Pompeo: les Américains ne seront jamais pris en otage par «le chantage nucléaire»

Dans un tweet publié mardi, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo (à gauche) a déclaré que Washington ne serait pas pris en otage par «le chantage nucléaire» du régime iranien (Photo, Reuters/Archives).
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Publié le Mercredi 30 décembre 2020

Pompeo: les Américains ne seront jamais pris en otage par «le chantage nucléaire»

  • «Le régime iranien a semé l’instabilité et la terreur tout en menaçant les États-Unis et ses alliés»
  • Selon Griffith, Téhéran a reçu 150 milliards de dollars dans le cadre de l’accord nucléaire du Plan d’action global conjoint

LONDRES: Dans un tweet publié mardi, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré que Washington ne serait pas pris en otage par «le chantage nucléaire» du régime iranien.

Dans cette vidéo intitulée La Politique américaine sur les sanctions contre l’Iran, explications, il affirme également que le régime iranien a «semé l’instabilité et la terreur» depuis son arrivée au pouvoir en 1979 tout en continuant de menacer les États-Unis et leurs alliés.

«L’administration Trump n’a pas accepté le statu quo et a imposé de nouveau des sanctions, lançant une campagne de pression maximale. L’Amérique ne sera jamais l’otage du chantage nucléaire», ajoute-t-il.

Intervenant dans la vidéo, la porte-parole du département d’État, Geraldine Gassam Griffith, raconte comment Téhéran a été, pendant des décennies, le plus grand État commanditaire du terrorisme mondial et n’a eu de cesse d’acheminer de l’argent et des armes vers ses mandataires du Moyen-Orient, tels que le Hamas et le Hezbollah.

Elle révèle également que l’Iran a orchestré des assassinats dans le monde entier et mené des attaques contre des installations vitales telles que des installations pétrolières saoudiennes et des bases irakiennes.

Selon Geraldine Gassam Griffith, Téhéran a reçu 150 milliards de dollars (1 dollar = 0,81 euro) dans le cadre de l’accord nucléaire du Plan d’action global conjoint (PAGC) de 2015, dont le président Trump a retiré les États-Unis en 2018.

Malgré cela, Téhéran a gardé un comportement malveillant. Pour la porte-parole, Washington n’avait d’autre choix que d’imposer des sanctions strictes et une pression maximale sur le régime iranien.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le président libanais appelle l’armée à empêcher les manifestants de bloquer les routes

Un homme se tient à côté de pneus incendiés devant un barrage routier improvisé, installé par des manifestants anti-gouvernementaux à côté de la mosquée Mohammed al-Amin sur la place des Martyrs, dans le centre de la capitale libanaise Beyrouth, le 8 mars 2021 (Photo, AFP).
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  • Le chef de l’armée sort pour la première fois de son silence pour réclamer une solution politique à la crise
  • Il a clairement indiqué que l'armée n'attaquerait pas les manifestants dans le but de réprimer leurs demandes légitimes

BEYROUTH : Le président libanais Michel Aoun a demandé lundi aux forces de sécurité d’empêcher les manifestants de bloquer les routes, alors que ces derniers déclaraient un «jour de colère», conséquence d’une rage débordante après plus d'un an de crise économique et des mois de paralysie politique, axes bloqués pour la septième journée consécutive à l’appui. 

Le général Joseph Aoun, commandant en chef des Forces armées libanaises, s’est entretenu avec un nombre de commandants auxquels il a rappelé le droit des citoyens de manifester pacifiquement, sans que ces protestations ne débouchent sur des actes de vandalisme ou de provoquer des dommages pour les biens publics. Il a aussi déclaré que toute tentative de brimer les droits de l'armée ne serait en aucun cas tolérée, et a exhorté les politiciens à trouver une solution à la crise.

