«Ca n'arrête pas»: en attendant Milei, l'effrénée hausse des prix dans les commerces argentins

Vue de l'étiquette de prix du thé, qui a été changée plusieurs fois, dans un supermarché à Moron, province de Buenos Aires, Argentine, le 22 novembre 2023. (Photo Luis Robayo AFP)
Vue de l'étiquette de prix du thé, qui a été changée plusieurs fois, dans un supermarché à Moron, province de Buenos Aires, Argentine, le 22 novembre 2023. (Photo Luis Robayo AFP)
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Publié le Vendredi 24 novembre 2023

«Ca n'arrête pas»: en attendant Milei, l'effrénée hausse des prix dans les commerces argentins

  • Sur les étagères, certains produits ont jusqu'à quatre étiquettes superposées, témoignant de l'inflation vertigineuse
  • L’imminence de la fin de l'accord sur l'encadrement des prix les «encourage à la hausse», explique l'économiste Hernan Letcher, directeur du Centre d'économie politique en Argentine

MORÓN, Argentine : «Ca n'arrête pas», souffle Paola Basso en collant à la hâte une étiquette sur une autre dans sa supérette de la banlieue de Buenos Aires, où la victoire de l'ultralibéral Javier Milei à la présidentielle a déclenché de nouvelles hausses de prix qui continuent à alimenter une inflation déjà à 143% sur un an. Et d'autres semblent imminentes.

«Les clients nous demandent de diviser les paquets d'un kilo de sucre ou d'acheter des œufs à l'unité. Ca fait mal, les gens sont dans le besoin et c'est comme si on enlevait leur dignité, mais les prix sont fous», se désole l'épicière de Moron, quartier ouvrier de la banlieue ouest.

Sur les étagères, certains produits ont jusqu'à quatre étiquettes superposées, témoignant de l'inflation vertigineuse.

«C'est des jours de dingue !», souffle Fernando Savore, l'époux de Paola et vice-président de la fédération des épiciers de Buenos Aires. «Bien qu'on ait déjà changé les prix la semaine dernière, on a vu chez les grossistes des augmentations de l'ordre de 25 à 30%» par rapport au vendredi précédant l'élection.

«Le prix des pâtes est déconcertant. Elles ont augmenté de plus de 50%, il n'y a pas d'huile d'olive en stock et les produits d'entretien ont augmenté de 30%», énumère-t-il.

- Fin des accords sur les prix ? -

Le gouvernement sortant de centre-gauche de l'ex-président Alberto Fernandez, avait cette semaine renouvelé un accord sur l'encadrement d'une liste de produits de première nécessité en supermarchés.

Mais c'était sans doute la dernière fois avec la prise de fonctions le 10 décembre de  Milei, partisan d'une libération des prix, et opposé à toute réglementation par l'Etat.

L’imminence de la fin de l'accord sur l'encadrement des prix les «encourage à la hausse», explique à l'AFP l'économiste Hernan Letcher, directeur du Centre d'économie politique en Argentine.

«La hausse sera plus marquée le mois prochain, parce que le marché s'attend à une dévaluation importante (du peso) lorsque Milei prendra ses fonctions, et donc possibilité de résurgence inflationniste», prédit-il.

«En Argentine, le 15 c'est la fin du mois», résume Fernando Savore. «Les premiers jours, le client paie en liquide, après le 15 avec une carte de crédit qui servait autrefois à se payer télévision ou chaussures».

Mario Amor, un client de 70 ans, parcourt les allées et scrute attentivement les étiquettes. «Ca a encore beaucoup augmenté, je cherche à savoir qui a les meilleurs prix, je ne sais plus où acheter», se lamente-t-il avant de repartir son cabas vide.

Devant un autre rayon, Clara Tedesco, couturière de 60 ans, se dit «horrifiée» de voir que le prix du fromage «a encore augmenté cette semaine».

«C'est épuisant, tu étudies les prix, tu vas à un endroit, à un autre, tu compares, tu fais les calculs, tu reviens... Faire les courses est plus difficile que de trouver un mari», arrive-t-elle à plaisanter.

