Nouvelles frappes sur Gaza, où la faim s'aggrave selon l'ONU

Des obusiers d'artillerie automoteurs de l'armée israélienne tirent des obus depuis une position proche de la frontière avec la bande de Gaza, dans le sud d'Israël, le 28 décembre 2023, au milieu des combats en cours entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. (Photo de JACK GUEZ / AFP)
Des obusiers d'artillerie automoteurs de l'armée israélienne tirent des obus depuis une position proche de la frontière avec la bande de Gaza, dans le sud d'Israël, le 28 décembre 2023, au milieu des combats en cours entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. (Photo de JACK GUEZ / AFP)
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Publié le Jeudi 28 décembre 2023

Nouvelles frappes sur Gaza, où la faim s'aggrave selon l'ONU

  • Le conflit a aussi ravivé les tensions à travers le Moyen-Orient, notamment à la frontière nord d'Israël avec le Liban
  • Des tirs d'artillerie ont frappé pendant la nuit plusieurs endroits de la bande de Gaza, dont Khan Younès, la grande ville du sud où sont réfugiés de nombreux civils

GAZA: L'armée israélienne a de nouveau bombardé jeudi la bande de Gaza, poursuivant sans relâche son offensive contre le Hamas dans le territoire palestinien assiégé où "la faim et le désespoir" s'aggravent, selon l'ONU, après plus de deux mois et demi de guerre.

La guerre, déclenchée le 7 octobre par l'attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien contre Israël, ne montre aucun signe de répit malgré les pertes civiles qui s'alourdissent chaque jour et les appels internationaux à un cessez-le-feu.

Le conflit a aussi ravivé les tensions à travers le Moyen-Orient, notamment à la frontière nord d'Israël avec le Liban, où l'état-major israélien a évoqué jeudi une possible "expansion des combats".

Selon un journaliste de l'AFP, des tirs d'artillerie ont frappé pendant la nuit plusieurs endroits de la bande de Gaza, dont Khan Younès, la grande ville du sud où sont réfugiés de nombreux civils.

Le ministère de la Santé du Hamas a annoncé jeudi que 210 personnes, "dont des familles entières", avaient été tuées en 24 heures par des frappes israéliennes.

Au total, 21 320 personnes, en majorité des femmes et des enfants, ont été tuées à Gaza depuis le début des opérations militaires israéliennes, selon le ministère.

En Israël, l'attaque du 7 octobre a fait environ 1 140 morts, la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir des derniers chiffres officiels israéliens. Environ 250 personnes ont été enlevées par le Hamas, dont 129 restent détenues à Gaza, selon Israël.

En représailles, Israël a juré de détruire le Hamas, au pouvoir depuis 2007 dans la bande de Gaza, pilonne le petit territoire et y a lancé le 27 octobre une offensive terrestre qui a coûté la vie jusqu'à présent à 167 soldats, selon l'armée.

L'armée a annoncé jeudi poursuivre ses opérations à Khan Younès, qu'elle considère comme un important bastion du Hamas, et dans les camps de réfugiés du centre du territoire, qui abritent aussi de nombreux déplacés.

Elle a diffusé des images de ses soldats progressant dans des tunnels creusés, selon elle, par le Hamas à proximité de l'hôpital pédiatrique al-Rantissi, dans l'ouest de la ville de Gaza, l'un des hôpitaux où Israël accuse le mouvement islamiste d'avoir installé un centre de commandement.

Le Croissant rouge palestinien a annoncé que dix personnes avaient été tuées dans de nouveaux bombardements israéliens près de l'hôpital Al-Amal à Khan Younès, qui abrite environ 14 000 déplacés.

«Nous souffrons»

La population de Gaza est en "grand danger", a averti mercredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS), présente sur le terrain, affirmant que "la faim et le désespoir" s'aggravent dans le territoire, soumis par Israël à un siège total depuis le 9 octobre.

La guerre a provoqué d'immenses destructions, mis hors service la plupart des hôpitaux et poussé hors de leur foyer 1,9 million de personnes, soit 85% de la population, selon l'ONU.

Beaucoup ont fui plusieurs fois, poussés sur les routes par l'avancée des combats et les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, sans pour autant échapper aux bombardements incessants.

A la pointe sud du territoire, la ville de Rafah, frontalière avec l'Egypte, abrite d'immenses camps où les réfugiés tentent de se protéger du froid hivernal sous des tentes ou des bâches en plastique.