Le haut responsable, qui exprimait des critiques pour la première fois, assure que «les soldats ont faim, tout comme le peuple, alors on se demande ce qu'attendent les dirigeants pour agir». Il ajoute par ailleurs que des «campagnes politiques sont menées dans le but de déformer notre réputation», mais a déclaré qu'elles n'y parviendraient pas.

«Il est interdit d’intervenir dans nos décisions, dans nos promotions, ou dans nos formations. L'armée est unie, la dissoudre marquerait la fin de la nation (libanaise). L'expérience de 1975 (la guerre civile) ne se répétera pas», a-t-il déclaré.

Le général Aoun a nié l’existence d’un mouvement de désertion au sein l'armée à la suite de la crise économique. «Vous voulez une armée puissante ou non? Le budget de l'armée est réduit chaque année, ce qui mine le moral des militaires», ajoute-t-il cependant.

Le jour de la colère a débuté tôt lundi dans toutes les régions du Liban, alors que les manifestants bloquaient une fois de plus des routes principales pour tenter d'empêcher les gens de se rendre au travail.

Les manifestants ont exprimé leurs préoccupations au sujet des «défis de la vie quotidienne, la hausse du taux de change du dollar et la nécessité d'élections législatives anticipées».

Un rapport de l'Observatoire de crise de l'Université américaine de Beyrouth consulté par Arab News indique que «l’effondrement accéléré de la livre libanaise la semaine dernière, et l'augmentation de la valeur du dollar sur le marché noir à plus de (10 000 livres libanaises ) a créé un choc chez les citoyens, qui se sont vu perdre plus de 85% de leur salaire». «Les répercussions de la baisse de valeur de la livre sont évidentes en observant la détérioration du pouvoir d’achat des Libanais et des autres résidents, et dans une concurrence fébrile et parfois violente pour obtenir les produits subventionnés dans certains magasins, le pire cependant reste à venir». 

Le rapport poursuit: «L’assistance obtenue par la Banque (centrale) du Liban couvre entre 85% et 90% de la valeur des achats de carburant et de médicaments à ce jour».

Le blocage des routes, et qui a mené à des échauffourées entre les manifestants et forces de l’ordre qui tentaient de les rouvrir, suscite l’inquiétude des politiciens.

Au palais présidentiel de Baabda, lors d'une réunion lundi matin autour de la sécurité, les finances publiques et l’économie, des appels ont été lancés afin de «ne pas tolérer les barrages routiers, qui menacent la sécurité des citoyens, des manifestants et des propriétés publiques et privées».

Cependant, le général Aoun a clairement indiqué que l'armée n'empêcherait pas les manifestations pacifiques, et qu’elle n'attaquerait pas les manifestants dans le but de réprimer de justes demandes de résoudre de la crise.

Dans son discours, il a déclaré que «la solution à la crise est politique. Les forces politiques doivent assumer leurs responsabilités et œuvrer vers une solution. Ils ne peuvent blâmer ni les manifestants ni l'armée libanaise».

À Tyr, un manifestant s'est aspergé d'essence et a tenté de s'immoler par le feu lundi. La Défense civile libanaise l’en a empêché.

À Tripoli, une confrontation a eu lieu entre l'armée et des manifestants qui réclamaient «la démission et le jugement de tous les responsables».

Au cours de la réunion au palais présidentiel, des inquiétudes ont été soulevées au sujet de l’identité des parties responsables de la dernière augmentation du taux de change du dollar ce week-end, alors que les entreprises étaient fermées. Le président Aoun a demandé aux forces de l’ordre d'enquêter sur les complots qui veulent nuire au pays.

