Le Bohémia café, le lieu où les musiciens d’Alkhobar font vibrer la scène tout en sirotant leur café

Le Bohemia Café est le cœur des musiciens, et spécifiquement ceux d'Alkhobar. (Photo AN )
Le Bohemia Café est le cœur des musiciens, et spécifiquement ceux d'Alkhobar. (Photo AN )
Le Bohemia Café est le cœur des musiciens, et spécifiquement ceux d'Alkhobar. (Photo AN )
Le Bohemia Café est le cœur des musiciens, et spécifiquement ceux d'Alkhobar. (Photo AN )
Le Bohemia Café est le cœur des musiciens, et spécifiquement ceux d'Alkhobar. (Photo AN )
Le Bohemia Café est le cœur des musiciens, et spécifiquement ceux d'Alkhobar. (Photo AN )
Le Bohemia Café est le cœur des musiciens, et spécifiquement ceux d'Alkhobar. (Photo AN )
Le Bohemia Café est le cœur des musiciens, et spécifiquement ceux d'Alkhobar. (Photo AN )
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Publié le Mercredi 03 janvier 2024

Le Bohémia café, le lieu où les musiciens d’Alkhobar font vibrer la scène tout en sirotant leur café

  • Le Bohemia café propose de la musique live, contrairement aux autres cafés, indique un artiste local
  • Le lieu se présente comme «un magasin de disques et un café indépendant à Alkhobar», mais c'est bien plus que ça C'est le battement de cœur des musiciens et par excellence de la ville

ALKHOBAR: Le nouveau Bohemia Café ne ressemble à aucun autre dans la région. C’est comme si vous veniez d'arriver chez votre ami dans une atmosphère détendue, au milieu de la petite et paisible allée d’un jardin qui mène à un espace bien conçu, prêt à vous accueillir pour prendre une tasse de café fort, sur fond de musique. 

Ayant ouvert ses portes début 2023, le nouveau Bohemia Café est une version plus accueillante et plus élaborée du Bohemia Café d’origine.

Le premier café, ouvert en 2018, était situé dans un quartier animé de la ville, dans une atmosphère teintée de pittoresque, pétillante et branchée. Cependant, l'espace entièrement vitré, face à la circulation dans un immeuble commercial, souffrait de places de stationnement limitées, et ne concordait pas pleinement avec l'ambiance bohème.

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Le café hybride est l'un des lieux d'achat et de vente de disques vinyles de la ville. (Photo AN)

Lorsque l’ancien espace a fermé ses portes, la scène musicale d’Alkhobar a perdu un pôle communautaire dans lequel fusionnaient les synergies musicales.

Le nouvel emplacement du café, dans la tranquille zone historique du nord d’Alkhobar, correspond davantage à leur rythme. Il est resté proche de ses racines d’Alkhobar, mais a évolué pour devenir une maison indépendante au charme pittoresque, avec un vaste jardin et de nombreux sièges à l'intérieur et à l'extérieur.

Le café hybride, qui est l'un des lieux d'achat et de vente de disques vinyles de la ville, est devenu une sorte de sanctuaire hors des sentiers battus, où les artistes peuvent se retrouver pour écouter de la musique tout en sirotant un café et grignoter les pâtisseries maison.

EN BREF

• Le Bohemia café est peut-être l'un des rares lieux qui accueille tous les talents, de tous genres, et certainement l'un des rares à offrir aux amateurs la possibilité de se produire.

• La plupart de ceux qui viennent au Bohemia lors de ses spectacles live, notamment ceux consacrés à certains chanteurs, ou aux open mics, peuvent s'attendre à de belles surprises.

Contrairement aux lieux tapageurs de Riyad ou sophistiqués de Djeddah, en particulier avec le succès des festivals de musique comme XP et MDLBEAST dans les deux villes, la pittoresque Alkhobar a toujours été une ville plus concentrée et se situant indéniablement en marge des autres.

