COP28: l'économie de la mer Rouge de l'Arabie saoudite se tourne vers la régénération

 John Pagano, PDG de Red Sea Global (RSG). (Photo, AFP)
John Pagano, PDG de Red Sea Global (RSG). (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 05 décembre 2023

COP28: l'économie de la mer Rouge de l'Arabie saoudite se tourne vers la régénération

  • «Nous avons réalisé que la durabilité seule ne suffit plus, d’où l’introduction du terme de régénération», a expliqué John Pagano, PDG de Red Sea Global
  • Red Sea Global est devenu l'un des principaux développements touristiques durables en Arabie saoudite, avec des projets alliant luxe et énergie propre

DUBAÏ: La transition de l'Arabie saoudite en faveur d’une économie durable prend forme alors que de grandes entreprises envisagent une régénération dans la région de la mer Rouge, selon le responsable d'un des gigaprojets du Royaume. 

Lors d'une table ronde organisée dans le cadre de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique de 2023 à Dubaï, la COP28, John Pagano, PDG de Red Sea Global (RSG), a exposé la transition de l'entreprise, passant de la préservation de son environnement naturel à la réparation et à la récupération des dommages subis. 

«Il y a six ans, lorsque nous avons entamé notre parcours, notre objectif était d’établir de nouvelles normes en matière de durabilité. Nous avons rapidement réalisé que la durabilité seule ne suffit plus, d’où l’introduction du terme de régénération», a expliqué Pagano.

Il a également souligné que maintenir le statu quo était insuffisant. «Nous sommes sur une trajectoire inquiétante», a-t-il assuré. Pagano a exhorté les leaders mondiaux à agir et à «changer de cap», mettant l'accent sur les perspectives sombres quant à l'avenir. 

Aux côtés de Pagano, Carlos Duarte, professeur et scientifique marin à l'Université King Abdallah des sciences et de la technologie (Kaust), a soutenu cet appel à l'action. «Nous avons la responsabilité de ne pas léguer à notre jeunesse une planète dévastée, mais une planète avec des océans et une mer Rouge capables de soutenir les générations à venir», a déclaré Duarte. «La décision audacieuse que nous prenons à l'échelle mondiale est de passer de la conservation à la régénération», a-t-il ajouté. 

Les deux intervenants ont mis en avant le concept de «capital naturel» comme une mesure globale permettant aux investisseurs d’évaluer les performances économiques d'un pays. Le capital naturel englobe les ressources naturelles renouvelables et non renouvelables qui bénéficient aux citoyens, soulignant l'importance de préserver et de gérer les écosystèmes et leurs services pour le bien à long terme de la société.

«Le secteur privé joue un rôle clé pour l'avenir de la biodiversité et du climat, et sans son implication, nous ne pourrons pas atteindre nos objectifs. Des concepts comme le capital naturel sont cruciaux, car le capital naturel devient désormais le nouvel enjeu immobilier», a déclaré Duarte. Pagano a ajouté que, outre le produit intérieur brut d'un pays, les investisseurs utiliseront le capital naturel comme mesure d'analyse des investissements. RSG est devenu l'un des principaux développements touristiques durables en Arabie saoudite, avec des projets alliant luxe et énergie propre. «Nous avons tenu les promesses faites il y a six ans, et nous le faisons de manière durable. Six Senses Southern Dunes est exclusivement alimenté en énergie renouvelable, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, complètement hors réseau», a déclaré Pagano au cours de la table ronde. «Nous sommes littéralement capables de repousser les limites de ce qui est réalisable aujourd'hui», a-t-il conclu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Plus d'une Française sur quatre engagée dans une «  dynamique entrepreneuriale », selon une étude

Le directeur général de la Banque Publique d'Investissement (BPI), Nicolas Dufourcq, arrive au Palais de l'Elysée, à Paris, le 27 février 2024. (AFP).
Le directeur général de la Banque Publique d'Investissement (BPI), Nicolas Dufourcq, arrive au Palais de l'Elysée, à Paris, le 27 février 2024. (AFP).
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  • L'écart entre les hommes et les femmes "se réduit fortement", observe l'étude dans ce volet consacré aux femmes de la 4ème édition de "l'Indice entrepreneurial français"
  • L'engagement des femmes devient plus concret: la part des cheffes d’entreprise augmente de quatre points par rapport à la dernière enquête de 2021

PARIS: Plus d'une Française sur quatre (28%) était engagée dans une "dynamique entrepreneuriale" en 2023, une progression de cinq points depuis 2018, tandis que le pourcentage d'hommes dans la même situation, 37%, est au même niveau qu'en 2018, selon une étude Bpifrance publiée mardi.

L'écart entre les hommes et les femmes "se réduit fortement", observe l'étude dans ce volet consacré aux femmes de la 4ème édition de "l'Indice entrepreneurial français" (IEF).

L'étude, réalisée par l'Ifop pour l’Observatoire de la création d’entreprise de Bpifrance Création, distingue quatre profils dans la "chaîne entrepreneuriale" : les chefs d'entreprise, les ex-chefs d'entreprise, les porteurs de projets ayant déjà engagé des démarches, et les "intentionnistes" (qui ont l'intention de le faire, sans l'avoir encore fait).

