Changement climatique: L'Arabie saoudite a choisi d’agir, d’investir, et les résultats sont clairs, déclare Al-Jubeir

Adel al-Jubeir, ministre d'État aux Affaires étrangères de l'Arabie saoudite et envoyé spécial pour le climat (Capture d’écran).
Adel al-Jubeir, ministre d'État aux Affaires étrangères de l'Arabie saoudite et envoyé spécial pour le climat (Capture d’écran).
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Publié le Mercredi 06 décembre 2023

Changement climatique: L'Arabie saoudite a choisi d’agir, d’investir, et les résultats sont clairs, déclare Al-Jubeir

  • L'envoyé saoudien pour le climat déclare que 186 milliards de dollars devraient être investis dans plus de 80 projets différents dans le cadre de l’initiative verte saoudienne et l’initiative verte du Moyen-Orient
  • Il indique que l’Arabie saoudite estime que les discussions sur le climat devraient «s'articuler autour de la logique et de la science, et non autour des émotions et de l'évaluation des points politiques»

RIYAD: Très peu de pays se sont engagés dans des efforts tels que ceux de l'Arabie saoudite pour réduire les impacts du changement climatique et améliorer la qualité de vie, a déclaré l'envoyé saoudien pour le climat, Adel al-Jubeir.

Al-Jubeir, qui est également ministre d'État saoudien aux Affaires étrangères, a fait cette remarque lors d'une interview exclusive accordée à Arab News mardi, coïncidant avec la conférence des Nations unies sur le changement climatique, ou la COP28, qui se tient actuellement à Dubaï.

«L'Arabie saoudite ne s'est pas contentée de parler. Nous agissons et nous investissons. Et les résultats sont clairs pour tout le monde», a-t-il indiqué.

«Si vous allez à Neom, vous verrez l'énorme travail en cours pour protéger l'environnement. Si vous regardez nos côtes, vous verrez le travail qui est fait avec les mangroves.

«Si vous regardez nos villes, vous verrez le travail qui est fait en termes de verdissement et de réaménagement de nos villes pour les rendre plus efficaces, afin de réduire les temps de trajet et la pollution, et d'améliorer la qualité de vie des gens», a-t-il expliqué.

«Il n'y a pas de contradiction entre l'engagement de l'Arabie saoudite en faveur du changement climatique, la réponse à ce défi et la production de pétrole et de gaz», a déclaré Al-Jubeir à Arab News (Photo, AFP).

Al-Jubeir a expliqué que l'Arabie saoudite a jusqu'à présent ciblé des investissements de 186 milliards de dollars (1 dollar américain = 0,93 euro) dans plus de 80 projets différents dans le cadre de l'Initiative verte saoudienne et de l'Initiative verte du Moyen-Orient. Inaugurées en 2021, ces deux initiatives regroupent des programmes de protection de l'environnement, de transition énergétique et de durabilité dans le but de compenser et de réduire les émissions.

Il a précisé que ces projets et investissements ont été mis en place pour stimuler l'atténuation du changement climatique, inverser la désertification et aider les pays à adopter une «approche d'économie circulaire du carbone».

Al-Jubeir a expliqué que «l'approche de l'économie circulaire du carbone» est centrée sur une «approche holistique, à l'échelle du gouvernement et de la société, de la réduction du carbone et de la contribution à notre atmosphère».

Il estime que très peu de pays dans le monde ont déployé le type de ressources dont dispose l'Arabie saoudite pour lutter contre le changement climatique.

«Nous le faisons parce que nous sommes des habitants de cette planète», a-t-il affirmé. «Nous avons tous la responsabilité de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour assurer un meilleur avenir à nos enfants et petits-enfants.»

S'agissant des projets de l’Arabie saoudite en matière d'énergie verte, Al-Jubeir a souligné que le pays est en train de construire la plus grande usine d'hydrogène vert au monde à Neom, une ville intelligente futuriste en cours de construction dans la province de Tabuk, dans le nord-ouest du pays.

«Nous cherchons à produire d'autres formes d'hydrogène propre. Nous cherchons à réduire le carbone dans l'industrie du transport aérien afin de contribuer à la réduction du carbone», a-t-il clarifié.

«Nous nous intéressons à l'industrie du transport maritime. Nous examinons toutes les facettes de notre société afin de réduire les émissions de carbone et d'améliorer la qualité de vie, et très peu de pays, comme je l'ai dit, se sont lancés dans un tel programme.»

Répondant aux critiques adressées à l’Arabie saoudite pour ne pas avoir accepté une «réduction progressive» des combustibles fossiles, Al-Jubeir a qualifié les «discussions» autour de ce sujet de «dépourvues de raison et de rationalité».

