Dans un village du sud du Liban, on célèbre Noël malgré la guerre

Un prêtre dirige la messe dans une église du village de Qlayaa, à la frontière sud d'Israël, le 21 décembre 2023, dans un contexte de tensions transfrontalières, alors que les combats se poursuivent entre Israël et les militants du Hamas à Gaza. (Photo par AFP)
Un prêtre dirige la messe dans une église du village de Qlayaa, à la frontière sud d'Israël, le 21 décembre 2023, dans un contexte de tensions transfrontalières, alors que les combats se poursuivent entre Israël et les militants du Hamas à Gaza. (Photo par AFP)
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Publié le Dimanche 24 décembre 2023

Dans un village du sud du Liban, on célèbre Noël malgré la guerre

  • Le petit village vit au rythme des bombardements qui empêchent ses habitants de dormir la nuit
  • Les habitants de la zone frontalière sont habitués «aux temps difficiles», assure le père Antonios Farah, dans l'église où trône une crèche grandeur nature. «Mais nous avons décidé de célébrer Noël comme d'habitude. C'est notre façon de prier pour la paix

QLAYAA, Liban : Dans l'église du village de Qlayaa, tout près de la frontière avec Israël dans le sud du Liban, le père Pierre al-Raï exhorte les fidèles: «puisque nous avons décidé de résister et de rester, vivons pleinement la joie de Noël».

Le petit village vit au rythme des bombardements qui empêchent ses habitants de dormir la nuit. Les affrontements sont quotidiens entre Israël et le puissant Hezbollah pro-Iran depuis le déclenchement de la guerre à Gaza le 7 octobre.

«Bien sûr que nous sommes bouleversés par cette guerre (...), cela fait près de trois mois» qu'elle dure, affirme le prêtre en célébrant la messe dans l'église maronite Saint-Georges, devant des fidèles composés en majorité de personnes âgées et d'enfants.

«Mais puisque que nous avons décidé de rester dans ce village et dans les autres villages frontaliers, nous devons vivre la joie de Noël», ajoute-t-il.

Les frappes israéliennes touchent les abords de ce village verdoyant entouré d'oliviers, situé à moins de cinq kilomètres de la frontière.

Mais la localité elle-même a été épargnée, de même que d'autres villages chrétiens voisins, qui coexistent avec les localités musulmanes de la région dans cette région où le Hezbollah est prépondérant.

Près de 150 personnes ont été tuées au Liban depuis le début des affrontements, dont une centaine de combattants du Hezbollah, qui affirme mener des attaques quotidiennes contre Israël pour soutenir le Hamas. Au moins 12 personnes ont été tuées du côté israélien, dont huit soldats.

- «Temps difficiles» -

Les habitants de la zone frontalière sont habitués «aux temps difficiles», assure le père Antonios Farah, dans l'église où trône une crèche grandeur nature. «Mais nous avons décidé de célébrer Noël comme d'habitude. C'est notre façon de prier pour la paix».

Qlayaa a vécu pendant 22 ans sous occupation, de 1978 jusqu'au retrait israélien du Liban en 2000, sous la pression du Hezbollah. En 2006, une guerre a opposé la formation chiite à Israël.

Les rues de Qlayaa, d'ordinaire animées en cette période de fêtes sont quasi-désertes à la tombée de la nuit. Sur la place du village se dresse un énorme sapin décoré de boules rouges, entouré de rennes.

«Environ 60% de la population est restée dans le village», et aucun des expatriés n'est revenu pour les fêtes, explique le père Farah.

Dans une salle attenante à l'église, Mayssa Nahra, 25 ans, responsable des activités de la paroisse, aide des fillettes à décorer un arbre de Noël.

«Malgré la guerre qui nous entoure, on essaye autant que possible de vivre l'atmosphère des fêtes», affirme la jeune femme.

Suzy Salameh, 47 ans, a également décoré de guirlandes argentées et de lumières violettes un sapin dans sa maison. «Nous tentons de célébrer Noël malgré la guerre, les bombardements et les bruits incessants», dit-elle.

Elle se dit déterminée à faire comme tous les ans: «aller à la messe de minuit et passer le réveillon en famille, avoir un père Noël... J'espère que la naissance de Jésus sera la naissance de la paix dans notre pays et les pays qui nous entourent», ajoute-t-elle.

Dans sa maison proche de l'église, Layla Wanna, âgée de 67 ans, est assise avec son mari près de leur grand arbre de Noël aux lumières clignotantes.

«Nous ne sentons pas du tout la joie de Noël», affirme cette femme au foyer dont aucun des enfants ne passe les fêtes au village. «Certains des enfants sont à l'étranger, d'autres à Beyrouth». «Mais nous restons dans notre maison, nous n'en sortirons pas même si nous devons mourir».


«Flottille pour Gaza»: Israël prolonge la détention des militants jusqu'à dimanche 

La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
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  • L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne
  • La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien

ASHKELON: La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah.

