GB: Sunak assure que son plan pour envoyer les migrants au Rwanda «va marcher»

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak s'exprime lors des questions du Premier ministre à la Chambre des communes à Londres, le 6 décembre 2023 (Photo, Reuters).
Le Premier ministre britannique Rishi Sunak s'exprime lors des questions du Premier ministre à la Chambre des communes à Londres, le 6 décembre 2023 (Photo, Reuters).
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Publié le Jeudi 07 décembre 2023

GB: Sunak assure que son plan pour envoyer les migrants au Rwanda «va marcher»

  • Rishi Sunak a également affirmé qu'il n'autoriserait «aucune cour étrangère à bloquer» les vols en direction du Rwanda
  • La démission mercredi soir de son ministre de l'Immigration Robert Jenrick a encore fait monter la pression sur le chef du gouvernement fragilisé

LONDRES: Le Premier ministre britannique Rishi Sunak a affirmé jeudi que son projet de loi visant à expulser au Rwanda des migrants illégaux allait "marcher", en plein bras de fer avec l'aile droite de son parti.

"Nous ferons décoller ces avions. Nous dissuaderons les immigrés clandestins de venir ici, et nous arrêterons enfin les bateaux" qui arrivent sur les côtes britanniques en traversant la Manche, a martelé M. Sunak lors d'une conférence de presse à Londres.

La démission mercredi soir de son ministre de l'Immigration Robert Jenrick, au moment même où le projet de loi était présenté devant le Parlement, a encore fait monter la pression sur le chef du gouvernement fragilisé, à quelques mois d'élections législatives pour lesquelles son parti est donné largement perdant.

La nouvelle mouture du texte qui doit être soumis au vote le 12 décembre ne va "pas assez loin", a jugé M. Jenrick, qui veut empêcher tout recours légal contre les expulsions vers le Rwanda.

L'ex ministre britannique de l'Intérieur Suella Braverman, limogée le mois dernier par Rishi Sunak et porte-voix de ces partisans d'une ligne dure contre l'immigration, l'a exhorté jeudi à "changer de cap" et à "modifier ce projet de loi" voué selon elle à l'échec.

Le texte présenté jeudi aux députés, troisième version d'un projet controversé porté initialement par l'ancien Premier ministre Boris Johnson et bloqué à plusieurs reprises par la justice, "répond fondamentalement aux préoccupations de la Cour suprême", a assuré Rishi Sunak.

Les magistrats avaient jugé le projet illégal en l'état le mois dernier, s'inquiétant pour la sécurité des migrants expulsés au Rwanda.

Le gouvernement conservateur tente depuis de sauver son projet, et le nouveau texte doit permettre de ne pas appliquer aux expulsions et aux détentions de migrants certaines sections de la loi britannique sur les droits humains.

«Tenir cette promesse»

Rishi Sunak a également affirmé qu'il n'autoriserait "aucune cour étrangère à bloquer" les vols en direction du Rwanda, et que ce projet mettrait un terme "à la série de recours juridiques qui ont bloqué notre politique pendant bien trop longtemps".

En juin 2022, un premier avion qui devait emmener une poignée de migrants à Kigali avait été annulé à la dernière minute après une injonction d'un juge de la Cour européenne des droits de l'Homme.

"Si la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg choisit d'intervenir contre la volonté expresse de notre Parlement souverain, je ferai ce qu'il faut pour que les vols soient autorisés", a aussi assuré le chef du gouvernement.

"Nos tribunaux ne pourront plus utiliser aucune loi nationale ou internationale, y compris la loi sur les droits de l'homme, pour nous empêcher d'expulser des migrants illégaux", a-t-il assuré.

Quelque 29.700 personnes sont arrivées au Royaume-Uni cette année à bord de petits bateaux, contre 45.700 en 2022.

"Ce projet ne fonctionnera pas et n'arrêtera pas les bateaux", car certaines clauses permettront aux migrants de formuler "toute une série de revendications individuelles" devant les tribunaux pour contester leur expulsion au Rwanda, a affirmé de son côté Suella Braverman sur la BBC.

Pour mener ce projet à son terme, l'ex patronne du Home office plaide pour que Londres se retire de la Convention européenne des droits de l'Homme et autres conventions internationales sur les droits humains.

Le Premier ministre a toutefois estimé que si le Royaume-Uni évinçait "totalement les tribunaux, tout le système s'effondrerait". Le Rwanda en effet a averti qu'il se retirerait du traité bilatéral signé mardi si Londres ne respectait pas le droit international.