L'engagement des femmes devient plus concret: la part des cheffes d’entreprise augmente de quatre points par rapport à la dernière enquête de 2021 (à 15% contre 19% pour les hommes), et celle des intentionnistes baisse d'un point à 7%.

Elles y pensent de surcroît plus tôt: une femme sur trois dans la "chaîne entrepreneuriale" a moins de 30 ans, contre un homme sur quatre.

Pour Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, l'enquête traduit "un volontarisme" des femmes "propice à faire bouger les lignes plus vite".

L'élan entrepreneurial est par ailleurs "soutenu" dans les Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), où 21% de femmes sont engagées dans une dynamique entrepreneuriale (+7 points, contre +6 points à 31% pour les hommes).

Mais seules 3% des habitantes des QPV sont cheffes d'entreprises (+2) et 4% des hommes. Les intentionnistes sont beaucoup plus nombreux, 13% pour les femmes (+4 par rapport à 2021) et 19% pour les hommes.

Nicolas Dufourcq souligne l'importance "d'accompagner le mouvement" de l'entrepreneuriat féminin, via notamment la trentaine d'associations d'aide à la création d'entreprises réunies sous la bannière "Cap Créa" de la banque publique d'investissement.

Plusieurs d'entre elles s'adressent plus particulièrement aux femmes : Action'elles, Femmes des Territoires, Force Femmes, Les Premières...

Pour cette enquête, 5.011 personnes représentatives de la population française ont été interrogées en ligne du 15 au 30 juin 2023, et 504 personnes représentatives des personnes résidant dans les QPV ont été questionnées par téléphone du 21 juin au 4 juillet 2023.


Hausse du cacao: Lindt compte relever de nouveau ses prix

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  • Pour l'année écoulée le groupe suisse a fait état dans un communiqué d'un bénéfice de 671,4 millions de francs suisses (698,5 millions d'euros), en hausse de 17,9% par rapport à l'année précédente
  • Les analystes interrogés par l'agence suisse AWP tablaient en moyenne sur un bénéfice de 657,6 millions de francs

ZURICH: Le chocolatier suisse Lindt & Sprüngli a publié mardi des résultats meilleurs qu'attendu pour 2023, porté par les hausses de ses prix de vente et prévient qu'il compte les augmenter à nouveau en 2024 et 2025 pour faire face à la flambée des cours du cacao.

Pour l'année écoulée le groupe suisse a fait état dans un communiqué d'un bénéfice de 671,4 millions de francs suisses (698,5 millions d'euros), en hausse de 17,9% par rapport à l'année précédente, dépassant les prévisions.

Les analystes interrogés par l'agence suisse AWP tablaient en moyenne sur un bénéfice de 657,6 millions de francs.

Le chocolatier avait déjà dévoilé son chiffre d'affaires en janvier, faisant état d'une croissance de 4,6% à 5,2 milliards de francs en dépit de la force du franc suisse et d'un climat de consommation morose.

Hors effets de changes, ses ventes ont augmenté de 10,3% en 2023, portées par les produits à plus fortes marges comme les pralines et moulages de Pâques. Le groupe a également bénéficié de la reprise du tourisme entre ses boutiques et cafés dans des lieux très fréquentés et les achats dans les boutiques hors taxes des aéroports.

L'essentiel de sa croissance "est attribuable aux augmentation de prix" pour compenser la hausse des matières premières, a cependant souligné le groupe dans le communiqué.

Malgré les instruments de couverture utilisés et des niveaux de stocks élevés, le chocolatier suisse prévient que des augmentations de prix supplémentaires seront "nécessaires en 2024 et 2025" si les cours du cacao restent aux niveaux actuels.

Fin février, les prix du cacao ont atteint de nouveaux records absolus à New York, la tonne de cacao dépassant les 6.500 dollars, mais aussi à Londres, où elle a frôlé les 6.000 livres sterling.

Le chocolatier basé à Kilchberg, sur les rives du lac de Zurich, a confirmé son objectif de croissance pour 2024, visant une progression de ses ventes hors effets de changes de l'ordre de 6% à 8%.

Il va également nettement relever son dividende pour l'année écoulée. Le dividende va être porté de 100 francs à 1.400 francs pour l'action et de 10 francs à 140 francs pour le bon de participation.

L'action Lindt & Sprüngli est la plus chère de la Bourse suisse. Lundi, elle valait 107.400 francs suisses. Le bon de participation valait lui 10.940 francs.


Pékin prévoit 5% de croissance en 2024, modeste mais difficile à atteindre

Le président chinois Xi Jinping (Photo, AFP).
Le président chinois Xi Jinping (Photo, AFP).
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  • Cet objectif est bien loin des rythmes à deux chiffres enregistrés dans les années 1990 et 2000
  • Dans un contexte de crise immobilière, chômage élevé des jeunes et ralentissement mondial pesant sur la demande en produits chinois, «c'est en fait un objectif ambitieux»

PEKIN: La Chine a annoncé mardi viser une croissance d'environ 5% en 2024, l'un de ses objectifs les plus modestes depuis des décennies mais sans doute difficile à atteindre car la deuxième économie mondiale peine à se relancer depuis les années Covid.

