Ukraine: Plus de 80 pays discutent d'un plan de paix à Davos

Plus de 80 pays ont débattu dimanche en Suisse pour trouver un terrain d'entente sur une formule de paix en Ukraine proposée par son président Volodymyr Zelensky (Photo, AFP).
Plus de 80 pays ont débattu dimanche en Suisse pour trouver un terrain d'entente sur une formule de paix en Ukraine proposée par son président Volodymyr Zelensky (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 15 janvier 2024

Ukraine: Plus de 80 pays discutent d'un plan de paix à Davos

  • «Le but est de nous préparer pour que nous soyons prêts et mûrs pour lancer un processus avec la Russie, le moment venu»
  • Selon M. Cassis, la création d’une dynamique collective avec un large éventail de pays, au-delà des nations occidentales, aidera à la recherche d’une voie de sortie du conflit

DAVOS: Plus de 80 pays ont débattu dimanche en Suisse pour trouver un terrain d'entente sur une formule de paix en Ukraine proposée par son président Volodymyr Zelensky mais les co-organisateurs suisses ont admis qu'ils étaient encore loin d'être prêts à inclure la Russie.

Les conseillers à la sécurité nationale de 83 Etats ont participé à un quatrième cycle de discussions sur la base des propositions en 10 points de M. Zelensky pour une paix juste et durable en Ukraine, près de deux ans après le déclenchement par la Russie de son offensive militaire de grande ampleur.

Les pourparlers étaient coprésidés par l'assistant du président ukrainien Andriï Iermak, qui dirige le bureau de M. Zelensky, et le ministre suisse des Affaires étrangères, Ignazio Cassis.

Ils se déroulaient dans la luxueuse station de ski de Davos, à la veille de l'ouverture du sommet de cinq jours du Forum économique mondial réunissant l'élite économique et politique de la planète auquel le président ukrainien doit participer.

"Le but est de nous préparer pour que nous soyons prêts et mûrs pour lancer un processus avec la Russie, le moment venu", a déclaré M. Cassis au cours d'une conférence de presse.

Le ministre suisse a cependant dit que jusqu'à présent, ni Kiev ni Moscou n'étaient prêts à sauter le pas.

Recherche d'un terrain d'entente

M. Iermak a estimé que les pourparlers avaient été "ouverts, constructifs et détaillés" sur les principes clés pour parvenir à une "paix globale, juste et durable pour l'Ukraine".

Bien qu'il y ait des divergences sur la manière d'y arriver, "nous sommes très proches sur les grands principes de l'indépendance, de l'intégrité territoriale, de la souveraineté et des normes du droit international et des statuts des Nations unies", a-t-il déclaré pendant une conférence de presse.

M. Cassis a souligné l'importance de la participation aux négociations du Brésil, de l'Inde et de l'Afrique du Sud, qui siègent aux côtés de la Russie au sein des BRICS.

"Leur implication est très importante car ils dialoguent avec Moscou et conservent avec lui un certain degré de confiance", a-t-il expliqué.

Selon M. Cassis, la création d’une dynamique collective avec un large éventail de pays, au-delà des nations occidentales, aidera à la recherche d’une voie de sortie du conflit.

Le Premier ministre chinois Li Qiang se rendra à Davos mais M. Iermak ne savait pas si M. Zelensky le rencontrerait.

Le responsable ukrainien a dit que son pays envisageait d’organiser des sommets avec des Etats africains et sud-américains pour expliquer la position de l'Ukraine.

"Il est très important que les pays responsables jugent notre plan et déclarent qu'il s'agit d'un plan réaliste".

M. Iermak a assuré ne pas avoir subi de pression pour que l'Ukraine fasse des concessions territoriales, ajoutant que son pays se battait toujours et qu'il "gagnerait évidemment cette guerre".

Il s'est par ailleurs dit optimiste sur le fait que l'aide continuera à affluer de ses partenaires en Europe et aux États-Unis.

Faire participer la Russie

"Il nous faudra d'une manière ou d'une autre trouver un chemin pour inclure la Russie. Il n'y aura pas de paix sans que la Russie ait son mot à dire", a insisté M. Cassis

"Mais cela ne signifie pas que nous devrions (...) attendre que la Russie fasse quelque chose. Chaque minute, des dizaines de civils en Ukraine sont tués ou blessés. Nous n'avons pas le droit d'attendre éternellement".

Trois réunions au niveau des conseillers à la sécurité nationale ont eu lieu respectivement à Copenhague en juin 2023, à Djeddah en août et à Malte en octobre.

Les pourparlers de Davos ont été particulièrement axés sur les critères retenus pour déterminer la fin des hostilités, le retrait des troupes russes, la justice pour les crimes commis et la prévention d'une nouvelle escalade.

Selon M. Cassis, la réunion de dimanche devrait probablement être la dernière de ce type au niveau des conseillers à la sécurité nationale et il faut envisager une réunion à un niveau plus élevé.


Téhéran veut garder le contrôle d'Ormuz, fin du round de négociations

Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
  • Le responsable américain, ainsi que le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté lundi le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, au terme d'un marathon de 18 heures
  • En attendant, M. Ghalibaf a réaffirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait "administrée" par son pays, selon des propos rapportés mardi par Irna

BURGENSTOCK: Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Ces discussions ont permis de poser des "bases très solides pour aboutir à un accord final réussi", s'est félicité lundi le vice-président américain JD Vance, les Etats-Unis annonçant dans la foulée une suspension de deux mois des sanctions sur le pétrole iranien.

