L'Alliance des Etats du Sahel, pari sécuritaire et acte de défiance diplomatique

L'Alliance est d'abord sécuritaire et escamote toute approche politique de l'insécurité. Le numéro un burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, décrivait dimanche le «terrorisme» comme une «manifestation violente de l'impérialisme». (AFP)
L'Alliance est d'abord sécuritaire et escamote toute approche politique de l'insécurité. Le numéro un burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, décrivait dimanche le «terrorisme» comme une «manifestation violente de l'impérialisme». (AFP)
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Publié le Jeudi 14 décembre 2023

L'Alliance des Etats du Sahel, pari sécuritaire et acte de défiance diplomatique

  • Ces trois pays ont vu accéder par la force à leur tête des officiers jurant de reprendre en main un destin national abandonné selon eux aux étrangers, au premier rang desquels les Français
  • La question est cependant posée de la capacité d'Etats parmi les plus pauvres du monde à supporter le coût de la guerre

NIAMEY: Les militaires au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont fait alliance pour combattre ensemble le djihadisme et opposer un front politique commun aux adversaires de leur entreprise proclamée de restauration de souveraineté, avec des perspectives incertaines.

Si leur faculté à gagner par eux-mêmes la guerre qui ensanglante le Sahel reste à démontrer, l'issue d'un récent sommet ouest-africain semble montrer que le bloc Bamako-Ouagadougou-Niamey tient le coup sous la pression diplomatique.

Ces trois pays ont vu accéder par la force à leur tête des officiers jurant de reprendre en main un destin national abandonné selon eux aux étrangers, au premier rang desquels les Français, et leurs "valets" locaux. Ils ont chassé les soldats et les ambassadeurs français, se sont tournés vers de nouveaux partenaires, dont les Russes, et remis en cause un ordre défendu par la Communauté des Etats ouest-africains (Cedeao).

Inquiète d'une contagion devant la succession des putschs, la Cedeao leur a imposé des sanctions pour obtenir le retour des civils aux commandes, et menacé de recourir à la force après le dernier en date, au Niger.

Les militaires ont serré les rangs et scellé leur solidarité le 16 septembre en créant l'Alliance des Etats du Sahel, dont la charte engage les trois pays à combattre "le terrorisme" et les lie par un "devoir d'assistance et de secours" face à toute agression.

L'Alliance fait d'abord la promesse d'une coopération accrue entre les forces de ces trois pays, qui totalisent près de 100.000 hommes. Peut-elle vaincre là où d'autres partenariats ont échoué?

"On a souvent dit par le passé qu'il fallait que la volonté politique (de combattre le djihadisme) vienne des Etats les plus affectés. Avec l'AES, c'est indéniablement le cas aujourd'hui", dit Jean-Hervé Jézéquel, directeur du Projet Sahel de l'organisation de résolution des conflits Crisis Group.

La question est cependant posée de la capacité d'Etats parmi les plus pauvres du monde à supporter le coût de la guerre.

Un immense espace

"On ne peut pas s'offrir le luxe d'une guerre de longue durée au Sahel", estime le politicien malien Babarou Bocoum.

"Aucun de ces trois pays ne dispose de ports, de capacité de création de richesse suffisante", s'inquiète-t-il.

Le Niger a annoncé en octobre une réduction de 40% du budget national, après la suspension des soutiens budgétaires européens et américains dans un contexte de tensions diplomatiques.

La Russie est proche de s'imposer comme l'alliée privilégiée des pays de l'Alliance, mais les analystes s'interrogent sur l'étendue du soutien qu'elle peut fournir.

L'Alliance est d'abord sécuritaire et escamote toute approche politique de l'insécurité. Le numéro un burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, décrivait dimanche le "terrorisme" comme une "manifestation violente de l'impérialisme".

Elle a vocation à être étendue au développement économique et les officiels envisagent de faire "de nos espaces un seul espace (où) aller et venir, commercer, défendre", disait le capitaine Traoré.

Certains voient d'un mauvais oeil l'apparition de cette entité, avec des dirigeants installés par le fait accompli, mais bénéficiant d'un soutien populaire large parmi les quelques 70 millions d'habitants de cet immense espace.