La côte Est jouit depuis longtemps d’une culture ancrée dans un style de vie plus décontracté. Bohemia Café se présente comme «un magasin de disques et un café indépendant à Alkhobar», mais c'est bien plus que ça C'est le battement de cœur des musiciens et par excellence d'Alkhobar.

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Le Bohemia Café est le cœur des musiciens, et plus spécifiquement d'Alkhobar. (Photo AN)

C'est peut-être l'un des rares lieux à accueillir tous les talents, de différents niveaux, et certainement l'un des rares à offrir aux amateurs la possibilité de se produire. La plupart de ceux qui viennent au Bohemia lors de leurs soirées de spectacles – notamment celles consacrées à certains chanteurs ou aux open mics – peuvent s’attendre à des surprises. Telle une «mixtape », la soirée est un amalgame diversifié: certains joueront d’un instrument de façon remarquable, tandis que d'autres crieront des mots et se déplaceront, un micro à la main. La communauté semble transcender le temps et l'espace.

Avant tout session d’open mic au Bohemia, une annonce est publiée quelques jours à l'avance sur les réseaux sociaux, et les artistes intéressés peuvent s'inscrire directement en envoyant un message. Ceux qui souhaitent simplement siroter une boisson et assister au spectacle doivent acheter un billet, coûtant généralement entre 75 et 100 riyals saoudiens (un RS= 0,24 euro). Celui-ci peut être utilisé comme crédit en magasin le jour du spectacle, pour acheter de la musique ou autre chose.

Fatima, qui se définit comme artiste, aime l'esthétique du café mais surtout la manière dont les talents locaux sont présentés, dans un environnement aussi sain et divertissant.

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Le Bohemia Café est le cœur des musiciens, et spécifiquement d'Alkhobar. (Photo AN)

Comme les nuits d’hiver deviennent longues, elle savoure ses soirées passées dans cet espace, une boisson chaude à la main, éprouvant une sensation d’émerveillement. À chaque fois, elle se plonge dans le vertige d’écouter des voix familières et d’en découvrir de nouvelles.

«Le Bohemia nous apporte de manière singulière quelque chose que les autres cafés n’offrent pas: de la musique live», confie à Arab News Fatima, qui a participé à plusieurs open mics.

«Chaque spectacle en live a sa propre ambiance. La diversité des groupes, des genres choisis, et du public concerné, en disent long sur ce que tout le monde ici a en commun: la passion pour la musique», ajoute-t-elle.

Et, en effet, c’est la musique qui attire – et fait revenir – les gens.

Dana, qui porte le nom de scène de «Farasha», qui signifie papillon en arabe, est tombée par hasard sur le café lors d'une soirée karaoké dans l’ancien Bohemia. Cette expérience exaltante l’a aidée à déployer ses ailes.

«C'est arrivé accidentellement. Une fois, j’ai assisté à une soirée karaoké en 2021 ou 2022 – dans l’ancien café – et j’ai regardé les gens chanter. Je ne m’étais pas inscrite. Et je me suis dit, je veux avoir le micro. Et je l’ai fait», raconte-t-elle à Arab News.

Ses sœurs et amis qui l’accompagnaient l’ont encouragée à faire ce pas et à se lancer. Elle s'est levée et a chanté une chanson bien connue, Hit the road, Jack, parce qu'elle savait que le groupe présent ce jour-là saurait le jouer. Beaucoup l’ont accompagnée dans la chanson. Elle s'est amusée. Pendant qu'elle chantait, elle a déclaré qu'elle avait fait comme son idole, Hannah Montana, un personnage fictif d'une émission populaire de Disney, qui est une adolescente ordinaire, mais aussi une immense pop star. «Moi aussi, je veux m’éclater», lance Farasha.

Fin novembre, elle a interprété plusieurs chansons lors du dernier open mic. Avec une voix juste et une grande confiance en elle, ses mains flottaient gracieusement pendant qu'elle était sur scène. Et, lorsqu'elle oubliait parfois certaines paroles, la foule comblait les vides, la rejoignant à l'unisson.

