Purges en Iran en 1988: un ancien fonctionnaire iranien fixé sur son sort en Suède

Des manifestations ont eu lieu devant le bâtiment de la Cour d'appel de Sollentuna, au nord de Stockholm, en Suède, le 11 janvier 2023, au début du procès en appel d'Hamid Noury ​​​​(Photo, AFP).
Des manifestations ont eu lieu devant le bâtiment de la Cour d'appel de Sollentuna, au nord de Stockholm, en Suède, le 11 janvier 2023, au début du procès en appel d'Hamid Noury ​​​​(Photo, AFP).
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Publié le Mardi 19 décembre 2023

Purges en Iran en 1988: un ancien fonctionnaire iranien fixé sur son sort en Suède

  • M. Noury occupait en 1988 des fonctions d'assistant du procureur dans une prison près de Téhéran, mais affirmait avoir été en congés au moment des faits
  • Hamid Noury, 62 ans, avait été arrêté en 2019 à l'aéroport de Stockholm

STOCKHOLM: La justice suédoise rend son verdict mardi dans le procès en appel d'Hamid Noury, un ancien fonctionnaire pénitentiaire iranien condamné à la perpétuité en première instance pour son rôle dans les exécutions de masse de prisonniers ordonnées par Téhéran en 1988.

La décision pourrait avoir des répercussions sur le sort de prisonniers suédois en Iran, en particulier le diplomate travaillant pour l'Union européenne Johan Floderus, détenu depuis plus de 600 jours.

Hamid Noury, 62 ans, avait été arrêté en 2019 à l'aéroport de Stockholm, où des opposants iraniens affirment l'avoir attiré pour permettre son arrestation, rendue possible par l'extraterritorialité des crimes les plus graves en droit suédois.

Il avait été condamné en juillet 2022 pour "crimes aggravés contre le droit international" et "meurtres", une première dans le monde pour ces faits.

M. Noury occupait en 1988 des fonctions d'assistant du procureur dans une prison près de Téhéran, mais affirmait avoir été en congés au moment des faits.

En première instance, il avait été reconnu coupable d'avoir, sous un alias "et en collusion avec d'autres", "été impliqué dans les exécutions", ordonnées par "une fatwa du guide suprême de l'Iran", l'ayatollah Khomeini.

Même si l'accusé occupait un rôle subalterne, c'est la première fois qu'un responsable iranien était jugé et condamné pour cette purge sanglante visant principalement des membres du mouvement armé d'opposition des Moudjahidine du Peuple (MEK), honni par Téhéran.

La défense de l'accusé a demandé lors du procès en appel une réduction de sa peine mais s'est refusée à tout commentaire avant la décision, attendue à 14H00 (13H00 GMT).

Echange de prisonniers? 

Le dossier est aussi particulièrement sensible car l'actuel président iranien, Ebrahim Raïssi, est accusé par des organisations de défense des droits humains d'avoir participé aux "comités de la mort" prononçant les exécutions.

Des ONG estiment qu'au moins 5.000 prisonniers ont été exécutés à l'été 1988 lors de sentences prononcées à la chaîne par des "comités de la mort". Les MEK avancent eux un bilan de 30.000 victimes.

Entamé en août 2021, le procès en première instance a tendu les relations entre la Suède et l'Iran et suscite l'inquiétude de représailles visant les prisonniers occidentaux détenus par le régime islamique.

En avril 2022, l'Iran a arrêté Johan Floderus, diplomate de l'UE, qui achevait un voyage en Iran avec des amis. Son procès en Iran a débuté le 9 décembre et M. Floderus y est jugé pour "corruption sur terre", l'un des chefs d'accusation les plus graves en Iran, et est passible de la peine de mort.

Un autre Irano-Suédois, l'universitaire Ahmadreza Djalali, arrêté en Iran en 2016 et condamné à la peine capitale pour des charges similaires, reste sous la menace d'une exécution.

Les médias suédois spéculent sur la possibilité d'un échange entre la Suède et l'Iran.

La décision de la cour d'appel concernant M. Noury ne sera probablement pas définitive car susceptible d'être étudiée par la Cour suprême suédoise, relève Mark Klamberg, professeur de droit international à l'Université de Stockholm.

"Le gouvernement pourrait gracier Noury (..) mais je pense que cela ne se produira pas, c'est politiquement impossible", dit-il à l'AFP.

Plus probablement, Iran et Suède pourraient convenir que M. Noury purge le reste de sa peine en Iran, ce qui en pratique reviendrait à sa remise en liberté à son retour, selon lui.

Mais un tel accord pourrait encourager ce que plusieurs Etats occidentaux dénoncent comme "une diplomatie d'otages" de la part de l'Iran, ajoute l'expert.

"Un aspect important pour le gouvernement suédois sera également la réaction des victimes" des purges iraniennes à un éventuel échange, ajoute Klamberg.

Le ministre suédois des Affaires étrangères, Tobias Billstrom, a refusé de s'exprimer sur cette question. Les partisans des MEK ont prévu de manifester devant la cour d'appel à Stockholm mardi.


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.