Rhétorique et pragmatisme

Omar Alieu Touray, haut responsable de la Cedeao, relevait avec irritation dimanche que ces régimes "usent de rhétorique anti-coloniale et de propagande et présentent leurs agissements comme un mouvement de libération" pour "obtenir le soutien à leur projet d'aventuriers".

Pour l'instant, leur cohésion paie. L'embargo infligé par la Cedeao se fait durement sentir au Niger. Mais le régime n'a quasiment rien cédé. "Le peuple nigérien, bénéficiant du soutien des pays frères et amis (...) est resté debout", a assuré le numéro un nigérien, le général Abdourahamane Tiani.

Amadou Bounty Diallo, analyste et ancien militaire nigérien, nuance le bellicisme sahélien: "Cette démarche (l'Alliance) n'est pas un renoncement à l'appartenance à la communauté internationale, elle a pour but d'affirmer la souveraineté".

"Ces trois pays sont partis du constat que tant qu'ils ne prennent pas en main la gestion de leurs ressources, il est quasiment impossible de sortir de la pauvreté", estime-t-il.

M. Jézéquel soulève les limites de l'exercice. Les économies de ces Etats sont "peu complémentaires, avec des atouts et des faiblesses semblables. Elles sont surtout complémentaires des économies des pays côtiers avec lesquelles les liens sont forts mais menacés par les brouilles".

La rhétorique souverainiste mobilise la population autour d'un projet, dit-il. Mais elle ne "répond pas aux besoins en services de base. Ces Etats-là vont se heurter à cette réalité à un moment ou l'autre".

L'isolement est difficilement tenable sur la durée, dit le sociologue malien Bréma Ely Dicko. "Il y a les discours destinés aux foules et le pragmatisme", dit-il. Ces pays devraient finir par tenir des élections et alors, "certains partenaires vont revenir".


Une centrale électrique ukrainienne endommagée lors d'une attaque russe massive

Kiev a appelé ses alliés occidentaux à l'aider à reconstruire son réseau électrique, un projet qui nécessite d'importants investissements, et à lui fournir plus de défenses antiaériennes pour contrer les frappes de Moscou. (AFP).
Kiev a appelé ses alliés occidentaux à l'aider à reconstruire son réseau électrique, un projet qui nécessite d'importants investissements, et à lui fournir plus de défenses antiaériennes pour contrer les frappes de Moscou. (AFP).
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  • "Encore une nuit difficile pour l'industrie énergétique ukrainienne. Les Russes ont attaqué l'une des centrales thermiques de DTEK"
  • Moscou a lancé une campagne de bombardement ces derniers mois, visant les principaux centres de production et de distribution d'électricité ukrainiens

KIEV: Une centrale électrique ukrainienne a été endommagée lors d'une attaque russe massive dans la nuit de mercredi à jeudi, la dernière en date visant des installations énergétiques ukrainiennes, a annoncé son opérateur privé DTEK.

"Encore une nuit difficile pour l'industrie énergétique ukrainienne. Les Russes ont attaqué l'une des centrales thermiques de DTEK", a déclaré jeudi la société dans un communiqué, faisant état de "sérieux dégâts" et de trois employés blessés.

Il s'agit, selon la société, de la septième attaque "massive" visant des centrales électriques ukrainiennes durant les trois derniers mois.

Moscou a lancé une campagne de bombardement ces derniers mois, visant les principaux centres de production et de distribution d'électricité ukrainiens et détruisant, selon le président Volodymyr Zelensky, la moitié de la capacité énergétique du pays.

Kiev a appelé ses alliés occidentaux à l'aider à reconstruire son réseau électrique, un projet qui nécessite d'importants investissements, et à lui fournir plus de défenses antiaériennes pour contrer les frappes de Moscou.

L'opérateur national Ukrernergo a fait état jeudi matin d'"une frappe massive sur des biens relevant de l'infrastructure énergétique civile", survenue durant la nuit.