Les sondages avant les législatives, attendues d'ici janvier 2025, donnent les conservateurs largement battus par l'opposition travailliste, créditée d'une avance de près de vingt points.

"Nous devons tenir cette promesse clé (d'arrêter les bateaux), c'est ainsi que nous gagnerons les prochaines élections législatives", a insisté Suella Braverman.


L'Ukraine affirme avoir détruit un navire de guerre russe en mer Noire

Un militaire de la Garde maritime du Service national des frontières de l'Ukraine ajuste son casque lors de l'inspection d'un navire de charge à la recherche d'articles et de substances interdits avant d'entrer dans un port de la partie nord-ouest de la mer Noire, le 18 décembre 2023. Photo d'illustration. (AFP).
Un militaire de la Garde maritime du Service national des frontières de l'Ukraine ajuste son casque lors de l'inspection d'un navire de charge à la recherche d'articles et de substances interdits avant d'entrer dans un port de la partie nord-ouest de la mer Noire, le 18 décembre 2023. Photo d'illustration. (AFP).
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  • Les forces ukrainiennes ont affirmé mardi avoir détruit un patrouilleur de guerre russe, près du détroit de Kertch en Mer Noire
  • Le porte-parole du GUR, Andriy Yusov, a déclaré que le navire avait déjà été touché lors d'une précédente attaque mais qu'il "a été détruit c'est certain cette fois"

KIEV: Les forces ukrainiennes ont affirmé mardi avoir détruit un patrouilleur de guerre russe, près du détroit de Kertch en Mer Noire.

"A la suite de l'attaque de drones maritimes Magura V5, le navire russe Projet 22160 +Sergei Kotov+ a subi des dommages à l'arrière, à tribord et à bâbord", a précisé le département du renseignement militaire ukrainien (GUR) sur Telegram.

Le porte-parole du GUR, Andriy Yusov, a déclaré que le navire avait déjà été touché lors d'une précédente attaque mais qu'il "a été détruit c'est certain cette fois", lors d'une attaque dans la nuit de lundi à mardi.

"En ce qui concerne l'équipage, la situation est en train d'être clarifiée. Il y a des morts et des blessés. Cependant, il est probable qu'une partie de l'équipage ait réussi à évacuer", a-t-il précisé.

Le ministère russe de la Défense n'a pas fait jusque-là de commentaire sur une attaque de drone naval en mer Noire.

En deux ans de guerre, les forces de Kiev ont réussi à faire battre en retraite la puissante flotte russe en mer Noire à l'aide de missiles et de drones maritimes.

Selon l'armée ukrainienne, environ un tiers des navires militaires russes ont été "mis hors d'état de nuire" dans cette zone.


L'UE veut muscler sa défense deux ans après l'invasion russe de l'Ukraine

Face à la menace russe, la Commission européenne veut muscler les capacités de défense sur le continent (Photo, AFP).
Face à la menace russe, la Commission européenne veut muscler les capacités de défense sur le continent (Photo, AFP).
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  • «La menace d'une guerre n'est peut-être pas imminente mais elle n'est pas impossible», a plaidé la semaine dernière Ursula von der Leyen
  • La guerre en Ukraine a contraint Bruxelles à innover et la stratégie européenne de défense, que doit présenter mardi le commissaire européen Thierry Breton

BRUXELLES: Face à la menace russe, la Commission européenne veut muscler les capacités de défense sur le continent. Bruxelles propose mardi de financer une partie des achats d'armes décidés en commun par les 27, comme cela a déjà été fait pour les munitions.

"La menace d'une guerre n'est peut-être pas imminente mais elle n'est pas impossible", a plaidé la semaine dernière à Strasbourg la présidente de l'exécutif européen Ursula von der Leyen, appelant les Européens à se "réveiller de toute urgence".

Il est donc essentiel, a-t-elle insisté, de "reconstruire (...) et de moderniser les forces armées des 27", après des décennies de coupes budgétaires dans le sillage de la fin de l'Union soviétique au début des années 1990.

La guerre en Ukraine a contraint Bruxelles à innover et la stratégie européenne de défense, que doit présenter mardi le commissaire européen Thierry Breton, s'inspire de certains des mécanismes mis en place dans l'urgence, dont le programme Asap d'achats de munitions.

