Le chiffre d'affaires de Sika en 2023 dopé par l'acquisition de MBCC

Paul Haelg, président de SIKA (Photo, AFP).
Paul Haelg, président de SIKA (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 10 janvier 2024

Le chiffre d'affaires de Sika en 2023 dopé par l'acquisition de MBCC

  • Le groupe qui fabrique des colles, mortiers et produits d'étanchéité pour la bâtiment a toutefois déçu sur sa croissance organique
  • Le groupe doit publier ses résultats complets pour l'année écoulée le 16 février

ZURICH: Le groupe suisse Sika, spécialisé dans les matériaux de construction, a dévoilé mercredi un chiffre d'affaires en hausse pour 2023 grâce aux projets d'infrastructures et à l'acquisition de MBCC, mais a raté de peu son objectif de ventes en monnaies locales.

Malgré la hausse des taux d'intérêt qui pèse sur le secteur du bâtiment, le groupe est parvenu à faire croître son chiffre d'affaires de 7,1% par rapport à l'année précédente, à 11,2 milliards de francs suisses (12 milliards d'euros) grâce aux programmes d'investissements dans les infrastructures en Europe et aux Etats-Unis, indique-t-il dans un communiqué.

Le groupe qui fabrique des colles, mortiers et produits d'étanchéité pour la bâtiment a toutefois déçu sur sa croissance organique, ses ventes en monnaies locales et ses produits d'isolation pour l'automobile, freinés par la grève dans le secteur durant l'automne aux Etats-Unis.

A 9H28 GMT, l'action chutait de 2,72% à 2'6,70 francs suisses, à la traîne du SMI, l'indice de référence de la Bourse suisse, qui se repliait de 0,03%.

En 2023, Sika a bouclé la plus grosse acquisition de son histoire avec le rachat de MBCC, une ancienne filiale du géant allemand de la chimie BASF, reprise auprès du fonds d'investissement Lone Star Funds pour 5,5 milliards de francs.

Le groupe avait en conséquence relevé son objectif de croissance pour ses ventes en monnaies locales à plus de 15%. Mais leur progression s'est finalement chiffrée à 14,5%, a quantifié Sika, 13,3% de cette croissance provenant de l'acquisition de MBCC et 1,2% de sa croissance organique. Les analystes interrogés par l'agence suisse tablaient en moyenne sur 2% de croissance organique.

Grève dans l'automobile aux Etats-Unis

Les analystes de Jefferies ont attribué ce chiffre inférieur aux attentes à "une perte de vitesse sur la fin de l'année", ses ventes dans la zone Amériques et dans sa division dite globale, qui regroupe ses produits d'étanchéité pour l'automobile, étant les principales sources de cette déception.

Ses ventes dans la zone Amériques ont progressé de 14,9% en monnaies locales, en net ralentissement par rapport aux 27,5% de croissance enregistrée en 2022, le groupe reconnaissant dans le communiqué que l'inflation, la hausse des taux d'intérêts et la pénurie de main d'oeuvre ont pesé sur le bâtiment sur plusieurs marchés outre-Atlantique.

Sa division dite globale a de son côté vu ses ventes ralentir à 10% hors effets de changes, contre un bond de 22,2% un an plus tôt, entre autres en raison de la grève dans l'automobile aux Etats-Unis.

Certains des facteurs qui ont conduit à ce ralentissement ne "devraient être que temporaires", à l'instar de cette grève aux Etats-Unis, mais pour les mois à venir les investisseurs seront à l'affût de "signes de reprise" aux Etats-Unis, préviennent-ils.

En 2023, Sika a été confronté à la fois à la force du franc suisse, l'inflation et la hausse des taux d'intérêt qui ont pesé sur le bâtiment.

"Nous avons continué de croître de manière substantielle et gagné des parts de marché dans ce qui a été une année difficile", a cependant défendu son directeur général, Thomas Hasler, cité dans le communiqué.

Le groupe dont les produits sont aussi utilisés pour la construction de ponts, tunnels et autoroutes est parvenu à croître dans ce marché défavorable grâce aux projets d'infrastructures.