Son budget militaire, le deuxième plus important au monde bien qu'environ trois fois inférieur à celui des Etats-Unis, augmentera lui de 7,2%, à 1.665,5 milliards de yuans (231,4 milliards de dollars).

Le chiffre de la croissance du PIB a été officialisé par le Premier ministre Li Qiang lors d'un discours prononcé à l'ouverture de la session annuelle du Parlement chinois à Pékin.

Cet objectif est bien loin des rythmes à deux chiffres enregistrés dans les années 1990 et 2000.

Mais "il ne sera pas facile à atteindre", a reconnu Li Qiang. "Nous devons donc maintenir le cap de notre politique, travailler plus dur et mobiliser les efforts concertés de toutes les parties."

Dans un contexte de crise immobilière, chômage élevé des jeunes et ralentissement mondial pesant sur la demande en produits chinois, "c'est en fait un objectif ambitieux", estime Wang Tao, chef économiste sur la Chine à la banque UBS.

"Le marché de l'immobilier a poursuivi sa chute et n'a pas encore atteint son plancher, ce qui exerce une pression à la baisse sur l'économie", ajoute-t-elle.

Cela aura un "impact négatif sur les finances et les dépenses des gouvernements locaux, ainsi que sur la richesse des ménages et les dépenses de consommation".

«Stabilité»

L'an dernier, la grand-messe politique annuelle avait été consacrée à l'octroi d'un troisième mandat inédit au président Xi Jinping, au pouvoir depuis 2012.

Cette année, toute l'attention porte sur les difficultés de la deuxième économie mondiale à redémarrer après ses trois ans de fermeture liée au Covid.

En 2023, elle a enregistré l'une de ses plus faibles croissances (5,2%) depuis les années 1990.

La sécurité et la surveillance ont été renforcées dans les rues de la capitale pour l'arrivée des milliers de parlementaires qui participent aux "Deux Sessions" - celle du Parlement proprement dit, qui a débuté mardi, et celle de l'assemblée consultative, démarrée lundi.

La session annuelle du Parlement, rendez-vous clé du calendrier politique national, se tient jusqu'au 11 mars. Elle est censée afficher l'unité du pays, à grand renfort de votes à la quasi-unanimité des près de 3.000 représentants.

Ces dernières années, les autorités chinoises ont écarté l'idée d'un plan de relance d'ampleur, craignant de mettre en difficulté les finances publiques.

Les analystes ne voient aucune raison que cela change.

Dans son rapport d'activité publié mardi, le gouvernement a seulement promis de "poursuivre le progrès et garantir la stabilité" de l'économie en 2024.

Il a aussi annoncé la réduction de taxes douanières sur les importations de certains produits technologiques et promis d'"ouvrir de nouvelles voies pour le commerce extérieur".

Incident avec Manille

"La clé est de stabiliser le secteur immobilier", note Larry Hu, chef économiste sur la Chine de la banque d'investissement Macquarie Group.

Mais "il faut une politique fiscale plus expansionniste que l'année dernière" pour stimuler la croissance via notamment des réductions d'impôts, estime-t-il.

"En l'absence de mesures de relance axées sur les consommateurs ou de politiques de libéralisation du marché, les entreprises étrangères en Chine continueront à rencontrer des difficultés", commente aussi Drew Thompson, professeur à l'école de politiques publiques Lee Kuan Yew à Singapour, interrogé par Bloomberg.

Entre relancer l'économie et renforcer la sécurité, le choix est vite fait, selon des analystes.

Pékin a largement étendu l'an dernier sa définition de tout ce qui constitue de l'espionnage et a perquisitionné plusieurs sociétés étrangères de consultants, d'audit et de recherche.

Peu avant cette session parlementaire, la notion de secret d'Etat a elle aussi été élargie, "un signal clair de l'importance de la sécurité dans l'agenda du pouvoir cette année", selon Diana Choyleva, cheffe économiste au cabinet Enodo Economics.

La réunion politique doit donc servir à "renforcer les mesures de sécurité nationale sur tous les fronts", prédit Ho-fung Hung, professeur d'économie politique à l'université américaine Johns Hopkins.

La hausse constante du budget militaire chinois s'inscrit dans un contexte de corruption dans l'armée et de tensions persistantes autour de Taïwan et en mer de Chine méridionale.

"Nous nous opposons vigoureusement aux activités séparatistes visant à l'indépendance de Taïwan et aux ingérences extérieures", a rappelé mardi le Premier ministre, deux mois après l'élection à Taïwan de Lai Ching-te, président qui considère l'île comme indépendante de facto.

Un nouvel incident a par ailleurs éclaté mardi avec une collision entre deux navires des garde-côtes philippin et chinois, Manille dénonçant des "manœuvres dangereuses" tandis que Pékin affirme avoir seulement pris des "mesures de contrôle" après ce qu'il considérait comme une "intrusion".