Ce programme va permettre, selon Thierry Breton, de porter à deux millions d'obus la capacité annuelle de production européenne en 2025, contre moins du quart de ce nombre avant l'invasion russe de l'Ukraine déclenchée le 24 février 2022.

"Nous le faisons dans les munitions d'artillerie, nous devons désormais le faire sur l'ensemble des équipements nécessaires à notre sécurité", a plaidé l'ancien ministre français.

La Commission européenne propose donc de favoriser les acquisitions en commun d'armes, produites dans l'Union européenne. Car depuis l'invasion de février 2022, près de 70% des armements achetés par les Européens pour aider Kiev proviennent des Etats-Unis, a souligné un responsable européen sous couvert d'anonymat.

Rattraper le retard

Le but est de rattraper le retard et de rendre l'industrie européenne aussi compétitive que sa rivale américaine. Bruxelles va donc proposer aux 27 un "mécanisme européen" de ventes d'armes proche du modèle américain.

Elle suggère ainsi la création d'un "catalogue unique" après avoir constaté que les Etats membres ne savent pas vraiment qui fait quoi dans l'Europe de la défense, fait valoir ce responsable européen.

Autre problème, les Etats-Unis disposent d'une réserve stratégique d'armements leur permettant de répondre à une demande urgente. En clair, ils fabriquent un peu plus que ce que le contrat d'armement prévoit afin de constituer ce stock mobilisable très rapidement si nécessaire et sans appel d'offres.

L'idée est qu'à terme les Européens fassent la même chose en se regroupant à cinq ou six pour constituer une réserve dans un équipement spécifique, afin de rendre les industriels européens aussi réactifs que leurs rivaux américains.

Ensuite, il faut donner de la visibilité aux industriels européens en favorisant des commandes fermes sur le long terme, a encore expliqué ce responsable européen.

L'idée serait de reproduire ce qui a été fait pendant la Covid avec les vaccins, c'est-à-dire un contrat-cadre, par lequel la Commission avance l'argent, permettant aux Etats membres de relancer leur industrie afin de répondre à ce contrat, selon ce même responsable.

A plus long terme, la Commission veut aussi participer au lancement de grands projets européens de défense dans des domaines comme le cyber, l'espace et la protection des fonds marins après les sabotages de gazoducs en mer Baltique en septembre 2022.

Cet ensemble de "décisions audacieuses", selon Mme von der Leyen, va rendre nécessaire une "ambition budgétaire adéquate", a prévenu Thierry Breton, qui la chiffre à environ 100 milliards d'euros.

Certains Etats membres, dont la France, suggèrent de lancer un emprunt européen au même titre que celui mis en œuvre face à la menace de la Covid. Mais pour d'autres Etats, comme l'Allemagne, c'est loin d'être indispensable.

Pour contourner cet écueil, Mme von der Leyen suggère d'utiliser les bénéfices exceptionnels tirés des avoirs russes gelés en Europe, soit une somme pouvant atteindre 50 milliards d'euros, selon l'envoyé spécial de la Grèce pour l'Ukraine, Spiros Lampridis.


Shehbaz Sharif prête serment comme Premier ministre du Pakistan, mettant fin à des semaines d'agitation politique

Sur cette photo prise et diffusée par la Maison du Président du Pakistan le 4 mars 2024, le président pakistanais Arif Alvi (2R) fait prêter serment au nouveau Premier ministre Shehbaz Sharif (2L) à la Maison du Président à Islamabad. (Fourni)
Sur cette photo prise et diffusée par la Maison du Président du Pakistan le 4 mars 2024, le président pakistanais Arif Alvi (2R) fait prêter serment au nouveau Premier ministre Shehbaz Sharif (2L) à la Maison du Président à Islamabad. (Fourni)
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  • C'est le deuxième mandat de Sharif, qui a déjà occupé le poste de Premier ministre entre avril 2022 et août 2023
  • Le nouveau gouvernement est confronté à une série de défis politiques, économiques et sécuritaires complexes

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a été investi pour un deuxième mandat lundi, prenant ainsi la direction d'un pays agité de 241 millions d'habitants, confronté à d'énormes défis politiques, économiques et sécuritaires. À 72 ans, Sharif a officiellement pris ses fonctions lors d'une cérémonie de prestation de serment au bureau présidentiel dans la capitale, Islamabad. 

Dimanche, Sharif, candidat de la Ligue musulmane du Pakistan (PML-N) et des alliés de sa coalition, a remporté une victoire confortable face à Omar Ayoub Khan, candidat du parti Sunni Ittehad Council, soutenu par le parti Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI) de l'ancien Premier ministre emprisonné, Imran Khan. 

