Les Tchadiens votent pour le référendum constitutionnel après deux ans et demi de régime militaire

Vue générale d'une banderole du Rassemblement national pour la démocratie au Tchad appelant les citoyens à rester chez eux lors du vote référendaire, à N'Djamena le 13 décembre 2023. (Photo, AFP).
Vue générale d'une banderole du Rassemblement national pour la démocratie au Tchad appelant les citoyens à rester chez eux lors du vote référendaire, à N'Djamena le 13 décembre 2023. (Photo, AFP).
Vue générale d'une banderole du Rassemblement national pour la démocratie au Tchad appelant les citoyens à rester chez eux lors du vote référendaire, à N'Djamena le 13 décembre 2023. (Photo, AFP).
Vue générale d'une banderole du Rassemblement national pour la démocratie au Tchad appelant les citoyens à rester chez eux lors du vote référendaire, à N'Djamena le 13 décembre 2023. (Photo, AFP).
Vue générale d'une banderole du Rassemblement national pour la démocratie au Tchad appelant les citoyens à rester chez eux lors du vote référendaire, à N'Djamena le 13 décembre 2023. (Photo, AFP).
Vue générale d'une banderole du Rassemblement national pour la démocratie au Tchad appelant les citoyens à rester chez eux lors du vote référendaire, à N'Djamena le 13 décembre 2023. (Photo, AFP).
Vue générale d'une banderole du Rassemblement national pour la démocratie au Tchad appelant les citoyens à rester chez eux lors du vote référendaire, à N'Djamena le 13 décembre 2023. (Photo, AFP).
Vue générale d'une banderole du Rassemblement national pour la démocratie au Tchad appelant les citoyens à rester chez eux lors du vote référendaire, à N'Djamena le 13 décembre 2023. (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 17 décembre 2023

Les Tchadiens votent pour le référendum constitutionnel après deux ans et demi de régime militaire

  • Dans les quartiers Sud, fief supposé de l'opposition, les journalistes de l'AFP ont également observé un engouement relatif
  • Une frange de l'opposition, tenante du «non», prône le fédéralisme

N’DJAMENA: Les Tchadiens ont commencé à voter dimanche pour ou contre une nouvelle Constitution censée ouvrir la voie à des élections et un retour des civils au pouvoir, promis il y a deux ans et demi par la junte militaire mais repoussé à fin 2024.

Une partie importante de l'opposition et de la société civile a appelé à boycotter ce référendum qu'elle considère comme un plébiscite destiné à préparer l'élection de l'actuel président de transition, le général Mahamat Idriss Déby Itno, et perpétuer une "dynastie" inaugurée par son défunt père il y a 33 ans à l'issue, déjà, d'un coup d'Etat.

Le "oui" semble favori: le pouvoir militaire a mené une campagne à gros moyens et s'est aussi assuré le ralliement d'un de ses principaux opposants, Succès Masra, qui appelle à voter "oui", face à une opposition divisée et violemment réprimée depuis plus d'un an, dans cet Etat d'Afrique centrale qui est le deuxième pays le moins développé au monde selon l'ONU.

Les bureaux de vote ont ouvert à 07H00 (06H00 GMT) et doivent fermer à 17H00 (16H00 GMT).

Les résultats officiels provisoires doivent être annoncés le 24 décembre, la Cour suprême devra les valider le 28.

Engouement relatif 

"Chaque bulletin déposé dans l'urne est un pas de plus vers la stabilité et la prospérité pour notre pays" a déclaré le président Mahamat Idriss Déby, premier à glisser son bulletin dans l'urne d'un bureau de vote de N'Djamena, non loin du palais présidentiel.

Dans la capitale, la mobilisation électorale à la mi-journée semblait assez limitée, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Le dimanche est un jour de culte (...) il y aura du monde dans les bureaux de vote après avoir accompli leur devoir religieux", rassure Limane Mahamat président de l'organisme chargé de l'organisation du référendum constitutionnel (CONOREC).

Mahamat Issa, fonctionnaire, fait partie des réfractaires au vote: "voter ou ne pas voter ne change rien, le résultat est connu d'avance" explique-t-il.

Dans les quartiers Sud, fief supposé de l'opposition, les journalistes de l'AFP ont également observé un engouement relatif.

"Je vais voter +non+ pour respecter la consigne de mon parti, je suis fédéraliste" alors que le référendum prévoit un Etat unitaire, justifie Gilbert Alain, assis face à un bureau de vote du 7ème arrondissement.

Dans les quartiers Nord, de rares électeurs étaient mobilisés à la mi-journée. Parmi eux, Zénana Mahamat confie à l'AFP: "j’ai voté +oui+ pour la paix".

A N'Djamena, des forces de sécurité sont positionnées pour s'assurer de "la sécurisation et du maintien de l'ordre public lors de l'organisation du référendum", selon le ministre tchadien de la Sécurité publique dans un communiqué.

Des affiches pour le "oui" couvrent les murs de la capitale, en faveur d'une Constitution pour un "Etat unitaire et décentralisé", consacrant un régime où le chef de l'Etat concentre l'essentiel du pouvoir.

Une frange de l'opposition, tenante du "non", prône le fédéralisme. L'Etat unitaire est le seul moyen de préserver l'unité, le fédéralisme favoriserait le "séparatisme" et le "chaos", rétorque le camp du "oui".

«Dynastie Déby»

Les deux principales plateformes des partis et organisations de la société civile hostiles à la junte ont appelé au boycott, espérant qu'une faible participation délégitimera un général qu'elles accusent de perpétuer la "dynastie Déby".

Ce référendum, "c'est pour plébisciter (...) les autorités, ça vise à légitimer purement et simplement la dynastie qu'on voudrait nous imposer", assure à l'AFP Max Loalngar, coordinateur de l'une d'elles, Wakit Tamma, au téléphone depuis un pays d'exil qu'il refuse de nommer.

A 37 ans, Mahamat Déby avait été proclamé par l'armée le 20 avril 2021 président de transition à la tête d'une junte de 15 généraux, après la mort de son père Idriss Déby Itno tué par des rebelles en se rendant au front. Celui-ci dirigeait le pays d'une main de fer depuis plus de 30 ans.

Le jeune général avait aussitôt promis des élections après une transition de 18 mois et s'était engagé auprès de l'Union africaine à ne pas s'y présenter. Dix-huit mois plus tard, son régime prolongeait la transition de deux ans et l'autorisait à être candidat à la présidentielle prévue fin 2024.

A la date anniversaire des 18 mois de transition, le 20 octobre 2022, entre cent et plus de 300 jeunes hommes et adolescents ont été tués par balles à N'Djamena par les policiers et militaires, selon l'opposition et des ONG nationales et internationales.

Ils manifestaient contre la prolongation de deux ans.

Plus d'un millier ont été emprisonnés avant d'être graciés, mais des dizaines ont été torturés ou ont disparu, selon ONG et opposition.


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

Short Url
  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

Short Url
  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Short Url
  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"