Les Houthis recrutent des milliers de Yéménites en scandant des slogans anti-Israël

Des Yéménites scandent des slogans lors d’une marche de solidarité avec la population de Gaza dans la ville de Sanaa, contrôlée par les Houthis, le 27 décembre 2023 (Photo, AFP)
Des Yéménites scandent des slogans lors d’une marche de solidarité avec la population de Gaza dans la ville de Sanaa, contrôlée par les Houthis, le 27 décembre 2023 (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 28 décembre 2023

Les Houthis recrutent des milliers de Yéménites en scandant des slogans anti-Israël

  • Les autorités gouvernementales du Yémen ont accusé les Houthis de profiter de la colère populaire généralisée au Yémen causée par le bombardement brutal de Gaza par Israël afin de recruter des Yéménites
  • Les Houthis n’ont pas précisé comment ils prévoyaient d’envoyer ces troupes en Palestine, ce qui fait craindre que leurs recrues ne servent qu’à intensifier les activités militaires des Houthis au Yémen

AL-MUKALLA: La milice houthie du Yémen a recruté des dizaines de milliers de Yéménites censés combattre les Israéliens à Gaza, suscitant la crainte dans le pays que ces combattants ne livrent bataille qu’aux adversaires des Houthis au Yémen.

Les autorités gouvernementales du Yémen, ainsi que des observateurs militaires et politiques, ont accusé les Houthis, soutenus par l’Iran, de profiter de la colère populaire généralisée au Yémen causée par le bombardement brutal de Gaza par Israël afin de recruter des milliers de Yéménites.

«Il s’agit là encore d’un mensonge des Houthis. Ils n’ont pas les ressources militaires, géographiques ou politiques pour déployer qui que ce soit à Gaza», a expliqué mercredi à Arab News le général de brigade et analyste militaire Mohammed al-Kumaim.

Depuis deux mois, les Houthis encouragent les habitants des régions densément peuplées qu’ils contrôlent à suivre un entraînement militaire dans le cadre des efforts de mobilisation qu’ils auraient déployés pour aider les Palestiniens.

Dimanche, les Houthis ont organisé un défilé militaire pour 20 000 recrues ayant suivi des entraînements militaires de courte durée dans le district d’Abes, dans la province septentrionale de Hajja. Des milliers de personnes portant des vêtements traditionnels yéménites ont brandi des drapeaux yéménites et palestiniens, ainsi que leurs armes, et ont scandé des slogans anti-israéliens et anti-américains.

Les Houthis avaient auparavant organisé un défilé militaire à Sanaa pour 16 000 personnes qui auraient obtenu leur diplôme à l’issue de la formation et qui devraient combattre les Israéliens en Palestine.

Les Houthis n’ont pas précisé comment ils prévoyaient d’envoyer ces troupes en Palestine, ce qui fait craindre au Yémen que leurs recrues ne servent qu’à intensifier les activités militaires des Houthis, alors même que l’envoyé de l’ONU pour le Yémen est sur le point d’établir une feuille de route pour mettre fin au conflit dans ce pays.

Selon le général Al-Kumaim, les Houthis ont vu dans l’indignation de l’opinion publique face aux événements de Gaza une occasion de redorer leur blason et de recruter de nouveaux membres. Cela s’explique principalement par le fait que les citoyens ont refusé de les rejoindre sur les champs de bataille pendant la trêve conclue sous l’égide de l’ONU et entrée en vigueur en avril de l’année dernière.

«Les Houthis ont découvert que, malgré la tenue de six défilés militaires, la mobilisation militaire s’était détériorée pendant la trêve, et ils ont donc utilisé les événements à Gaza comme excuse pour réactiver la mobilisation», a indiqué le général Al-Kumaim.

Lorsque les Houthis enrôlent des milliers de combattants volontaires dans leurs cours de formation militaire de courte durée, ils ne s’engagent pas à leur donner de l’argent ou à les soigner s’ils sont blessés sur le champ de bataille, et ils ne s’occupent pas de leurs familles après leur mort.