Son élection intervient trois semaines après que les élections générales du 8 février ont donné lieu à une Assemblée nationale divisée, déclenchant des semaines de manifestations des partis de l'opposition en raison d'allégations de fraude électorale et de manipulation des votes.

«En tant que Premier ministre du Pakistan, je remplirai ma mission et j'exercerai mes fonctions honnêtement, au mieux de mes capacités, fidèlement conformément à la Constitution de la République islamique du Pakistan et à la loi», a déclaré Shehbaz lors de sa prestation de serment. 

Dans son premier discours après sa victoire dimanche, Sharif a souligné les difficultés économiques du pays évaluées à 350 milliards de dollars (un euro = 0,92 euro), affirmant qu’elles nécessiteraient des «réformes radicales» pour surmonter ses défis financiers. 

«Un Pakistan doté de l’arme nucléaire peut-il survivre avec le fardeau de la dette?», s’était-il interrogé. «Il le pourra si nous décidons collectivement d'une intervention profonde et d’un changement de système. Nous devons apporter des réformes.»

Sharif, frère cadet de l'ancien Premier ministre Nawaz Sharif, a joué un rôle clé en tant que Premier ministre en maintenant une coalition de partis disparates pendant seize mois après que le Parlement a destitué Imran Khan de ses fonctions en avril 2022, et en obtenant la conclusion d’un accord de sauvetage du Fonds monétaire international (FMI) en 2023.

Shehbaz Sharif doit désormais faire face à un ensemble de crises politique, économique et sécuritaire imbriquées, tout comme lors de son précédent mandat. 

Sa priorité immédiate sera de renégocier un nouveau plan de sauvetage avec le FMI, le programme actuel expirant ce mois-ci. 

Cependant, l’adoption d’un nouveau programme impliquera de s'engager à des mesures strictes nécessaires pour la reprise économique, mais qui limitera la marge de manœuvre politique pour répondre aux préoccupations d’une population profondément frustrée et soutenir les secteurs industriels réclamant l’intervention du gouvernement pour stimuler la croissance.

L'inflation caracole à 38 % avec une dépréciation record de la monnaie nationale sous le dernier gouvernement de Sharif, principalement en raison des réformes structurelles rendues nécessaires par le programme du FMI. Le Pakistan est toujours en proie à une crise économique, avec une inflation élevée oscillant autour de 30 %, et une croissance économique ralentie à environ 2 %.

Le nouveau Premier ministre devra également faire face à une recrudescence des attaques des talibans pakistanais et d'autres groupes, notamment des séparatistes. 

Mais le défi le plus grave se situe sur le front politique.

Les candidats indépendants soutenus par Khan ont remporté le plus grand nombre de sièges, soit 93, après les élections, mais le PML-N et le Parti du peuple pakistanais (PPP) de la dynastie Bhutto sont convenus d'une alliance pour former un gouvernement de coalition. Aucun parti n'a remporté la majorité absolue.

Le parti Sunni Ittehad Council, soutenu par Khan, affirme que les élections ont été truquées contre lui et a appelé à un audit des scrutins. Réduire les tensions politiques sera donc un défi majeur pour Sharif, alors que Khan conserve un soutien populaire massif au Pakistan. En outre, une répression continue de son parti et son maintien en détention risqueraient probablement d'exacerber les tensions à un moment où la stabilité est nécessaire pour attirer les investissements étrangers afin de soutenir l'économie.

Pour l'instant, l'opposition dirigée par Khan a indiqué qu'elle «coopérerait» avec le nouveau gouvernement sur les questions d'intérêt public mais continuerait de protester contre la prétendue manipulation des résultats électoraux.

Sharif devra également gérer les relations avec l'armée toute-puissante, qui domine directement ou indirectement le Pakistan depuis son indépendance en 1947. Contrairement à son frère aîné, qui a eu des relations houleuses avec l'armée lors de ses trois mandats, le jeune Sharif est considéré comme plus acceptable et conciliant par les généraux, selon la plupart des analystes indépendants.

Pendant plusieurs années, l'armée a nié toute ingérence dans la politique du pays. Il n’en demeure pas moins qu’elle est directement intervenue par le passé pour renverser les gouvernements civils, sans compter qu’aucun Premier ministre n'a terminé un mandat complet de cinq ans depuis l'indépendance.


Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com