Dans ce secteur, "la population s'élève à près d'un million et demi d'habitants", estime Nedal Abu Shbeka, propriétaire d'un magasin de literie, où les matelas manquent. "Il y a des gens dans les écoles, les camps et d'autres endroits", raconte-t-il à l'AFP.

"Nous sommes allés au marché pour acheter un matelas, mais nous n'en avons pas trouvé. Nous sommes deux familles de 16 personnes. Nous dormons sur du nylon, sans matelas ni couverture. Même s'il s'agit d'un matelas d'occasion, nous dormirons dessus. La chose la plus importante est de protéger les enfants du froid", témoigne une déplacée, Balqees Sulaiman Abu Shehab.

Des femmes, épuisées, racontent la lutte de chaque instant pour boire, se nourrir et se laver.

"Assez de la guerre, assez de souffrir, assez d'avoir faim. Nous sommes fatigués de tout", lance Ekhlas Shnenou, arrivée à Rafah après avoir fui la ville de Gaza. "Il n'y a plus aucun produit de première nécessité. C'est difficile de faire de la pâte à pain, de faire la lessive, nous devons aller chercher de l'eau pour boire et nous laver. Nous souffrons."

L'aide humanitaire, dont l'entrée à Gaza est contrôlée par Israël, n'arrive qu'en quantité très limitée.

Une résolution adoptée le 22 décembre par le Conseil de sécurité de l'ONU, exigeant l'acheminement d'aide "immédiat" et "à grande échelle", reste sans effet.

Risque «d'expansion»

Outre la bande de Gaza, les forces israéliennes ont multiplié dans la nuit les raids en Cisjordanie occupée, notamment à Jénine et à Ramallah, où siège l'Autorité palestinienne, selon l'agence officielle Wafa.

Un Palestinien a été tué jeudi à l'aube lors d'une incursion de l'armée à Ramallah, au cours de laquelle des bureaux de change accusés par Israël de transférer de l'argent au Hamas ont été perquisitionnés, selon l'agence.

Le chef d'état-major israélien, Herzi Halevi, a indiqué que son armée était à "un niveau de préparation très élevé pour une expansion des combats dans le nord", à la frontière libanaise, où les échanges de tirs entre Israël et le Hezbollah, allié du Hamas et soutenu par l'Iran, sont quotidiens.

L'Iran a menacé mercredi Israël "d'actions directes et d'autres menées par le front de la résistance" après la mort lundi, dans un tir de missile en Syrie qu'il impute à Israël, de Razi Moussavi, un général des Gardiens de la Révolution dont les funérailles ont eu lieu jeudi à Téhéran.

Des milliers de personnes se sont rassemblées dans le centre de la capitale iranienne, scandant "mort à Israël", "mort aux Etats-Unis".

Après une trêve d'une semaine fin novembre, négociée par le Qatar avec l'appui des Etats-Unis et de l'Egypte, les efforts pour parvenir à une nouvelle pause dans les combats restent vains.

Cette trêve avait permis la libération de 105 otages et de 240 prisonniers palestiniens détenus par Israël, ainsi que l'entrée à Gaza d'un important volume d'aide humanitaire.

L'émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, s'est entretenu cette semaine avec le président américain Joe Biden pour discuter des efforts nécessaires pour "arriver à un cessez-le-feu permanent", selon Doha.

Mais les deux camps restent intransigeants.

Le Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël notamment, exige un arrêt des combats avant toute négociation sur de nouvelles libérations d'otages. Israël est ouvert à l'idée d'une trêve mais exclut tout cessez-le-feu avant "l'élimination" du mouvement islamiste.


Le ministre iranien des Affaires étrangères appelle son homologue saoudien avant les pourparlers nucléaires avec les États-Unis

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araqchi. (Capture d’écran)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araqchi. (Capture d’écran)
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  • Ils ont discuté de l’importance de résoudre les différends par le dialogue et la diplomatie
  • Des puissances régionales ont œuvré en faveur de ces pourparlers, prévus vendredi à Oman, entre Téhéran et Washington

​​​​​​LONDRES : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araghchi, à la veille de discussions nucléaires cruciales entre Téhéran et Washington.

Selon l’Agence de presse saoudienne, les deux responsables ont souligné l’importance de régler les différends par le dialogue et la diplomatie, ainsi que les efforts visant à préserver la sécurité et la stabilité de la région.

Des puissances régionales ont encouragé la tenue de ces pourparlers, programmés vendredi à Oman, entre l’Iran et les États-Unis, dans le but de parvenir à un accord sur le programme nucléaire de Téhéran et d’éviter une nouvelle escalade dans la région.

