Des bombes israéliennes touchent des maisons à Rafah, au moins 20 morts

Des Palestiniens se rassemblent sur le site d'une frappe israélienne contre une maison à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 1er décembre. 19, 2023 (Photo, Reuters).
Des Palestiniens se rassemblent sur le site d'une frappe israélienne contre une maison à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 1er décembre. 19, 2023 (Photo, Reuters).
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Publié le Mardi 19 décembre 2023

Des bombes israéliennes touchent des maisons à Rafah, au moins 20 morts

  • Mardi, 20 Palestiniens ont été tués dans un bombardement à Rafah
  • Le lourd bilan parmi les civils renforce les appels à l'apaisement de nombreux pays

TEL AVIV: De nouvelles frappes israéliennes ont visé mardi la bande de Gaza, malgré la pression internationale pour un arrêt de l'offensive menée par Israël contre le Hamas et l'indignation provoquée par les lourdes pertes civiles dans le territoire palestinien assiégé.

Le Conseil de sécurité des Nations unies devrait se prononcer sur un nouveau texte appelant à une "cessation urgente et durable des hostilités" à Gaza, déclenchées par l'attaque sanglante menée le 7 octobre par le Hamas sur le sol israélien.

Les Etats-Unis, alliés historiques d'Israël qui ont promis lundi de continuer à lui livrer des armes, avaient opposé leur veto à de précédentes tentatives, tout en critiquant ces derniers jours les frappes "aveugles" menées par l'armée israélienne.

Israël a promis de détruire le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, et déclaré la guerre au mouvement islamiste depuis l'attaque qui a fait environ 1.140 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP à partir des derniers chiffres officiels israéliens.

Quelque 250 personnes ont été prises en otage le 7 octobre, dont 129 sont toujours retenues à Gaza, selon les autorités israéliennes.

L'armée israélienne a annoncé la mort de 131 soldats depuis le début de ses opérations au sol le 27 octobre, venues s'ajouter aux bombardements sur le territoire palestinien.

Dans la bande de Gaza, plus de 19.453 personnes, en majorité des femmes, des enfants et des adolescents, ont été tuées par les bombardements israéliens, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Durant la nuit, des frappes ont de nouveau visé Rafah et Khan Younès, dans le sud, ainsi que le centre de Gaza, selon des correspondants de l'AFP.

«Partout des bombardements»

Mardi, 20 Palestiniens ont été tués dans un bombardement à Rafah, selon le Hamas. Parmi eux se trouvaient quatre enfants et un journaliste, Adel Zorob.

Dans cette ville frontalière avec l'Egypte, qui abrite des dizaines de milliers de réfugiés ayant fui les combats plus au nord, des rescapés fouillaient au matin les décombres d'un immeuble effondré et sortaient des corps.

"Il n'y a pas d'endroit sûr. Aucun. Nous sommes des déplacés de la ville de Gaza. Nous sommes venus ici, nos maisons ont été détruites mais partout à Gaza, il y a des bombardements", a raconté à l'AFP Jihad Zorob, sa petite fille sur les genoux.

La guerre a plongé le petit territoire, soumis par Israël à un siège total depuis le 9 octobre, dans une profonde crise humanitaire, mis hors service la plupart des hôpitaux, entraîné des destructions considérables et le déplacement de 85% de la population, soit 1,9 million de personnes selon l'ONU.

Beaucoup d'habitants ont dû fuir à plusieurs reprises, survivant à l'arrivée de l'hiver dans des camps de fortune, sans électricité, où l'eau, la nourriture, les médicaments et le carburant manquent.

L'organisation Human Rights Watch a accusé lundi Israël d'utiliser "la famine des civils comme technique de guerre (...), ce qui constitue un crime de guerre". Le gouvernement israélien a réagi en qualifiant HRW "d'organisation antisémite et anti-israélienne".

«Des civils meurent»

Le lourd bilan parmi les civils renforce les appels à l'apaisement de nombreux pays.

Le ministre britannique des Affaires étrangères David Cameron doit ainsi rencontrer mardi ses homologues français et italien, pour appeler de nouveau à "un cessez-le-feu durable", ont annoncé ses services.

En visite lundi à Tel-Aviv, le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin a annoncé que les Etats-Unis allaient continuer à fournir "l'équipement" militaire nécessaire à l'armée israélienne et que Washington ne souhaitait pas "imposer un calendrier" à son allié.

En parallèle, le ministre américain a insisté sur la nécessité de "réduire les dommages causés aux civils" et de "fournir une aide humanitaire accrue aux près de deux millions de personnes déplacées à Gaza".

Initialement prévu lundi, le vote du Conseil de sécurité a été reporté à mardi pour permettre de plus amples négociations autour du nouveau projet de résolution.

Tensions en mer Rouge 

Le risque de régionalisation du conflit préoccupe également la communauté internationale, notamment à cause de l'escalade des attaques menées par les rebelles Houthis du Yémen, alliés du Hamas, sur le trafic maritime international en mer Rouge.

Les Houthis se sont dits mardi déterminés à poursuivre leurs attaques en dépit de l'annonce, lundi par les Etats-Unis, de la formation d'une coalition internationale pour y faire face, qui comprend notamment la France et le Royaume-Uni.

