au Moyen-Orient et dans le monde musulman.

Et en territoire russe, la Russie est responsable de l'approvisionnement des migrants en biens de première nécessité.

"Même Loukachenko a fini par devoir construire des abris pour ces personnes", relève M. Moshes.

Crise humanitaire 

La Finlande cherche désormais un point d'équilibre entre ses préoccupations en matière de sécurité et ses obligations en matière de droits de l'homme.

"C'est certainement l'un des objectifs de la guerre hybride: tenter de saper les institutions fondamentales de l'Etat", a déclaré Eeva Nykanen, professeure de droit à l'université de Finlande orientale.

Helsinki a envisagé de fermer toute sa frontière mais s'est heurté à des réticences en raison de ses obligations internationales.

La Finlande est tenue de garantir l'accessibilité de certains points de passage, explique Mme Nykanen.

Même entré illégalement, en cas de fermeture totale de la frontière par exemple, un migrant a le droit de déposer une demande d'asile.

Avec les températures glaciales, la Finlande pourrait se retrouver devant des migrants en train de geler derrière des barbelés et à devoir résoudre "une crise humanitaire", dit la professeure.


Après deux semaines d'hostilités, Trump n'en a «pas fini du tout» avec l'Iran

Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
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  • Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump
  • Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires

TEHERAN: Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale.

Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.

Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.

Conséquence: le prix du baril de Brent, référence internationale, a terminé la séance au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin.

Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.

Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.

L'Iran, de son côté, verrouille toujours Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires. Téhéran riposte aussi aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis.

"Si nous partions maintenant, cela prendrait à l'Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n'en avons pas fini du tout", a affirmé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Inquiétudes" 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.

Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.

Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.

L'Iran, qui estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l'agence locale Mehr.

Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.

Economiser l'énergie 

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn, ainsi que le Koweït ont annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens.

"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.

Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.

Pour réduire la pression sur le réseau, un habitant, Khaled al-Badri, a expliqué à l'AFP éteindre l'air conditionné avant de quitter son domicile et couper son éclairage extérieur. "Chacun peut contribuer à nous sortir de cette période", pense-t-il.


Trump dit vouloir «beaucoup aider» le Liban en recevant le président Aoun

Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
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  • M. Aoun a exprimé sa "profonde gratitude pour l'amitié du président Trump et le soutien que les Etats-Unis apportent au Liban", à l'issue de la rencontre dans le livre d'or de la Maison Blanche
  • "Nous allons l'aider. Nous allons beaucoup l'aider", avait auparavant affirmé Donald Trump aux côtés de son homologue libanais devant la presse réunie dans le Bureau ovale

WASHINGTON: Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase.

M. Aoun a exprimé sa "profonde gratitude pour l'amitié du président Trump et le soutien que les Etats-Unis apportent au Liban", à l'issue de la rencontre dans le livre d'or de la Maison Blanche.

"Nous allons l'aider. Nous allons beaucoup l'aider", avait auparavant affirmé Donald Trump aux côtés de son homologue libanais devant la presse réunie dans le Bureau ovale.

Peu après la rencontre, le président républicain a annoncé sur son réseau Truth Social la reprise des vols commerciaux directs entre les Etats-Unis et le Liban, suspendus depuis plus de quarante ans, invitant les Américains à "visiter ce magnifique pays".

L'interdiction avait été prononcée en 1985, en réaction au détournement d'un avion et de la prise en otage de 39 passagers américains par des Libanais chiites réclamant la libération de centaines de prisonniers en Israël.

Cette première rencontre entre les deux chefs d'Etat intervient au moment où Washington fait pression sur Beyrouth pour désarmer le Hezbollah pro-iranien, condition d'Israël pour se retirer du sud du Liban.

Mardi, l'armée libanaise s'est déployée dans le village de Zawtar al-Gharbiya, en vertu d'un accord-cadre qui prévoit l'établissement de "zones pilotes" évacuées par Israël.

Mais signe de l'instabilité de la situation, elle a accusé plus tard les forces israéliennes d'avoir tiré "près de ses troupes" dans le secteur.


Grèce: deux touristes agressés au couteau à l'entrée de l'Acropole

Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
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  • Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe
  • Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana

ATHENES: Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré.

Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe. Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana.

Des policiers motorisés sont arrivés rapidement sur les lieux, ont posé un garrot à l'homme pour arrêter l’hémorragie et immobilisé l'attaquant qui a ensuite été arrêté, précise Ana.

D'après les médias grecs, l'auteur de l'agression, un Grec d'une soixantaine d'années, semble avoir des problèmes psychologiques.