Fluctuation du dinar irakien: les autorités actent une appréciation de la monnaie

L'Irak a décidé mardi d'apprécier de 10% le taux de change officiel du dinar face au dollar. (Photo, AFP)
L'Irak a décidé mardi d'apprécier de 10% le taux de change officiel du dinar face au dollar. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 07 février 2023

Fluctuation du dinar irakien: les autorités actent une appréciation de la monnaie

  • La Banque centrale irakienne proposait ces derniers jours d'apprécier la monnaie nationale d'environ 10%, en faisant passer le taux de change officiel d'environ 1 470 dinars à 1 300 dinars pour un dollar
  • Analystes et responsables attribuent la dépréciation du dinar à la mise en conformité du système bancaire irakien avec la réglementation internationale sur les transferts de fonds

BAGDAD: L'Irak a décidé mardi d'apprécier de 10% le taux de change officiel du dinar face au dollar, une mesure visant à lutter contre la dépréciation de la monnaie qui a accompagné l'adoption d'une réglementation plus rigoureuse sur les transferts vers l'étranger.

Depuis près de trois mois le dinar irakien connaît de fortes fluctuations, qui poussent certains Irakiens à manifester contre leur perte de pouvoir d'achat. Certains jours, la devise perd en effet jusqu'à 15% de sa valeur face au dollar, avant de repartir à la hausse le lendemain.

Pour contrer cette spirale, la Banque centrale irakienne proposait ces derniers jours d'apprécier la monnaie nationale d'environ 10%, en faisant passer le taux de change officiel d'environ 1 470 dinars à 1 300 dinars pour un dollar.

Mardi, le gouvernement a "entériné la décision du conseil d'administration de la Banque centrale de modifier le taux de change du dollar face au dinar, qui passe à 1.300 dinars pour un dollar", selon un communiqué des services du Premier ministre Mohamed Chia al-Soudani.

La mesure, qui avait été ébruitée, s'est immédiatement répercutée sur le marché des changes. Le dollar est retombé à moins de 1 500 dinars, après avoir frôlé les 1 700 dinars ces derniers jours.

Il s'agit d'une amélioration "temporaire", a estimé l'économiste irakien Barik Schuber. Il a pointé du doigt une baisse de la demande sur le marché car "les acheteurs de dollars attendaient d'obtenir le billet vert à un taux plus bas auprès de la Banque centrale".

Mais résoudre la crise nécessite "des solutions radicales", comme un meilleur contrôle des agences de transferts d'argent et le recours uniquement aux lignes de crédit pour les importations, estime-t-il.

Analystes et responsables attribuent la dépréciation du dinar à la mise en conformité du système bancaire irakien avec la réglementation internationale sur les transferts de fonds.

Les banques irakiennes doivent désormais appliquer des mécanismes de transferts liés à la plateforme électronique SWIFT. Ces mesures impliquent une surveillance plus rigoureuse des transactions, notamment par la Réserve fédérale américaine, qui rejette tout transfert jugé suspect.

Or les autorités ont reconnu que l'ancien système permettait de nombreux abus. Certains usagers obtenaient les dollars de la Banque centrale par les voies officielles, pour ensuite effectuer des opérations de blanchiment d'argent vers l'étranger ou une fuite des capitaux.

Privés des canaux officiels, ces usagers se sont donc rabattus sur le marché parallèle, faisant exploser la demande.

Le Premier ministre a reconnu début février que des transferts frauduleux de dollars avaient été effectués depuis l'Irak vers l'étranger.


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.