«La première fois que j’ai chanté, j’étais vraiment nerveuse. Mes sœurs m’y encourageaient énormément. Les gens applaudissaient. Et puis Fawaz, le propriétaire, m'a contactée pour chanter par la suite. J'ai eu une séance rapide à la Ladies Night. C'était une expérience géniale. Ce n’est donc pas la première fois aujourd’hui, c'est, je crois, la troisième ou quatrième fois que je chante», précise-t-elle.

La jeune femme fait référence au propriétaire, omniprésent mais jamais autoritaire, Fawaz Alsoulaim. Si jamais une image devait résumer l’essence même de l’ancien et du nouveau café Bohemia, ce serait celle du propriétaire.

Fawaz Alsoulaim, qui pourrait être décrit comme un homme de la génération Y, silencieux mais pas timide, est souvent assis calmement, respirant la sagesse et, peut-être, la paix intérieure. Il est accessible, mais également évasif. Au cours de l’open mic auquel Arab News a assisté, il s'est assis d’une façon stratégique dans un coin offrant le meilleur point de vue, lançant des signes de tête rassurants aux artistes mais se mettant à peine sous les projecteurs. Avec son attitude calme, son regard aiguisé et son oreille attentive au talent, il est seulement là pour repérer ceux qui ont du potentiel et les encourager.

 

«Nous avons découvert tellement de talents, de personnes qui n'envisageaient même pas de poursuivre une carrière musicale ou de se produire sur scène. Ils se sont produits pour la première fois ici, soit dans le cadre de l’open mic, soit avec juste une guitare, ou même en le faisant à la manière d'un karaoké», assure Alsoulaim à Arab News avec le sourire. «Ils ont eu envie de se produire en live – et beaucoup de gens ont commencé leur carrière musicale de cette façon», déclare-t-il fièrement.

Si vous voulez chanter, mais que vous vous sentez nerveux, Fawaz Alsoulaim sera là pour vous donner des mots d'encouragement sans jamais exercer de pression.

Certains qui choisissent de monter sur scène sont des professionnels aguerris, tandis que d’autres ne se sont produits auparavant qu’avec leur brosse à cheveux dans leur chambre.

Le jour de notre visite, une jeune femme avec une casquette de base-ball et le visage à moitié couvert d'un masque est entrée sur scène. Elle a dit que c'était la première fois qu'elle chantait devant un public, et a demandé que les spectateurs respectent sa demande de ne pas la photographier ou la filmer. Pendant tout son passage sur scène, personne n’a tenu son téléphone. Tout le monde s’est contenté de regarder, de chanter quand elle le demandait, et de l'applaudir.

Certains artistes ont des chansons originales, en anglais ou en arabe. Ce qui est évident, c’est que c’est un lieu où l’expérimentation est la bienvenue. Tant que vous avez le courage de prendre le micro, le public écoute. En moyenne, une dizaine de personnes environ s’inscrivent pour monter sur scène, dont près de la moitié sont généralement des débutants.

«Tout le monde est toujours le bienvenu pour se produire ici, comme il le souhaite. Nous ne refusons jamais personne», explique Fawaz Alsoulaim à Arab News.

Alsoulaim a été fidèle à sa promesse lors de la visite d’Arab News. Après l'annonce du spectacle final, les gens ont commencé à partir. Mais quelqu'un a simplement indiqué une personne assise au premier rang, qui avait hoché la tête et applaudi toute la nuit. Cette personne est volontiers montée sur scène pour une chanson. Puis deux, puis trois. Un grand nombre de ceux qui partaient se sont alors assis.

L'interprète n'était autre que Nader al-Fassam, une véritable légende locale de l'underground d'Alkhobar depuis les années 1990, et un habitué de la scène, et du Bohemia en particulier. Il chante des succès bien connus du top 40, ainsi que des chansons moins connues. Il interprète souvent ses propres créations musicales.

