En Irak, des restrictions sur le dollar pèsent au quotidien

Un agent de change tient son kiosque dans la rue Al-Kifah, au centre de Bagdad, le 12 décembre 2023. (Photo Ahmad Al-Rubaye AFP)
Un agent de change tient son kiosque dans la rue Al-Kifah, au centre de Bagdad, le 12 décembre 2023. (Photo Ahmad Al-Rubaye AFP)
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Publié le Dimanche 17 décembre 2023

En Irak, des restrictions sur le dollar pèsent au quotidien

  • L’émergence d'un marché de change parallèle et le combat des autorités pour renforcer la surveillance bancaire -en adéquation avec les régulations internationales de Washington- ont déstabilisé le quotidien
  • Si les dépôts en dollars existant peuvent être retirés normalement, promet la Banque centrale, à partir de 2024, tout virement de l'étranger sera encaissé en dinars, au taux de change officiel

BASSORA, Irak : Employé du secteur pétrolier à Bassora, Al-Harith Hassan n'arrive plus depuis plusieurs mois à retirer librement son salaire en dollar de la banque. En Irak, où les autorités luttent contre le marché noir des devises, des restrictions pèsent sur les usages du billet vert.

Un paradoxe pour le pays riche en hydrocarbures, disposant de réserves colossales en devises étrangères dépassant les 100 milliards de dollars. Mais l'émergence d'un marché de change parallèle et le combat des autorités pour renforcer la surveillance bancaire --en adéquation avec les régulations internationales de Washington-- ont déstabilisé le quotidien.

Officiellement, le taux de change est d'environ 1.320 dinars pour un dollar. Dans les bureaux de change, la monnaie locale s'échange à plus de 1.500, voire 1.600 dinars pour un dollar.

«Depuis trois mois ou plus, il est très difficile de retirer des dollars à la banque», résume M. Hassan, 37 ans.

Employé dans la logistique sur un champ pétrolier du sud du pays, il gagne environ 2.500 dollars par mois. «Quand on va retirer notre salaire, ils nous en donnent une fraction seulement, par tranche».

Dernièrement, dit-il, la tendance penche de plus en plus vers le versement des salaires en dinars selon le taux officiel.

«C'est un problème. Ca signifie que le salaire perd 20% de sa valeur en raison de la différence entre taux de change officiel et officieux», déplore-t-il.

A partir de janvier, la Banque centrale imposera le dinar --plutôt que le dollar--  pour toute transaction commerciale et autres opérations à l'intérieur du pays.

- «Souveraineté monétaire» -

Si les dépôts en dollars existant peuvent être retirés normalement, promet la Banque centrale, à partir de 2024, tout virement de l'étranger sera encaissé en dinars, au taux de change officiel.

La question fait polémique, mais «ce sera la règle de base, dans le cadre de la souveraineté monétaire, même s'il y aura des exemptions», notamment les ambassades, indique à l'AFP le conseiller en politiques financières du Premier ministre, Mudher Salih.

«Nous consolidons la souveraineté monétaire. Nous ne pouvons pas accepter les opérations avec deux devises au sein de l'économie nationale», plaide M. Salih.

De même, les Hawala, système de transfert d'argent de gré à gré, sans trace bancaire, ne transfèrent plus de sommes en dollar, se limitant --officiellement-- à des virements en dinars selon le taux officiel.

Bagdad et son secteur bancaire ont adopté la plate-forme électronique SWIFT. Objectif: surveiller l'utilisation des dollars et mettre au pas une économie informelle florissante, importateurs et commerçants étant parfois tenté par l'évasion fiscale.

Le Premier ministre irakien, Mohamed Chia al-Soudani, avait reconnu qu'avec les nouvelles mesures, les quantités de devises fournies au marché avaient chuté de «200 ou 300 millions de dollars» par jour à «30, 40, 50 millions de dollars».

Un des «principaux facteurs» alimentant la demande de devises au marché parallèle reste «la contrebande de dollars vers des pays et des entités frappées de sanctions, notamment l'Iran et la Syrie», rappelle Hayder Al-Shakeri, chercheur du groupe de réflexion Chatham House.

En septembre, M. Soudani indiquait que les commerçants qui traitent avec l'Iran étaient contraints de se tourner vers le marché parallèle pour leurs devises, les sanctions empêchant justement les transferts bancaires.

Il assurait toutefois que les banques centrales irakienne et iranienne discutaient d'un «mécanisme» pour «réguler le commerce», une mesure qui doit «briser l'échine du marché parallèle».