"Les équipements d'installations situées à Vinnytsia, Dnipropetrovsk, Donetsk, la région de Kiev ont été endommagés", a ajouté Ukrenergo, précisant que l'étendue des dommages était en train "d'être clarifiée".

L'armée de l'air ukrainienne a pour sa part indiqué que la Russie avait tiré neuf missiles et 27 drones d'attaques de conception iranienne, ajoutant que tous les projectiles sauf quatre des missiles avaient été abattus.

"Des équipements essentiels d'infrastructure ont été attaqués", a déclaré l'armée de l'air ukrainienne. "L'objectif principal de l'attaque était l'Est de l'Ukraine, en particulier la région de Dnipropetrovsk" qui est l'une de celles où opère DTEK.

Les systèmes de défense aériens ont également été activés en particulier dans les régions de Zaporijiia, Donetsk, Kherson, Kharkiv et Kiev, a-t-elle ajouté.

bur-jbr/lch/pz

© Agence France-Presse


Manille accuse Pékin d'avoir saisi des armes sur des bateaux philippins

Cette photo extraite d'une vidéo publiée par la Garde côtière philippine le 7 juin 2024 montre des plongeurs et des scientifiques marins de la Garde côtière philippine examinant une partie du haut-fond de Sabina dans les eaux de la mer de Chine méridionale. (AFP)
Cette photo extraite d'une vidéo publiée par la Garde côtière philippine le 7 juin 2024 montre des plongeurs et des scientifiques marins de la Garde côtière philippine examinant une partie du haut-fond de Sabina dans les eaux de la mer de Chine méridionale. (AFP)
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  • Selon le chef de l'état-major philippin, le général Romeo Brawner, les Chinois étaient armés d'épées, de lances et de couteaux
  • Washington a «condamné» des «manoeuvres dangereuses et agressives» de la Chine

MANILLE: Manille a accusé mercredi des garde-côtes chinois d'avoir saisi des armes sur certains bateaux philippins en mer de Chine méridionale, lors d'une confrontation qui a fait un blessé grave lundi côté philippin.

"Le personnel des garde-côtes chinois a embarqué illégalement sur nos RHIBS (bateaux pneumatiques à coque rigide)" et "ils ont récupéré quelques armes", a déclaré à la presse le contre-amiral Alfonso Torres, chef du commandement occidental des Philippines.

Les marins philippins avaient reçu l'ordre de ne pas utiliser ces armes lors de cette confrontation survenue lundi au large de l'atoll Second Thomas Shoal, a ajouté M. Torres.

Lundi, Manille avait accusé des navires chinois d'avoir endommagé des bateaux philippins en mer de Chine méridionale, avant d'annoncer mardi qu'un marin philippin avait été grièvement blessé lors d'une collision durant ces incidents.

Mercredi le contre-amiral Torres a affirmé que le marin avait perdu son pouce lors de cette collision et il a martelé que les garde-côtes chinois avaient selon lui "délibérément éperonné" les bateaux philippins.

«Piraterie»

Selon le chef de l'état-major philippin, le général Romeo Brawner, les Chinois étaient armés d'épées, de lances et de couteaux.

Il a dénoncé l'action chinoise comme étant de la "piraterie" et a exigé la restitution des armes et autres équipements saisis, ainsi que des réparations pour les objets endommagés.

"C'est la première fois que nous voyons les garde-côtes chinois porter des bolos (un type d'épée à un seul tranchant), des lances et des couteaux. Nos troupes n'avaient rien de tout cela, nous avons riposté à mains nues", a-t-il affirmé mercredi devant la presse après avoir rendu visite au militaire blessé.

Pékin de son côté a défendu mercredi ce que Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a qualifié de mesures "professionnelles et modérées" prises par les garde-côtes chinois à l'encontre de navires philippins. "Aucune mesure directe n'a été prise à l'encontre du personnel des Philippines", a ajouté Lin Jian.

Les médias d'Etat de Pékin ont diffusé des images des garde-côtes chinois présentées comme celles "des garde-côtes chinois" procédant "pour la première fois à l'arraisonnement et à l'inspection d'un bateau philippin".

