Une fuite indique que des groupes pro-israéliens ont une influence sur les lois votées aux États-Unis

Des groupes de pression pro-israéliens influencent les forces de l'ordre aux États-Unis par le biais de programmes de formation et de conseil (Photo, Fournie).
Des groupes de pression pro-israéliens influencent les forces de l'ordre aux États-Unis par le biais de programmes de formation et de conseil (Photo, Fournie).
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Publié le Samedi 09 décembre 2023

Une fuite indique que des groupes pro-israéliens ont une influence sur les lois votées aux États-Unis

  • Selon un ancien agent du FBI: «Il est inquiétant que les services de sécurité d'un pays étranger soient alignés sur les flics des rues américaines»
  • La fuite soulève des questions sur le traitement des militants pro-palestinien

LONDRES: Des groupes de pression pro-israéliens influencent les forces de l'ordre aux États-Unis par le biais de programmes de formation et de conseil, comme le montrent des documents de police ayant fait l'objet d'une fuite.

La série de données BlueLeaks, piratée à partir d'organismes américains chargés de l'application de la loi en 2020, contient des fichiers montrant que la police a reçu une formation dans le cadre de programmes des Forces de Défense Israéliennes (FDI) sur la gestion de l'extrémisme islamiste, a rapporté The Guardian.

L'Anti-Defamation League, un groupe de défense des intérêts juifs basé aux États-Unis, entretient des relations étroites avec les forces de l'ordre, l'organisation accueillant des séances de formation pour les agents sur la « nature évolutive des extrémistes islamiques ».

BlueLeaks montre des renseignements distribués par des programmes fédéraux d'application de la loi, notamment des centres de fusion, qui échangent des informations entre les agences locales, étatiques et fédérales.

BlueLeaks révèle que des membres du personnel de l'ADL ont participé à des événements organisés par des centres de fusion en tant que visiteurs enregistrés, informant les forces de l'ordre que « nous facilitons les ateliers ... sur l'extrémisme, les crimes de haine et (à Washington D.C. et en Israël) la lutte contre le terrorisme ».

Cette fuite a soulevé des questions sur l'influence des organisations pro-israéliennes sur les forces de l'ordre américaines et sur la manière dont ces liens ont affecté le traitement des militants pro-palestiniens.

Mike German, ancien agent infiltré du FBI, a déclaré au Guardian que ces relations nuisaient à la capacité des agents à faire respecter la loi.

« Il est frustrant que nous ayons développé ce réseau national d'échange de renseignements sur l'application de la loi qui reprend la désinformation directement des médias sociaux de droite et la diffuse sous le sceau du renseignement sur l'application de la loi, de sorte qu'il en devient un amplificateur plutôt qu'un correcteur », a-t-il déclaré.

« À une époque où le public est beaucoup plus sensible à l'influence étrangère dans les affaires intérieures, il est inquiétant de voir les services de sécurité d'un pays étranger s'aligner sur les flics qui patrouillent dans les rues des quartiers américains.  Selon les fuites, un autre groupe a conseillé les forces de l'ordre : LA Clear, qui a fourni une « aide analytique et un soutien aux dossiers » dans le cadre d'enquêtes sur la drogue en Californie.

Cependant, les fichiers BlueLeaks du groupe montrent qu'il a enregistré des informations relatives aux conflits dans la bande de Gaza provenant des FDI.

L'un de ces documents est une reconstitution d'une présentation PowerPoint des FDI intitulée « Escalade dans la bande de Gaza », portant le sigle et le nom de la division stratégique d'Israël. Le Dado Center, un département d'études militaires des Forces de défense israéliennes, a rédigé une autre présentation qui a été utilisée par LA Clear.

Elle propose une analyse de l'opération israélienne « Cast Lead » , l'invasion de 22 jours de la bande de Gaza en 2008, et met en évidence les défis à relever, notamment la « légitimité (externe et interne, récit stratégique) »  et la « couverture médiatique (un environnement d'information contrôlé) ».

L'opération « Cast Lead »  a conduit les FDI à prendre des civils pour cible et à mener des « attaques indiscriminées qui n'ont pas fait la distinction entre les cibles militaires légitimes et les objets civils », a indiqué Amnesty International dans un rapport datant de 2009.

BlueLeaks montre également l'utilisation par LA Clear d'un rapport de 2011 publié par le Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center, un groupe de recherche israélien fondé et composé d'anciens membres des services de renseignement de l'armée israélienne.

Les documents de renseignement relatifs à Israël n'ont aucun lien avec la mission déclarée de LA Clear, qui consiste à cibler les réseaux de drogue américains, ce qui soulève des questions quant à la présence de réseaux de renseignement liés aux FDI dans les services de police américains.

Les documents ne montrent pas que les forces de l'ordre américaines recherchent des formations ou des conseils auprès d'autres groupes communautaires, notamment musulmans.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Iran: Trump maintient que le cessez-le-feu est en vigueur malgré des échanges de frappes

Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
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  • Les Etats-Unis ont dit avoir "ciblé des installations militaires iraniennes" jeudi après que plusieurs de leurs navires ont été attaqués dans le détroit d'Ormuz
  • "Ils ont joué avec nous aujourd'hui. Nous les avons balayés. Ils ont joué. J'appelle ça une broutille", a déclaré le président américain à des journalistes, ajoutant que, selon lui le cessez-le-feu était toujours en vigueur

WASHINGTON: Donald Trump a maintenu jeudi que le cessez-le-feu tenait toujours, alors que Téhéran accuse Washington de l'avoir violé et que les hostilités reprennent dans le Golfe.

Les Etats-Unis ont dit avoir "ciblé des installations militaires iraniennes" jeudi après que plusieurs de leurs navires ont été attaqués dans le détroit d'Ormuz.

"Ils ont joué avec nous aujourd'hui. Nous les avons balayés. Ils ont joué. J'appelle ça une broutille", a déclaré le président américain à des journalistes, ajoutant que, selon lui le cessez-le-feu était toujours en vigueur.

Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre.

Et vendredi matin, la défense aérienne des Emirats arabes unis est en action face à des drones et missiles tirés, selon leur ministère de la Défense, depuis l'Iran.

Téhéran n'a pas réagi dans l'immédiat à cette information. Il avait démenti "catégoriquement" plus tôt cette semaine tout rôle dans des attaques ces derniers jours rapportées par le pays du Golfe.

Donald Trump a appelé l'Iran à signer un accord "RAPIDEMENT" dans un message posté sur sa plateforme Truth Social, sous peine d'être frappé "bien plus violemment à l'avenir".

"Les forces américaines ont intercepté des attaques iraniennes non provoquées et riposté avec des frappes défensives" après que trois de leurs destroyers lance-missiles ont été attaqués en traversant le détroit d'Ormuz vers le golfe d'Oman par des "missiles, drones et petits bateaux" iraniens, a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient sur X.

Elles ont "neutralisé les menaces et ciblé les installations militaires iraniennes responsables des attaques contre les forces américaines, dont des sites de lancement de missiles et de drones, des centres de commandement et de contrôle, et des bases de renseignement, de surveillance et de reconnaissance", a-t-il ajouté.

"Aucun navire américain n'a été touché", a précisé l'armée américaine.

"Cessez-le-feu durable" 

Le commandement militaire iranien a accusé Washington d'avoir violé le cessez-le-feu en prenant pour "cible un pétrolier iranien quittant les côtes iraniennes, ainsi qu'un autre bateau", dans un communiqué cité par la télévision d'Etat.

Il a ajouté avoir "immédiatement riposté en attaquant des navires militaires américains, leur infligeant des dommages importants".

La télévision iranienne avait rapporté un peu plus tôt des explosions entendues dans un port de l'île de Qeshm, située dans le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre le 28 février, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

"Je crois fermement que ce cessez-le-feu deviendra un cessez-le-feu durable", a déclaré jeudi dans un discours télévisé le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif, dont le pays œuvre comme médiateur et est "resté en contact permanent avec l'Iran et les Etats-Unis, jour et nuit".

En l'absence de percée dans les tractations, les cours du pétrole ont modérément baissé jeudi et remontent légèrement vendredi matin. Le baril de Brent, la référence mondiale, s'échangeait au-dessus de 101 dollars vers 03H20 GMT.

Donald Trump avait jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec la République islamique en évoquant de "très bonnes discussions dans les dernières 24 heures", même s'il avait de nouveau agité en parallèle la menace d'une reprise des bombardements.

Négociations 

Mardi, le président américain avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord", la suspension de l'opération américaine lancée seulement la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Si l'Iran a estimé que les Etats-Unis cherchaient à forcer sa "reddition", il s'est gardé de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant mercredi que son pays "examinait toujours le plan et la proposition américaine" et "communiquera(it) sa position à la partie pakistanaise, une fois arrêtée".

Jusque-là, la seule session de négociations, qui s'est tenue il y a bientôt un mois à Islamabad, n'a pas abouti.

Dans le stratégique détroit d'Ormuz, quelque 1.500 navires et environ 20.000 membres d'équipage restent "piégés", selon le secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), une agence de l'ONU.

Washington maintient de son côté son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril.

Rencontre Israël-Liban 

Sur le front libanais du conflit, de nouvelles discussions entre Israël et le Liban vont se tenir à Washington les 14 et 15 mai, en dépit d'un cessez-le-feu fragilisé par la poursuite des hostilités entre le Hezbollah et l'armée israélienne, a indiqué jeudi la diplomatie américaine.

Deux premières séances de négociations directes dans la capitale américaine entre ambassadeurs israélien et libanais avaient eu lieu les 14 et 23 avril.

Les deux pays sont officiellement en état de guerre depuis 1948 et les sessions d'avril étaient les premières du genre en 33 ans.

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre éventuelle avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Malgré la trêve, des combats se poursuivent au Liban. Des frappes israéliennes ont fait au moins 12 morts, dont deux enfants, jeudi dans le sud du pays, selon le ministère de la Santé.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en soutien à Téhéran, revendique lui des attaques contre les forces israéliennes qui occupent des zones du sud du pays.


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.