- «Plus de tristesse que de colère» -

Dans les boucheries du quartier de Mataderos, les tableaux de prix sont vierges. «On ne perd plus de temps à les écrire, ça change tous les deux jours», résume la gérante Evelyn Garcia. «Les clients le savent», assure-t-elle, affirmant voir dans leurs yeux «plus de tristesse que de colère» car «il faut bien manger».

Les ventes des pièces de boucherie les plus onéreuses ont diminué au profit de côtelettes de porc ou de bas morceaux meilleur marché.

«Les gens changeaient leurs habitudes pour qu'il y ait toujours un peu de viande dans leur assiette. Maintenant, je ne sais pas ce qu'ils vont faire, tout a augmenté de plus de 10% cette semaine», dit Evelyn dans son magasin vide de clients.

Sur un marché de rue à Villa Madero, près de Moron, Clarisa Gomez époussette une caisse de kiwis sur son stand de fruits et légumes. «J'en prends soin comme d'un bijou, ils sont à 1.000 pesos l'unité», soit un peu plus de 2 dollars au taux de change officiel.

Elle indique que tous les prix ont bondi depuis lundi : «le raisin à 6.000 pesos le kilo (16 dollars), les ananas à 3.000 (8 dollars), les bananes à 1.700 (4,5 dollars) et les pommes à 1.000».

«Les gens achètent deux pommes, une banane. Si ça continue je vais devoir vendre à la tranche», ironise-t-elle.


Suez remporte à Oman un des plus gros contrats de son histoire, dans la gestion de l'eau

Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
  • Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman
  • Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez"

PARIS: Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman, un des plus importants de son histoire, a-t-il annoncé lundi.

Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez", a déclaré le directeur général du groupe, Xavier Girre, lors d'un entretien à l'AFP.

 

 


Air France reprend ses vols directs entre Riyad et Paris

 Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
  • « L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris »
  • « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française »

RIYAD: Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale.

À compter de cette reprise, la compagnie française retrouvera son programme initial de trois vols hebdomadaires entre l'aéroport international King Khalid de Riyad et l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, conformément à son programme de la saison estivale 2026.

Cette reprise intervient dans un contexte de renforcement des échanges économiques, touristiques et culturels entre les deux pays. Elle marque également la volonté d'Air France de consolider sa présence sur le marché saoudien, considéré comme l'un des plus stratégiques de la région.

« L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris », a déclaré Raza Syed, Country Manager Arabie saoudite et Égypte d'Air France-KLM.

Il a souligné que cette reprise reflète l'engagement à long terme du groupe envers le Royaume et permettra aux voyageurs de bénéficier à nouveau de l'ensemble du réseau international d'Air France-KLM grâce aux correspondances proposées depuis Paris. « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française qui font la réputation d'Air France », a-t-il ajouté.

Dans le cadre de cette reprise, Flying Blue, le programme de fidélité d'Air France et de KLM, lance une offre promotionnelle destinée aux voyageurs au départ du Royaume. Les passagers réservant leurs billets entre le 29 juin et le 13 juillet 2026 pourront cumuler trois fois plus de Miles, pour des voyages effectués jusqu'au 31 décembre 2026.

Horaires des vols

La liaison Riyad-Paris (AF685) sera assurée les mardis, jeudis et dimanches, avec un départ de Riyad à 8h45 et une arrivée à Paris à 14h25.

Le vol retour Paris-Riyad (AF684) opérera les lundis, mercredis et samedis, avec un départ de Paris à 23h20 et une arrivée à Riyad à 6h35 le lendemain.

Fondée en 1933, Air France emploie plus de 40 000 collaborateurs et, avec KLM et Transavia, fait partie du groupe Air France-KLM. Le groupe dessert plus de 300 destinations dans le monde grâce à une flotte de plus de 500 appareils et poursuit ses investissements dans la modernisation de sa flotte ainsi que dans la réduction de son empreinte environnementale.