Pour faire face à la crise monétaire, plusieurs mesures ont été retenues lors de la réunion qui a rassemblé des représentants de la sécurité et du gouvernement, selon un communiqué officiel. Parmi les mesures, une répression contre quiconque enfreint les lois relatives à la monnaie, au crédit, et aux bureaux de change.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les enfants syriens ne voient aucun avenir possible dans leur pays

En Syrie même, un enfant déplacé sur trois préfère vivre dans un autre pays, selon l'ONG. Comme Lara, une fillette de 7 ans qui vit dans un camp de déplacés du nord-ouest syrien (Photo, AFP).
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  • L'ONG Save the Children dresse un constat accablant suite à un sondage effectué parmi des déplacés à l'intérieur de la Syrie en guerre ou des réfugiés à l'étranger
  • En moyenne, 86% des enfants syriens interrogés en Jordanie, au Liban, en Turquie et aux Pays-Bas ont dit «ne pas souhaiter retourner dans leur pays d'origine»

BEYROUTH: Déracinés et victimes de discrimination, déplacés à l'intérieur de la Syrie en guerre ou réfugiés à l'étranger, les enfants ne voient aucun avenir possible dans leur pays après dix années d'un conflit meurtrier, a souligné mardi l'ONG Save the Children.

«Cette guerre de dix ans a privé les jeunes du pays de leur enfance», a déploré Jeremy Stoner, directeur de Save the Children pour le Moyen-Orient.

Déclenchée en mars 2011 avec la répression par le régime de manifestations pacifiques, la guerre a fait plus de 387 000 morts et poussé à la fuite des millions de personnes, déplacés à l'intérieur du pays ou exilés à l'étranger.

«Le conflit prolongé a engendré la peur et le pessimisme quant à la capacité des enfants à construire leur vie dans un pays meurtri par la guerre», relève Jeremy Stoner.

Save the Children a interrogé entre novembre et décembre plus de 1 900 enfants et les personnes qui s'occupent d'eux en Syrie mais aussi à l'étranger.

En moyenne, 86% des enfants réfugiés interrogés en Jordanie, au Liban, en Turquie et aux Pays-Bas ont dit «ne pas souhaiter retourner dans leur pays d'origine», selon un rapport publié par l'ONG britannique pour le 10e anniversaire du début de la guerre. 

«Je ne veux pas retourner vivre en Syrie. Je ne veux pas non plus rester au Liban», affirme Nada, réfugiée Syrienne qui vit dans le nord du Liban. «Peu importe où je vais, si nous allons à l'école, ils nous malmènent et nous disent qu'ils ne veulent pas de nous».

En Syrie même, un enfant déplacé sur trois préfère vivre dans un autre pays, selon l'ONG. Comme Lara, une fillette de 7 ans qui vit dans un camp de déplacés du nord-ouest syrien.

«Après dix ans, notre avenir est entièrement marqué par la guerre», dit-elle. «J'aimerai vivre dans n'importe quel pays sauf en Syrie. Quelque part où on est en sécurité, où il y a des écoles et des jouets».

Plus de 8,5 millions d'enfants Syriens, dans leur pays et à l'étranger, dépendent de l'aide internationale, selon l'ONU. Quelque 60% des enfants en Syrie n'ont pas un accès adéquat à la nourriture, et plus de la moitié ne sont pas scolarisés, d'après les Nations unies. Et sur les 5,6 millions d'enfants de réfugiés, plus d'un million sont nés en exil, selon la même source.


Washington inquiète de la fréquence des attaques contre l’Arabie saoudite

L’attachée de presse de la Maison-Blanche, Jen Psaki s’exprime lors du point de presse quotidien à la Maison-Blanche à Washington DC, le 8 mars 2021. (Photo, Reuters)
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  • Les États-Unis affirment que le Royaume est confronté à de «véritables menaces pour la sécurité»
  • Spéculation sur le point de lancement des missiles

DJEDDAH : Les États-Unis ont mené lundi la condamnation mondiale des tentatives de frappes aériennes sur l’Arabie saoudite, sur fond de spéculations croissantes des analystes au sujet du point de lancement des attaques.

L’administration Biden est inquiète face à la fréquence des attaques contre le Royaume, confronté à de «véritables menaces de sécurité» de la part des milices houthies soutenues par l’Iran, au Yémen et ailleurs dans la région, a déclaré la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki.

