La gauche réunie à Paris contre le projet de loi immigration

Manifestation contre la loi immigration, le 3 décembre à Paris (Photo d’illustration, AFP).
Manifestation contre la loi immigration, le 3 décembre à Paris (Photo d’illustration, AFP).
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Publié le Mardi 05 décembre 2023

La gauche réunie à Paris contre le projet de loi immigration

  • «Nous avons passé une semaine à entendre des propos abjects, xénophobes», a dénoncé Elsa Faucillon à la tribune
  • «C'est impossible de parler d'un texte d'équilibre, c'est même un texte de glissement, de basculement complet pour des valeurs que nous tentons d'incarner»

PARIS: Des députés écologistes, socialistes, insoumis et communistes se sont retrouvés lundi soir à Paris pour montrer leur union contre le projet de loi immigration, même si la Nupes n'existe plus.

Le socialiste Boris Vallaud, la communiste Elsa Faucillon, l'insoumis Andy Kerbrat et l'écologiste Cyrielle Chatelain se sont réunis pour "une soirée de la fraternité", à l'appel du parti Générations et de son député Benjamin Lucas, à quelques jours de l'examen du projet de loi dans l'hémicycle, lundi prochain.

Evoquant "la plus grande bataille politique et morale du siècle" face à "un racisme d'atmosphère", Benjamin Lucas a assuré devant quelque 300 personnes que "ce soir les humanistes, la gauche et les écologistes relèvent la tête".

"Non, nous n'allons nous excuser de revendiquer la fraternité", a-t-il ajouté.

Après l'examen du texte en commission des lois, la semaine dernière, le constat est amer. "Nous avons passé une semaine à entendre des propos abjects, xénophobes", a dénoncé Elsa Faucillon à la tribune. "C'est impossible de parler d'un texte d'équilibre, c'est même un texte de glissement, de basculement complet pour des valeurs que nous tentons d'incarner".

"On va devoir lutter ensemble, contre le racisme et le capitalisme", a reconnu Andy Kerbrat, chef de file insoumis sur le texte.

Jean-Luc Mélenchon accusé d'enflammer les tensions

A la suite d'échanges tendus dimanche sur la chaîne de LCI entre la journaliste Ruth Elkrief et le coordinateur de La France Insoumise (LFI) Manuel Bompard sur le Proche-Orient, Jean-Luc Mélenchon a accusé la présentatrice d'être une "manipulatrice" et une "fanatique" qui méprisait les musulmans.

Le groupe TFI, propriétaire de LCI, a apporté son soutien à la journaliste, déplorant des "invectives odieuses et insinuations déplacées".

La journaliste a dit lundi soir sur LCI s'être "sentie blessée", comme "femme-journaliste". Ruth Elkrief a rappelé l'importance à ses yeux de "se définir par sa citoyenneté et non par sa religion ou ses origines et de ne pas y être renvoyée par les autres".

Et de confier qu'elle avait été "élevée au Maroc, dans la connaissance et l'affection intime pour les traditions culturelles et cultuelles, juive, musulmane et chrétienne".

A la hauteur de nos valeurs ?

"La réalité, c'est que nous avons, au sortir de la commission, un texte de droite. L'aile gauche de la macronie, certains disent qu'ils l'ont vu voler, nous on l'a vue se planter", a ironisé Boris Vallaud.

"Que la Nupes soit morte ou pas morte, ce n'est pas la question, la question c'est : Est-ce que nous seront à la hauteur de nos valeurs? Nous ne céderons rien, et oui nous resterons unis", a affirmé Cyrielle Châtelain sous les applaudissements.

Il ne fallait cependant pas voir dans cette réunion un retour de l'alliance de gauche, qui s'est effondrée après le refus du leader insoumis Jean-Luc Melenchon de qualifier le Hamas de terroriste.

La Nupes le retour? "un mauvais film", a répondu Andy Kerbrat à la presse. Mais face à "la pire loi depuis Charles Pasqua", il fallait "une position commune", a-t-il reconnu.

Le projet de loi sur l'immigration, remanié et adopté samedi par la commission des Lois de l'Assemblée, a pour objectif de durcir les conditions de l'immigration légale, de faciliter les expulsions mais aussi de ménager la possibilité de régularisations pour des sans-papiers occupant des emplois dans des métiers en tension.

Un autre meeting de la gauche, toujours sur l'immigration, est prévu jeudi à Saint-Ouen.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.