La dette française dépasse les 3.500 milliards d'euros, en pleine préparation du budget 2027

La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
  • La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue"
  • "Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB

PARIS: La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques.

La dette publique a augmenté à 3.536,1 milliards d'euros, pour s'établir à 117,5% du produit intérieur brut (PIB), a annoncé jeudi l'Institut national de la statistique (Insee).

Cela représente une augmentation de 75,6 milliards d'euros par rapport à fin 2025, où elle était de 3.460,5 milliards d'euros, soit 115,7% du PIB. Elle avait alors baissé sur un trimestre mais continué à grimper par rapport à fin 2024, où elle était de 3.306,1 milliards et pesait 112,6% du PIB.

La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue".

"Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB, ajoute-t-il. "On a depuis 20 ans des chocs macroéconomiques qui font que les dettes publiques ont beaucoup augmenté", mais "depuis quelques années la France décroche de la moyenne européenne".

Entre 2019 et 2025, la France a connu "la plus forte progression, après celle de la Finlande," de sa dette en points de PIB, relève le spécialiste des finances publiques François Ecalle.

"Ce qui l'explique, c'est le niveau du déficit", et "la plupart des gouvernements en sont responsables depuis 50 ans", estime-t-il.

Premier poste de l'Etat 

Deuxième économie de la zone euro derrière l'Allemagne, la France en est l'un des cancres budgétaires. Elle affiche le deuxième déficit le plus élevé, à 5,1% du PIB en 2025, derrière la Belgique (5,2%). Un niveau trop important pour lui permettre de stabiliser sa dette, la troisième plus élevée (par rapport au PIB) après celles de la Grèce et de l'Italie.

"Notre position relative, par rapport aux autres pays, s'est nettement dégradée", renchérit Bruno Cavalier, économiste chez Oddo BHF.

Dans le budget, le poste consacré au remboursement de la dette est devenu le premier de l'Etat, devant celui de l'Education (hors pensions), rappelait récemment le ministre français de l'Economie Roland Lescure lors d'un colloque à la Cour des comptes, évoquant un "coût de la dette record".

Le service de la dette de l'Etat devrait ainsi atteindre 64 milliards d'euros en 2026, et "pourrait augmenter jusqu'à 100 milliards dans les années qui viennent", avait-il ajouté.

"Notre charge d'intérêts de la dette va mécaniquement augmenter" car "le renouvellement de la dette va nous coûter plus cher qu'avant", souligne Mathieu Plane. "C'est très important d'être crédibles pour garantir un financement bon marché" des investisseurs.

Le gouvernement français veut afficher une trajectoire vertueuse: il s'est fixé comme objectif un déficit à 5% en 2026, avec une dette à 118,4% du PIB, avant de ramener son déficit sous 3% en 2029, avec une dette stabilisée à 118% du PIB.

Comité d'alerte 

Mais la tâche s'annonce ardue. Selon une étude réalisée par quatre économistes de l'Institut des politiques macroéconomiques et internationales (i-MIP), il existerait un peu plus d'une chance sur deux (55%) de rater la cible des 118% du PIB en 2029.

Le redressement des finances publiques est d'autant plus complexe que le gouvernement, en quête d'un budget pour 2027 - dont il doit présenter les grandes lignes mi-juillet -, a promis d'éviter les hausses d'impôts.

Pour faire le point sur la situation, il réunira prochainement un Comité d'alerte des finances publiques. Ce Comité devrait être l'occasion d'annoncer de nouvelles coupes budgétaires pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, après déjà 6 milliards d'euros d'économies présentées en avril.

Dans un contexte économique difficile, le gouvernement devrait aussi abaisser ses prévisions de croissance pour 2026, actuellement de 0,9%. La Banque de France a revu à la baisse les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% avant). L'Insee, elle, table sur 0,7%.

Face à une équation budgétaire complexe, le ministre des Comptes publiques David Amiel a aussi missionné quatre économistes pour réfléchir à des scénarios de redressement des finances publiques dès 2027. Ils devraient rendre leurs conclusions début juillet.