Lundi les garde-côtes chinois avaient affirmé qu'un navire de ravitaillement philippin dans la zone avait "ignoré de nombreux avertissements solennels de la part de la Chine". Ils avaient ajouté avoir "pris des mesures de contrôle" à son encontre "conformément à la loi".

Les photos montrent deux navires chinois s'approchant de part et d'autre d'un navire philippin plus petit, tandis qu'un autre bâtiment chinois les suit de près.

On y aperçoit des garde-côtes chinois monter à bord du navire encerclé.

L'AFP n'a pas été en mesure de vérifier les images de manière indépendante.

Le bateau s'était "approché du (...) navire chinois d'une manière non-professionnelle, entraînant une collision", avait assuré Pékin après l'incident.

Les militaires philippins avaient rejeté ces accusations, les qualifiant de "trompeuses et mensongères".

"Il devrait maintenant être clair pour la communauté internationale que les actions de la Chine sont les véritables obstacles à la paix et à la stabilité en mer de Chine méridionale", avait déclaré le secrétaire à la Défense philippin, Gilberto Teodoro.

Les alliés de Manille avaient exprimé leur inquiétude.

Washington notamment avait "condamné" des "manoeuvres dangereuses et agressives" de la Chine.

L'atoll Second Thomas Shoal a été le théâtre d'un nombre croissant de confrontations entre navires chinois et philippins ces derniers mois.

Ces incidents ont souvent eu lieu au cours de missions de ravitaillement par les Philippines des militaires présents sur le BRP Sierra Madre, un vaisseau de guerre délibérément échoué sur l'atoll dans le but d'en faire un avant-poste et d'affirmer leurs prétentions en matière de souveraineté face à la Chine.

L'atoll Second Thomas se situe à environ 200 km de l'île philippine de Palawan et à plus de 1.000 km de la grande île chinoise la plus proche, Hainan.

Pékin revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, une importante route commerciale, et ignore un arbitrage international qui lui a donné tort en 2016. Elle y fait patrouiller des centaines de navires des garde-côtes et de la marine et y a transformé plusieurs récifs en îles artificielles militarisées.

Les incidents répétés entre la Chine et les Philippines en mer de Chine méridionale font craindre un conflit plus large qui pourrait impliquer les Etats-Unis, allié des Philippines, et d'autres pays de la région, dans une période où la Chine renforce sa pression diplomatique et militaire autour de Taïwan en envoyant fréquemment des avions et des navires dans ses alentours.


Kim assure Poutine de son soutien pour l'Ukraine et signe un pacte de défense mutuelle

La Corée du Nord et la Russie ont signé mercredi un accord de défense mutuelle en cas d'«agression». (AFP)
La Corée du Nord et la Russie ont signé mercredi un accord de défense mutuelle en cas d'«agression». (AFP)
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  • Moscou et Pyongyang sont alliés depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953), mais se sont rapprochés depuis l'opération militaire russe lancée en Ukraine en 2022
  • Selon Washington et Séoul, la Russie a fourni à la Corée du Nord son expertise pour son programme de satellites et envoyé de l'aide pour faire face aux pénuries alimentaires du pays

SEOUL: La Corée du Nord et la Russie ont signé mercredi un accord de défense mutuelle en cas d'"agression", a annoncé le président russe Vladimir Poutine qui, accueilli en grande pompe à Pyongyang, a reçu le soutien total de son hôte Kim Jong Un pour sa guerre contre l'Ukraine.

"Le traité pour un partenariat global signé aujourd'hui prévoit, entre autres, une assistance mutuelle en cas d'agression contre une partie du traité", a déclaré M. Poutine à la presse après avoir signé le document.

"La Russie et la Corée mènent toutes deux une politique étrangère indépendante et n'acceptent pas le langage du chantage et du diktat", a-t-il ajouté, dans un avertissement clair à l'Occident.

Le président russe a qualifié l'accord de "document véritablement révolutionnaire", ajoutant que la Russie "n'excluait pas pour elle-même une coopération militaro-technique" avec Pyongyang.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a précisé que l'accord était "exclusivement pacifique et défensif". Qualifiant M. Poutine de "meilleur ami" de son pays, il a salué l'avènement d'une "nouvelle ère" dans les relations avec Moscou.

