Banques centrales: à quand les baisses de taux?

Si la Banque centrale américaine (Fed) s'est montrée très ouverte sur de prochaines baisses de taux, sa consoeur européenne (BCE) s'est voulue prudente (Photo d'illustration, AFP).
Si la Banque centrale américaine (Fed) s'est montrée très ouverte sur de prochaines baisses de taux, sa consoeur européenne (BCE) s'est voulue prudente (Photo d'illustration, AFP).
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Publié le Vendredi 15 décembre 2023

Banques centrales: à quand les baisses de taux?

  • La remontée des taux depuis deux ans répondait à une volonté de freiner l'inflation, qui s'est envolée après la pandémie de Covid et la guerre en Ukraine
  • Si la Banque centrale américaine (Fed) s'est montrée très ouverte sur de prochaines baisses de taux, sa consoeur européenne (BCE) s'est voulue prudente

PARIS: Le cycle de relèvement accéléré des taux des banques centrales se termine, mais elles ont avancé en rythme très dispersé cette semaine sur le moment où elles pourraient vraiment relâcher la pression.

La remontée des taux depuis deux ans répondait à une volonté de freiner l'inflation, qui s'est envolée après la pandémie de Covid et la guerre en Ukraine. En renchérissant le coût des crédits pour les ménages et les entreprises, elle a ralenti la demande, avec un effet notable ces derniers mois sur le rythme de hausse des prix, qui a nettement ralenti.

Dans ces conditions, l'avalanche de réunions de politique monétaire cette semaine a abouti la plupart du temps, sans surprise, à un statu quo sur les taux. Mais combien de temps cette pause va-t-elle durer?

Si la Banque centrale américaine (Fed) s'est montrée très ouverte sur de prochaines baisses de taux, sa consoeur européenne (BCE) s'est voulue prudente. La banque d'Angleterre (BoE) a même laissé la porte ouverte à de nouvelles hausses.

Les banques centrales "s'inquiètent beaucoup" à l'idée de se lancer dans un cycle de baisse des taux, craignant "une erreur" de politique monétaire qui ferait repartir la hausse des prix, commente auprès de l'AFP James Pomeroy, économiste pour la banque HSBC à Londres.

Il observe toutefois que certaines sont "beaucoup plus ouvertes à faire baisser leurs taux d'intérêt qu'il y a encore trois ou quatre mois".

A l'instar de la Fed: l'institution américaine a marqué les esprits mercredi lorsque ses responsables ont dit discuter d'un début de calendrier pour effectuer des baisses de taux, et en anticiper trois ou quatre l'année prochaine.

"Les taux sont à leur sommet ou presque", a affirmé son président Jerome Powell, après onze relèvements et une fourchette de taux à un plus haut en vingt-deux ans.

Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a en revanche jeudi refroidi les partisans d'une baisse de taux rapide sur le Vieux continent en affirmant que l'institution ne veut "pas baisser la garde" face à l'inflation et n'a "pas discuté du tout de baisses de taux" au cours de sa réunion.

Baisses dès mars?

Une banque centrale a déjà franchi le pas, celle du Brésil qui a abaissé jeudi son taux pour la quatrième fois consécutive, en avance sur un mouvement qui pourrait se généraliser en 2024 si l'inflation poursuit son accalmie.

Les investisseurs anticipent majoritairement une première baisse de taux dès le mois de mars, aux Etats-Unis, selon l'indice de référence CME FedWatch, qui agrège des prévisions d'analystes. Pour la BCE, les anticipations s'étalent de mars à septembre, selon les données de l'agence Bloomberg.

Signe des espoirs des marchés financiers, et de l'influence de la Fed, les Bourses ont renoué avec les records cette semaine tant à Paris qu'à Francfort ou New York, sentant le parfum d'un retour à un crédit bon marché.

Les taux d'emprunts d'Etats, baromètre de l'humeur des investisseurs sur l'avenir des taux des banques centrales, ont de leur côté connu l'une de leur plus forte baisse mensuelle depuis 25 ans en novembre, tant en Allemagne qu'aux Etats-Unis.

Outre l'inflation, une autre raison pouvant motiver la baisse des taux d'intérêt est le risque d'un ralentissement économique sur les continents européen et américain l'an prochain.

"Des baisses de taux de la part de la Fed et de la BCE sont désormais essentielles pour éviter une récession", relèvent les économistes de Société Générale dans une note, surtout en ce qui concerne le Vieux continent.

La banque française anticipe des baisses de taux au printemps, tant pour la Fed que la BCE.

La Banque d'Angleterre pourrait attendre un peu plus longtemps, mais les économistes de Société Générale envisagent un recul de 0,5 point sur les taux avant la fin d'année prochaine.


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.