Le ministre Adel al-Jubeir s'entretient avec Noor Nugali d'Arab News (Photo, AN/Abdel Rahmane ben Shulhub)

Al-Jubeir a déclaré que «les combustibles fossiles nous accompagneront pendant de nombreuses décennies encore, ajoutant qu'il est inconcevable d'avoir un développement économique sans avoir de l'énergie à des prix raisonnables – et les combustibles fossiles le permettent, le pétrole et le gaz en particulier.

«Nous avons toujours affirmé que le défi consistait à atténuer les effets du changement climatique», a-t-il précisé.

Al-Jubeir a ajouté que le défi consiste à veiller à ce que ces ressources soient produites et utilisées de la manière la plus efficace et la plus propre possible.

Il a souligné une certaine ironie dans les critiques qui parlent de la question lors des réunions de la COP28 ou des discussions sur le climat en général. «Les gens ont tendance à utiliser des superlatifs et à faire des déclarations dramatiques qui n'ont que très peu de rapport avec la réalité», a-t-il indiqué.

«Les pays qui appellent à une réduction de la production de pétrole et de gaz devraient commencer par eux-mêmes. Je n'ai vu aucun de ces pays sans les nommer. Je n'ai vu aucun de ces pays proposer un calendrier de réduction de leur propre production de pétrole et de gaz, et encore moins de charbon, qui est un pollueur bien plus grave», a-t-il dévoilé.

Al-Jubeir a expliqué que l'Arabie saoudite avait jusqu'à présent ciblé des investissements de 186 milliards de dollars dans plus de 80 projets différents (Photo, AFP).

Soulignant l'engagement de l'Arabie saoudite à atténuer les effets du changement climatique tout en insistant sur le rôle important des combustibles fossiles, il a déclaré: «Il n'y a pas de contradiction entre l'engagement de l'Arabie saoudite en faveur du changement climatique, la réponse à ce défi et la production de pétrole et de gaz.»

«Nous (l'Arabie saoudite) croyons en la rationalité. Nous croyons en la logique. Nous croyons qu'il faut être pratique et pragmatique», a-t-il ajouté.

Al-Jubeir a déclaré que l’Arabie saoudite avait mis en place des solutions grâce à des investissements considérables dans les énergies renouvelables et qu'il avait investi dans le réaménagement des villes d'Arabie saoudite, en désignant de vastes zones terrestres et maritimes comme zones protégées.

Il a ajouté que le pays investissait également dans la transformation des déchets en énergie et qu'il consacrait des investissements dans le monde entier pour aider d'autres pays à faire face aux problèmes de climat et d'énergie.

«Nous sommes raisonnables, pratiques, pragmatiques et rationnels. Nous croyons que les conversations et les discussions doivent tourner autour de la logique et de la science, et non autour des émotions et des tentatives de se faire valoir et de marquer un point politique», a-t-il avisé.

Al-Jubeir a souligné l'hypocrisie de certains pays occidentaux qui déploient des politiques contradictoires en matière de pollution.

Al-Jubeir s'est entretenu avec Arab News au moment où la conférence des Nations unies sur le changement climatique, ou COP28, se tient à Dubaï (Photo, Reuters).

«Les pays qui se disent opposés aux hydrocarbures se remettent soudain à produire du charbon, qui est beaucoup plus polluant que le pétrole et le gaz, et cela ne leur pose aucun problème. Pour moi, ce n'est pas une position raisonnable et rationnelle», a-t-il jugé.

Abordant les bénéfices à long terme des énergies renouvelables, Al-Jubeir a signalé que les avantages futurs qui résulteront de l'initiative verte saoudienne dépassent les investissements réalisés par l'Arabie saoudite dans les projets.

«Les énergies renouvelables sont très rentables. Le Fonds d'investissement public investit énormément dans ces domaines, qu'il s'agisse de l'énergie solaire, de l'énergie éolienne, de l'énergie hydraulique, des voitures électriques, des batteries de voitures électriques, parce qu'elles sont très rentables tout en étant très importantes pour lutter contre le changement climatique», a-t-il expliqué.

Pour conclure l'entretien, Al-Jubeir a évoqué le succès de la candidature de l'Arabie saoudite à l'organisation de l'exposition universelle de 2030. «L'idée est la suivante: pour le monde, par le monde, en Arabie saoudite, en 2030», a-t-il déclaré.

Il a qualifié l'année 2030 d’«année parfaite» pour l'Arabie saoudite, car c'est la date butoir du plan de réforme, la Vision 2030 du Royaume.