La Corée du Nord "exprime son entier soutien et sa solidarité au gouvernement, à l'armée et au peuple russes dans la conduite de l'opération militaire spéciale en Ukraine pour protéger la souveraineté, les intérêts de sécurité et l'intégrité territoriale", a-t-il dit à son invité.

"Nous apprécions beaucoup votre soutien systématique et permanent de la politique russe, y compris sur le dossier ukrainien", a dit en retour M. Poutine.

Tapis rouge et danses 

Le président russe a été accueilli par un tapis rouge et une grande cérémonie sur la place Kim Il Sung, avec une fanfare militaire et des danses synchronisées. Il a ensuite mené des entretiens pendant une heure et demi aux côtés de sa délégation avec le dirigeant nord-coréen, suivis d'un aparté. Il a invité Kim Jong Un à se rendre à Moscou.

Ce renforcement des relations entre les deux pays suscite l'inquiétude à Séoul et Washington.

Les Etats-Unis et leurs alliés ont accusé la Corée du Nord de fournir des munitions et des missiles à la Russie pour sa guerre en Ukraine, et craignent que la visite de M. Poutine ne débouche sur de nouvelles livraisons.

Il s'agit de la première visite en Corée du Nord de Vladimir Poutine depuis 24 ans et de la deuxième rencontre entre les deux hommes en moins d'un an. En septembre 2023, Kim Jong Un s'était rendu en train blindé dans l'Extrême-orient russe pour un sommet avec le chef du Kremlin.

Moscou et Pyongyang sont alliés depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953), mais se sont rapprochés depuis l'opération militaire russe lancée en Ukraine en 2022.

"La Russie a besoin du soutien de la Corée du Nord en matière d'armement en raison de la guerre prolongée en Ukraine, tandis que la Corée du Nord a besoin du soutien de la Russie en matière de nourriture, d'énergie et d'armes de pointe pour alléger la pression des sanctions", a indiqué à l'AFP Koh Yu-hwan, professeur émérite d'études nord-coréennes à l'université de Dongguk.

"La question de l'alliance militaire doit toutefois être considérée séparément de ce qui est annoncé publiquement et de ce qui est réellement discuté lors des réunions entre les deux dirigeants", a-t-il déclaré, ajoutant que Moscou restait prudent et ne voulait pas "brûler complètement les ponts avec des pays comme la Corée du Sud".

Préoccupations occidentales 

Américains et Européens s'inquiètent depuis des mois du rapprochement accéléré entre Moscou et Pyongyang, accusant les Nord-Coréens de livrer massivement des munitions et des missiles à la Russie.

En échange, selon Washington et Séoul, la Russie a fourni à la Corée du Nord son expertise pour son programme de satellites et envoyé de l'aide pour faire face aux pénuries alimentaires du pays.

En mars, la Russie avait utilisé son veto au Conseil de sécurité de l'ONU pour mettre fin à la surveillance des violations des sanctions internationales visant la Corée du Nord, un cadeau majeur à Pyongyang. M. Poutine a enfoncé le clou mercredi en affirmant que ces sanctions "inspirées par les Etats-Unis et leurs alliées" devaient être "réexaminées".

Le soutien de Vladimir Poutine permet à Kim Jong Un d'"amoindrir sa dépendance" à l'égard d'un autre allié clé, Pékin, a déclaré à l'AFP Vladimir Tikhonov, professeur d'études coréennes à l'université d'Oslo.

Entre-temps, le président russe "obtient un accès sécurisé aux obus d'artillerie de type soviétique dont il a besoin en énormes quantités aujourd'hui", a-t-il ajouté.

Cette visite d'Etat est un moyen pour M. Poutine de remercier la Corée du Nord "de remplir le rôle d'un +arsenal pour l'autocratie+ en soutenant son invasion illégale de l'Ukraine", a estimé Leif-Eric Easley, professeur à l'université Ewha de Séoul.