Dans la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique, ses ventes ont augmenté de 14,8% (contre 8,3% en 2022) grâce notamment aux  programmes d'investissements dans l'efficacité énergétique. Aux Etats-Unis, le groupe a également bénéficié des projets d'investissements soutenus par les subventions d'Etat et des projets de relocalisation de la production.

Le groupe doit publier ses résultats complets pour l'année écoulée le 16 février.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.


Aldi dément une «éventuelle vente» de ses magasins français

Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
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  • Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché
  • D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans

PARIS: Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988.

Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché (3% selon Kantar WorldPanel fin novembre), loin derrière son rival également allemand Lidl, 6e (8,1%).

D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans, a demandé à la Deutsche Bank d'étudier un scénario de cession de sa filiale française", la maison mère "rechignant" à remettre au pot, après plus d'un milliard d'euros versés fin 2023.

"Les informations au sujet d'une éventuelle vente d'Aldi France sont fausses" a réagi Aldi Nord, sa maison mère, sollicitée par l'AFP.

"Aldi est et restera engagé à long terme sur le marché français", a assuré le groupe, pour qui les "spéculations" au "sujet d'un prétendu processus de vente" ou "retrait de France" sont "sans fondement".

"Depuis des années, nous investissons massivement dans notre assortiment ainsi que dans la modernisation de notre réseau de magasins et de logistique", a fait valoir le discounter, invoquant une stratégie "clairement axée sur l'optimisation et la croissance en France".

"L'évolution positive est constante et conforme aux objectifs du groupe Aldi Nord", a-t-il assuré.

Il reste qu'Aldi, comme Lidl, n'a pas bénéficié en France de la période de forte inflation alimentaire, qui a à l'inverse profité au numéro un Leclerc.

En outre le groupe avait déboursé en 2020 plus de 700 millions d'euros pour racheter 547 Leader Price auprès du distributeur en difficulté Casino. Aldi pesait alors 2,4% du marché de la distribution alimentaire, et Leader Price 1,5%.

Selon ses comptes consolidés pour l'année 2022, dernier exercice publié, Aldi a réalisé 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel en France, en forte hausse de 17%. Mais en creusant sa perte nette, passée en un an de près de 291 millions d'euros à 397 millions.

En cas de vente, les acheteurs potentiels ne manqueraient pas, comme l'a souligné jeudi sur son site le spécialiste du secteur Olivier Dauvers, citant Lidl, Carrefour et  Action.


Dina Powell McCormick, née en Égypte, nommée présidente et vice-présidente de Meta

Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
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  • L'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche a précédemment siégé au conseil d'administration de Meta
  • Dina Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis lorsqu'elle était enfant, rejoint l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution

LONDRES: Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente.

L'entreprise a déclaré lundi que l'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche, qui a déjà siégé au conseil d'administration de Meta, accède à un rôle de direction de haut niveau, alors que l'entreprise accélère sa progression dans les domaines de l'intelligence artificielle et de l'infrastructure mondiale.

Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis dans sa jeunesse, rejoindra l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution de l'entreprise. Elle travaillera en étroite collaboration avec les équipes de Meta chargées de l'informatique et de l'infrastructure, a indiqué l'entreprise, et supervisera les investissements de plusieurs milliards de dollars dans les centres de données, les systèmes énergétiques et la connectivité mondiale, tout en établissant de nouveaux partenariats stratégiques en matière de capital.

"L'expérience de Dina aux plus hauts niveaux de la finance mondiale, combinée à ses relations profondes dans le monde entier, la rend particulièrement apte à aider Meta à gérer cette prochaine phase de croissance en tant que présidente et vice-présidente de l'entreprise", a déclaré Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Meta.

Mme Powell McCormick a plus de 25 ans d'expérience dans les domaines de la finance, de la sécurité nationale et du développement économique. Elle a passé 16 ans en tant qu'associée chez Goldman Sachs à des postes de direction, et a servi deux présidents américains, notamment en tant que conseillère adjointe à la sécurité nationale de Donald Trump, et en tant que haut fonctionnaire du département d'État sous George W. Bush.

Plus récemment, elle a été vice-présidente et présidente des services à la clientèle mondiale de la banque d'affaires BDT & MSD Partners.