«Je n'étais pas censé chanter ce soir, mais quelqu'un n'est pas venu, et j'ai donc en quelque sorte été tenté de prendre sa place», raconte-t-il à Arab News après son passage sur scène.

Un incontournable des célébrations musicales de la région, Nader al-Fassam est peut-être l'incarnation parfaite de l'ancien et du nouveau Bohemia. Il est le guitariste principal du groupe punk psychédélique saoudien Sound of Ruby. Comme Alsoulaim, il a hâte que la prochaine génération de talents de la province de l’Est se mobilise et se joigne à la fête.

Nader al-Fassam, avant la grande finale de l’Open mic, a annoncé au public qu'il fêterait son 50e  anniversaire au Bohemia Café – ce qui a fait plaisir à tous. Alsoulaim a acquiescé de façon élégante de la tête, et tout le monde – vraisemblablement invité – a applaudi de manière spontanée et frénétique. 

La joie évidente d’Alsoulaim de trouver et de célébrer les talents locaux est devenue une qualité très attachante au sein de la communauté.

Qaund on demande à Fawaz Alsoulaim s’il va chanter au prochain spectacle ou à la fête d’anniversaire d’Al-Fassam, il secoue la tête d’un air espiègle. «Je ne suis malheureusement pas musicien, je vends juste de la musique.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La nouvelle saison de l’IMA démarre, par un événement dédié au mariage dans le Maghreb

La présidente de l'IMA, Anne-Claire Legendre, a dévoilé le contenu de la saison 2026/2027, conçu « sous le signe de la jeunesse », selon ses termes. (Photo Arlette Khouri)
La présidente de l'IMA, Anne-Claire Legendre, a dévoilé le contenu de la saison 2026/2027, conçu « sous le signe de la jeunesse », selon ses termes. (Photo Arlette Khouri)
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  • Au-delà de cette parade spectaculaire, la saison 2026/2027 de l’Institut du monde arabe s’inscrit dans une ambition plus large qui est de faire de l’institution un lieu pleinement ouvert, vivant, et tourné vers les nouvelles générations
  • Sous l’impulsion de Legendre, cette programmation entend conjuguer héritage et création contemporaine, transmission et innovation, dans un dialogue constant entre les cultures

PARIS: Le 4 juillet prochain, les rues de Paris, ou du moins celles reliant l’Institut du monde arabe (IMA) au Grand Palais, deux bâtiments emblématiques de la capitale française, vibreront au rythme du Maghreb.

Des voitures de mariage décorées selon les traditions des différents pays du Maghreb sillonneront les rues reliant les deux institutions ainsi que celles de plusieurs communes périphériques, avec à la clé des cérémonies de henné, de la musique orientale et des concerts de youyous.

C’est l’innovation la plus originale et la plus cocasse de la saison 2026-2027 de l’IMA, dont la présidente, Anne-Claire Legendre, a dévoilé le contenu, conçu « sous le signe de la jeunesse », selon ses termes.

Un événement festif

Il s’agit d’un événement festif, reflet des joies de la vie réelle, imaginé par Mohamed Bourouissa, plasticien algérien qui s’est inspiré des rituels du mariage pour concevoir une création mêlant mémoire, musique et célébration collective.

Au-delà de cette parade spectaculaire, la saison 2026-2027 de l’Institut du monde arabe s’inscrit dans une ambition plus large : faire de l’institution un lieu pleinement ouvert, vivant et tourné vers les nouvelles générations.

Sous l’impulsion d’Anne-Claire Legendre, cette programmation entend conjuguer héritage et création contemporaine, transmission et innovation, dans un dialogue constant entre les cultures.

Dès l’été, l’IMA investira son vaste parvis, conçu par Jean Nouvel, en le transformant en un espace de convivialité accessible à tous, avec du mobilier urbain, une offre de restauration légère et des espaces de détente invitant les visiteurs à s’approprier ce lieu comme un véritable espace de rencontre.

