Au Royaume-Uni, l'essor de la reconnaissance faciale inquiète

Une camionnette utilisée par la police métropolitaine dans le cadre de son opération de reconnaissance faciale à proximité du parcours de la « Procession du roi », dans le centre de Londres, le 6 mai 2023, avant les couronnements du roi Charles III d'Angleterre et de la reine Camilla d'Angleterre. (AFP)
Une camionnette utilisée par la police métropolitaine dans le cadre de son opération de reconnaissance faciale à proximité du parcours de la « Procession du roi », dans le centre de Londres, le 6 mai 2023, avant les couronnements du roi Charles III d'Angleterre et de la reine Camilla d'Angleterre. (AFP)
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Publié le Vendredi 05 janvier 2024

Au Royaume-Uni, l'essor de la reconnaissance faciale inquiète

  • Utilisée notamment lors du Grand Prix de Grande-Bretagne de F1 ou du couronnement de Charles III en mai, la reconnaissance faciale est considérée comme une "haute priorité"
  • Son déploiement a "conduit à des arrestations qui auraient été impossibles autrement et il n'y a eu aucune fausse alerte", a souligné le secrétaire d'Etat à la police

LONDRES: Son efficacité est telle que le gouvernement britannique veut étendre son déploiement: la reconnaissance faciale fait son chemin au Royaume-Uni et soulève inquiétudes et accusations de dérive orwellienne de surveillance de masse.

Déployée une journée de décembre aux abords de la gare de Croydon, dans le sud de Londres, une caméra-test a permis grâce à l'intelligence artificielle l'interpellation de dix suspects, notamment dans des affaires de menaces de mort, fraude bancaire, vol, ou encore détention d'une arbalète.

Utilisée notamment lors du Grand Prix de Grande-Bretagne de F1 ou du couronnement de Charles III en mai, la reconnaissance faciale est considérée comme une "haute priorité", a déclaré en octobre le secrétaire d'Etat à la police Chris Philp, soulignant le "haut potentiel" de cette technologie.

Son déploiement a "conduit à des arrestations qui auraient été impossibles autrement et il n'y a eu aucune fausse alerte", a-t-il ajouté.

Cette volonté a scandalisé certains députés de tous bords, qui souhaitent que le régulateur du secteur prenne des mesures pour empêcher les abus.

"La reconnaissance faciale implique le traitement, en masse, de données biométriques sensibles d'un nombre énorme de personnes, souvent à leur insu", ont-ils écrit dans une lettre, y voyant "un risque grave aux droits du public".

Faux résultats

Ces députés avancent que de faux résultats ont conduit à plus de 65 interventions infondées de la police, dont l'interpellation d'un collégien de 14 ans en uniforme. Cerné par les forces de l'ordre, il a subi un relevé d'empreintes avant d'être libéré.

Les parlementaires soulignent en outre les risques liés à l'utilisation de cette technologie dans les espaces privés, affirmant que certains pourraient être dissuadés de faire des achats essentiels, de nourriture par exemple, ou bien encore de faire l'objet d'interventions intrusives ou de confrontations avec des agents de sécurité.

L'année dernière, le propriétaire de la chaîne de magasins Sports Direct a défendu l'usage de la reconnaissance faciale, expliquant que celle-ci a entraîné une baisse des vols et des violences envers le personnel.

«Cartes d'identité ambulantes»

Du côté des défenseurs des droits civils, Mark Johnson, de l'organisation Big Brother Watch, voit dans la reconnaissance faciale "un outil orwellien de surveillance de masse qui fait de nous tous des cartes d'identité ambulantes".

Les opposants font valoir qu'elle laisse trop de pouvoir sans contrôle aux mains de la police, à qui la loi a récemment conféré des possibilités accrues pour procéder à des interpellations lors de manifestations.

Les préoccupations se concentrent en particulier sur le manque de droit de regard sur la manière dont la police compose ses listes de surveillance, dans lesquelles se trouvent selon les détracteurs de la reconnaissance faciale des manifestants, des personnes souffrant de problèmes psychologiques, sans être soupçonnés de la moindre infraction.

Ces outils nécessitent "une supervision juridique et technique pour être utilisés de manière responsable et éthique", plaide auprès de l'AFP une militante, sous couvert d'anonymat. "Je m'inquiète que la police n'ait pas les ressources et la capacité de le faire actuellement".

Les forces de l'ordre assurent que sont immédiatement et automatiquement supprimées les données de quiconque ne figurant pas sur une liste de surveillance.

Le ministère de l'Intérieur insiste sur le fait que le droit actuel régit strictement l'utilisation de cette technologie.

En juin 2023, le Parlement européen a réclamé l'interdiction des systèmes automatiques de reconnaissance faciale dans les lieux publics.

Au Royaume-Uni, les députés qui y sont opposés veulent même aller plus loin.

"La reconnaissance faciale n'a jamais reçu d'approbation explicite du Parlement", a déclaré le député conservateur David Davis. "C'est un outil de surveillance massive" qui "n'a pas sa place" au Royaume-Uni.


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


Plan d'économies à La Provence (CMA Média), avec de possibles départs

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
  • Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies
  • Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels)

MARSEILLE: CMA Média prévoit un plan d'économies au quotidien La Provence, pouvant comporter de 20 à 30 départs y compris à la rédaction, a-t-on appris mardi de sources concordantes au sein du journal marseillais, le groupe cherchant déjà à vendre les antennes locales de BFMTV.

Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies, avec notamment un plan de départs volontaires au sein de RMC BFM. L'annonce d'une mise en vente des neuf chaînes locales de BFM avait provoqué une grève largement suivie.

Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels), existant depuis 2023, confirmant une information du média d'investigation La Lettre.

Cherchant à "réaliser entre 1,5 et deux millions d'économies", la direction explore plusieurs pistes. "On va tout repeigner, contrats de prestations, coûts de papier, déplacements...", dit-il.

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable.

"Tout ça se fait dans le cadre de notre stratégie de retour à l'information de proximité, mais dans une contrainte économique forte", poursuit M. Pelé. Car malgré un "redressement de la diffusion, notamment avec les municipales" en mars, le groupe a connu "un décrochage publicitaire."

Le syndicat SNJ La Provence évoque également "de nouveaux départs" dans le cadre de la GEPP. "Si tout reste à définir, entre 20 et 30 personnes pourraient être cette fois-ci ciblées" dont du personnel de la rédaction, selon un communiqué du SNJ consulté par l'AFP.

"La cartographie n'est pas faite, ça ne se fera pas avant la rentrée. Donc pour l'instant, c'est un peu prématuré", indique sous couvert d'anonymat un membre du CSE, rappelant que l'entreprise compte près de 300 salariés, pour moitié des journalistes.

D'après le SNJ, "l'enchaînement des GEPP, qui sont à l'origine des outils pour transformer les entreprises, ne saurait être à lui seul une stratégie". Dénonçant "un plan social déguisé", le syndicat souligne "qu'une personne partie grâce à cet outil ne peut pas être remplacée."

Via CMA Media, CMA CGM détient la chaîne télé d'information continue BFMTV, la radio RMC, les chaînes télé RMC Découverte, RMC Story et RMC Life, les journaux La Tribune/La Tribune Dimanche, La Provence et Corse Matin, ainsi que le média vidéo en ligne Brut.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.