«L'Arabie saoudite a pour vocation d'être connectée au monde et de permettre au monde d'être connecté à l'Arabie saoudite», a-t-il souligné.

«C'est une question de connexion. Nous sommes le plus grand exportateur d'énergie au monde et nous avons donc un intérêt énorme dans les marchés mondiaux de l'énergie. Nous avons l'intention d'être l'un des plus grands exportateurs d'hydrogène vert et propre. Cela fait de nous un pays important», a-t-il précisé.

«L'Arabie saoudite ne s'est pas contentée de parler. Nous agissons et nous investissons. Et les résultats sont clairs pour tout le monde», a affirmé Al-Jubeir (Photo, AN/ Abdel Rahmane ben Shulhub).

«Nous sommes l'un des plus grands investisseurs dans le système financier communautaire mondial par l'intermédiaire du Fonds d'investissement public», a-t-il déclaré.

Al-Jubeir a affirmé que l'Exposition universelle 2030 à Riyad serait «totalement renouvelable, totalement verte» et que chaque pays aurait son propre pavillon. 

Conformément à l'engagement de l'Arabie saoudite en faveur de la durabilité, il a expliqué que les pavillons seraient conçus pour être recyclés ou reconstruits. «Ils peuvent être démontés et reconstruits dans les pays qui souhaitent les déplacer et être utilisés à d'autres fins, comme une clinique, une école ou un abri», a-t-il expliqué.

«L'Expo 2030 amènera le monde en Arabie saoudite et permettra aux Saoudiens de se connecter au monde. C'est important pour nous. Il s'agira d'une exposition unique et spéciale qui, nous n'en doutons pas, établira la norme pour les expositions à venir», a soutenu Al-Jubeir.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


« Les calculs à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien

« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
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  • Ibrahim Olabi déclare au Conseil de sécurité de l’ONU qu’Israël a frappé la base aérienne d’Abu Al-Duhur à huit reprises et que les incursions et les « actes d’agression » se poursuivent, notamment les enlèvements, les bombardements et d’autres violations
  • La Syrie se trouve « à un moment charnière » alors que des millions de personnes déplacées rentrent enfin chez elles, a déclaré le coordinateur adjoint des secours d’urgence de l’ONU, mais « ce retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », a-t

NEW YORK : Les frappes militaires et les incursions israéliennes poussent la région vers la catastrophe, a déclaré jeudi au Conseil de sécurité de l’ONU le représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, Ibrahim Olabi. 

« La région tout entière se trouve au seuil d’une guerre régionale qui n’épargnerait personne », a-t-il déclaré, en raison des « calculs électoraux étroits du Premier ministre israélien ». 

Ses remarques interviennent alors que de hauts responsables de l’ONU ont informé le Conseil de la situation humanitaire en Syrie et de l’avancement de la transition politique post-Assad. 

Israël a mené huit frappes aériennes contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, a poursuivi ses incursions sur le territoire syrien et a persisté dans des « actes d’agression, notamment des enlèvements, des bombardements et des violations » qui « ne cessent pas », a déclaré M. Olabi. 

Il a critiqué « l’attitude irresponsable » du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui s’est rendu cette semaine auprès des troupes israéliennes du côté syrien du mont Hermon et a déclaré qu’elles y resteraient indéfiniment, qualifiant cela de « défi flagrant à la légitimité internationale et aux résolutions de ce Conseil ». 

Il a indiqué que la Syrie s’engageait sérieusement dans les efforts diplomatiques menés sous l’égide des États-Unis visant à désamorcer l’escalade, mais a averti que « tous les efforts internationaux et régionaux déployés depuis des mois pour assurer la sécurité et la stabilité dans la région risquent désormais d’être réduits à néant par les illusions qui n’existent que dans l’imagination d’un gouvernement imprudent et extrémiste ». 

Les attaques israéliennes « ne nous feront pas changer de cap », a ajouté M. Olabi, ni « le choix de la Syrie en faveur de la stabilité », qui, selon lui, ne peut être réalisé que si Israël met fin à ses attaques, cesse ses incursions, se conforme pleinement à l’accord de désengagement de 1974 et se retire des territoires qu’il occupe depuis le 8 décembre 2024. 

Abordant la question du Golan occupé, M. Olabi a cité la résolution 497 du Conseil de sécurité, adoptée en 1981, et en a rappelé la conclusion selon laquelle la « décision d’Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration dans le Golan syrien occupé » était « nulle et non avenue, et sans effet juridique international ». 

Il a noté qu’une résolution de l’Assemblée générale adoptée ce mois-ci, réaffirmant ce principe, avait recueilli le soutien de 123 États, contre 97 auparavant. 