Depuis quelques jours, de nombreux géants du transport maritime ont annoncé suspendre tout transit en mer Rouge, à cause de ces attaques concentrées sur le détroit stratégique de Bab al-Mandeb, qui sépare la péninsule arabique de l'Afrique, et par lequel transite 40% du commerce mondial.

A Gaza, les journalistes témoins et victimes de la guerre

A Gaza, les journalistes payent un lourd tribut pour couvrir la guerre entre le Hamas et Israël: femmes ou hommes, ils sont palestiniens, leurs familles survivent dans l'étroit territoire bombardé et des dizaines d'entre eux y ont déjà trouvé la mort.

Qu'ils soient correspondants de médias palestiniens ou étrangers, leur quotidien est peu ou prou celui des 2,4 millions de Gazaouis soumis aux assauts incessants et au blocus de l'armée israélienne, souffrant du manque de tout -- vêtements chauds, nourriture, carburant ...

Qu'importe. "Notre travail consiste à documenter la guerre, à faire savoir au monde ce qui se passe", clame Hind Khoudary, journaliste gazaouie.

Mais chaque jour est "une question de vie ou de mort", témoigne le photo-journaliste Motaz Azaiza.

L'ONG Comité de protection des journalistes chiffre à au moins 64, au 18 décembre, le nombre de professionnels des médias palestiniens - journalistes, photographes, caméramen, techniciens, chauffeurs, etc - tués dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre le 7 octobre.

 

En parallèle, des tractations se poursuivent pour la mise en œuvre d'une nouvelle trêve.

D'après le site d'informations Axios, le patron de la CIA, Bill Burns, a rencontré à Varsovie des responsables israéliens et qataris en vue de nouvelles négociations sur la libération d'otages.

"Le Hamas est prêt à un échange de prisonniers, mais après un cessez-le-feu", a déclaré mardi un responsable du mouvement islamiste.

Israël est opposé à un cessez-le-feu qui, selon lui, laisserait le contrôle de la bande de Gaza au Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël notamment.

Une pause de sept jours, du 24 novembre au 1er décembre, avait permis la libération de 105 otages à Gaza, dont 80 en échange de 240 Palestiniens détenus dans des prisons israéliennes.

Lundi, le Hamas a diffusé une vidéo de trois otages israéliens âgés en vie, trois jours après que l'armée israélienne a admis avoir tué par erreur trois autres otages, âgés de 25 à 28 ans.


Liban: fin de l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth

Le silo à grains du port de Beyrouth endommagé quatre jours après une explosion monstrueuse qui a fait plus de 220 morts, le 8 août 2020. (AFP)
Le silo à grains du port de Beyrouth endommagé quatre jours après une explosion monstrueuse qui a fait plus de 220 morts, le 8 août 2020. (AFP)
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  • Le juge Tarek Bitar a clôturé l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth en 2020, ouvrant la voie à d’éventuels renvois devant le tribunal de dizaines de responsables politiques, militaires et fonctionnaires interrogés
  • L’explosion, provoquée par 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium stockées sans précaution, avait fait plus de 220 morts et est devenue un symbole de l’impunité au Liban, l’enquête ayant été bloquée par l’hostilité politique avant d’être reprise en 2025

BEYROUTH: Le juge chargé du dossier de l'explosion au port de Beyrouth en 2020 a clôturé son enquête, ouvrant la voie à de possibles renvois devant le tribunal des dizaines de personnes auditionnées au cours des investigations, a indiqué lundi une source judiciaire à l'AFP.

"Le juge d'instruction en charge de l'enquête, Tarek Bitar, a clôturé son enquête" près de six ans après l'explosion qui a ravagé une partie de la capitale libanaise le 4 août 2020 et fait plus de 220 morts, a précisé cette source judiciaire.

Le magistrat a transmis le dossier au procureur général de la Cour de cassation pour avis, avant d'éventuels renvois devant le tribunal, a ajouté cette source.

Près de 70 personnes, dont des personnalités politiques, des responsables des services de sécurité et de l'armée ainsi que des fonctionnaires, avaient été convoquées au cours de l'enquête, a détaillé la source judiciaire. Certaines d'entre elles avaient refusé de répondre aux convocations du juge et d'être interrogées.

Le dossier judiciaire de la déflagration du port est devenu un symbole de l'impunité, le juge d'instruction ayant dû interrompre son enquête en janvier 2023 face à l'hostilité d'une grande partie de la classe politique, notamment du Hezbollah qui accusait le magistrat de partialité.

Il avait été poursuivi un temps pour insubordination, mais avait pu reprendre son enquête début 2025 après l'arrivée au pouvoir d'un nouveau gouvernement et d'un nouveau président qui avaient promis de préserver l'indépendance de la justice.

Considérée comme l'une des plus grandes explosions non nucléaires de l'Histoire, l'explosion du port avait été provoquée par un incendie dans un entrepôt où était stocké sans précaution du nitrate d'ammonium, malgré des avertissements répétés aux plus hauts responsables.