Ce dispositif s’accompagnera d’une programmation estivale riche, notamment à l’occasion de la Fête de la musique, revisitée à travers une création poétique et musicale inspirée de l’écrivain libanais Gibran Khalil Gibran.

L’été sera également rythmé par une offre renforcée de médiation culturelle, ouverte dès le plus jeune âge. Des ateliers de calligraphie, des contes, des carnets de voyage ou encore des stages linguistiques viendront compléter cette volonté d’ancrer l’IMA dans une dynamique familiale.

La promenade du « Paris arabe historique », organisée chaque semaine, prolongera cette immersion en dehors des murs de l’institution.

Mais au cœur de la saison, un premier grand axe intitulé « Héritage et circulation » mettra en lumière les continuités culturelles entre passé et présent.

Trois expositions majeures

Trois expositions majeures structureront cette réflexion. La première, consacrée aux rituels du mariage en Algérie, au Maroc et en Tunisie, prolongera la parade inaugurale en explorant les traditions et leur réinterprétation par des artistes contemporains.

Des costumes, des objets et des témoignages constitueront le socle d’une programmation de débats et de rencontres autour des réalités sociales du mariage.

IMA
L'exposition sur les rituels du mariage en Algérie, au Maroc et en Tunisie, prolongera la parade inaugurale en explorant les traditions et leur réinterprétation par des artistes contemporains. (Photo Arlette Khouri)

Une seconde exposition immersive plongera les visiteurs dans les splendeurs de l’Alhambra. À travers objets, reconstitutions et dispositifs sensoriels, elle offrira une exploration des arts nasrides, de la calligraphie aux jeux d’eau en passant par les motifs géométriques.

Enfin, une troisième exposition, en partenariat avec l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine, rappellera l’urgence de préserver les sites culturels menacés, de Mossoul à Alep, en passant par Beyrouth.

Dans cette même logique de transmission, l’IMA valorisera sa riche photothèque, forte de plus de 86 000 clichés, dont une sélection consacrée à la Palestine. Cette initiative s’inscrit dans un effort plus large de numérisation et d’accessibilité du patrimoine.

Parallèlement, la saison fera la part belle aux « nouvelles scènes » du monde arabe. Littérature, poésie, musique, cinéma, design et mode seront réunis dans une programmation foisonnante.

Une semaine dédiée à la langue arabe, en décembre, mettra à l’honneur auteurs, traducteurs et éditeurs, tandis que le Prix de la littérature arabe gagnera en visibilité, notamment auprès des lycéens.

La poésie occupera une place centrale, avec des rencontres régulières et un événement inédit, « Poésie sous les étoiles », parrainé par le grand poète Adonis, qui mettra en lumière une nouvelle génération de poétesses.

Côté musique, l’IMA poursuivra son exploration des traditions arabo-andalouses sous la houlette de l’ancien ambassadeur François Gouyette, tout en lançant un nouveau festival, « Arab Touch », consacré aux expressions contemporaines, du rap à l’électro.

Le cinéma constituera également un pilier de cette saison, avec des avant-premières régulières et de nouveaux partenariats, notamment autour de l’adaptation d’œuvres littéraires.

Le spectacle vivant ne sera pas en reste, avec le retour du festival « L’IMA fait son festival » et une programmation mêlant théâtre, danse et humour.

Les figures marquantes seront également à l’honneur avec l’inauguration de la bibliothèque Leila Shahid, ancienne ambassadrice de la Palestine, ainsi qu’une soirée dédiée au musicien Ziad Rahbani, avec la participation de Toufic Farroukh, son ami de longue date et musicien lui aussi.

Dans le domaine des industries créatives, l’IMA renforcera sa présence lors des grands rendez-vous parisiens. Prix du design, prix de la mode et lancement d’un prix d’art contemporain du monde arabe témoigneront de cette volonté de soutenir les talents émergents et de créer des passerelles professionnelles.