«Les événements de Gaza ont permis aux Houthis de justifier cette mobilisation, de telle sorte qu’ils ne paient pas de salaire et ne fournissent pas de soins aux combattants, qu’ils considèrent comme participant au sacrifice et au djihad», a ajouté le général Al-Kumaim.

Dans le même temps, des officiers militaires yéménites sur le terrain ont affirmé que les Houthis avaient commencé à déployer un grand nombre de ces personnes nouvellement recrutées dans tout le pays.

Abdel Basit al-Baher, responsable militaire yéménite à Taïz, a déclaré à Arab News que certains des combattants nouvellement recrutés avaient été envoyés dans des régions contestées à Taïz, Hodeïda et Ad Dali’. Certains ont refusé de rejoindre le champ de bataille et sont rentrés chez eux après s’être rendu compte que les slogans des Houthis les avaient dupés.

«Les combattants qui ont terminé leur formation au camp militaire houthi de Yarim (province d’Ibb) ont déjà été transférés pour participer aux batailles à Taïz, sur la côte ouest et à Ad Dali’», a précisé M. Al-Baher.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.


Guerre Israël-Hezbollah: JD Vance discute avec le président libanais d'une cellule de prévention

Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
  • L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin"
  • De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel du vice-président américain JD Vance portant notamment sur la création d'une cellule préventive visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, a indiqué son bureau lundi.

Au terme d'une première séance de négociations en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d'une "cellule de gestion des conflits", selon les médiateurs pakistanais et qatari.

M. Aoun a reçu à ce sujet "un appel téléphonique du vice‑président américain JD Vance, du principal conseiller du président américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani", a précisé la présidence libanaise.

L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin", selon la même source.

Cette cellule constituera "le premier test réel", a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur".

"Nous pensons (...) que nous pouvons parvenir à une situation dans laquelle la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban est protégée, comme la sécurité d'Israël", a ajouté le vice-président américain à l'issue des pourparlers en Suisse.

"Cela va nécessiter une certaine coordination avec les forces armées libanaises, et aussi que les Iraniens maîtrisent le Hezbollah", a-t-il avancé.

Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah ont eu lieu vendredi et samedi au Liban, faisant vaciller le protocole d'accord irano-américain qui prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts.

"Nous négocions pour nous-mêmes" 

Le Liban connaît désormais une accalmie, confirmée lundi par le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Dimanche "a été le premier jour depuis la reprise des hostilités le 2 mars au Liban" où les Casques Bleus "n'ont pas détecté des tirs ou des interceptions", a affirmé Stéphane Dujarric, selon qui ce calme "s'est poursuivi ce (lundi) matin".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a toutefois prévenu lundi que les soldats déployés dans le sud du Liban "disposent d'une liberté d'action totale pour neutraliser toute menace directe ou potentielle à leur encontre ou à l'encontre des habitants du nord" d'Israël.

"L'armée israélienne ne fait l'objet d'aucune restriction sur cette question", a ajouté M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

L'entente pour créer une cellule de crise, qui n'inclut pas Israël, intervient à la veille de nouvelles discussions directes à Washington entre le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Il s'agira de la cinquième session depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.

Le mouvement chiite a attaqué Israël pour venger la mort le 28 février du guide suprême iranien Ali Khamenei, dans l'offensive américano-israélienne. Les frappes israéliennes de représailles ont fait plus de 4.000 morts.

Une trêve, théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, n'a jamais été respectée.

"Nous négocions pour nous-mêmes, et n'acceptons pas qu'une autre partie négocie pour nous", a insisté Joseph Aoun lundi.

"Nous accueillons toute aide venant de tout pays pour mettre fin à la guerre (...) mais il y a une grande différence entre oeuvrer à nous aider et s'ingérer dans nos affaires internes", a-t-il rappelé, dans une allusion à l'Iran, qui a longtemps exercé une forte influence au Liban à travers le Hezbollah.

Beyrouth, qui s'est employé au cours des derniers mois à dissocier les dossiers libanais et iranien, pousse en faveur de la réussite des pourparlers de Washington, auxquels s'oppose le Hezbollah, afin de mettre fin à la guerre et de déterminer l'avenir des relations entre les deux pays.