Yémen: Les Houthis promettent de continuer à bloquer la mer Rouge pour les navires israéliens

Des hommes armés se tiennent sur la plage alors que le navire commercial Galaxy Leader, saisi par les Houthis le mois dernier, est ancré au large de la côte d'Al-Salif, au Yémen, le 5 décembre 2023 (Photo, Reuters).
Des hommes armés se tiennent sur la plage alors que le navire commercial Galaxy Leader, saisi par les Houthis le mois dernier, est ancré au large de la côte d'Al-Salif, au Yémen, le 5 décembre 2023 (Photo, Reuters).
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Publié le Vendredi 08 décembre 2023

Yémen: Les Houthis promettent de continuer à bloquer la mer Rouge pour les navires israéliens

  • Le ministre de la Défense des Houthis, Mohammed Nasser al-Atefi, a déclaré que la milice continuerait à bloquer la mer Rouge aux navires appartenant ou exploités par Israël
  • L'envoyé américain au Yémen discute avec un haut responsable du Yémen des menaces que les milices font peser sur le trafic commercial international et des efforts de paix

AL-MUKALLA: Les Houthis ont de nouveau menacé de lancer des missiles et des attaques de drones contre les navires israéliens traversant la mer Rouge, ainsi que contre Israël lui-même, alors que la pression internationale sur la milice yéménite s'accroît.

Le ministre de la Défense des Houthis, Mohammed Nasser al-Atefi, a déclaré mercredi que la milice continuerait à bloquer la mer Rouge pour les navires appartenant ou exploités par Israël et qu'elle tirerait des missiles balistiques et des drones sur Israël, défiant ainsi les appels internationaux demandant à la milice de cesser de menacer la navigation maritime en mer Rouge.

«Pour soutenir notre peuple à Gaza, la marine, les missiles et les drones sont prêts à mener les attaques individuelles et collectives les plus dures sur des cibles fixes ou mobiles en Israël», a averti Al-Atefi en s'adressant à un groupe d'officiers militaires et sécuritaires, ainsi qu'aux médias, à bord du navire cargo Galaxy Leader qui a été saisi.

Les avertissements d'Al-Atefi sont intervenus alors que l'armée de la milice a déclaré avoir tiré un certain nombre de missiles balistiques visant des sites militaires à Eilat, au sud d'Israël.

Depuis le début du mois, les Houthis ont tiré des drones et des missiles balistiques en direction d'Israël et de navires commerciaux en mer Rouge, en réponse à l'assaut israélien à Gaza.

Plusieurs drones et missiles ont été interceptés au-dessus de la mer Rouge par des navires de la marine américaine.

Les Houthis se sont emparés du cargo Galaxy Leader, appartenant à Israël, en mer Rouge le 19 novembre et l'ont détourné vers le rivage d’Al-Hodeïda, au Yémen.

La milice a transformé le navire saisi en attraction touristique, permettant aux visiteurs de monter à bord pour 500 riyals yéménites (1 riyal yéménite = 0,0037 euro) (près d'un dollar dans les villes houthies).

Des personnes ont été vues errant autour du navire, dansant en groupe et mâchant les feuilles de qat, selon des influenceurs des réseaux sociaux.

Mettre fin au conflit

Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent de petites embarcations transportant les passagers du rivage d’Al-Hodeïda jusqu'au navire.

D'autres passagers ont été aperçus en train de prendre des photos et d'agiter des drapeaux palestiniens et yéménites.

Les slogans des Houthis étaient affichés sur le bateau.

«Le bateau est accessible à tous pour 500 riyals. La vie est belle ici, car on peut mâcher du qat, changer d'humeur, fumer la chicha et même gagner sa vie», a déclaré Mustafa al-Maouri, un influenceur yéménite en ligne sur le pont supérieur du bateau, qui a été enlevé par les Houthis et jugé au début de l'année.

Par ailleurs, Tim Lenderking, l'envoyé américain au Yémen, a rencontré Aidarous al-Zubeidi, vice-président du Conseil présidentiel de transition du Yémen, à Dubaï jeudi, pour discuter des menaces des Houthis sur le trafic commercial international en mer Rouge et des efforts de paix visant à mettre fin au conflit yéménite.

«Nous avons discuté des préoccupations et des défis urgents en matière de sécurité maritime en mer Rouge et à Bab al-Mandab, compte tenu de la récente escalade des Houthis, et nous avons examiné ensemble les dernières informations concernant le processus de paix politique mené par l'ONU afin de mettre fin à la guerre au #Yémen», a déclaré Al-Zubeidi sur la plate-forme de médias sociaux X.

Le département d'État américain a déclaré que Lenderking s'était rendu dans la région lundi pour encourager une résolution pacifique de la crise au Yémen et pour discuter avec les partenaires américains des mesures à prendre pour garantir la sécurité du commerce international.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Qatar affirme que les pays du Golfe sont «unis» dans leur appel à la désescalade

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  • "Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari
  • Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février

DOHA: Les pays du Golfe sont "unis" dans leur appel à une désescalade dans la guerre au Moyen-Orient, a affirmé mardi le Qatar, alors que l'Iran poursuit ses attaques de représailles contre ses voisins de la région.

"Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.

Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, tandis que leurs exportations d'hydrocarbures sont affectées par la fermeture de facto du détroit d'Ormuz.

Lundi, une commission parlementaire iranienne a approuvé un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par ce détroit stratégique par lequel passait environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le détroit a été "fermé en raison d'une opération militaire", et son avenir est "une question que l'ensemble de la région et les partenaires internationaux doivent décider collectivement", a déclaré le responsable qatari.

"Je pense que nous avons pris une décision collective, dans le Golfe, pour traiter cela comme une menace collective", a-t-il insisté.

Pays le plus visé par les attaques iraniennes, les Emirats arabes unis se sont démarqués ces derniers jours de leurs voisins en adoptant un ton plus offensif à l'égard de Téhéran.

"Un simple cessez-le-feu n'est pas suffisant. Nous avons besoin d'un résultat concluant qui réponde à l'ensemble des menaces iraniennes: capacités nucléaires, missiles, drones, mandataires terroristes et blocages des voies maritimes internationales", a écrit leur ambassadeur à Washington, Yousef Al Otaiba, la semaine dernière dans une tribune du Wall Street Journal.

Le diplomate émirati a affirmé que son pays était prêt "à rejoindre une initiative internationale pour rouvrir le détroit et le maintenir ouvert".


Plus de 200.000 personnes sont parties du Liban vers la Syrie depuis le début de la guerre 

Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
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  • "Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie
  • "Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR

GENEVE: Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie par les trois points de passage officiels", a déclaré Aseer al-Madaien, représentante par intérim du HCR en Syrie, lors d'un point presse donné en visioconférence à Genève depuis Damas.

"Ces chiffres ont été fournis par les autorités et confirmés par nos collègues sur le terrain", a-t-elle ajouté, précisant que "la grande majorité" de ces personnes, soit "près de 180.000, sont des Syriens, notamment des réfugiés syriens qui avaient déjà fui la Syrie pour trouver refuge au Liban et qui sont aujourd'hui contraints de fuir à nouveau".

"Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei.

Le Liban avait accueilli plus d'un million de réfugiés syriens qui ont fui leur pays pendant la guerre civile déclenchée par la répression d'un soulèvement populaire contre le pouvoir de Bachar al-Assad en 2011.

Plus d'un demi-million de ces réfugiés ont regagné leur pays depuis la chute d'Assad fin 2024.

Le HCR a indiqué que son plan d'urgence pour les personnes rejoignant précipitamment la Syrie depuis le Liban prévoyait "un nombre pouvant atteindre de 300 à 350.000 personnes".

"Ce nombre dépendra en grande partie d'éventuelles opérations terrestres supplémentaires. Parallèlement, le gouvernement syrien nous a informés qu'il mettait en place un plan d'urgence au cas où davantage de Libanais se dirigeraient vers la Syrie", a ajouté Mme al-Madaien.


Israël occupera une partie du sud du Liban après la guerre, déclare son ministre de la Défense

 Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
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  • "Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties"
  • "Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza"

JERUSALEM: Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz.

"A la fin de cette opération, Tsahal (l'armé israélienne, NDLR) s'installera dans une zone de sécurité à l'intérieur du Liban, sur une ligne défensive contre les missiles antichars, et maintiendra le contrôle sécuritaire de toute la zone jusqu'au Litani", fleuve qui s'écoule à une trentaine de kilomètres au nord de la ligne de démarcation entre Israël et le Liban, a déclaré M. Katz, dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties", a ajouté M. Katz.

"Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza, afin d'éliminer une fois pour toutes les menaces le long de la frontière qui pèsent sur les habitants du nord", a encore ajouté M. Katz en référence à deux villes de la bande de Gaza dévastées par les opérations militaires d'Israël dans sa guerre contre le Hamas après le 7 octobre 2023.

Le Liban a été entraîné dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part et l'Iran d'autre part par une attaque le 2 mars du mouvement islamiste Hezbollah contre Israël en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour du conflit.

Depuis lors, les frappes israéliennes massives sur le pays du Cèdre ont tué plus de 1.200 personnes et en ont blessé plus de 3.600, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. L'armée israélienne affirme elle avoir éliminé "850 terroristes" au Liban.

M. Katz ne cesse de multiplier les déclarations martiales à l'encontre du Liban et des Libanais.

Dimanche, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a indiqué lui avoir écrit pour exprimer ses "vives préoccupations concernant (des propos tenus récemment par des responsables israéliens) qui sapent le respect du droit international humanitaire" et dénotent selon elle une volonté de s'y soustraire.

Dans une copie de la lettre publiée par HRW, cette dernière lui reproche nommément ses propos du 16 mars, dans lesquels il menaçait déjà d'empêcher le retour des personnes ayant fui la région au sud du Litani.

"Utiliser le refus du retour des civils comme outil de négociation constitue un déplacement forcé, ce qui est interdit par les lois de la guerre et peut constituer un crime de guerre", écrit l'ONG.

Depuis le 2 mars, le Hezbollah a tiré "entre 4.000 et 5.000 roquettes, drones et missiles, ainsi que des mortiers (...) en direction d'Israël, certains en direction de nos troupes, d'autres vers des communautés civiles", a déclaré mardi le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l'armée israélienne.