La cargaison de 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium, transportée à bord d'un navire, le Rhosus, était arrivée au port de Beyrouth en novembre 2013.

Les autorités portuaires avaient stocké cette marchandise dans un entrepôt délabré, selon des responsables libanais, tandis que le Rhosus, immobilisé après le lancement de poursuites contre le propriétaire, avait coulé dans le port en 2018.

Un premier juge chargé en 2020 de l'enquête avait jeté l'éponge après avoir inculpé l'ex-Premier ministre, Hassan Diab, et trois anciens ministres.


L'Iran a attaqué un pétrolier du Koweït à Dubaï, aucun blessé

L’Iran attaque des pays voisins avec des missiles et des drones depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une guerre contre le pays. (photo d’archives AFP)
L’Iran attaque des pays voisins avec des missiles et des drones depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une guerre contre le pays. (photo d’archives AFP)
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  • L’Iran est accusé d’avoir attaqué par drone un pétrolier koweïtien au large de Dubaï, provoquant un incendie et des dégâts matériels, sans faire de victimes parmi les membres d’équipage
  • Cette attaque s’inscrit dans une escalade régionale depuis fin février, avec des frappes iraniennes contre des infrastructures du Golfe et un fort ralentissement du trafic dans le détroit d’Ormuz, impactant les marchés énergétiques mondiaux

KOWEIT: L'Iran a conduit une attaque "directe et malveillante" contre un pétrolier sous pavillon koweïtien au niveau du port de Dubaï, aux Emirats arabes unis, sans faire de blessés, a rapporté mardi l'agence de presse koweïtienne.

Le pétrolier "était entièrement chargé au moment de l'incident. L'attaque a causé des dégâts matériels sur la coque du navire et un incendie à bord, avec un risque de marée noire dans les eaux environnantes", a écrit l'agence Kuna, citant la société pétrolière nationale Kuwait Petroleum Corporation.

Il n'y a eu aucun blessé, de même source.

Les autorités de l'émirat ont confirmé qu'un pétrolier koweïtien avait été ciblé par un drone dans les eaux de Dubaï, ce qui a provoqué un incendie. Une équipe d'intervention est finalement venue à bout de l'incendie, ont-elles fait savoir un peu plus de deux heures après leur premier message sur X.

Les membres d'équipage du navire sont en sécurité, a ajouté le bureau de presse de Dubaï.

Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février par des frappes américano-israéliennes en Iran, Téhéran frappe régulièrement des infrastructures de pays du Golfe, et bloque en partie le détroit d'Ormuz par lequel transite en temps de paix environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le trafic y a chuté d'environ 95% depuis le début du conflit, selon la plateforme de suivi maritime Kpler. Les répercussions se font sentir sur l'ensemble des marchés énergétiques mondiaux.


Liban/Finul: réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies mardi

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
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  • La Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence à la demande de la France après la mort de Casques bleus de la FINUL au Liban
  • Paris condamne fermement les tirs, appelle à protéger le personnel onusien et pointe des incidents impliquant Israël dans un contexte de tensions avec le Hezbollah

Nations unies, États-Unis: Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra mardi à 10H00 (14H00 GMT) une réunion d'urgence demandée par la France après la mort de plusieurs Casques bleus au Liban, a-t-on appris lundi de sources diplomatiques.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé plus tôt dans la journée cette requête de la France à la suite des "incidents gravissimes subis par les Casques bleus de la Finul", la force de maintien de la paix de l'ONU au Liban.

La France "condamne avec la plus grande fermeté les tirs" qui ont causé dimanche et lundi la mort de trois Casques bleus de la Finul, a-t-il ajouté sur X.

Cette force, qui compte près de 8.200 soldats issus de 47 pays, est prise en étau entre Israël et le groupe chiite pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part, et l'Iran d'autre part, à la suite d'une attaque le 2 mars.

Depuis, la Finul a essuyé des tirs à plusieurs reprises.

"La France condamne également les graves incidents subis hier (dimanche) par le contingent français de la Finul dans la zone de Naqoura", a ajouté le ministre français.

"Ces atteintes à la sécurité et ces intimidations de la part de soldats de l'armée israélienne à l'encontre de personnels onusiens sont inacceptables et injustifiables, d'autant plus que les procédures de déconfliction avaient été respectées", a-t-il estimé, soulignant que ces condamnations avaient "été signifiées avec la plus grande fermeté à l'ambassadeur d'Israël à Paris".

Jean-Noël Barrot a enfin exhorté toutes les parties à respecter la sécurité du personnel onusien.

Lors de la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël à l'automne 2024, la Finul avait déjà accusé les troupes israéliennes de tirs "répétés" et "délibérés" sur ses positions.

La Finul est déployée entre le fleuve Litani et la frontière libano-israélienne, et son quartier général est installé à Ras al-Naqoura, près de la frontière avec Israël.

Un Casque bleu indonésien a été tué dimanche par l'explosion d'un projectile d'origine inconnue près de la ville frontalière d'Adchit Al Qusayr. Lundi, deux autres soldats ont été tués dans "une explosion d'origine inconnue" près de Bani Hayyan, autre ville frontalière, et plusieurs autres ont été blessés.