«Choc des savoirs» et uniforme: la tentation d'un retour à une «école d'autrefois»

Au programme de l'«électrochoc»: le grand retour du redoublement, avec un durcissement des règles, la création de groupes de niveaux au collège en français et mathématiques ou le conditionnement du passage au lycée à l'obtention du brevet. (AFP)
Au programme de l'«électrochoc»: le grand retour du redoublement, avec un durcissement des règles, la création de groupes de niveaux au collège en français et mathématiques ou le conditionnement du passage au lycée à l'obtention du brevet. (AFP)
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Publié le Jeudi 14 décembre 2023

«Choc des savoirs» et uniforme: la tentation d'un retour à une «école d'autrefois»

  • Pour un historien, le débat sur l'uniforme, qui n'a jamais existé à l'école publique, et le thème récurrent de l'autorité se nourrissent de «la symbolique d'un retour au passé mythifié»
  • «Dans un pays qui vieillit, l’opinion des plus âgés pèse beaucoup plus dans les débats», renchérit Youenn Michel, historien

PARIS: Redoublement, groupes de niveaux, expérimentation de l'uniforme... Propulsé il y a moins de cinq mois à la tête de l'Education nationale, Gabriel Attal surfe sur l'idée d'un retour à une "école d'autrefois" plus stricte, mais en partie "mythifiée", selon des experts.

"On est dans une forme de mythe d’une école d’avant, de nostalgie", analyse Régis Malet, professeur en sciences de l'éducation à l'université de Bordeaux.

Le ministre de l'Education a présenté la semaine dernière des mesures pour "remettre de l’exigence" à l'école, en réponse à la baisse des résultats de la France à l'étude internationale Pisa. Avant cela, il avait déjà appelé à un "choc des savoirs", regrettant qu'"en un quart de siècle, entre 1995 et 2018, les élèves français (aient) perdu l'équivalent d'un an en termes de niveau".

Au programme de l'"électrochoc" promis par le ministre de 34 ans: le grand retour du redoublement, avec un durcissement des règles (la décision reviendra désormais aux professeurs et non aux familles), la création de groupes de niveaux au collège en français et mathématiques ou le conditionnement du passage au lycée à l'obtention du brevet.

Si le constat des difficultés est partagé, les syndicats enseignants y ont vu "un leurre au parfum de nostalgie", pour le SE Unsa, ou un "grand bond en arrière" avec une "vision rétrograde de l'école", selon Sud Education.

«Touche sépia»

Une "touche sépia" identifiée aussi par certains experts. Pour Régis Malet, "il y a une volonté d'éluder les vraies difficultés de notre école et de réduire leur complexité à des questions de norme, d'autorité, de coercition voire de sanctions".

Il y voit "une instrumentalisation politique de l’école", avec "une vision cosmétique" de l'idée d'autorité, sans que soient suffisamment pris en compte travaux de recherche et retours des enseignants.

L'annonce attendue des modalités d'une "expérimentation de grande ampleur" sur l'uniforme à l'école, débat récurrent depuis une vingtaine d'années, s'inscrit aussi selon lui dans cette logique de "petites recettes" teintées de nostalgie, en "confondant uniformisation et cohésion sociale".

Pour l'historien de l'éducation Claude Lelièvre, le débat sur l'uniforme, qui n'a jamais existé à l'école publique, et le thème récurrent de l'autorité se nourrissent de "la symbolique d'un retour au passé mythifié". "Ce thème prend plus d'ampleur et de force aujourd'hui" car "l'avenir nous paraît plus menaçant", dit-il.

S'il y a "des nouveautés" dans les annonces, dont l'obtention du brevet pour entrer en seconde, "le passéisme peut facilement jouer" sur le sujet du redoublement, selon lui. La France en a longtemps été l'une des championnes en Europe.

«Etre dur»

Le "souvenir idéalisé et réinventé de l’école d’autrefois" est aussi au coeur du jeu politique, souligne l'historien de l'éducation Yann Forestier. "Depuis une quinzaine d'années, dit-il, il y a un réinvestissement par la droite des thèmes éducatifs", qui faisaient avant "symboliquement partie du patrimoine de la gauche".

