Soudan: plus de 30 civils tués à Khartoum, dont 23 dans des bombardements aériens

De la fumée s'élève au loin autour du district de Khartoum Bahri, au milieu des combats en cours, le 14 juillet 2023 (Photo, AFP).
De la fumée s'élève au loin autour du district de Khartoum Bahri, au milieu des combats en cours, le 14 juillet 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 14 janvier 2024

Soudan: plus de 30 civils tués à Khartoum, dont 23 dans des bombardements aériens

  • Au moins 33 civils ont été tués jeudi à Khartoum, dont 23 dans des bombardements de l'armée de l'air sur un quartier du sud-est de la capitale
  • La guerre a aussi déplacé plus de sept millions de personnes, d'après l'ONU

ETAT D'AL-JAZIRA: Au moins 33 civils ont été tués jeudi à Khartoum, dont 23 dans des bombardements de l'armée de l'air sur un quartier du sud-est de la capitale, a rapporté dans la nuit de jeudi à vendredi un comité d'avocats pro-démocratie.

Le comité avait annoncé jeudi que dix civils avaient été tués par des échanges de tirs d'artillerie dans la périphérie sud de Khartoum, capitale du Soudan déchiré depuis le 15 avril par une guerre pour le pouvoir entre deux généraux rivaux dans ce pays d'Afrique de l'Est.

Le conflit, qui oppose l'armée, sous le commandement du général Abdel Fattah al-Burhane, aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo, a fait plus de 12.000 morts, selon une estimation de l'ONG Armed Conflict Location & Event Data Project (Acled).

La guerre a aussi déplacé plus de sept millions de personnes, d'après l'ONU. Parmi elles figurent "3,5 millions d'enfants", a déclaré à l'AFP Mandeep O'Brien, directrice du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) au Soudan.

"Le conflit au Soudan met gravement en danger la santé et le bien-être des 24 millions d'enfants, et donc l'avenir du pays, avec de lourdes conséquences pour l'ensemble de la région", a ajouté Mme O'Brien dans un entretien à l'AFP.

Jeudi à Khartoum, "23 civils ont été tués dans un bombardement aérien du quartier de Soba (...) et il y a de nombreux blessés graves", selon le comité des avocats.

Le gouvernement critique l'ONU, l'initiative de l'Igad progresse

Le gouvernement soudanais, aligné sur l'armée, a condamné samedi l'ONU pour avoir dialogué avec le chef des paramilitaires en guerre contre l'armée, rejetant une invitation à un sommet du bloc des pays est-africains Igad (Kenya, Djibouti, Ethiopie, Soudan du Sud).

Neuf mois après le début de la guerre entre l'armée régulière et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), le gouvernement soudanais, fidèle au chef de l'armée Abdel Fattah al-Burhan, a rejeté samedi une invitation au sommet de l'Igad.

Le "Quartet" de l'Igad est présidé par le président kényan William Ruto, dont le gouvernement soudanais dénonce la "partialité".

Dans un communiqué, le Conseil souverain de transition du Soudan, dirigé par le général Burhan, a déclaré que "les événements au Soudan sont une question interne".

«Impunité»

Dans la ceinture sud de Khartoum, "dix civils ont été tués dans des échanges de tirs d'artillerie dans un quartier résidentiel et sur le marché local", avait rapporté jeudi le "comité de résistance" local, une organisation de quartier qui gère l'entraide entre habitants.

Dans un rapport jeudi, l'ONG Human Rights Watch a dénoncé les "violations massives" des droits des civils au Soudan par les deux généraux rivaux, fustigeant l'"impunité" qui a entraîné des "cycles de violence répétés" dans ce pays depuis deux décennies.

Avant de s'affronter, les généraux Burhane et Daglo s'étaient alliés pour mener un putsch et évincer du pouvoir en octobre 2021 les représentants de la société civile, mettant fin à deux années de transition démocratique.

Incapables de prendre l'avantage depuis le début de la guerre, les deux camps piétinent mais aucun n'entend faire de concession à la table des négociations.

Sur le terrain, les paramilitaires semblent toutefois prendre le contrôle de nouveaux territoires à travers le pays depuis des mois face à une faible résistance de l'armée.


Liban: une frappe israélienne endommage un site protégé par l'Unesco à Tyr

 Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
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  • Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban
  • Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés

TYR: Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes.

"Je lance un appel pour éviter de cibler les sites archéologiques du pays (..) en particulier les ruines de Tyr qui sont dans le patrimoine commun de l'humanité", a déclaré Ghassan Salamé à l'AFP.

Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban.

Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés.

Cette ville est la cible d'une campagne de frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars.

L'armée israélienne avait émis un nouvel ordre d'évacuation dimanche pour une zone qui inclut l'un des deux sites, comprenant des vestiges romains, avant de mener des frappes.

Des correspondants de l’AFP ont pu voir une partie de la zone proche des colonnes antiques recouverte de débris, fragments de métal tordu, branches d’arbres brisées.

Des gravats de béton et de métal parsèment un escalier de pierre menant à l’intérieur du site.

"L'ampleur des débris et des dégâts dans le site est importante", selon Ali Badaoui.

Les frappes se sont abattues sur des bâtiments avoisinants et l'une a touché un bureau administratif du site, rapporte le responsable.

"Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre", visant "colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques", énumère-t-il.

Ghassan Salamé a souligné que que les autorités évalueraient les dégâts "dès qu'un cessez-le-feu aura lieu ou que nous pourront avoir accès aux ruines sans mettre en danger la vie de nos archéologues".

Il a souligné qu'Israël "ne respecte pas" la Convention de la Haye qui oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les "Boucliers bleus", un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l'Unesco pour protéger le site de Tyr.

Depuis une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l’Unesco a placé plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, sous " protection renforcée provisoire".

Le site de Tyr "est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire, et il n’y a aucune activité militaire sur place", a assuré M. Badaoui.

L’autre site protégé de Tyr, El‑Bass, a aussi été endommagé depuis le début de la guerre le 2 mars, a-t-il ajouté.


L'armée israélienne dit qu'elle poursuivra ses opérations «dans tout le Liban»

L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
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  • "Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin
  • "Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth.

"Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin.

"Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah", a-t-il ajouté, "nous ne permettrons pas la poursuite de tirs visant les citoyens de l'Etat d'Israël".


L'armée israélienne annonce un nouveau barrage de missiles iraniens

Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
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  • L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien
  • "Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace"

JERUSALEM: L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien.

"Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a écrit l'armée sur Telegram.