M. Olabi a exposé sa vision de ce qu’il a qualifié de tournant pour la Syrie. Il a notamment mis en avant trois événements marquants survenus ce mois-ci. Premièrement, la visite du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à Damas, qui, selon lui, a mis fin à « une ère de tensions entre les Nations unies et la Syrie » au profit d’« une nouvelle phase […] placée sous le signe du partenariat ». 

Deuxièmement, la visite du Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, qui a marqué ce qu’il a qualifié de fin de « l’ère des déplacements et des réfugiés » et le début d’une ère de « retour », plus de 3 millions de Syriens étant déjà rentrés chez eux. 

Et troisièmement, la visite de Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui, selon lui, a ouvert «une nouvelle phase de coopération plus large» après «l’ère de l’ambiguïté». 

M. Olabi s’est également félicité de la décision prise cette semaine par les États-Unis de retirer la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme après 47 ans, et a remercié le président Donald Trump. 

Il a évoqué le réchauffement des relations avec la Russie, la Chine et le Pakistan, et a souligné que l’intégration et la dissolution complètes des Forces démocratiques syriennes au sein de l’Armée arabe syrienne constituaient la preuve d’« un véritable processus d’intégration nationale […] fondé sur l’égalité entre les citoyens et non sur des quotas sectaires ». 

Il a cité une série de signes de reprise économique en Syrie : la reprise des vols internationaux vers l’Allemagne ; de nouveaux systèmes de paiement électronique ; les préparatifs en vue de sortir de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI), qui recense les pays présentant des faiblesses reconnues dans leurs efforts de lutte contre le blanchiment d’argent et d’autres crimes financiers ; et la réouverture du salon commercial de la Foire internationale de Damas. 

Pour les Syriens, « le rétablissement d’un vol direct ou l’ouverture d’un compte bancaire… ce ne sont pas des détails mineurs ; ce sont au contraire des signes du retour à la vie elle-même », a déclaré M. Olabi. 

Il a également noté que les tribunaux avaient rendu des jugements à l’encontre de l’ancien président syrien, Bachar al-Assad, de son frère Maher et d’autres membres de l’ancien régime pour des crimes commis contre des citoyens syriens, et a remercié le Liban d’avoir extradé un ancien officier recherché. 

Moment charnière

Lors d’un point d’information au Conseil sur la situation humanitaire en Syrie, Indrika Ratwatte, secrétaire général adjoint par intérim et coordinateur adjoint des secours d’urgence, a déclaré que le pays se trouvait « à un moment charnière », avec près de 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et plus de 1,7 million de réfugiés ayant regagné leur foyer depuis la chute du régime d’Assad en décembre 2024. 

Il a toutefois averti que « le retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », soulignant que plus de 5,5 millions de personnes restent déplacées à l’intérieur du pays, dont 833 000 vivent dans plus de 1 200 camps. 

Il a indiqué que les engins explosifs avaient fait plus de 2 400 victimes, dont 865 morts, depuis décembre 2024, et que l’appel humanitaire international en faveur de la Syrie n’était financé qu’à hauteur de 30 %. 

« C’est précisément le moment où les investissements peuvent transformer des progrès fragiles en une reprise durable », a déclaré M. Ratwatte, appelant à un financement soutenu, à un soutien aux rapatriés et à des efforts pour « empêcher la Syrie d’être entraînée dans un conflit régional ». 

S’exprimant depuis Damas, le représentant spécial adjoint pour la Syrie, Claudio Cordone, s’est félicité de la décision américaine de lever la désignation de la Syrie comme «État soutenant le terrorisme », et a cité une projection du Fonds monétaire international prévoyant «une croissance à deux chiffres en 2026» pour le pays. 

Il a toutefois averti que « la pauvreté généralisée et la recrudescence de l’inflation signifient que les conditions restent très difficiles pour la plupart des Syriens ». 

M. Cordone a également fait part de ses inquiétudes concernant la poursuite des opérations militaires israéliennes dans le sud de la Syrie, « notamment les incursions terrestres répétées, les perquisitions domiciliaires et la destruction de biens privés et agricoles », et a déclaré que la présence d’Israël à l’est de la ligne de cessez-le-feu « violait la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie ». 

Il a condamné la frappe israélienne du 18 août contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, dans le gouvernorat d’Idlib, et s’est félicité des « récents contacts directs entre Israël et la Syrie et des pourparlers en Jordanie », ainsi que des efforts de médiation américains. Il a également soulevé un certain nombre de préoccupations d’ordre national, notamment des informations faisant état de décès en détention et de disparitions, et a exhorté les autorités syriennes à instaurer « un moratoire sur toutes les exécutions ».


