L'ONU en quête de fonds face à la crise mondiale des réfugiés

Philippe Lazzarini, commissaire général de l'UNRWA (Photo, AFP).
Philippe Lazzarini, commissaire général de l'UNRWA (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 13 décembre 2023

L'ONU en quête de fonds face à la crise mondiale des réfugiés

  • Guerre en Ukraine, conflit au Soudan, crise humanitaire en Afghanistan... les crises se multiplient
  • Pendant le forum, les États sont appelés à annoncer de nouveaux engagements pour partager «les charges et responsabilités»

GENEVE: Malgré l'ampleur de la crise à Gaza, la communauté internationale ne doit pas "oublier" les dizaines de millions de déplacés dans le monde, a demandé l'agence de l'ONU pour les réfugiés mercredi, réclamant 400 millions de dollars d'ici fin 2023.

"De nombreuses organisations humanitaires sont confrontées à de graves problèmes de financement", a déclaré le Haut Commissaire de l'ONU pour les réfugiés, Filippo Grandi, à l'ouverture du Forum mondial sur les réfugiés, qui se tient jusqu'au 15 décembre à Genève.

"Le HCR à lui seul a besoin de 400 millions de dollars pour terminer l'année avec un minimum de ressources nécessaires, un déficit que nous n'avons pas connu depuis des années, et nous envisageons tous avec beaucoup d'inquiétude l'année 2024", a-t-il indiqué.

Guerre en Ukraine, conflit au Soudan, crise humanitaire en Afghanistan... les crises se multiplient, et selon le HCR, plus de 114 millions de personnes étaient déplacées à la fin septembre dans le monde, un nombre record.

La population mondiale de réfugiés a doublé au cours des sept dernières années, atteignant 36,4 millions de personnes à la mi-2023, un nouveau record, dont 5,9 millions de réfugiés relevant du mandat d'une autre agence de l'ONU, l'UNRWA. Globalement, cela représente une augmentation de 3% par rapport à la fin de 2022.

Selon M. Grandi, "une catastrophe humaine majeure se déroule dans la bande de Gaza", prévoyant "davantage de morts et de souffrances parmi les civils, ainsi que de nouveaux déplacements de population qui menacent la région".

S'il juge que "l'attention doit rester concentrée sur Gaza", il a également appelé "à ne pas oublier les autres" crises.

M. Grandi a également appelé à l'"unité" face à crise des réfugiés.

Mais le responsable critique habituellement régulièrement les pays qui, à ses yeux, n'ouvrent pas assez leurs portes aux réfugiés.

Ces derniers mois, le HCR a en particulier dénoncé le projet controversé du gouvernement britannique d'expulser vers le Rwanda les migrants arrivés illégalement au Royaume-Uni.

Dans un entretien à l'AFP mercredi, le secrétaire d'Etat britannique aux Affaires étrangères Andrew Mitchell au Parlement s'est dit "absolument étonné" par ces critiques, avant d'ajouter que son pays continuerait à soutenir le HCR "là où nous pensons qu'il agit en faveur des valeurs et des intérêts que les Britanniques appuient".

«cycle insensé des conflits»

Pendant le forum, les États sont appelés à annoncer de nouveaux engagements pour partager "les charges et responsabilités" face à la crise des réfugiés.

La France a annoncé, par la voix de sa cheffe de la diplomatie Catherine Colonna, qu'elle allait augmenter d'un tiers sa contribution pour le HCR, pour la porter à 120 millions d'euros cette année.

"La France "s'efforcera de la maintenir à ce niveau en 2024", a-t-elle assuré.

En 2022, cette contribution était de 91,6 millions et d'environ 30 millions il y a 3 ans, selon des chiffres du ministère.

Comme de nombreux autres pays, dont le Liban et la Jordanie, la Première ministre de l'Ouganda Robinah Nabbanja a appelé la communauté internationale à aider les pays d'accueil.

Mais elle a également plaidé en faveur d'une plus grande "intégration politique et économique" du continent africain afin de "stopper le cycle insensé des conflits" qui alimentent la crise des réfugiés.

Les Etats-Unis, premier contributeur du HCR, vont continuer à "fournir un financement humanitaire robuste alors qu'il y a des niveaux de déplacement sans précédent à l'échelle mondiale", a assuré pour sa part la sous-secrétaire d'Etat américaine pour la Sécurité civile, Uzra Zeya, annonçant que son pays allait pendre "26 engagements" pour aider les réfugiés.

Alimentés par les crises nouvelles et prolongées, mais aussi, de plus en plus par le changement climatique, les chiffres de déplacés et de réfugiés grimpent d'année en année.

Le HCR "peut aider à sauver des vies et à soulager certaines de leurs souffrances", mais il faut reconnaître qu'il "ne peut pas résoudre les conflits", a fait valoir la ministre japonaise des Affaires étrangères, Yoko Kamikawa.

 


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.