L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne. La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien, ce que les deux hommes contestent.

 


Un accord de sécurité avec Israël doit précéder toute rencontre avec Netanyahu déclare Joseph Aoun

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
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  • L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu
  • Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir.

M. Aoun a réitéré que "le moment n'était pas approprié pour une réunion" avec le dirigeant israélien, selon un comuniqué de la présidence.

"Il faut parvenir d'abord à un accord de sécurité" et obtenir "l'arrêt des agressions israéliennes" contre le Liban, a-t-il ajouté.

Il a cependant assuré que la décision d'engager des négociations avec Israël, rejetée par le Hezbollah, était "sans retour", répétant que le processus visait à obtenir "le retrait israélien des territoires libanaise occupés et le retour des prisonniers" libanais.

Une troisième session de "discussions préliminaires" en vue de ces négociations est attendue "ces prochains jours", a indiqué le communiqué de la présidence.

L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu dans la guerre entre Israël et le mouvement Hezbollah pro-iranien.

Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné.

Les ambassadeurs d'Israël et du Liban aux Etats-Unis se sont rencontrés à deux reprises à Washington au cours des dernières semaines, pour la première fois depuis des décennies, en vue de l'ouverture de négociations directes entre les deux pays, en état de guerre depuis 1948.

Le chef du Hezbollah Naïm Qassem a répété lundi son opposition à des négociations directes avec Israël, estimant qu'elles seraient "une concession gratuite, sans résultat".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en lançant une attaque contre Israël, qui poursuit ses frappes sur le pays malgré la trêve.

Cette guerre dévastatrice a fait près de 2.700 morts et plus d'un million de déplacés.


Reprise des frappes iraniennes contre les Emirats

Une vue d'ensemble de la 5e édition du salon « Make it in the Emirates » à Abu Dhabi, le 4 mai 2026. (Photo : FADEL SENNA / AFP)
Une vue d'ensemble de la 5e édition du salon « Make it in the Emirates » à Abu Dhabi, le 4 mai 2026. (Photo : FADEL SENNA / AFP)
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  • Une attaque de drone a provoqué un incendie sur le site pétrolier de Fujaïrah, près du détroit d'Ormuz sous blocus
  • Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que des missiles de croisière avaient été tirés vers "différentes zones du pays"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont annoncé avoir été visés lundi par une attaque de drones iraniens et avoir intercepté des missiles de croisière, dans les premières frappes de Téhéran en plus d'un mois, qui fragilisent la trêve dans la guerre au Moyen-Orient.

Une attaque de drone a provoqué un incendie sur le site pétrolier de Fujaïrah, près du détroit d'Ormuz sous blocus, voie maritime stratégique au coeur des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran. Trois personnes ont été blessées dans cette attaque, selon les autorités locales.

Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que des missiles de croisière avaient été tirés vers "différentes zones du pays". "Trois ont été interceptés au-dessus des eaux territoriales, tandis qu'un est tombé en mer", a-t-il poursuivi dans un message sur ses réseaux sociaux.

"Ces attaques représentent une escalade dangereuse et une transgression inacceptable", a réagi le ministère émirati des Affaires étrangères, ajoutant que le pays "se réservait pleinement le droit légitime de répondre à ces attaques".

Les autorités émiraties ont diffusé plusieurs alertes sur téléphones portables, une première depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu irano-américain le 8 avril, qui avait stoppé les attaques iraniennes menées dans le Golfe, en représailles à l'attaque israélo-américaine du 28 février contre Téhéran.

Deux personnes ont par ailleurs été blessées dans l'attaque d'un immeuble résidentiel dans la ville côtière de Bukha, à Oman, sur le détroit d'Ormuz, a rapporté un média d'Etat, sans préciser l'origine ou la forme de l'attaque.

Alliés de Washington aux portes de l'Iran, les Emirats ont été ciblés par plus de 2.800 missiles et drones depuis le début du conflit, essuyant l'essentiel des salves iraniennes.

A Fujaïrah, qui abrite un important port, un oléoduc et d'autres installations permettant de contourner le détroit d'Ormuz, les équipes de secours s'employaient en début de soirée à maîtriser l'incendie, selon le bureau des médias de l'émirat.

Trois travailleurs indiens ont été hospitalisés pour des blessures modérées, a-t-il précisé.

Ces attaques surviennent au lendemain de l'annonce par Donald Trump du lancement d'une opération américaine visant à permettre une reprise de la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Elles interviennet aussi alors que les Emirats accueillent à Abou Dhabi une importante conférence consacrée à l'industrie nationale et à la résilience économique.

Signe de l'impact du conflit sur l'économie, les autorités ont indiqué que le trafic de passagers à l'aéroport de Dubaï, grand hub international, avait chuté des deux tiers en mars sur un an.

Un pétrolier émirati a par ailleurs été touché par des drones dans le détroit d'Ormuz tard dimanche, suscitant une vive condamnation du ministère des Affaires étrangères.