Syrie: le président Chareh fait du chef kurde Mazloum Abdi l'un de ses conseillers

Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
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  • M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI)
  • Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat

DAMAS: Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas.

"Moustafa Khalil Abdi est nommé conseiller auprès de la présidence de la République", indique le décret signé par M. Chareh et publié par l'agence de presse officielle Sana.

M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.

L'accord d'intégration représente une victoire majeure pour M. Chareh, mais met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes.

"Absolument historique": l'envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, s'est félicité mardi de cette décision qui "ressemble à une véritable intégration (...) visant à renforcer la souveraineté de la Syrie".

"Sacrifices consentis"

"Garantir des rôles de premier plan à nos précieux partenaires", y compris M. Abdi au sein du gouvernement, "témoigne du respect dû à leur leadership, aux sacrifices consentis par nos partenaires kurdes et à la contribution constructive qu'ils ont apportée à la stabilité régionale", avait ajouté M. Barrack, sans préciser quel rôle l'ex-chef des FDS était appelé à occuper.

Les FDS ont été formées en 2015 à l'initiative des Etats-Unis, impressionnés par les combattants kurdes qui avaient vaincu l'EI à Kobané, dans le nord de la Syrie, et qui cherchaient un partenaire fiable dans la lutte en cours contre les jihadistes.

A leur apogée, elles comptaient environ 100.000 combattants, kurdes et arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, des régions riches en pétrole.

Mais Mazloum a adhéré à l'accord d'intégration à la suite des affrontements de janvier dernier, au cours desquels les Kurdes ont perdu de vastes portions de territoire au profit des troupes gouvernementales, alors même que Washington, soutien de longue date des Kurdes, se rapprochait des nouvelles autorités de Damas.

M. Chareh a de son côté signé un décret consacrant les droits nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue nationale – une mesure sans précédent depuis l'indépendance de la Syrie en 1946.

M. Abdi a annoncé la semaine dernière que l'intégration de l'administration kurde à l'Etat syrien était achevée, ajoutant "notre combat se poursuivra afin d'inscrire les droits de notre peuple dans la Constitution."


Tunisie: pour les coupures d'eau et électricité, le président dénonce des «actes prémédités»

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
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  • Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics
  • Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés"

TUNIS: Le président tunisien Kais Saied, doté des pleins pouvoirs depuis l'été 2021, a dénoncé des "actes prémédités" visant à "attiser les tensions" pour expliquer les coupures d'eau et d'électricité qui rythment le quotidien des Tunisiens depuis le début de l'été.

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics.

Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés".

M. Saied s'est exprimé après une réunion avec sa cheffe de gouvernement, les ministres concernés et les dirigeants des deux entreprises publiques, Steg (électricité) et Sonède (eau).

Dans son communiqué, M. Saied, coutumier des déclarations à caractère complotiste, affirme que "les enquêtes ont démontré" que les coupures "dans plusieurs zones ne résultaient pas de pannes ordinaires".

Selon lui, il s'agit "d'actes prémédités visant à enflammer la situation par tous les moyens, à répandre mensonges et rumeurs afin de semer la confusion" et à "maltraiter les citoyens jusque dans les services les plus élémentaires".

Comme en juillet, la Steg a recommencé à publier des avis de "délestages", destinés à soulager son réseau sous forte tension, en listant les villes concernées ainsi que les quartiers de Tunis, une agglomération d'environ trois millions d'habitants sur 12 millions.

Les Tunisiens subissent aussi de fréquentes coupures d'eau, car une bonne partie de l'approvisionnement en eau courante nécessite un pompage.

La production de bouteilles d'eau minérale, dont les Tunisiens sont de gros consommateurs, a en outre été perturbée par ces coupures d'électricité et une pénurie de bouteilles en plastique. Dans les supermarchés, l'eau est rationnée à un pack de six par personne et est devenue introuvable dans les épiceries.

"Les ennemis de la patrie et ceux qui les soutiennent sont désormais démasqués aux yeux du peuple tunisien", a poursuivi M. Saied, prévoyant "un échec" pour ces "tentatives de provocation" et "ces plans criminels, d'où qu'ils viennent" tant que le pays restera "soudé".

En juillet 2021, M. Saied avait limogé son Premier ministre et gelé le Parlement, réduit depuis à un rôle de chambre d'enregistrement.

Plusieurs ONG tunisiennes et étrangères, dont Human Rights Watch et Amnesty International, l'ont accusé de dérive autoritaire à travers une restriction des droits et libertés et l'emprisonnement des principaux leaders de l'opposition, de dizaines de journalistes, avocats et militants.