Dans un message confirmant ces discussions, publié mercredi sur la plateforme X, Abbas Araghchi a écrit :
« Les négociations nucléaires avec les États-Unis doivent se tenir à Mascate vendredi vers 10 heures. Je remercie nos frères omanais pour avoir pris toutes les dispositions nécessaires. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz à Riyad

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, mercredi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, mercredi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, mercredi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, mercredi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, mercredi. (SPA)
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  • Lors d’une réunion, Merz et le prince héritier ont examiné les relations saoudo-allemandes, les domaines de coopération et les perspectives de leur développement

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a reçu mercredi le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Une cérémonie d’accueil a été organisée en l’honneur de Merz, avant la tenue d’une session officielle de discussions entre les deux dirigeants.

Au cours de la rencontre, Merz et le prince héritier ont passé en revue les différents aspects des relations entre l’Arabie saoudite et l’Allemagne, les domaines de coopération bilatérale ainsi que les opportunités de leur développement dans plusieurs secteurs.

Ils ont également examiné les derniers développements régionaux et internationaux, ainsi que les efforts déployés à cet égard.

Friedrich Merz est arrivé plus tôt mercredi à Riyad dans le cadre d’une visite officielle en Arabie saoudite, accompagné d’une délégation de haut niveau.

Il a été accueilli à l’aéroport international du roi Khaled par le prince Mohammed ben Abdulrahman ben Abdulaziz, vice-gouverneur de la région de Riyad, en présence de hauts responsables saoudiens, de diplomates et de représentants des deux gouvernements, dont le ministre saoudien des Finances, Mohammed Al-Jadaan.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La Turquie déterminée à porter ses relations avec l'Arabie saoudite à un niveau supérieur, déclare Erdogan au prince héritier

Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais d'Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais d'Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
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  • Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman et le président turc Recep Tayyip Erdogan ont tenu une session d'entretiens au palais d'Al-Yamamah à Riyad, mardi
  • Une déclaration conjointe turco-saoudienne publiée à la suite de la visite a salué les mesures prises par le gouvernement syrien pour préserver l'intégrité territoriale du pays et promouvoir la paix civile

RIYAD: Le président turc Tayyip Erdogan a rencontré mardi à Riyad le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman et lui a dit que la Turquie était déterminée à porter ses relations à un niveau plus élevé dans des domaines tels que les énergies renouvelables et l'industrie de la défense, a indiqué le bureau de M. Erdogan.

M. Erdogan a également dit au prince héritier saoudien que le soutien de la Turquie à la stabilité en Syrie se poursuivrait et que la Turquie travaillerait en coopération avec l'Arabie saoudite pour reconstruire la Syrie, a déclaré la présidence turque dans un communiqué.
 

M. Erdogan et la délégation qui l'accompagne ont quitté Riyad mercredi et ont été accueillis à l'aéroport international King Khalid par le gouverneur adjoint de la région de Riyad, le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz.

Une déclaration conjointe turco-saoudienne publiée à la suite de la visite a salué les mesures prises par le gouvernement syrien pour préserver l'intégrité territoriale du pays et promouvoir la paix civile. Elle condamne également les violations israéliennes du territoire syrien et exige le retrait immédiat d'Israël de tous les territoires syriens occupés.

La déclaration appelle également au rétablissement de la paix et de la stabilité au Soudan, dans les territoires palestiniens et au Yémen.

Elle condamne les agressions israéliennes à Gaza et appelle à un cessez-le-feu et à la fin de l'occupation israélienne.

La Turquie a salué les efforts déployés par l'Arabie saoudite pour résoudre la crise yéménite, ainsi que l'organisation par le Royaume d'un dialogue inclusif à Riyad, réunissant toutes les factions du sud du Yémen.

Les deux pays ont insisté sur la nécessité de lutter contre tout soutien à des entités internes au Yémen qui visent à porter atteinte à sa sécurité et à sa stabilité.

L'Arabie saoudite et la Turquie ont également insisté sur la nécessité de lancer un processus politique dirigé par le Soudan à travers un gouvernement civil, selon le communiqué.

Plus tôt dans la journée de mardi, le prince héritier a reçu M. Erdogan au palais Al-Yamamah à Riyad, où les deux dirigeants se sont entretenus.

Le dirigeant turc a été accueilli par le gouverneur adjoint de la région de Riyad, le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz, et d'autres hauts responsables saoudiens à son arrivée à l'aéroport international King Khalid.

(avec Reuters)