«Nous continuons évidemment à travailler en étroite collaboration avec les Saoudiens, compte tenu de la menace», a-t-elle affirmé.

Les forces de défense aérienne saoudiennes ont déjoué dimanche des attaques de drones et de missiles contre un parc de réservoirs pétroliers à Ras Tanura, la plus grande installation de chargement de pétrole en mer au monde, et contre un complexe résidentiel à Dhahran où vivent des employés saoudiens d’Aramco.

«Les attaques odieuses contre les civils et les infrastructures vitales démontrent le manque d’égard pour la vie humaine et le mépris envers les efforts de paix », a déclaré l’ambassade des États-Unis au Royaume. «Les États-Unis soutiennent l’Arabie saoudite et son peuple. Notre engagement à défendre le Royaume et sa sécurité est ferme».

Ces attaques ont également été condamnées par le Conseil de Coopération du Golfe, le Parlement arabe et l’Organisation de la coopération islamique, ainsi que par les porte-parole des gouvernements de Bahreïn, d’Égypte, de Djibouti, du Qatar et du Koweït.

Lundi, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen a intercepté et détruit un missile balistique et un drone armé tiré par les milices houthies en direction du sud du Royaume.

De même, les Houthis ont affirmé avoir lancé les attaques de dimanche sur la région Est. Cependant, les cibles se trouvent à 1 300 km du nord du Yémen, au-delà de la portée des missiles balistiques que les Houthis possèdent, et la tentative de frappe du drone s’est approchée du côté de la mer, ce qui suggère qu’il n’a pas été lancé depuis le Yémen.

Selon l’analyste politique Hamdan Al-Shehri, l’attaque aurait pu provenir des groupes paramilitaires soutenus par l’Iran en Irak. «Cela allègerait la pression sur les Houthis après les récents coups militaires de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite. Il y a eu des attaques précédentes qui provenaient clairement d’Irak».

«L’Arabie saoudite a tenu des réunions avec le ministre de l’Intérieur ainsi que d’autres ministres en Irak, et a conclu un accord selon lequel leur territoire ne serait pas utilisé pour des attaques. Mais évidemment, l’Irak est ouvert à l’Iran».

Le régime de Téhéran est capable de lancer des frappes depuis différents emplacements, a souligné à Arab News le Dr Theodore Karasik, analyste en matière de sécurité. «Ces tactiques asymétriques sont coordonnées avec d’autres activités iraniennes, comme le navire coréen qui a été détourné pour de l’argent. Les missiles et les drones demeurent un problème majeur et ne pas inclure ces questions dans les négociations est très probablement une erreur», a expliqué le Dr Karasik, conseiller principal de Gulf State Analytics à Washington DC.

Les attaques de dimanche sur les infrastructures énergétiques ont également touché les cours mondiaux du pétrole. Le Brent, indice de référence mondial, est monté jusqu’à 71,38$ le baril lundi, son plus haut prix depuis janvier 2020. Il est ensuite retombé à un peu moins de 69$, également son prix le plus élevé depuis plus d’un an.

L’expert koweïtien en matière d’énergie, Hajjaj Bou Khaddour, a indiqué que la menace du secteur saoudien de l’énergie par l’Iran était une tentative délibérée de perturber l’approvisionnement mondial en pétrole. «La stratégie du régime iranien est d’élever les prix du pétrole en lançant des attaques terroristes à travers ses groupes alliés afin de sortir de leur propre crise économique», a-t-il expliqué à Arab News. «Le monde devrait condamner fermement l’attaque contre les installations et les infrastructures pétrolières saoudiennes au nom de la stabilité de l’économie mondiale».

Quant à Joseph McMonigle, secrétaire général du Forum international de l’énergie, la plus grande organisation internationale pour les ministres de l’Énergie au monde, il a déclaré que «toute attaque contre de telles installations, où que ce soit dans le monde, est une attaque contre les consommateurs d’énergie partout dans le monde».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com