"L’extrême droite les remet régulièrement au cœur de l’agenda. C'est une dynamique générale du débat public en France aujourd'hui: il faut être dur sur l'immigration, la sécurité, l’école", ajoute ce spécialiste.

Le Rassemblement national avait présenté l'an dernier une proposition de loi à l'Assemblée nationale pour rendre obligatoire l'uniforme à l'école, rejetée malgré le soutien des Républicains. Brigitte Macron, puis Emmanuel Macron s'étaient, eux, prononcés en faveur d'une "tenue unique".

"Gabriel Attal a dû se dire que pour exister il devait donner des gages de conservatisme", analyse Yann Forestier, pour qui ces annonces sont "de la communication à destination d'une partie de l'électorat, de droite, dont on sait qu'il est de plus en plus âgé". "Il ne vise pas les enseignants", estime-t-il.

"Dans un pays qui vieillit, l’opinion des plus âgés pèse beaucoup plus dans les débats", renchérit Youenn Michel, historien et maître de conférence à l'université de Caen.

Avec l'uniforme, "il s'agit de montrer à l’opinion publique que quelque chose est fait face au problème d'un manque de cohésion nationale, d’un déficit de transmission de valeurs chez les jeunes", souligne-t-il. "Cette question se pose d'autant plus après les émeutes de juin".


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.


Iran: la France va rehausser sa «posture» militaire dans le Golfe

La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi
  • La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts"

PARIS: La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron.

"Tout cela nous conduit à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif pour être au côté de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense", a dit le chef de l'Etat au début du deuxième conseil de défense consacré au conflit en Iran en deux jours.

Il faut "adapter la posture à l'évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer", a-t-il martelé, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déployés dans la région.

Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi, sans faire de victime, a rappelé Emmanuel Macron.

La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts", a-t-il ajouté.

"Nous sommes prêts à procéder aux évacuations pour nos compatriotes qui le demanderaient quand la situation le permettra", avait déjà indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Au deuxième jour des frappes menées par Israël et les États-Unis sur l'Iran et de la riposte de Téhéran notamment sur les pays du Golfe, Maud Bregeon a aussi assuré que la France ne pouvait "que se satisfaire" de la mort du guide suprême, Ali Khamenei.


Une attaque iranienne provoque un incendie sur une base accueillant des forces françaises

Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées. (AFP)
Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées. (AFP)
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  • "Des équipes spécialisées sont intervenues aujourd'hui à la suite d'un incident résultant d'une attaque de deux drones iraniens contre un entrepôt de la base navale d'Al Salam, à Abou Dhabi"
  • "L'attaque a provoqué un incendie dans deux conteneurs de matériel divers, mais il n'y a pas eu de victimes"

DUBAI: Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées.

Pour la deuxième journée consécutive, des salves de drones et de missiles iraniens sont lancées en représailles aux frappes américaines et israéliennes contre la République islamique, qui ont tué son guide suprême Ali Khamenei samedi.

"Des équipes spécialisées sont intervenues aujourd'hui à la suite d'un incident résultant d'une attaque de deux drones iraniens contre un entrepôt de la base navale d'Al Salam, à Abou Dhabi", a déclaré le ministère.

"L'attaque a provoqué un incendie dans deux conteneurs de matériel divers, mais il n'y a pas eu de victimes", a-t-il précisé.

La base émiratie, également connue sous le nom de Camp de la Paix, accueille des forces françaises à l'invitation des Emirats arabes unis.

"Un hangar de notre base navale mitoyenne de celle des Emiriens a été touché dans une attaque de drones qui a ciblé le port d'Abou Dhabi. Les dégâts ne sont que matériels et limités. Aucun blessé n'est à déplorer" a affirmé sur X la ministre des Armées, Catherine Vautrin.

"La vigilance de nos forces est maximale face à une situation qui évolue d'heure en heure", a-t-elle ajouté.