Netanyahou vivement critiqué pour sa campagne politique «perverse» pendant la guerre à Gaza

Sur cette photo, prise et publiée par le bureau du Premier ministre israélien, le 26 novembre 2023, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou (au centre), rencontre des soldats dans un lieu tenu secret dans la bande de Gaza. (AFP)
Sur cette photo, prise et publiée par le bureau du Premier ministre israélien, le 26 novembre 2023, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou (au centre), rencontre des soldats dans un lieu tenu secret dans la bande de Gaza. (AFP)
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Publié le Jeudi 14 décembre 2023

Netanyahou vivement critiqué pour sa campagne politique «perverse» pendant la guerre à Gaza

  • Les tentatives de Netanyahou pour consolider sa popularité déclinante auprès des électeurs ne sont pas passées inaperçues
  • Beaucoup lui font porter la responsabilité des échecs catastrophiques des services de renseignement dans la période qui a précédé les attaques du Hamas du 7 octobre

LONDRES: Le Premier ministre Benjamin Netanyahou fait face à une vague de critiques en Israël. Beaucoup l’accusent de mener une campagne politique alors que la guerre contre Gaza se poursuit depuis deux mois.

Plus de 17 000 Palestiniens ont été tués lors des opérations militaires, selon les autorités du territoire.

Dans le contexte d’élections que de nombreux observateurs estiment inévitables dès la fin de la guerre, les tentatives de Netanyahou pour consolider sa popularité déclinante auprès des électeurs ne sont pas passées inaperçues. Beaucoup lui font porter la responsabilité des échecs catastrophiques des services de renseignement dans la période qui a précédé les attaques du Hamas du 7 octobre.

Lundi, il a déclaré devant la commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset que l’attaque du Hamas avait entraîné le même nombre de morts israéliens que les accords d’Oslo, un accord de paix de 1993 entre Israël et les Palestiniens, rapporte The Guardian.

La déclaration divulguée est largement perçue comme étant motivée par des raisons politiques, ce qui a suscité la colère de la gauche et de la droite, y compris au sein du parti de Netanyahou, le Likoud.

«Malgré l’opinion largement répandue au sein du Likoud selon laquelle Oslo était un désastre, il y a certaines choses qu’il vaut mieux s’abstenir de dire alors qu’un demi-million de soldats sont à l’intérieur de Gaza et que des milliers d’autres pleurent et s’inquiètent du sort de leurs proches pris en otage par le Hamas», a précisé un haut responsable du Likoud au journal de droite Israel Hayom.

Un autre responsable du Likoud a confié au quotidien: «Vous ne pouvez pas, en temps de guerre, prononcer des discours qui divisent et incitent à s’en prendre à une grande partie de la population, dont une partie est en uniforme à Gaza et une autre panse encore ses blessures après le massacre.»

À travers une autre tentative flagrante pour redorer son image, Netanyahou a affirmé qu’il ne céderait pas aux pressions américaines pour modifier son approche. Cette déclaration intervenait après les commentaires du président Joe Biden sur le déclin du soutien mondial aux opérations militaires israéliennes contre Gaza et sur la nécessité d’opérer des changements au sein du gouvernement israélien.

Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a lancé: «Le niveau de détachement et de cynisme du Premier ministre est hallucinant. Il mène, à un moment aussi critique, une campagne politique perverse dont le seul objectif est de se décharger de toute responsabilité, de rejeter la faute sur les autres et de semer la haine.»

Les analystes politiques en Israël ont suggéré que la position de Netanyahou pourrait devenir plus précaire lorsque la phase actuelle et intense de l’offensive terrestre menée par l’armée israélienne à Gaza prendra fin.

L’experte Dahlia Schiendlin a indiqué à The Guardian qu’elle s’attendait à ce qu’une crise potentielle soit déclenchée par des frictions au sein du Likoud ou de ses alliés d’extrême droite.

«Il est difficile de prédire comment les coalitions prendront fin en Israël et ce qui déclenchera précisément leur effondrement», a-t-elle expliqué. «Mais je dirais que cela provient soit des divisions au sein du Likoud, soit des partis ultranationalistes.»

«On constate, d’après les enquêtes, que 70 à 75% des Israéliens exigent la démission de Netanyahou et deux fois plus de personnes souhaitent qu’il parte après la guerre plutôt que pendant qu’elle a lieu.»

«À l’heure où l’on se demande comment et quand la guerre prendra fin, je prédis une augmentation du nombre de personnes qui souhaitent qu’il démissionne plus tôt.»

Le journaliste israélo-britannique Anshel Pfeffer, qui a publié une biographie de Netanyahou en 2018, a écrit dans le journal Haaretz: «Il sait que, une fois qu’Israël aura réduit son offensive terrestre à Gaza – certainement d’ici à quelques semaines –, il ne pourra rien faire contre le déluge politique.»

«Dans un avenir pas si lointain, sa coalition gouvernementale perdra sa majorité parlementaire et la Knesset sera dissoute. Il tentera de retarder ce moment, mais son instinct politique lui dit qu’il devra bientôt mener des élections – et tous les sondages disent qu’il perdra largement. Il essaie donc de préparer son plan de bataille dans le cadre de la campagne.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.