La langue arabe

Troisième pilier de la saison, la « Fabrique des savoirs » proposera un éclairage sur les grandes questions historiques et contemporaines. Les Journées de l’histoire seront consacrées aux sciences arabes, tandis que des débats aborderont les enjeux géopolitiques et sociétaux actuels.

Mais c’est l’attention portée à la jeunesse qui constitue la véritable nouveauté de cette saison. Pour la première fois, une exposition entièrement dédiée aux enfants permettra de découvrir le monde arabe de manière ludique et pédagogique.

Des projets participatifs, notamment avec le dramaturge et ancien directeur du Théâtre de la Colline, Wajdi Mouawad, offriront aux jeunes un espace d’expression et de réflexion.

Cette ouverture se veut également sociale et territoriale. L’IMA multipliera les actions en direction des publics éloignés, notamment à travers des programmes d’art-thérapie ou des dispositifs adaptés aux personnes en situation de handicap.

Enfin, la question de la langue arabe occupe une place stratégique dans cette programmation. L’IMA ambitionne de contribuer à son enseignement à l’échelle nationale en proposant des formations certifiées et en accompagnant les bibliothèques dans le développement de fonds en langue arabe.

Plus que jamais, affirme Anne-Claire Legendre, l’Institut entend être « ce lieu singulier où les récits se croisent sans se confondre » et où la culture « fait ce qu’elle sait faire le mieux : maintenir vivant ce qui nous relie », en dépit des vents contraires.


L’Arabie saoudite renforce sa présence dans les discussions mondiales sur la mode à Milan

Le RLC Fashion Summit a abordé les réalités auxquelles sont confrontées les industries de la mode et du luxe. (Photo fournie)
Le RLC Fashion Summit a abordé les réalités auxquelles sont confrontées les industries de la mode et du luxe. (Photo fournie)
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  • La Commission saoudienne de la mode a participé comme partenaire principal du RLC Fashion Summit 2026 à Milan, soulignant le rôle croissant du Royaume dans l’industrie mondiale de la mode
  • Les discussions ont porté sur les principaux enjeux du secteur : intelligence artificielle, évolution des consommateurs, investissements, commerce multimarque et émergence de nouveaux marchés

DHAHRAN : Des dirigeants mondiaux de la mode et du luxe se sont réunis à Milan début juin à l’occasion du Retail Leaders Circle (RLC) Fashion Summit 2026, dans le cadre du rayonnement international croissant du RLC Global Forum, dont le rendez-vous phare annuel se tient en Arabie saoudite.

Organisé au Four Seasons Hotel Milano, le RLC Fashion Summit a abordé les défis actuels auxquels font face les secteurs de la mode et du luxe : fragmentation géopolitique, évolution des attentes des consommateurs, discipline en matière d’investissement, intelligence artificielle, avenir du commerce multimarque et influence croissante des nouveaux marchés.

L’initiative Fashion Futures de la Commission saoudienne de la mode a participé au sommet en tant que partenaire principal, illustrant le rôle grandissant du Royaume dans les discussions internationales portant sur la mode, le commerce de détail, l’investissement et le développement des secteurs innovants.

« Notre priorité est de mettre en place les conditions d’une croissance durable pour l’ensemble du secteur de la mode en Arabie saoudite », a déclaré Burak Cakmak, directeur général de la Commission saoudienne de la mode, dans un communiqué. « Alors que l’industrie poursuit sa transformation, nous travaillons à multiplier les opportunités pour les marques internationales, les fabricants, les investisseurs et les partenaires du secteur afin qu’ils puissent s’engager sur le marché saoudien et contribuer à son développement. »

La participation de la commission reflète également la dynamique plus large du secteur de la mode saoudien, alors que le Royaume poursuit ses investissements dans les secteurs innovants, le développement des talents, les infrastructures commerciales et les partenariats internationaux.