Le responsable américain, ainsi que le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté lundi le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, au terme d'un marathon de 18 heures, laissant à des diplomates le soin de poursuivre des discussions "techniques" sur place.

Celles-ci se sont également achevées et les pourparlers se poursuivront ultérieurement au sein de groupes de travail, a indiqué mardi la diplomatie iranienne à l'agence officielle Irna.

En attendant, M. Ghalibaf a réaffirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait "administrée" par son pays, selon des propos rapportés mardi par Irna.

Le passage par Ormuz, où transite en temps normal 20% du pétrole et du GNL mondial, était libre de tout contrôle avant le déclenchement par les Etats-Unis et Israël le 28 février de la guerre contre l'Iran.

Mais "l'administration du détroit d'Ormuz ne redeviendra jamais ce qu'elle était avant la guerre", a assuré M. Ghalibaf, martelant que "l'Iran administrera" celui-ci.

L'Iran a par ailleurs indiqué mardi avoir conclu en Suisse avec les Américains un accord pour le déblocage "immédiat" de 12 milliards d'avoirs iraniens gelés.

Ceux-ci seront libérés "en deux tranches de 6 milliards", a détaillé auprès d'Irna le chef de la délégation iranienne chargé des discussions techniques, le vice-ministre de Affaires étrangères Kazem Gharibabadi.

M. Vance avait souligné que son pays s'assurerait qu'un éventuel déblocage d'avoirs iraniens "ne servirait pas à financer le terrorisme".

Ghalibaf à Oman 

Le cycle de négociations entamé ce week-end en Suisse nourrit les espoirs d'un règlement durable du conflit et a fait retomber le cours du baril de Brent de la mer du Nord sous la barre des 78 dollars, loin des plus de 126 dollars atteints au paroxysme de la guerre.

Les négociations, où le Pakistan et le Qatar jouent un rôle de médiation, doivent aboutir à un document final sous un délai de 60 jours renouvelables.

Dans ce cadre, le président iranien, Massoud Pezeshkian, doit effectuer une visite d'Etat à Islamabad mardi, selon la diplomatie pakistanaise.

Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio est pour sa part attendu de mardi à jeudi aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et au Koweït, selon son ministère.

Et l'équipe de négociateurs iraniens, emmenée par M. Ghalibaf, s'est rendue de son côté à Oman pour parler précisément de la gestion du détroit d'Ormuz, selon Irna.

Pressé de mettre un terme à un conflit qui pèse sur le pouvoir d'achat de ses citoyens, Washington a multiplié les gestes envers Téhéran.

Concernant le pétrole, principale ressource de la République islamique, "toutes les transactions" concernant la production, la vente et le transport d'hydrocarbures d'origine iranienne "sont autorisées jusqu'au 21 août", a détaillé le ministère américain des Finances.

Selon M. Vance, Téhéran a accepté d'inviter à nouveau des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ce que l'Iran n'a pas confirmé.

"Premier test réel" 

Mises en place par l'accord de 2015 déchiré par M. Trump en 2018, ces inspections avaient été suspendues par l'Iran après les bombardements israélo-américains de ses installations en juin 2025.

Les inspecteurs de l'AIEA n'ont depuis pas pu visiter les sites touchés, laissant planer le doute sur l'état des stocks d'uranium hautement enrichi de la République islamique, un point de contentieux majeur avec Washington.

Téhéran a toujours nié chercher à se doter de l'arme nucléaire, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.

Sur le front libanais, que Téhéran a insisté pour associer aux discussions, une "cellule de gestion des conflits" va être mise en place pour faire cesser les combats entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre début mars.

Lundi, le président libanais Joseph Aoun a ainsi fait savoir avoir reçu un appel de M. Vance au sujet de "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard".

L'offensive au Liban, destinée selon Israël à empêcher les attaques du Hezbollah, a fait plus de 4.100 morts selon les autorités et plus d'un million de déplacés.

Pour le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, le respect de ce cessez-le-feu sera "le premier test réel" de la solidité du protocole d'accord américano-iranien.


Pourparlers Iran-Etats-Unis : «des bases très solides» en vue d'un accord final, selon JD Vance

Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
  • "Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis
  • Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna

BURGENSTOCK: Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance.

"Nous avons posé des bases très solides pour aboutir à un accord final réussi. L'accord final, c'est la maison. Nous en avons posé les fondations. Nous n'avons pas encore construit la maison, mais nous avons posé des bases solides pour atteindre une issue favorable pour le peuple américain", a-t-il déclaré aux journalistes.

Après la signature d'un protocole d'accord la semaine dernière et un démarrage dans le chaos, ces négociations, lancées dimanche dans le complexe hôtelier du Burgenstock, dans les Alpes suisses, doivent aboutir, sous un délai de 60 jours renouvelables, à un document final.

"Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis.

Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna.

Des négociations vont toutefois se poursuivre au niveau technique.

"Nos équipes, en collaboration avec les Iraniens, les Qataris et les Pakistanais, ont réalisé d'importants progrès hier. Elles continueront à travailler au niveau technique avec les équipes présentes ici au Burgenstock", a indiqué JD Vance.

"Ces négociations techniques se poursuivront ensuite au cours des semaines et des jours à venir. Nous voulions mettre en place une structure pour garantir une supervision politique adéquate", a-t-il ajouté.


Iran et Etats-Unis s'accordent sur une feuille de route pour un accord définitif sous 60 jours

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
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  • Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient
  • "La médiation pakistanaise et qatarie a permis des progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban"

BURGENSTOCK: Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, lors de leur première séance de négociations en Suisse, ont annoncé lundi les médiateurs pakistanais et qatari.

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint.