Grève «mondiale» pour protester contre les crimes israéliens, Beyrouth soutient Gaza

Des Palestiniens blessés suite aux frappes israéliennes sur le camp de réfugiés d'Al-Maghazi sont transférés à l'hôpital Al-Aqsa de Deir Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 11 décembre 2023 (Photo, AFP).
Des Palestiniens blessés suite aux frappes israéliennes sur le camp de réfugiés d'Al-Maghazi sont transférés à l'hôpital Al-Aqsa de Deir Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 11 décembre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 11 décembre 2023

Grève «mondiale» pour protester contre les crimes israéliens, Beyrouth soutient Gaza

  • Cet appel intervient après que les États-Unis ont mis leur veto à une résolution du Conseil de sécurité des nations unies en faveur d’un cessez-le-feu dans l'enclave palestinienne
  • Cette mobilisation est censée paralyser «la roue économique dans tous les pays afin que chacun se sente directement affecté par l'agression contre Gaza»

BEYROUTH: Pour ce lundi 11 décembre, un appel massif à un mouvement de grève générale dans tous les pays du monde a été lancé par une coalition regroupant les principales factions palestiniennes, connue sous le nom de «Forces nationales et islamiques».

En «solidarité avec le peuple de la bande de Gaza assiégée», la coalition a appelé à une grève mondiale inclusive pour protester contre les crimes israéliens menés contre le peuple palestinien, selon un communiqué publié samedi.

Cet appel intervient après que les États-Unis ont mis leur veto à une résolution du Conseil de sécurité des nations unies en faveur d’un cessez-le-feu dans l'enclave palestinienne.

Cette mobilisation est censée paralyser «la roue économique dans tous les pays afin que chacun se sente directement affecté par l'agression contre Gaza... et dans ce cadre, des pressions sont exercées sur les gouvernements pour qu'ils agissent afin d’arrêter cette guerre…», ajoute le communiqué.

Par extension, souligne la coalition, la grève vise également à apporter un soutien à la cause palestinienne qui consiste à obtenir la fin de l’occupation israélienne. «La grève s'oppose également aux tentatives pour saper la juste cause nationale du peuple palestinien », précise-t-elle.

 

Au sein des territoires palestiniens, cette cause concerne non seulement la Cisjordanie occupée, mais aussi Jérusalem-Est. Selon le communiqué des organisateurs, il s’agit de s’opposer «au génocide à Gaza, au nettoyage ethnique et à la colonisation en Cisjordanie» et de demander un cessez-le-feu, selon l’agence de presse palestinienne Wafa. Les transports publics sont à l’arrêt avec des rues désertes, toujours selon cette agence.

Cet appel demande de ne pas aller au travail ou à l’école, de ne pas ouvrir les commerces, mais aussi de ne pas utiliser de véhicule, de ne pas faire de courses ou utiliser sa carte bancaire.

Même les institutions publiques ont déclaré qu'elles suivaient le mouvement. «Pas de shopping, pas de voyages, pas de transactions d’argent ni de factures payées», peut-on lire sur des tracts depuis quelques jours. Et sur les réseaux sociaux, des activistes ont appelé, à l’aide du hashtag #StrikeForGaza, à étendre cette grève au monde entier demandant «aux citoyens de faire pression sur leur gouvernement», afin de mettre fin à la guerre à Gaza.

Beyrouth en solidarité avec Gaza

Alors que la violence à la frontière libano-israélienne, où s’affrontent le Hezbollah et l’armée israélienne, a atteint un nouveau palier, une grève générale est observée au Liban.

«En solidarité avec le peuple palestinien et avec notre peuple à Gaza et dans les villages frontaliers libanais», le Premier ministre sortant, Najib Mikati, a annoncé la fermeture de toutes les administrations et institutions publiques, ainsi que les municipalités. Le ministre de l’Éducation a, quant à lui, informé de la fermeture de toutes les écoles et universités pour la journée.

 

La guerre entre Israël et le Hamas, entrée aujourd’hui dans son soixante-sixième jour, a été déclenchée par une attaque surprise baptisée «Tempête d'Al-Aqsa» perpétrée par le mouvement islamiste palestinien contre Israël le 7 octobre.

Le ministère de la Santé du Hamas a fait état dimanche de près de 18 000 morts dans les bombardements israéliens, majoritairement des femmes et des jeunes de moins de 18 ans, et des dizaines de milliers de blessés. De nombreuses personnes se trouvent sous les décombres, d'après les sources du Hamas.


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.


Guerre Israël-Hezbollah: JD Vance discute avec le président libanais d'une cellule de prévention

Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
  • L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin"
  • De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel du vice-président américain JD Vance portant notamment sur la création d'une cellule préventive visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, a indiqué son bureau lundi.

Au terme d'une première séance de négociations en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d'une "cellule de gestion des conflits", selon les médiateurs pakistanais et qatari.

M. Aoun a reçu à ce sujet "un appel téléphonique du vice‑président américain JD Vance, du principal conseiller du président américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani", a précisé la présidence libanaise.

L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin", selon la même source.

Cette cellule constituera "le premier test réel", a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur".

"Nous pensons (...) que nous pouvons parvenir à une situation dans laquelle la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban est protégée, comme la sécurité d'Israël", a ajouté le vice-président américain à l'issue des pourparlers en Suisse.

"Cela va nécessiter une certaine coordination avec les forces armées libanaises, et aussi que les Iraniens maîtrisent le Hezbollah", a-t-il avancé.

Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah ont eu lieu vendredi et samedi au Liban, faisant vaciller le protocole d'accord irano-américain qui prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts.

"Nous négocions pour nous-mêmes" 

Le Liban connaît désormais une accalmie, confirmée lundi par le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Dimanche "a été le premier jour depuis la reprise des hostilités le 2 mars au Liban" où les Casques Bleus "n'ont pas détecté des tirs ou des interceptions", a affirmé Stéphane Dujarric, selon qui ce calme "s'est poursuivi ce (lundi) matin".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a toutefois prévenu lundi que les soldats déployés dans le sud du Liban "disposent d'une liberté d'action totale pour neutraliser toute menace directe ou potentielle à leur encontre ou à l'encontre des habitants du nord" d'Israël.

"L'armée israélienne ne fait l'objet d'aucune restriction sur cette question", a ajouté M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

L'entente pour créer une cellule de crise, qui n'inclut pas Israël, intervient à la veille de nouvelles discussions directes à Washington entre le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Il s'agira de la cinquième session depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.

Le mouvement chiite a attaqué Israël pour venger la mort le 28 février du guide suprême iranien Ali Khamenei, dans l'offensive américano-israélienne. Les frappes israéliennes de représailles ont fait plus de 4.000 morts.

Une trêve, théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, n'a jamais été respectée.

"Nous négocions pour nous-mêmes, et n'acceptons pas qu'une autre partie négocie pour nous", a insisté Joseph Aoun lundi.

"Nous accueillons toute aide venant de tout pays pour mettre fin à la guerre (...) mais il y a une grande différence entre oeuvrer à nous aider et s'ingérer dans nos affaires internes", a-t-il rappelé, dans une allusion à l'Iran, qui a longtemps exercé une forte influence au Liban à travers le Hezbollah.

Beyrouth, qui s'est employé au cours des derniers mois à dissocier les dossiers libanais et iranien, pousse en faveur de la réussite des pourparlers de Washington, auxquels s'oppose le Hezbollah, afin de mettre fin à la guerre et de déterminer l'avenir des relations entre les deux pays.