« Il est rare de voir un tel niveau de leadership réuni au même endroit pour une journée entière d’échanges authentiques et ouverts », a déclaré Panos Linardos, président du RLC Global Forum.

Outre son forum annuel dédié au commerce de détail à Riyad, le RLC Global Forum organise un calendrier d’événements de premier plan à travers le monde, notamment le CEO Summit à New York et le RLC Fashion Summit à Milan.


À Dubaï, la mode se met au service de l’éducation grâce au partenariat entre OnTheList et Dubai Cares

La plateforme de ventes privées de luxe OnTheList a annoncé un partenariat stratégique avec Dubai Cares, l’organisation philanthropique mondiale basée aux Émirats arabes unis, dans le cadre d’une initiative visant à soutenir le développement humain et l’autonomisation des jeunes à travers le monde. (AFP)
La plateforme de ventes privées de luxe OnTheList a annoncé un partenariat stratégique avec Dubai Cares, l’organisation philanthropique mondiale basée aux Émirats arabes unis, dans le cadre d’une initiative visant à soutenir le développement humain et l’autonomisation des jeunes à travers le monde. (AFP)
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  • Pour marquer le lancement de cette collaboration, OnTheList organisera une vente caritative de mode au Dubai Design District (d3) du 9 au 12 juin
  • L’intégralité des bénéfices générés par cet événement sera reversée à Dubai Cares afin de soutenir ses programmes éducatifs et humanitaires à l’international

DUBAÏ: La plateforme de ventes privées de luxe OnTheList a annoncé un partenariat stratégique avec Dubai Cares, l’organisation philanthropique mondiale basée aux Émirats arabes unis, dans le cadre d’une initiative visant à soutenir le développement humain et l’autonomisation des jeunes à travers le monde.

Pour marquer le lancement de cette collaboration, OnTheList organisera une vente caritative de mode au Dubai Design District (d3) du 9 au 12 juin. L’intégralité des bénéfices générés par cet événement sera reversée à Dubai Cares afin de soutenir ses programmes éducatifs et humanitaires à l’international.

Cette opération réunira plusieurs marques du groupe BESTSELLER, dont JACK & JONES, VERO MODA, ONLY, Name It et Selected. Les visiteurs pourront accéder à une sélection de vêtements et d’accessoires pour hommes, femmes et enfants à des prix fortement réduits.

Créée pour offrir à ses membres un accès privilégié à des marques premium, OnTheList poursuit ainsi sa stratégie d’engagement social dans la région. Pour l’entreprise, ce partenariat avec Dubai Cares s’inscrit dans une volonté de donner davantage de sens à l’expérience d’achat.

« Lorsqu’on construit une marque dans cette région, il est essentiel d’aller au-delà de la simple transaction commerciale. Ce partenariat avec Dubai Cares reflète cette vision : chaque achat contribue désormais à une cause qui dépasse largement l’acte de consommation », a déclaré Delphine Lefay, cofondatrice d’OnTheList.

De son côté, Amal Al Redha, directrice des partenariats chez Dubai Cares, a salué une initiative qui démontre que commerce et responsabilité sociale peuvent se renforcer mutuellement.

« Cette collaboration offre une opportunité concrète de mobiliser une communauté de consommateurs désireux de contribuer positivement à la société. Nous sommes ravis d’accueillir OnTheList parmi nos partenaires », a-t-elle indiqué.

Depuis sa création, Dubai Cares affirme avoir impacté plus de 117 millions de personnes dans plus de 60 pays en développement grâce à ses programmes dédiés à l’éducation, à la jeunesse et au développement durable.

Alors qu’OnTheList continue d’étendre sa présence aux Émirats arabes unis, cette initiative illustre une tendance croissante au sein du secteur de la mode : mettre le pouvoir d’achat au service de causes sociales et humanitaires à l’échelle mondiale.