- «Commerce illicite» -

M. Shakeri cite aussi le «commerce illicite» de certains «produits fortement taxés», comme les cigarettes.

Fin novembre, le gouvernement annonçait des facilités pour encourager les importateurs de cigarettes, de voitures, d'or et de téléphones portables à obtenir des devises via les canaux officiels.

Dans le cadre des échanges bilatéraux, les autorités encouragent aussi banques et importateurs à recourir à des devises alternatives comme l'euro, le dirham émirati, ou le Yuan chinois.

«La situation financière de l'Irak est très solide», indique M. Salih, le conseiller gouvernemental, citant les réserves en devises étrangères qui ont atteint un sommet historique.

Pour protéger de l'inflation les 43 millions d'Irakiens, les importateurs peuvent obtenir des dollars au taux officiel, plus avantageux, ajoute-t-il. Cela concerne les produits alimentaires, les médicaments et les matériaux de construction.

Les voyageurs Irakiens sont aussi autorisés à retirer des dollars avant leur départ. Là encore, problème: la police a interpellé à l'aéroport plusieurs personnes en possession de dizaines de cartes de débit, utilisées pour retirer à l'étranger --au taux officiel-- des milliers de dollars, ensuite revendus au marché noir en Irak.


Alimentation durable: les principaux distributeurs français «à la traîne» 

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
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  • Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude
  • Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e)

PARIS: Les principaux supermarchés français "sont à la traîne" sur le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale comparé à leurs homologues européens, Néerlandais en tête, selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes: les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l'Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale plutôt qu'animale.

Aucune des trois françaises étudiées n'intègrent le Top 10: Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu'E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marchés, arrive dernier (27e) selon l'étude du centre néerlandais Questionmark, soutenu par le Réseau Action Climat (RAC).

A l'inverse, les Pays-Bas s'illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1e), puis les distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l'étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e).

Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).

Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu'ils les publient", et "les progrès de E.Leclerc sont inconnus", seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande", a déclaré à l'AFP Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le RAC "exhorte le gouvernement" français "à renforcer l'encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC)", attendue depuis plus de deux ans.


Maisonnave: Le secteur culturel de l'Arabie Saoudite est un nouveau moteur économique entre Riyad et Paris

M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
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  • La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad
  • Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif

RIYAD: La culture est devenue un pilier fondamental des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite, selon l'ambassadeur de France au Royaume, Patrick Maisonnave.

Maisonnave a souligné son lien avec les secteurs du divertissement et du tourisme, ce qui en fait un nouveau moteur de la coopération économique entre Riyad et Paris.

Il a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique dans le quartier Jax de Diriyah, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour son attractivité dans les décennies à venir.

La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad.

Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif.

Lancement de La Fabrique, un espace dédié à la créativité artistique

L'ambassadeur a souligné que le processus de transformation du Royaume dans le cadre de la Vision 2030 a contribué à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes et créateurs, ainsi qu'à un désir croissant de la société saoudienne de se connecter à la culture et de s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

Il a affirmé que la relation entre les deux pays est "profonde, voire culturelle par excellence", l'intérêt de la partie saoudienne pour la culture française allant de pair avec l'intérêt croissant du public français et des institutions culturelles qui se développent dans le Royaume.

Selon les dernières estimations, l'économie de la culture représente environ 2,3 % du produit intérieur brut de la France, soit plus de 90 milliards d'euros (106,4 milliards de dollars) de recettes annuelles, d'après les données du gouvernement. Le secteur emploie directement plus de 600 000 personnes, ce qui en fait l'un des secteurs les plus créateurs d'emplois dans les domaines de la création, de l'édition, du cinéma et des arts visuels.

L'Arabie saoudite bénéficie de l'expérience française dans le domaine culturel

M. Maisonnave a expliqué que la France possède des institutions culturelles bien établies, tandis que l'Arabie saoudite est en train de construire un secteur culturel solide, ce qui ouvre la voie à des opportunités de coopération.

Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la signature, il y a un an, de dix accords culturels majeurs entre des institutions françaises et saoudiennes, visant à renforcer la coopération et à transférer l'expertise et les connaissances françaises afin de contribuer au développement du système culturel dans le Royaume.

Il a ajouté que des expériences telles que La Fabrique permettent de rencontrer la nouvelle génération de créateurs saoudiens, qui ont exprimé leur intérêt pour la mise en relation avec des institutions et des artistes français à Paris et en France.

La Fabrique offre un espace pour de multiples pratiques artistiques contemporaines, y compris les arts de la performance, les arts numériques et interactifs, la photographie, la musique et le cinéma, tout en permettant au public d'assister aux étapes de la production d'œuvres artistiques et d'interagir avec le processus de création.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.